💬 « L’engagement, il est pluriel et il commence par la volonté de faire quelque chose de différent. »
Dans cet épisode, nous explorons la question centrale : rester soi-même en s’engageant, mission impossible ?.
Une table ronde indédite réunit Aurélia Salé (Éducation nationale), Mouna Jabri (Witech), Somaïa Laroui (La Bulle de Jade) et Nadim Bel Lallahom (Diversidays) pou débattre sur l’alignement entre identité et engagement :
– quelles sont les concessions nécessaires ?
– Comment combattre le syndrome du sauveur ?
– Comment développer la professionnalisation de l’associatif et la rémunération juste ?
– Quel pouvoir collectif vs individuel ?
– et l’importance de rester au clair avec ses valeurs pour ne pas se perdre.
Aïssata Imane Cissé est ingénieure en gestion des risques et environnement. Passionnée d’économie circulaire et membre des Different Leaders, elle raconte dans son témoignage comment elle a transformé plusieurs réorientations, un coup de cœur pour la protection des personnes et une philosophie Ubuntu en un engagement quotidien : du Club Loisirs qu’elle a créé au collège (et qui existe toujours 10 ans après) jusqu’aux marathons solidaires, aux actions RSE en entreprise et à son implication bénévole chez UNICEF et Article 1.
Tu découvriras dans l’épisode :
🔹 Pourquoi l’engagement commence souvent par des actes invisibles du quotidien (changer son entourage, ouvrir la porte aux voisins, poser des questions en entreprise) et non par une grande cause médiatique
🔹 Comment naviguer entre bénévolat désintéressé, salariat associatif et entrepreneuriat social sans tomber dans l’exploitation, le syndrome du sauveur ou la sur-communication
🔹 Et pourquoi les collectifs (comme Orientation for Good) permettent de dépasser l’égo, de structurer l’impact et de porter des plaidoyers communs, sans sacrifier son authenticité.
S’engager, c’est la nouvelle saison de Tu feras quoi plus tard ? ! Chaque épisode, c’est :
- 1 table ronde d’experts pour saisir les enjeux
- 1 témoignage inspirant pour découvrir comment agir
2 PETITES CHOSES AVANT DE PARTIR ❗️
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Script de l’épisode 2 : Comment m’engager sans trahir mes valeurs ?
Témoignage d’Aïssata Imane Cissé
Table ronde avec Aurélia Salé, Mouna Jabri, Nadim Bel Lallahom et Somaïa Laroui
Armand Cosseron | 00:02.017
Hello, c’est Armand et tu écoutes, « Tu feras quoi plus tard ? » !
Louanne de la Motte | 00:05.979
Et moi, c’est Louanne, bienvenue ! Dans cette saison, nous explorons la notion d’engagement. Nous voulons permettre aux dirigeants d’entreprises et à toutes les personnes qui exercent des responsabilités de porter les engagements qui leur tiennent à cœur. Au service de la société et de la planète. Ensemble, partons à la rencontre de ces personnes inspirantes. Viens les découvrir et les écouter avec nous.
Armand Cosseron | 00:31.392
Dans ce deuxième épisode, nous allons explorer la notion d’identité et d’engagement. Car nos idéaux, ceux qui nourrissent l’essence de l’engagement, se heurtent fréquemment à la réalité. Face aux obstacles, l’engagement se tarie parfois, ou alors il se renforce. Dans un cas comme dans l’autre, ces changements affectent notre identité. Suis-je toujours aligné avec la cause que je porte Dois-je Accepter des concessions Et si je le fais, alors suis-je toujours aussi légitime à m’engager ? Finalement, faut-il sacrifier mes idéaux ? Pour faire avancer concrètement, ma cause.
Louanne de la Motte | 01:01.522
Pour explorer ces questions, nous retrouverons quatre invités autour d’une table ronde inédite. Somaïa Laroui, présidente et fondatrice de la Bulle de Jade, un espace dédié au répit parental et à la sensibilisation handicap. Mouna Jabri, déléguée générale de Witech, Association qui promeut la diversité et l’inclusion dans la tech. Aurélia Salé, chargée d’études au ministère de l’Éducation nationale. Et Nadim Bel Lallahom, le président de Diversidays, une association nationale d’égalité des chances dans le numérique. Ce sont quatre personnalités engagées qui ont su suivre leurs envies et chacun d’eux a su trouver la cause qui lui tenait à cœur.
Armand Cosseron | 01:35.823
Mais avant ça, je vous propose d’écouter. Aïssata Cissé, ingénieure en gestion des risques et environnement. Elle est spécialisée en transition énergétique et guidée par la philosophie. Ubuntu, une vision communautaire qui alimente son engagement pour un monde plus solidaire, durable et connecté. Et ce soi-même est-ce possible ? C’est ce qu’on va découvrir dans ce nouvel épisode de Tu feras quoi plus tard.
Aïssata Cissé | 02:05.676
Une phrase. Donc je me présente, je suis Aïssata Cissé. Et si je devais résumer vraiment de façon succincte ce que je fais, je dirais que je suis ingénieure en Gestion des Risques et environnement. Je termine mon Master spécialisé en tension énergétique. Je travaille dans le recyclage de vêtements et je suis membre du collectif Different Leaders depuis maintenant deux ans. Ce qui m’a donné envie de faire ces études-là, c’est en cours, en vrai, juste pour faire un peu le… Le topo, c’est que je me suis réorientée plusieurs fois tout au long de mon cursus scolaire. Donc, de base, je souhaitais être pédiatre. Mais bon, il y a quelque chose qui ne s’est pas très bien passé, je dirais, après, ma terminale, du coup. Donc, j’ai plutôt opté pour un cycle ingénieur en mine, géologie, pétrole. Rien à voir. Et également, Je ne savais pas trop, en fait, ce que c’était. Juste que c’était un peu la filière, je dirais, populaire dans ma classe. Et je me suis dit, bon, j’ai de bons résultats, Donc ça devrait passer. Je suis arrivée dans l’école normalement pour faire ce cursus. J’ai commencé en classe préparatoire. Je n’ai pas forcément aimé les débouchés que ça proposait. J’étais en train de réfléchir. Finalement, Si mon cycle ingénieur ne me plaît pas, qu’est-ce que je fais, etc. J’étais un peu déprimée. Pendant ma première année de cycle ingénieur, j’ai eu un cours qui s’appelait qualité, sécurité, environnement. J’ai adoré parce que le prof parlait de protéger des gens. Pour moi, ça faisait un peu écho avec ce que je souhaitais faire en médecine. Sur le fait de voir le care quelque part, donc, je me suis dit Oui, j’ai envie de faire ça. Donc, l’année qui a suivi, j’ai trouvé une école d’ingénieur privée en France qui faisait ce cursus et je me suis orientée là et je suis arrivée tout au long de l’année. J’ai beaucoup, beaucoup aimé et j’ai eu mon coup de coeur. Je dirais franchement, c’était l’économie circulaire. Je connaissais pas du tout et franchement, j’ai dit C’est ce que je veux faire et c’est ce que je fais du coup, et c’est vraiment passionnant. Je pense que je suis quelqu’un qui se remet énormément en question. Les périodes d’incertitude, Je dirais que c’est quasi chaque trimestre environ. Mais j’ai la chance d’avoir autour de moi vraiment. Des amis, une famille et aussi mon compagnon, qui est très supporté aussi sur ce sujet. Pour moi, l’engagement, il est plus réel. Je n’associe pas l’engagement… À une activité précise sur le fait, par exemple, d’être dans une association ou d’avoir un podcast ou, Je ne sais pas, d’avoir un site ou même une page sur les réseaux sociaux où on partage des activités ou des actions. Pour moi, l’engagement, il est pluriel et il commence par la volonté, déjà, de faire quelque chose de différent. Pour moi, c’est ça, l’engagement. Aujourd’hui, c’est que je décide, par exemple, de changer l’entourage. Je… Immédiat que j’ai, je constate que peut-être qu’il n’y a pas assez d’espace vert, Je constate que peut-être qu’il n’y a pas assez d’espace de loisirs, etc. Qu’est-ce que moi, à mon niveau, j’essaie de mettre en place pour changer ça C’est à partir de là que l’engagement commence. Je dirais que c’est d’abord en premier lieu, mon père, parce qu’il a un bagage associatif énorme, vraiment derrière lui. Et c’est bizarre, Mais on n’en a vraiment jamais parlé. Dans le sens où il ne m’a jamais poussé à m’inscrire dans une association, à en créer une ou quoi que ce soit. Mais comme je disais que l’engagement, ça part de la volonté de changer quelque chose. Pour moi, ça a commencé en classe de sixième. J’arrivais dans un nouveau collège et il n’y avait pas de club. Donc, il n’y avait rien. Donc, on partait juste en cours et on rentrait. Et je trouvais que c’était trop dommage. Et je me suis dit, mais pourquoi pas ? Est-ce qu’on faisait un club Et je l’ai appelé Club Loisir. Alors, vraiment, je ne suis pas allée chercher bien haut. Club loisirs. Et j’avais proposé qu’on fasse du théâtre, de la danse, etc. Et au début, J’ai juste ramené mes potes. Venez, on fait ça. Ça sera sympa. Au moins, on aura de quoi faire après les cours et tout le mercredi. On a trouvé un prof qui était intéressé, qui nous a aidés à monter un spectacle. À la fin de l’année, on l’a fait. Et la salle, elle était pleine, à un point où on ne s’imaginait même pas. Et la belle surprise, c’est que j’ai quitté le collège l’année qui a suivi. Mais jusqu’à présent, ça remonte à au moins dix ans, le club, Il existe toujours. Donc, c’est vraiment incroyable. Pour moi, c’est là que ça a commencé. Après, la façon dont je m’engage aujourd’hui, je dirais de façon plus structurée quand même, avec une association, etc. Et beaucoup d’autres bénévoles, C’est partie d’une rencontre. Et je pense que c’est un peu la rencontre qui a changé les choses. C’était pendant le début de mon cursus universitaire. On avait une intervention de… De bénévoles, d’Unicef et de salariés. Côte d’Ivoire, À l’époque, Celui qui présentait l’intervention s’appelait Daniel Ouédraogo et qui expliquait, en fait, vraiment dans la même démarche, comme la forme d’engagement que je plébiscite, qu’il dit, J’ai voulu apprendre à manipuler des outils Google, Je me suis formée à l’outil, j’ai formé d’autres amis, etc. Et que ça m’a poussée à dépasser mes limites et aussi à postuler pour des entreprises que je ne visais pas. Donc, par exemple, UNICEF, Parce qu’il avait aussi la volonté de changer les choses. Il a commencé à évoquer l’engagement communautaire, être utile pour la communauté, etc. Et ça m’a tellement parlé que je me suis inscrite directement pour être bénévole. Et il y avait le début de YouReport, qui est un programme d’engagement jeune qu’UNiceF a développé à peu près partout dans ses antennes. Donc, en fonction des pays, c’est différent. Mais en Côte d’Ivoire, en tout cas, C’était une communauté assez physique. C’était très intéressant et je pense que c’est vraiment parti de là. Quand je suis arrivée en France, j’ai été membre d’Unicef France pendant environ deux ans. J’étais rattachée au Comité Loire-Océan à Angers. J’ai été membre du Conseil national Unicef des jeunes, qui a été créé à peu près un an en avant. Je suis restée environ trois ans à UNICEF France. Le Conseil Unicef des jeunes, juste pour l’expliquer rapidement, C’est un peu comme une assemblée. National, En tout cas, se veut être une Assemblée nationale pour les jeunes, par les jeunes. Donc, plébisciter, en fait, la prise d’action par nous-mêmes, qu’on propose des choses, qu’on mette en place vraiment des campagnes, notamment, qui nous partent. Donc, l’année qui a suivi mon mandat, La campagne qu’ils avaient menée était sur le consentement. Et notre campagne, c’était sur la santé mentale. Et c’était super intéressant, franchement, une aventure incroyable, Parce que j’ai eu l’opportunité de travailler avec plusieurs jeunes de toute la France. Et là… Monter plusieurs formes aussi dans notre campagne. Il y avait un guide, il y avait des podcasts et j’ai eu l’opportunité de participer aux journées de la santé. Donc devant à peu près un parterre de plus de 900 personnes qui étaient en ligne, en présidentielle, pour expliquer les enjeux de la santé mentale des jeunes. Et pourquoi c’était important pour nous de faire cette campagne. Et franchement, c’était incroyable. Après, je me suis plutôt intéressée, Je dirais. Aux activités portées par Article 1. Donc, j’avais déjà, en fait, quelques attaches avec l’association, notamment lors de mon cycle ingénieur, Parce que j’ai été étudiante éclaireur sur la plateforme et aussi j’ai intervenu dans différentes écoles, donc pour parler d’orientation, notamment. Et après, j’ai été mentorée et j’ai vu qu’il y avait. Le collectif, en fait, des Different Leaders qui existaient. Et on avait parlé, notamment, lors d’un bootcamp réalisé par Article 1. Et je me suis dit, c’est ce que je veux faire. Et donc, depuis, je suis… Mon jeu collectif. Dans toutes les entreprises où je suis passée, je dirais que les différentes formes d’engagement que j’ai pu faire, c’est des marathons, notamment pour des causes comme le cancer. J’ai pu proposer des actions en lien avec… Les différentes associations auxquelles j’étais rattachée, notamment Article 1, Essayer de proposer aussi d’autres formes d’action, notamment RSE, par rapport à mon background, par rapport à ma formation, etc. Mais je dirais moins de façon assez poussée, je dirais, sur concrètement les collaborateurs, etc. Donc, c’était lié directement à mes missions. Pour moi, je trouve que c’est très important parce que mine de rien… Après, l’école, C’est l’entreprise où on passe le plus de notre temps, en tout cas, toute la semaine. Et c’est important de pouvoir garder du lien avec autre chose que finalement nos missions. Parce que, souvent, je dirais que tout le monde n’a pas l’opportunité ou la chance d’avoir des missions qui ont une vocation directe d’impacter ou de changer quelque chose. Ce qui peut être peu souvent, dans certains cas, frustrant. Mais la possibilité de pouvoir s’engager ou de pouvoir faire des choses annexes. Notre travail nous permet de le rendre encore plus agréable, de trouver encore plus de sens et surtout de créer du lien avec d’autres collaborateurs. Parce que l’entreprise, c’est un peu, je dirais, un peu comme dans une ruche. Il y a chacune des abeilles, il y a sa tâche bien définie. Et si on ne sort pas de ce qu’on fait, on ne sait pas un peu trop ce qui se passe à côté. Donc, C’est important aussi de pouvoir créer du lien avec tout le monde. Je dirais de commencer par déjà poser des questions aux collaborateurs, Ça marche déjà très bien. De le faire, d’essayer de procéder par brainstorming, d’essayer d’identifier de façon de grosse maille les potentielles idées qui pourraient être possibles. Moi, je sais que pendant un de mes stages, on avait procédé comme ça. On avait identifié à peu près quelques personnes dans l’entreprise qui aimaient, qui ont discuté assez souvent de leurs engagements respectifs ou de l’attrait qu’ils avaient, pour certaines actions, RSA. Et on avait créé un petit comité. Ils avaient proposé pêle-mêle des idées et franchement, Elles étaient faciles à mettre en œuvre, super intéressantes et pouvaient parler aussi à énormément de personnes dans l’entreprise. Et je trouve que ça passe mieux. déjà, en tout cas comme premier état, que de chercher à faire un peu dans son petit coin, On peut faire ci, on peut faire ça, et venir proposer aux collaborateurs. Alors que lorsque les idées émergent, des collaborateurs, ils ont beaucoup plus de portée et ils sont plus enclins à y participer. Ce qui m’a le plus marquée, en tout cas, c’est qu’il y avait le choix. Là où j’étais, il y avait le choix. Donc, on avait plusieurs formes d’engagement, que ce soit intervenir dans des écoles, que ce soit juste pour faire des dons, par exemple, ou même proposer nous-mêmes des activités. On avait la possibilité, sur notre temps de travail, de pouvoir participer à des activités associatives. Bénévoles et tout. Et c’était très intéressant, Je trouve, qui est un large choix, donc, qui permet en fait à chacun de se mobiliser, sans pour autant sentir l’impression de « je suis obligée » . C’est pas obligé, vous avez la possibilité d’eux. Et chaque semaine, en fait, Quand il y avait des activités de ce genre, il y avait une communication là-dessus pour dire « vous pouvez vous inscrire, il y a telle personne qui a participé » . Donc, il y avait un retour aussi sur ceux qui avaient participé déjà, ce qui, pour moi, permettait d’avoir aussi… Capitaliser sur le retour d’expérience d’autres personnes qui ont testé les activités et qui peuvent, Elles également, devenir des ambassadeurs pour d’autres personnes en interne. Par exemple, moi, J’ai eu l’opportunité de pouvoir participer au marathon et c’était super intéressant parce qu’il y avait plusieurs filiales au-delà de l’aspect sportif. Donc c’était aussi très intéressant parce qu’il y avait énormément d’entreprises, c’était dynamique. On voyait aussi la taille, en fait, différente. Donc, il y avait des entreprises, il y avait des groupes assez volumineux, Ce qui prouve qu’une activité, même portée par l’entreprise, peut fédérer énormément de personnes et surtout répondre à une cause, précise. J’ai eu la chance, en tout cas, de travailler dans différents types d’entreprises, donc en start-up, en PME, et en multinationale. Et en fonction de la taille de l’entreprise, J’ai trouvé qu’ils faisaient, en tout cas, du mieux qu’ils pouvaient pour proposer des choses adaptées. Par exemple, Dans la PME, où j’ai travaillé, on avait des vélos qui étaient mis à disposition. De chaque collaborateur. Donc, on avait la possibilité, nous-mêmes, de pouvoir prendre nos vélos et encourager la mobilité durable. De façon plus générale, ça touchait, moins, je dirais, l’aspect engagement associatif, etc. Mais ça nous permettait d’avoir des pratiques un peu plus vertueuses, Je dirais, sur ce volet-là. Après, en start-up, c’était également l’activité de l’entreprise qui, elle-même, En fait, était déjà tournée sur… La protection de l’environnement, Il y a aussi qui promeut la réduction des déchets. Il y avait potentiellement la possibilité de pouvoir travailler sur ces sujets-là, communiquer là-dessus. Donc je dirais que ça dépend. En fonction des différentes tailles d’entreprise, certaines misent plus sur la vocation, même de ce qu’on fait, comme mission, comme activité. Donc, tourner vers un engagement sociétal, je dirais, de façon. Plus générales. au-delà même de l’activité de l’entreprise, qui propose des choses annexes. Et ça dépend forcément des moyens de chaque entreprise. Pour moi, c’est déjà que tous les engagements se valent. C’est que j’ai l’impression, je ne sais pas, peut-être que c’est notre génération, mais on plébiscite plus les engagements qui se voient, en fait. C’est que, par exemple, J’ai participé à un marathon, on fait une photo, Je suis dans telle association, ça fait tel nombre d’années, etc. Mais on néglige. Pour moi, la portée ou la force de simples idées au quotidien qui peuvent changer beaucoup de choses de façon immédiate. Je prends le cas de notre entreprise de façon directe. Si on remarque qu’il y a potentiellement des choses qu’on peut améliorer, on se dit « Ah, mais j’ai remarqué qu’on pourrait… Pourquoi on utilise tel projet au lieu d’un autre Pourquoi est-ce qu’on a telle procédure au lieu d’une autre Est-ce qu’on ne pourrait pas faire les choses autrement ? » Parce que je sais que, par exemple… Il y a tel collaborateur qui est plutôt calé sur ce sujet-là, qui est engagé en plus sur ces thématiques-là. Est-ce qu’on ne pourrait pas faire ça Est-ce qu’on ne pourrait pas célébrer, je ne sais pas, La Journée mondiale de l’eau Parce qu’on travaille en fait sur la thématique de l’eau. Est-ce que ça ne serait pas bien de, je ne sais pas, Faire des webinaires ou expliquer en fait l’importance ou la portée en fait de notre métier sur d’autres filières, etc. Que chacun en fait, trouve du sens, finalement, à ce qu’il fait parce qu’il se rend compte, Ah oui. Le fait que chaque matin, je ne sais pas, je travaille sur la partie technique ou ce sujet-là a un impact sur la vie d’une autre personne. C’est pour moi, en fait, ne pas négliger la portée d’une idée, parce que toute part d’une idée, en fait, l’engagement, Ça commence comme ça. Et ce que nous-mêmes, on peut apporter dans notre environnement immédiat et après l’exporter aux autres. Et l’autre sujet que je voulais évoquer, c’est de faire avec ses moyens. Donc, on n’a pas besoin d’avoir 100 actions RSE dans l’année pour que ça vale. Ça en vale la peine de le faire en entreprise. On n’a pas besoin d’être engagé dans quatre ou cinq associations pour que notre engagement soit palpable ou d’être à toutes les réunions de toutes les associations. L’essentiel, c’est qu’on mette du temps, qu’on le fasse bien, qu’on y mette les moyens. On essaie de trouver toutes les méthodes possibles, En tout cas, tout ce qu’on peut mettre à notre disposition pour y arriver et d’y mettre notre cœur pour atteindre le résultat qu’on souhaite atteindre. Il y a vraiment une chose qui m’a vraiment marquée. J’avoue que quand je suis arrivée en France, je cherchais les différentes formes d’engagement et je ne savais pas que le service civique existait. Et j’ai trouvé l’idée géniale. J’ai dit mais c’est incroyable. Après, j’étais un peu à la fin de mon parcours. Du coup, J’ai vu que ce serait un peu compliqué de le faire. Mais j’ai trouvé que l’idée était vraiment incroyable parce que ça nous donne la possibilité de pouvoir tester. Différentes associations. De l’intérieur, être service civique, Je considère que c’est un peu comme si on est salarié, mais pas tant. Donc on n’a pas vraiment le sentiment d’être trop bénévole, donc on n’a pas forcément de poids, en fait, dans l’association. De ne pas être trop salarié dans le sens où on a l’impression d’être trop confirmé sur des missions précises à faire, etc. On a autant le loisir de rester dans notre cahier des charges que de proposer des choses, en fait, en tant que bénévole. Et en plus, on a une rémunération, même si c’est un plus, je dirais. Mais vraiment de pouvoir découvrir plusieurs associations. Et j’avais vu qu’ils avaient été répertoriés en plus en fonction de leur secteur, donc culture, environnement, etc. Et j’ai trouvé que c’était vraiment une opportunité incroyable. Et rien qu’en parlant autour de moi, je me suis rendue compte qu’il y en a pour vous. Qui ne savaient pas que ça existait déjà. Et qu’il y avait la possibilité de trouver une association qui nous plaise un peu partout. Et pour moi, c’était un bon break, aussi. Pour ceux qui se posaient des questions, par exemple, je suis à leur part. est-ce que je suis vraiment sûre de ce que je veux faire, pouvoir avoir le temps aussi, de définir au mieux son cursus professionnel, voire même créer d’autres vocations, parce que finalement, Je suis persuadée qu’une rencontre peut tout changer, comme ça a été, en tout cas pour mon cas, des rencontres qui ont beaucoup influencé sur mon parcours et qui existeront. Je me dis, en étant service civique, Il y a des rencontres potentielles qu’on peut faire, qui pourraient changer du tout notre parcours de vie.
Louanne de la Motte | 19:53.733
Merci Aïssata pour ton témoignage. Maintenant, nous allons accueillir nos quatre experts qui nous montreront que rester soi-même dans l’engagement, c’est possible.
Armand Cosseron | 20:00.874
Allez, c’est parti Donnons la parole à Somaya Laroui, Mouna Jabri, Aurélia Salé et Nadim Belalahoum. Et dis-nous en commentaire, sur LinkedIn ou sur Insta, Ce que t’inspire leur vision. Hello, Bienvenue dans ce deuxième épisode de la troisième saison de Tu feras pas plus tard. Aujourd’hui, on parle toujours d’engagement et on va parler, surtout de rester soi-même dans l’engagement, Parce que l’engagement, c’est un parcours. Aujourd’hui, avec moi, J’ai quatre invités exceptionnels. Je vais vous laisser vous présenter. Je vous propose d’en faire un mini tour de table ou vous présenter en une phrase, comme ça, chacun sait qui est, qui et qui fait quoi.
Mouna Jabri | 20:41.320
Je suis Mouna Jabri, je suis ingénieure de formation et la fondatrice de l’association Witech. Merci beaucoup pour l’invitation.
Louanne de la Motte | 20:48.886
Somaïa Laroui, Alors moi, je suis DGA dans la fonction publique, je m’occupe des politiques éducatives des 0-25 ans et je suis présidente de l’association. La Bulle de Jade, qui accompagne des enfants en situation de handicap et les aidant.
Aurélia Salé | 21:01.401
Je suis Aurélia Salé, actuellement chargée d’études et d’évaluation à l’Administration centrale de l’Éducation nationale. Après avoir un parcours assez lisses dans l’éducation nationale, mais riches, égales. Merci Armand pour l’invitation.
Nadim Bel Lallahom | 21:17.661
Et moi, je m’appelle Nadim Bellalahom. J’ai été une douzaine d’années à peu près dans des assos d’éducation populaire. Avant de basculer chez Diversidays, qui est une asso qui travaille plutôt sur les opportunités que le numérique peut offrir. Pour les entrepreneurs sociaux qui sont sous-représentés et les demandeurs d’emploi très éloignés de l’emploi. Et à côté de ça, Je suis aussi entrepreneur social actuellement à la Direction Interministérielle du numérique. Avant de basculer vers un poste à la Ville de Marseille.
Armand Cosseron | 21:42.598
Trop cool, d’être avec vous. Il y a un côté tout terrain, aussi sur cette table ronde, parce que vous êtes dans plusieurs endroits, plusieurs régions. Aurélia, tu ne l’as pas évoqué, mais tu es souvent entre Narbonne et Paris.
Aurélia Salé | 21:53.714
Oui, une grande voyageuse.
Armand Cosseron | 21:56.635
Donc voilà, Team Sud représente. Je voulais savoir, parce que là, vous vous êtes tous présentés en parlant un peu de votre situation actuelle, sur votre parcours. Si vous deviez résumer en une phrase, qu’est-ce que vous diriez
Nadim Bel Lallahom | 22:09.796
C’est sûr, simple. En une phrase.
Armand Cosseron | 22:13.259
Non, mais juste en une phrase. Les auditeurs, Les auditrices puissent aussi un peu se projeter dans le chemin.
Aurélia Salé | 22:20.805
En fonction du nombre d’années, on peut se dire qu’on a un peu plus de temps, tu vois.
Mouna Jabri | 22:25.993
Moi, je mettrais des virgules, je pense.
Armand Cosseron | 22:28.009
Allez, go.
Mouna Jabri | 22:29.274
Moi, je pense, pour ma part, Ce qui a guidé un peu mon parcours, C’est cette volonté de comprendre un peu ce qui se passait autour de moi, mon environnement, Et aussi la volonté de pouvoir être utile. Et un des premiers leviers, Ça a été les sciences, de manière générale, ce qui m’a amenée à devenir ingénieure. Ensuite, la transmission, l’éducation. Ensuite, la volonté d’aller plus loin, de comprendre comment le cerveau fonctionne avec l’étude des neurosciences, des sciences humaines, de manière générale. Et aujourd’hui, Je suis à la croisée de toutes ces disciplines pour encore mieux comprendre et encore mieux agir.
Somaïa Laroui | 23:04.612
Moi, je dirais que j’ai été ambassadrice du vivre ensemble depuis très longtemps. Même dans ma façon de vivre, ma vie. Je rassemblais beaucoup de gens autour de moi. Et puis, après, ça s’est un peu imposé à moi, l’engagement. Moi, je suis issue d’une famille de six enfants. Et du coup, J’ai eu des frères qui sont tombés dans la délinquance. D’où les politiques éducatives, les politiques jeunesse. J’ai voulu essayer de sauver la jeunesse, sauver des jeunes, puisque chez moi, je n’arrivais pas à sauver les frères. Et du coup, c’était de se dire, Quel levier on peut mettre en place, même si tes parents sont présents ? Parce qu’on parle beaucoup de l’abandon parental, mais là, moi, Mes parents étaient présents. Il respectait les valeurs de la France, la citoyenneté, très présent autour des valeurs de l’école et tout. Et du coup, Il n’y avait pas de levier pour que mes frères s’en sortent. Donc, du coup, Je me suis engagée dans le service public. Je pense que ça, c’est mon premier engagement fort. Et c’est en préparant un peu ce podcast que je me suis dit qu’en fait, ça venait de là. Et le deuxième engagement, c’est parce que du coup, Je suis maman de trois enfants. Et du coup, Ma petite fille est en situation de handicap. Du coup, Elle a neuf ans maintenant et on a vécu un peu… Un parcours du combattant, enfin un enfer, On était en enfer pendant 6-8 ans. On va dire, donc j’en sors tout juste, Je sors la tête de l’eau avec mon mari, et en fait, je me suis dit, La société ne peut pas laisser des gens sur le trottoir comme ça, On vit dans un monde parallèle tant qu’on n’a pas trouvé nos leviers, tant qu’on n’a pas trouvé sa place, tant qu’on n’a pas créé son écosystème, Et l’idée pour moi aujourd’hui, c’est de continuer les politiques publiques, parce que c’est mon métier et que j’aime ça, mais axée plus sur la question des aidants, du handicap et donc, Je crée des événements, je crée des solutions pour faciliter la vie des aidants. Et je pense que mon parcours personnel m’a donné des leviers d’engagement. Ça s’est imposé à moi et en même temps, Je dirais que ça m’a sauvée, ça m’a rendu meilleure. Ça m’a apporté autant que j’apporte.
Aurélia Salé | 24:51.092
Pour ma part, je pense qu’il y a un côté inné, aussi. Alors, inné ou travaillé par la vie sur des parcours qui nous renforcent et qui nous font dire, allez. On prend sa vie en main. Et puis cet aspect peut-être hyper sensible à l’environnement, qui est autour de moi, aux êtres humains qui sont autour de moi. Bien consciente de… Parce que j’ai pas mal bourlingué et été bourlinguée toute petite. Donc bien consciente de ce que la France peut apporter. Bien consciente de l’éducation qu’on m’a apportée, les valeurs qu’on m’a apportées. Et tout ça, Je me suis dit, il faut le mettre au service de quelqu’un. Alors très égocentré au service de soi-même Si on a envie de devenir quelqu’un, progresser ou faire quelque chose de sa vie. Parce que, des fois, on n’a pas le choix. Et puis, après, du coup, de le mettre au service, d’autres. Et dans l’éducation nationale, c’est le job Number one. Si on le fait que pour soi, c’est compliqué. Donc, voilà, le parcours qui s’est défini un petit peu comme ça, au fur et à mesure de ce que je pouvais voir, entendre, comprendre. Et après, un parcours que je délisse dans l’éducation nationale parce que j’ai monté tous les étages, Mais je me suis aperçue que je n’avais pas la façon de faire comme les autres. Donc, je me suis posé plein de questions. Et à un bilan de compétence bien, alors, On a le droit de donner nos âges, mais bon, À partir de 40-45 ans. Je me suis encore plus posé des questions, donc du coup, Bilan de compétence. Donc, on apprend qu’on est un profil un peu atypique. La claque, quand même, parce qu’on se dit oula, mais ça bouscule. Mais ça explique quand même pas mal de choses. Et donc du coup, hop, on revire dans le qu’est-ce que j’en fais maintenant et comment ça peut impacté encore plus au lieu de me dire. Et au lieu de le subir, en fait, tout simplement. Je crois que j’aime assez les défis. Parfois, les défis m’emmènent un peu n’importe où. Mais c’est pas grave, ça me fait rencontrer plein de monde, plein de choses hyper curieuses, hyper… C’est des opportunités. Et puis, vraiment, le truc de se dire Je ne subis pas les choses.
Armand Cosseron | 27:01.739
Merci, Aurélia.
Nadim Bel Lallahom | 27:03.661
Et moi, enrichie de toutes ces pensées. Je changeais un peu ma réponse au fur et à mesure qu’on avançait. En fait, Je pense que le point de départ pour moi, ça a été le fait de… J’ai grandi dans une famille multiculturelle, franco-tunisienne, dans une famille de quatre enfants. Je débordais d’énergie, j’avais toute cette énergie que j’essayais d’investir dans de multiples domaines, la musique, le sport, etc. Mais en fait, je ne me suis jamais ni senti entendu, peut-être écouté, mais pas entendu. Et du coup, Je pense que j’ai grandi dans l’adolescence avec une très forte solitude. Et l’engagement, pour moi, Ça a été un peu la possibilité de rencontrer des gens avec qui on avait des valeurs communes et on partageait des choses, que ce soit des expériences de vie, des expériences sociales, etc. Donc, l’engagement s’est un peu présenté comme ça. Et ça a été un mélange, je pense, Je dirais, de mains tendues et de mains que j’avais envie de rendre à mon tour. Au départ, en terminale, avec une asso qui s’appelle Ambition Campus, qui accompagnait des jeunes de quartier populaire dont je faisais partie, pour essayer de… De rêver à une orientation non pas subie mais choisie, donc reprendre le pouvoir sur son orientation. Ça, ça a été un peu la première étape. Et après, ça a été la rencontre de l’ensemble de ces jeunes avec qui on partageait des expériences communes. Et suite à ça, il y a eu toute une réflexion aussi sur… Je me suis orienté professionnellement vers le numérique, vers le design. Et le design, pour moi, un peu comme ce que tu disais, Mouna, Ça a été une manière de mieux comprendre notre environnement, de mener de la recherche aussi pour étudier. Quels sont les… Les différents facteurs, les leviers qui influent sur notre environnement et qui font que certaines personnes vont réussir ou non. Cette partie sur le design, ça a été une prise de conscience. En fait, je me suis dit, quand on vient de quartiers ou d’environnements, plus dans les périphéries, On ne nous présente pas les opportunités du numérique, comme on les présente à d’autres personnes. Comme si aujourd’hui, tous ces nouveaux emplois. Et toutes ces nouvelles opportunités étaient réservées encore aujourd’hui à une caste qui est surdiplômée, qui vient des grandes villes. Et du coup, le fait de basculer au sein de Diversidays, Ça a été de me dire… On est en train de reproduire avec le numérique. Toute cette sélection, cet élitisme que le numérique était censé lutter contre. Et donc, comment on fait pour essayer de changer ça ?
Armand Cosseron | 29:12.854
C’est une bonne question, ce qui est intéressant dans l’ensemble de vos parcours. Pour avoir pu discuter aussi avec certains, de par nos cheminements, de par les réflexions qu’on peut avoir en commun. Du coup, je redonne le micro Nadim là-dessus puisque tu l’as dit en introduction, tu as été dans le secteur secteur associatif en tant que bénévole. Tu as été aussi dans le secteur privé, dans le secteur public. Toi, comment est-ce que tu as construit justement ce cheminement Tu disais à l’instant que dans l’adolescence, tu avais voulu porter certaines valeurs, certains engagements. Quels ont été les moteurs, Les éléments qui t’ont permis de choisir et de dire, tiens, là, Je vais aller plus dans le privé, plus dans le public ? À ma connaissance, tu n’étais jamais salarié dans des associations non plus. Donc voilà, qu’est-ce qui a justifié tes choix là-dessus ?
Nadim Bel Lallahom | 30:02.212
En fait, pour moi, déjà, J’ai démarré l’associatif en tant que bénévole au sein d’Ambition Campus. J’y ai passé huit ans. Au sein de Diversidays, maintenant, c’est la septième ou huitième année aussi. J’ai toujours voulu… À tort ou à raison, avoir un engagement désintéressé sur l’associatif. Je ne voulais pas qu’il y ait de notion financière. Je ne voulais pas passer du côté professionnel dans l’associatif. Parce que je trouve que ça changeait un peu la valeur de mon engagement à titre personnel. Je considère que c’est hyper important d’avoir des gens qui basculent dans l’associatif et qui sont salariés et payés pour ce qu’ils aiment faire. Moi, j’ai toujours voulu garder une forme de distance qui me laissait aussi plus de liberté dans ce que je choisissais de faire au sein des associations dans lesquelles j’étais. C’est-à-dire que ça me permettait de choisir. Ce qui me plaisait, mais aussi là où je pouvais avoir un impact et de la valeur, et là où je n’en avais pas. Et après, sur le parcours professionnel, je dirais que ça a été très instinctif, au gré des opportunités qui sont présentées. J’ai démarré dans le privé parce qu’à un moment, je faisais un master en Chine et je ne voulais même pas retourner en France. Je trouve que l’opportunité, parfois, L’étranger offre des opportunités qu’en France, On n’a pas toujours, parce que ça permet de se réinventer. Je sais que les expériences à l’étranger, ça a été des expériences de réinvention. Personne ne te connaît, donc tu peux le définir un peu comme tu as envie. Et la première étape, ça a été, Un de mes profs m’a offert une opportunité dans son agence de design. Et comme on sait à quel point, et je pense que tu en parles beaucoup dans le podcast, tu feras quoi plus tard, L’entrée aujourd’hui peut être, dans les différents métiers, peut être ultra compétitive, parce qu’on cherche, on nous demande des expériences qu’on n’a pas encore. Il y a plein de choses qui sont un peu folles sur comment tu cherches ton premier job. Je me suis dit, Il faut saisir les opportunités qu’on te donne. Donc, je démarrais dans cette agence de design. Au bout d’un moment, j’en ai eu marre de travailler pour des clients dans le privé. J’en ai eu marre que tout tourne autour du profit, du bénéfice et surtout de la monétisation de l’expérience utilisateur. C’est le fait de faire des outils en cherchant à les rendre ergonomiques, simples d’utilisation, mais dont la finalité, in fine, C’est de garder l’utilisateur sur l’outil ou de s’assurer de bien le faire tomber dans une boucle marketing. Pour qu’à la fin, il achète quelque chose. Ça tournait un peu en haut et ça dénaturait pour moi ce que je voyais dans le… Le design, pour moi, c’est un outil d’inclusion, C’est un outil de transformation et c’est un outil d’écoute des usagers pour comprendre quels sont leurs besoins réels. Mais quand on vient y mêler des enjeux financiers, et c’est la réalité du monde dans laquelle on est, forcément, ça dénature un peu. Ça amène vers ce qu’on appelle les Dark patterns, c’est-à-dire les mécanismes de manipulation de l’utilisateur pour générer du profit. Donc, c’est ça. J’ai passé trois ans dans le design. Je me suis dit à un moment, j’ai envie de travailler pour la… Le service public, la chose publique. J’ai envie de mettre le design aussi au service des administrations parce qu’il y a du taf aussi pour simplifier, pour digitaliser et simplifier les outils qui sont proposés par les administrations. Donc, c’est comme ça que je suis passé au ministère de l’Écologie en tant qu’entrepreneur social, dans des programmes un peu particuliers, où on nous demande en un an de créer un nouveau service public un peu seul avec des développeurs. C’était vraiment des bulles d’innovation. En fait, on arrive dans l’administration, on est jeté dans le grand bain, on n’a pas les codes. Et on nous dit, essayez de transformer l’administration.
Mouna Jabri | 33:11.152
Sacré chemin.
Nadim Bel Lallahom | 33:13.351
Donc, non, Je crois que j’ai répondu un peu en filigrane à ta question, mais moi, ça a été vraiment par opportunité. Il y avait une opportunité, Je me suis posé la question de quoi j’ai envie. Et je trouve que parfois, on demande aux jeunes d’avoir un projet professionnel longue. durée. Mais en fait, moi, je n’ai jamais eu un projet à plus de six mois. Donc, en fait, ça s’est fait beaucoup, instinctivement, en se posant des questions au fur et à mesure. Et on oublie de dire aux gens aussi que le parcours professionnel aujourd’hui peut être très décomposé. C’est un peu un puzzle auquel on va rajouter des pièces et on essaye de donner du sens à cette image d’ensemble. Et donc, du coup, on s’invente un projet à un moment, Puis on va changer, puis on va changer, et on essaye de donner du sens à tout ça. Mais il n’y a pas besoin d’avoir un projet sur les 25 prochaines années. Je trouve que ça a beaucoup changé aujourd’hui sur le manière dont on travaille. C’est son évolution professionnelle. Pour rassurer, peut-être ceux qui écoutent et qui se disent « mais j’ai aucune idée, moi j’avais aucune idée, et puis à chaque étape j’ai eu aucune idée, et puis il y a des idées qui sont… »
Armand Cosseron | 34:10.359
Et sur cette notion d’engagement, quelles ont été tes valeurs ou tes boussoles? Justement, qui t’ont aidé à faire ces choix ?
Nadim Bel Lallahom | 34:18.984
En fait, Je pense que c’est marrant parce que hier, j’ai un ami du monde de la danse qui mettait des stories, qui avait fait toute une conversation avec Chad GPT, où il lui posait pas mal de questions. Et en fait, Ça fait très écho au sujet de l’enregistrement d’aujourd’hui. C’était la différence entre être et faire, comment on existe pour soi, et pas par ce qu’on fait. Moi, je sais que l’engagement associatif, Il vient du fait que je ne me sentais pas exister par moi-même, parce que perdu entre de multiples identités et ayant du mal à trouver ma place dans la société, ayant l’impression de ne pas être entendu. Du coup, pour moi, l’engagement, Ça a été un peu un cri du cœur d’exister par le faire, c’est-à-dire par les actions, par le fait de… Rendre ce qu’on m’a donné par le fait d’accompagner. Je trouve que parfois, dans l’engagement, il y a des motivations très égoïstes ou en tout cas très personnelles, très intimes. C’est une manière de sauver, ce que je disais. Et après, je trouve qu’il y a un basculement qui est important, Et de se dire comment on ne tombe pas dans l’engagement égoïste ou égocentrique ? C’est-à-dire comment on ne fait pas tout tourner autour de « je vais sauver le monde » . Et ça, pour moi, la réponse à ça, ça a été de le faire en communauté. Donc d’essayer d’être dans des associations où il y avait une communauté forte, où il n’y avait pas forcément la figure, où? Parfois, il y avait des figures qui prenaient le pas sur les autres, mais qui le faisaient au service de la communauté. Et ça, Je trouve que c’est important dans les organisations et l’engagement. Pardon, je détourne à chaque fois tes questions, mais sur la question de l’engagement, pour moi, c’est, Première étape, se sauver soi-même. Deuxième étape, Essayer d’évoluer dans sa propre personne pour essayer de ne pas rester enfermé dans ce syndrome du sauveur qui est nocif. Pour les associations et les engagements en général. Et le faire en essayant d’irriguer des choses au sein d’une communauté qui se construit et qui peut se rendre plus forte ensemble.
Armand Cosseron | 36:03.476
Super intéressant. Et là, sur toi, tu ne dérives pas du tout. D’ailleurs, tu fais écho à ce qui était dit dans le premier épisode. Justement, sur comment est-ce que les associations, pas que les associations, d’ailleurs, structures publiques, entreprises, peuvent se construire ensemble, agir ensemble, Pour sortir de ce côté, ce terme, qui avait été employé de guerre d’égo, de lutte d’égo, et de se dire, voilà, Comment est-ce que ensemble, on va défendre une cause ou faire avancer une cause, plutôt que de se retrouver dans une forme de marasme où on est bloqué. Par des figures émergentes qui veulent qui veulent s’imposer à tout prix sur ces sujets-là.
Nadim Bel Lallahom | 36:40.076
En fait, Je pense que sur ça, Il y a plein de gens qui sont dédiés au service de leur engagement, qui sont très, très engagés, mais en fait, qui ne dépassent jamais la dimension personnelle, c’est-à-dire de ce qu’ils viennent essayer de réparer en eux et qu’ils le font à travers leurs organisations. Et du coup, qu’ils se servent, eux-mêmes, même sans que ça soit intentionné ou intentionnel. En fait, qu’ils essayent de réparer l’enfant en eux qui a été blessé. Pardon, je fais un peu de… La psycho, Mais en vrai, je pense que c’est vraiment ça. C’est-à-dire qu’on essaie d’exister par ce qu’on fait, mais parce qu’on n’a jamais réparé des choses dans le fait d’être soi-même. Souvent, de l’enfance, C’est un peu comme ça. Du coup, Ça crée potentiellement des gens qui se syndiquent du sauveur ou le côté « j’essaye de réparer des choses en moi à travers mes organisations » . Du coup, c’est quelque chose d’assez égoïste, malheureusement.
Armand Cosseron | 37:29.335
Je me tourne vers Mouna. Le hasard des mots. Mouna, Moi, j’ai plusieurs questions aussi toi sur les choix que tu as pu faire. Parce que quand tu as créé Witech, je ne compte plus le nombre d’années, mais c’est pas si long. Il y a quatre ans. Aujourd’hui, tu es salariée de l’association. Donc, toi, tu as fait ce choix de dire, mes engagements, Je vais les porter à travers une forme associative. Et pour le coup, je fais le choix d’être salarié. On avait échangé à l’époque. Tu avais aussi des interrogations. Je pense qu’on a beaucoup. Quand on se lance dans l’associatif, en se disant, je vais plus loin, je m’arrête, je fais autre chose. Quel a été ton raisonnement par rapport à ça ? Qu’est-ce que tu as décidé à partir dans cette direction
Mouna Jabri | 38:13.468
Honnêtement, je pense que le sens, on le comprend à posteriori. C’est-à-dire qu’il y a des choses qu’on observe dans notre environnement, Et un peu comme ce que disait Nadim, et aussi Soumaya, et aussi Aurélia, Il y a des choses qui vont nous inspirer, qui vont nous pousser. Dans notre environnement, que ce soit environnement familial, scolaire, Soit parce qu’on a reçu et qu’on avait envie de redonner, soit parce qu’on a vu des injustices et on avait envie d’agir, Soit parce qu’on a subi des injustices et on avait envie de réparer, comme ce que tu disais. Moi, je pense qu’honnêtement, je n’avais pas forcément de base, Ce n’était pas du tout mon intention et ce n’était pas du tout mon projet. Mais par contre, Il y a des raisons dans ton parcours qui expliquent un peu là où j’en suis. La première raison, c’est l’environnement familial. Un peu, je pense, comme tout le monde. Moi, j’ai grandi avec des parents qui ont passé tout leur temps dans les milieux éducatifs. Et donc, cette notion de transmission d’engagement, Elle était très présente. Et ma mère me disait souvent, c’est une phrase vraiment qui résonnait en moi. Au début, je ne comprenais pas vraiment. C’est une phrase en arabe qui dit, laisse ton empreinte, À savoir là où tu passes, il faut que tu sèmes des graines, il faut que tu plans. Des graines, Et les fleurs apparaîtront à un certain moment. Et donc, moi, j’étais à l’école, je faisais ce que j’avais à faire. Je n’avais pas forcément de problèmes. Je voyais des choses, bien évidemment, parce que j’ai grandi à Montréal. C’est une ville où il y a quand même pas mal de quartiers. Il y a un quartier prioritaire et donc il y a quand même des difficultés. On voyait les injustices autour de nous. Mais voilà, moi, J’avais quand même un environnement familial qui était assez sécurisant. Un papa qui était prof à l’éducation nationale, en maths. Donc, voilà, tout allait bien entre guillemets. Sur le papier. Et puis, au fur et à mesure, à travers l’engagement de mes parents, J’étais quand même assez sollicitée, je les aidais. Voilà, ça a commencé comme ça, mais je ne me rendais pas compte que c’était de l’engagement. Pour moi, c’était de l’entraide familiale. Et puis, je vais un peu sauter les épisodes, Mais quand j’étais en école d’ingénieur, j’ai eu d’anciens camarades qui m’ont appelée et qui m’ont dit, écoute, Mouna, On aimerait bien… Mettre en place une initiative pour aider les bacheliers, les terminales à avoir leur bac. Bon, je leur ai dit oui, pourquoi pas. Moi, j’étais à Nantes à l’époque, donc assez loin, Mais je revenais pendant les vacances scolaires très fréquemment. Donc, pendant les vacances scolaires, on aidait. Au début, même. Je me souviens, La première fois qu’on m’avait dit ça, je me suis dit, mais qu’est-ce que j’ai à apporter Qu’est-ce que je peux apporter ? Je ne sais pas trop comment je vais aider. ¿En quoi je vais aider ? Et puis, qu’est-ce qu’on va faire Et puis, en fait, Je pense aussi, ça. C’est une question d’ailleurs que je retrouve souvent Qu’est-ce qu’ils peuvent apporter Alors qu’au final, je pense qu’on a tous quelque chose à donner. On peut tous contribuer à un certain niveau de la chaîne. Puis j’y suis allée, et au fur et à mesure, on revenait pendant les vacances scolaires. L’action n’était pas du tout structurée. C’était complètement désintéressé. On arrivait, on aidait les personnes à réviser pour leur bac. Et puis la dernière année, je me souviens, j’étais en stage de fin d’études, je suis revenue à l’Union de France. Et là, il y a eu 80 personnes qui se sont présentées, 80 élèves, Il y a eu bouche à oreille, Il n’est pas, comme à l’époque. Qu’une communication, pas de réseau social. 80 élèves qui se sont pointés à un CVS, C’est un centre de vie social que la Ville nous avait prêté. Et on s’est dit, comment on va faire Comment on va se structurer ? On était 8. Puis on a appelé les copains, les anciens qui travaillaient, qui étaient, soit professionnels, soit encore étudiants. Puis on s’est dit, là, il faut construire quelque chose, il y a quelque chose à construire. Donc, là, on a commencé, on a créé, J’avais cofondé une première asso dans l’éducation qui existe toujours, qui s’appelle SIGMAF. Et là, on a décidé vraiment de se structurer, d’organiser les choses. Et on s’est dit, effectivement, on peut être utile, on peut faire quelque chose de bien avec tous nos parcours. Parce que, généralement, on était, pas à faire cliché, mais c’est vrai qu’il y avait beaucoup de scientifiques, beaucoup d’ingénieurs dans le groupe. Puis on s’est dit, voilà, donc on a commencé à organiser les choses. Le monde professionnel aussi nous apporte des choses, parce qu’il y a quelque chose que j’aimerais dire, même si là, je vais dans tous les sens, Mais c’est pas grave. Il y a quelque chose dans le monde professionnel, c’est qu’on aime bien comparer. Et hiérarchiser les formes d’engagement. Mais je pense qu’il y a vraiment des vases communicants possibles entre tous les univers, et tous les univers s’apportent. Moi, Je sais que le fait d’avoir travaillé, même si j’ai travaillé dans l’ESS, le fait d’avoir travaillé dans une entreprise, Ça m’a beaucoup structurée. J’ai fait des stages dans vraiment pas mal de types d’entreprises. Ça m’a aidée à structurer, à organiser, à aussi performer. Et je pense que c’est vraiment des compétences qu’on peut venir transposer au monde de l’Associatif et qui peuvent vraiment avoir une certaine utilité. Et voilà, de fil en aiguille, J’ai continué mon engagement, pareil, de manière désintéressée. Et j’ai rejoint ce que disait Nadine. À aucun moment, je voulais mêler. Finance et engagement associatif. Vraiment, c’était quelque chose… J’ai lutté pour ne pas être ça, mais pour ne pas, justement, être salariée. Être salariée, c’est un grand mot. Avec Wittel, je reviendrai dessus. Je n’appellerais pas ça être salariée, mais c’est pas un mot. Et en fait, À un moment donné, je me suis rendue compte. que, justement, Je pense que j’ai vu énormément d’initiatives qui étaient vraiment superbes. Et ce qui manque aussi au monde associatif, c’est ce côté structuration, ce côté aussi. information. Parce qu’on a souvent des personnes du terrain, On a souvent des personnes qui vivent dans le milieu, qui connaissent les problématiques et qui apportent des solutions très concrètes, mais qui ne sont pas forcément outillées et qui arrivent avec une très forte énergie. Et moi, pour moi, on a besoin de tous les schémas. On a besoin des personnes qui… Des personnes qui apportent l’énergie, des personnes qui structurent, des personnes qui vont chercher des financements pour rendre viable l’organisation, Parce que le but, Je pense que c’est vraiment la viabilité. On a beaucoup d’initiatives qui naissent, qui émergent, mais qui s’estompent, qui meurent à petit feu, parce que, comme ce qu’on disait au début, On arrive avec une intention, peut-être de se réparer, Et puis, à un moment donné, on s’essouffle, et on se dit, voilà, J’ai vu, j’ai fait ce que j’avais à faire, Maintenant, on a le droit, bien évidemment. Mais l’idée, c’est quand même d’avoir quelque chose qui puisse durer, Une initiative qui peut, des cercles vertueux, une organisation, qui peut avoir un impact, Parce que le but qu’on recherche, je pense, quand on s’engage, c’est vraiment. L’impact à long terme, l’impact positif à long terme. Donc, voilà, et donc moi, l’idée avec Witex, c’était vraiment la structuration à long terme. Parce qu’avec la première ASSO… Qui existe toujours, On l’a structuré, on était beaucoup, vraiment, et je rejoins ce que tu disais, Je pense que l’organisation, la communauté, le fait de vraiment s’organiser en groupe et être dans un collectif, Ça permet aussi de porter l’action et de pouvoir durer dans le temps, Parce que quand on arrive seul, vraiment, je pense qu’on n’y arrive jamais. seul, c’est impossible. On peut porter, bien évidemment, Il faut avoir des visages pour représenter les initiatives et les projets et les organisations. Mais on a besoin d’un collectif et on a besoin de fonctionner en réseau. Donc, avec WeTech, pour moi, J’avais vraiment besoin d’aller plus loin dans ce que je proposais. On propose des actions éducatives, On a commencé principalement avec des jeunes et des jeunes filles, pour les inspirer, leur donner confiance. Et aussi pour qu’elles puissent oser pour les métiers de la tech, Mais de manière générale, à choisir leur parcours. Et puis, en fait, Je me suis dit, moi, j’ai envie d’aller plus loin, j’ai envie d’expérimenter, j’ai envie de mieux comprendre ce que je disais. En fait, on est beaucoup dans la pédagogie et il me fallait du temps. Donc, il me fallait du temps. Je ne pouvais plus travailler en même temps et être… Parce que j’ai commencé en travaillant en parallèle avec Witech. Je ne pouvais plus. Et donc, je me suis dit… Je me suis dit, là, Il faut vraiment que je passe beaucoup plus de temps. Donc, J’ai décidé effectivement de me dédier un salaire. Mais bon, je… Voilà.
Nadim Bel Lallahom | 45:48.926
Un petit salaire.
Somaïa Laroui | 45:50.144
Un petit salaire.
Mouna Jabri | 45:51.082
Voilà. Mais l’idée, ce n’est pas de… Je pense… Et moi, vraiment, ça me fait écho ce que tu dis parce que c’est aussi quelque chose… Je pense qu’on doit aussi être capable de pouvoir avoir, Disons les termes, Mais avoir des activités d’un côté qui vont être lucratives, de séparer un peu les dimensions et d’avoir ces actions-là portées par des personnes qui arrivent avec des intentions totalement désintéressées, pour avoir une ambiance saine et un esprit sain. Je pense que c’est nécessaire. Et bien évidemment, Je rejoins aussi ce que tu disais, Il faut des personnes qui puissent être salariées et qui puissent être salariées. dignement. Parce que ce qu’on voit aussi dans le monde associatif, c’est l’exploitation. Et moi, je ne voulais pas que ça se passe. Donc, je ne vais pas dire que je me suis sacrifiée, mais je me suis toujours dit que si je veux salarier des gens, Il faut que ce soit à hauteur de ce qu’on retrouve dans le milieu économique. Parce que, comment attirer des bons profils ? Comment attirer des… Justement, comment faire Comment apporter de la qualité ? On ne peut pas dire, nous, on veut démocratiser la pédagogie, l’excellence pédagogique, montrer aux jeunes l’avenir, etc. On ne doit pas être capable de refléter ça dans notre… Propres organisations. Et depuis, et aussi, nous-mêmes, d’avoir des activités lucratives, d’avoir des compétences qu’on peut aller vendre très concrètement.
Nadim Bel Lallahom | 47:01.705
Et c’est vrai que le message que ça envoie toujours, c’est si tu as un job à impact ou qu’il y a un job d’intérêt général, dans ce cas-là, Il faut que tu sacrifies la rémunération. Exactement. En fait, c’est vraiment un choix, c’est de dire si tu veux un job aligné avec Tes valeurs, accepte d’être moins payé, ce qui n’est pas du tout… Ce qui est aberrant. Ce qui est aberrant.
Mouna Jabri | 47:19.041
Ce qui devrait être le contraire, en fait. Ce qui devrait être le contraire. Et oui, c’est totalement ça. Merci. Complètement paradoxal. Et donc vraiment, Je pense que c’est vraiment l’ambition avec Witech, c’est pas… Donc on comprend un peu ce truc de se dire On veut agir dans l’urgence, on veut agir dans l’obligeance, Donc je vais me sacrifier, je vais être bénévole, je vais aussi payer les gens, voilà. Mais je pense qu’il faut du temps. Et donc moi, avec Witech, j’ai décidé de prendre mon temps et de me dire doucement, mais sûrement. Donc, aujourd’hui, on agit principalement localement. L’idée, c’est quand même de passer à l’échelle, parce que, comme je le disais, on veut toujours aller plus loin. Mais je pense qu’il faut prendre son temps et moi, j’ai décidé de prendre ce temps-là donc en parallèle je fais aussi des études en neuroéducation donc ça me permet vraiment de pouvoir m’enrichir intellectuellement et aussi construire quelque chose de solide pour aussi avoir une certaine autonomie financière et je pense qu’il ne faut pas avoir peur de parler de rentabilité à terme économique pour pouvoir justement alimenter tout ce qu’on fait dans l’associatif j’ai dit que je parlais trop C’est intéressant.
Armand Cosseron | 48:24.067
Comme dit Somaïa, c’est super intéressant d’avoir ton raisonnement là-dessus. Je suis un converti sur le niveau de rémunération dans le monde associatif. J’ai des plaidoyers à portée, il y a des choses à changer, ça, c’est sûr. Et Somaïa, Je suis en train de rebondir sur…
Somaïa Laroui | 48:37.280
Sur ma casquette, Collectivité territoriale, politique publique, Effectivement, on fait souvent appel aux associations. Et quand elles nous donnent des devis, c’est toujours trop cher. Mais par rapport à la valeur qu’elles apportent sur un territoire, finalement, ce n’est rien, puisqu’elles changent les mentalités. Elles accompagnent les populations, elles ont un engagement que la collectivité n’aurait pas sans elles. Finalement, c’est des acteurs qui seront prioritaires, primordiaux pour atteindre nos objectifs. Et comme c’est de l’associatif, on va vouloir toujours tirer vers le balai de vie. Et ça, C’est un engagement que j’ai depuis toujours, C’est que si on fait appel à eux qui ont le réseau, qui ont les connexions, dans mon domaine du Café des aidants, par exemple, les institutions, La CAF va faire des cafés, des aidants. Il y aura trois personnes. Une association va le mener dans un quartier, d’ailleurs 15-20 personnes, Elle aura un rythme assez soutenu, avec des soirées en plus d’autres activités. On se rend bien compte que sans les associations, Aujourd’hui, les politiques publiques n’existent pas. La baisse des dotations aujourd’hui, On se pose tous la question aujourd’hui comment on va financer nos projets, Mais c’est un vrai sujet, puisque les politiques publiques aujourd’hui n’ont pas les moyens, ont les moyens financiers de porter les actions, mais n’ont pas le réseau, n’ont pas l’implantation nécessaire, n’ont pas la connaissance du territoire nécessaire. N’ont pas les ramifications, elles sont dans l’écosystème. Elles sont même maîtres de l’écosystème, J’ai envie de dire, une mairie dans une ville, Elle est maître de son écosystème. Cependant, il faut qu’elle arrive à s’aligner avec tous les partenaires, toutes les parties prenantes qui concourent à la même cause. Et la lucrativité là-dedans, pour moi, elle est nécessaire. Moi, je me suis toujours dit que mon parcours… Alors moi, j’ai un autre raisonnement, mais un raisonnement plus de femme 2. J’ai toujours eu envie de me dire, demain, Quoi qu’il se passe avec mon mari… S’il l’entend, il sera content. Je veux être indépendante. Je ne veux pas dépendre de lui. Donc, ma carrière… Était nécessaire, Mon salaire était nécessaire à me dire demain. Je ne vais pas être bloquée dans une relation parce que je n’aurai pas les moyens d’élever mes enfants. seules, parce que je n’aurai pas les moyens de partir par perte de confort. Et donc j’ai toujours eu ce truc aussi de femme, de me dire ma carrière, mon engagement, oui, certainement, mais ma carrière aussi. Alors, moi, j’ai plutôt un regard un peu, C’est nécessaire pour mon développement, pour ma survie et pour demain, ne pas tomber dans des positionnements de femmes aujourd’hui. Et ouais. Elles subissent un peu leur vie au quotidien, elles subissent la vie aussi des enfants parce qu’elles s’arrêtent de travailler. Et notamment quand on est aidante, c’est 80% de femmes qui sont aidantes. Et là, il y a tout un levier à reconstruire autour de ça parce que finalement, Les femmes ont une perte de chance en ayant des enfants, en étant aidantes, ou de leurs parents ou de leurs enfants, peu importe. Mais il y a cette vraie question d’égalité. femmes-hommes à ce moment-là aussi, sur la lucrativité. Un peu de nos activités, c’est-à-dire que, oui, tu veux t’engager, dans les associations, on retrouve plus de femmes quand même, les femmes s’engagent plus. Mais si c’est pour des salaires moins forts, Parce qu’il y a ce côté de « je ne veux pas être rémunérée parce que je veux faire du bien à la société » , oui, mais le bien que tu fais à la société, en fait, c’est un investissement. Finalement, le temps qui passe, tu changes la société, tu accompagnes des familles, tu accompagnes des enfants, tu accompagnes. L’avenir de la France. Même si on est à toute petite échelle et c’est des gouttes d’eau, mais finalement, toutes ces petites gouttes d’eau font du changement. Et donc, du coup, oui, Cette question de salaire et de rémunération, pour moi, Elle a toujours été très importante. J’avais envie de trouver un métier qui me plaisait, dans lequel j’étais bien, mais il fallait que ce soit bien payé. aussi, Parce qu’il fallait que je puisse être indépendante et autonome en cas de crise pour ma survie. Et surtout, par modèle, pour mes filles, Elle est à l’étranger en ce moment, elle est aux États-Unis, et l’opportunité que ça ouvre. Je trouve que c’est des leviers qu’on ne donne pas assez aux jeunes, en fait, ces expériences-là. Souvent, c’est l’élite un peu, ou les classes sociales plus aisées, qui font ça parce que ça coûte encore très, très cher. Et la question de faire partir des jeunes filles à l’étranger pour vivre des expériences, mais entre guillemets, pour qu’elles soient bankables plus tard et qu’elles puissent choisir, en fait, ce qu’elles veulent faire, que ce soit de l’engagement ou du privé, peu importe, mais qu’elles choisissent sa place dans la société. Moi, je vais être plus à réfléchir de, si tu as les moyens d’agir, Si ta situation est saine, et bien finalement, tu vas pouvoir choisir ton impact sur la société. Et c’est un vrai choix de se positionner. Et c’est un vrai choix de ne pas se dévaloriser face à des collectivités ou à des employeurs. Et de mettre la valeur de son impact. Et de son temps, qu’on passe à construire des séminaires ou des cours pour les plus jeunes ou du temps qu’on passe avec des familles. Mais je pense que ça, ça a une très, très grande valeur. Aujourd’hui, ce n’est pas très valorisé en France. Les professeurs des écoles, les infirmiers, les aides-soignants, tous ces métiers-là. Mais je pense que la tendance devrait être inversée. Et l’idée pour moi, c’est aujourd’hui, dans mon association. La bulle de Jade, c’est de faire des soirées. Elles osent. On fait des témoignages de parcours de femmes qui ont tout perdu à un moment, qui ont fait le choix de rester à la maison, qui ont fait le choix de s’occuper de leurs enfants, mais qui ont quelque part, des fois, regretté. Ce choix-là ou complètement assumé, ce choix-là. Ça leur a donné des opportunités. Peu importe ce que tu choisis, peu importe ce que tu sacrifies, comment tu rebondis à un moment donné. On n’a plus de carrière comme nos parents, en tout cas, comme mes parents lisent, Mais plutôt un truc où on va saisir des opportunités à chaque fois et on peut rebondir à chaque fois. Et un accident de la vie, ou un mauvais choix, un divorce, une séparation, Puisque moi, je suis plutôt dans ces âges-là, en fait du coup on va être sur comment je m’en sers comme opportunité, et comment j’en fais levier. Et moi, je pense que c’est ce qui m’a beaucoup mobilisé dans mon parcours, toutes ces expériences hyper difficiles qui m’ont mis à terre. Heureusement que j’ai eu des écosystèmes de femmes, parce que c’est ce qui m’a entourée à ce moment-là, mais qui m’ont tendu la main à un moment donné, des rencontres qui font qu’on donne une opportunité, un réseau auquel on n’a pas accès, et là, il faut savoir le saisir, puisque beaucoup de femmes aussi, dans ces soirées-là, elles disent « Oui, j’avais l’opportunité de, mais j’ai préféré refuser parce que je ne m’en sentais pas la capacité, je n’avais pas la valeur de. » Et du coup, oser, prendre sa place, oser, demander son dû, oser, faire de son association, J’ai envie de dire, c’est un peu mes questions du moment, un objet économique viable pour que ça dure. Moi, dans mon objet. principal, c’est créer un lieu d’accueil et de répit. Alors ce lieu, Il faut qu’il soit économiquement viable parce que de toute façon, sinon, je n’aurais pas de financeur. Et derrière ça, l’idée, c’est de se dire comment financièrement je vais tenir le truc parce que moi, ma fille, une fois que je ne serai plus là, qui va s’en occuper ? Dans quel modèle elle sera Donc, il faut que je pense à l’avenir de ma fille, au-delà de moi et de tous ces enfants qui n’ont pas de solution aujourd’hui. Et comment s’entourer d’autres parents, d’autres familles, fait que ma cause à moi… Me dépassent, ma problématique me dépasse, mais à une répercussion chez d’autres, Et comment d’autres vont la nourrir. Et c’est pour ça que ces soirées sont hyper intéressantes, mais effectivement, il y a majoritairement des femmes.
Nadim Bel Lallahom | 55:31.638
C’est pas un gros mot,
Somaïa Laroui | 55:32.294
quoi.
Nadim Bel Lallahom | 55:33.638
Justement, Je trouve que les initiatives où les personnes se rassemblent en petites communautés, partagent soit le même genre, soit la même orientation, le même parcours de vie, C’est aussi ce qui crée des petites bulles, où les gens se sentent en capacité de partager des vécus personnels, plus intimes.
Somaïa Laroui | 55:50.282
Oui, exactement. Et on se retrouve finalement à partager… Moi, je partage ma vie, mes difficultés, Mais ça fait écho à plein d’autres femmes qui disent « Moi, j’ai vécu ça, j’ai fait comme ça, ou j’ai eu tel partenaire à ce moment-là. » Et du coup, Il y a un échange, en fait, de bonnes pratiques, de réseaux. Et le réseau, c’est ce qui manque aussi à la majorité, En tout cas de femmes que je connais aujourd’hui ou dans mon réseau, qui se disent « En fait, je n’avais pas cette porte ouverte à un moment donné. Moi, je l’ai. Je t’y fais rentrer, En fait. » Et comment on partage, ça,
Armand Cosseron | 56:20.712
En fait Je fais un mini point de synthèse avant de donner la parole à Aurélia, Mais si je comprends bien, sur ce qui a été décisif dans vos choix d’engagement, dans les choix que vous avez faits, Il y a une question aussi sur où est-ce que je mets mon temps, où est-ce que je génère mon revenu, Et aussi ce côté communauté, collectif, avancé, ensemble, sur un projet, sur une même ambition. Aurélia, Tu as dit que tu as eu un parcours 100% Éducation nationale. Je sais que dans ce parcours, tu as eu 10 000 fonctions différentes, est-ce que tu veux nous en parler un peu justement.
Aurélia Salé | 56:50.130
Déjà, je suis hyper impressionnée du recul que vous avez des mots que vous mettez derrière vos expériences. Et je trouve que c’est vraiment ce que je vois et ce que j’observe dans votre génération, Vous savez, la mamie qui parle, mais on sent ça émerge et je trouve que c’est hyper important à sauvegarder. Tu parlais d’élan, optimiste tout à l’heure dans le briefing. Mais moi, c’est vraiment ça. À l’heure actuelle, Je sens qu’il y a un moment clé de notre vie à tous, où il y a toute cette énergie qui est là, qui s’est mise en place, qui était un peu sous-marine, mais qui ose émerger et qui ose prendre les choses en main et qui ose dire ce qu’on fait, pourquoi on le fait, Avec beaucoup de recul et beaucoup de… Ça a l’air d’être… Hyper carrée dans votre tête. Moi, je ne sais toujours pas qui je suis, qu’est-ce que je veux faire. Tous les quatre matins, Je regarde un truc, je me dis, ça va être super si je faisais ça. Donc, voilà. D’abord, je suis hyper… Ça me met toute petite, encore une fois. Mais voilà. Non, oui, carrière, moi, j’ai… Voilà, par la vie, J’ai dû bosser assez vite, donc j’ai un peu mis court à mes études rapidement. Dans mes études, je me suis dit, on m’a dit, va à la fac. C’était l’époque où il fallait aller à la fac. Je suis allée à la fac. J’avais bien une idée en tête, mais bon, 1 600 dans un amphi, C’est difficile de se faire sa place. Je sortais d’un petit village tout petit. Tu arrives dans des amphis tellement grands que tu ne sais pas trop ce qu’il faut que tu fasses, la place qu’on te donne, que tu dois prendre. Et puis, j’ai vu un panneau, inscrivez-vous à un concours. Je connaissais les concours d’instit, je connaissais les concours de profs, je ne connaissais pas celui-là, c’était prof en lycée pro. Pour moi, c’était la même école, je ne divisais pas l’école, c’était une et une seule école, Je ne savais pas qu’à l’intérieur, Il y avait plusieurs types d’écoles. Et lycée pro, Je me suis dit, j’ai bien noté, C’était un peu Internet à l’époque, mais j’ai regardé, je me suis inscrite un peu, n’importe comment. Et comme je me suis inscrite n’importe comment, je n’ai pas trop bossé. Et comme il fallait que j’aille bosser pour de vrai, je me suis dit à l’époque, sois surveillante, Tu seras baignée dans le bain et ça te permettra de mettre là déjà de la pratique à la théorie. Et bon an, mal an, Comme je ne suis pas trop une bûcheuse et qu’il y avait plein de choses qui m’intéressaient, J’ai mis super longtemps à décrocher mon premier diplôme. Donc, déjà, un petit traumatisme dans la tête. Et quand je l’ai, eu, en fait, après, je ne me suis pas arrêtée. Parce que prof. En lycée pro, lettres, histoire-géo, éducation morale et civique, et puis plurivalence, Parce qu’au fur et à mesure que les programmes et les réformes avancent, on te demande de faire plus, toujours plus, toujours plus, Et donc tu es en formation continue, si tu veux continuer de bien faire ton métier. Et à un moment donné, tu perds un peu le sens de ce qu’on te demande, de ce que tu fais tous les jours. Tu vois des gamins en face qui te regardent avec des grands yeux et qui te disent, Enfin, bon, qui a décidé qu’on devait tous faire maths de 8h à 9h Je ne suis pas encore réveillée, Vous me mettez déjà plein de trucs dans la tête. Et après, on passe au Français et après, machin. Les sports, après l’atelier, On n’y comprend rien. C’est quoi ? Qui a inventé ce schéma-là ? Et en fait, moi, j’ai toujours pris le parti des… Écouter ce qu’il me disait. Parce que quelque part, ça résonnait hyper au moins. Je me suis dit, Ben, oui, Ils n’ont pas tort. Quand je m’amusais, non, je faisais mon taf de corriger les fautes. Il me dit, oui, non, mais peut-être dans 40 ans, Quand vous, les vieux croutons, vous n’existerez plus, Il y aura une autre langue qui se créera. Ou peut-être Il n’y aura plus de fautes d’orthographe parce que ce sera notre nouvelle langue. Et il me dit, ouais, ben, ils ne sont pas cons. Ils n’ont peut-être Rien capté le truc. Pourquoi je m’habitue à faire du rouge de partout sur leurs copies ? Et puis, à quoi ça sert ? Et de fil en aiguille, une fois, j’avoue, j’étais dans une grande réunion, fille, Une énième réforme arrivait. Et là, Je crois que je n’ai plus du tout capté ce qu’on me demandait de faire. Donc, je me suis levée. J’ai dit à mes collègues, on se donne rendez-vous sur le parking. Et j’ai dit, je ne peux plus. En fait, ça a été le stop. Catherine II à la Cour de Russie. Pour des élèves de bac, pro, mécanos, métallurgistes, etc. Je ne me voyais pas. Déjà, potasser mes cours, et en plus, en faire pour eux, pour les intéresser. Et là, Je crois que je me suis dit, Il faut aller voir au-dessus. Et c’est ce qui a mené mon truc à la trentaine, de me dire, qui décide de trucs pareils Et je veux en être, pour, à un moment donné, porter, leur dire, Mais ce n’est pas possible. Ce n’est pas possible, on va droit dans le mur. Je ne sais pas quelle société vous voulez avoir. On peut… Leur faire apprendre des choses formidables, qui vont les construire, qui vont leur apporter plein de choses et qui vont faire qu’ils auront une vie formidable, mais pas comme ça. Et la culture, ça ne veut pas dire un marche forcée dans la tête, ça ne veut pas dire tu apprends, tu apprends, tu apprends. Je ne comprenais pas ce que je faisais, donc je ne pouvais pas le faire faire. Donc, du coup, j’ai passé d’autres concours. J’ai passé un concours de chef d’établissement. Pareil, je n’ai pas potassé, mais je l’ai eu du premier coup. J’étais pas dans les dernières, mais presque dans les dernières, donc j’ai eu le droit d’aller au nord de la France. J’ai beaucoup appris parce que là, c’était quartier prioritaire. Jusqu’à présent, J’étais prioritaire. Nîmes, en lycée pro. C’est là où il y a tous les quartiers qui se rejoignent d’un coup et c’est assez musclé. Ça forge aussi pas mal. Et puis, après, quartier prioritaire dans le rural. Donc, avec des petits bouts, enfin des petits bouts, Là, j’étais en collège, mais où il y avait une autre problématique, problématique de la pauvreté, problématique des mœurs, problématique… Voilà, donc là, Ça saute aux yeux, sur l’aspect social qu’on peut avoir dans nos métiers, l’aspect hyper humain qu’on doit avoir dans nos métiers. Tous les jours, tu te dis, Je ne suis pas très tranquille avec ce qui se passe pour la vie de ces enfants. Et comment ils vont rentrer chez eux, et comment ils vont nous revenir le lendemain. Donc, assez dur. Et puis, après, quand j’ai été remutée dans le Sud, de nouveau dans les quartiers sensibles de Béziers, le quartier sensible de Béziers, de nouveau punchy. Mais ça a continué de me donner l’envie, d’avoir un impact. Et puis de transformer un petit peu le schéma que leur environnement familial, social, quartier… mécanismes, leur dresser tout droit et d’essayer de bifurquer ça. Alors c’est très, très compliqué parce que moi, je me dis maintenant avec 25 ans de carrière que pour bifurquer, ça, en fait, Il faudrait tous les prendre, mais on ne peut pas sauver la planète. Donc, par petits bouts, Et ça rend très, très humble après se dire Mais qui décide du truc ? Finalement, On est très, très modeste sur notre petit bout de chemin à faire avec eux. Mais c’est ce que tu disais, c’est par petites touches, par petites étoiles qu’on apporte. Et si on peut impacter, et si, d’un jour à l’autre, il y a un élève, pour X? Raisons que ce soit, me disent, vous voyez, aujourd’hui, Je ne suis pas habillée n’importe comment, je voulais vous montrer. Ah, merci, merci. Et tu verras que ça te rendra service à toi plutôt que de me faire plaisir à moi. Des petits trucs comme ça, et puis après tu, tu sors aussi, certains, du panier dans lequel ils se sont mis. Moi, je crois beaucoup à ce qu’à un moment donné, On vienne en relais des parents, à ce qu’on vienne en relais d’un quartier. Pour montrer qu’il y a d’autres choses possibles, pour montrer qu’on peut accompagner ceux qui essaient au quotidien, mais qui n’y arrivent pas forcément parce qu’ils n’ont pas forcément le temps, l’envie, l’argent, les codes, des codes. Parce que leurs codes sont hyper violentés par nos codes collectifs. aussi. Et là-dessus arrive la question de l’orientation. Quand on dit changer les parcours, il y a ça. L’orientation, pour moi, elle n’est pas que scolaire, c’est la vie. L’orientation, c’est la vie qu’on se trace, et c’est ce qu’on accepte de construire en fonction de qui on est, Si jamais on le sait, de ce qu’on connaît de soi-même, En sachant que ça évolue, au regard et en contraste avec les autres, parfois, souvent. Et voilà. Et donc, du coup, cette question d’orientation, après, Elle ne m’a plus jamais lâchée. Parce que je pense pour moi que c’est le levier qui permet à ces jeunes, des tout petits. d’ailleurs, de se donner une ligne de mire. Même si on ne va pas y aller en ligne droite, mais on se donne une ligne de mire. Et moi, je voulais participer à ça. Donc, j’ai passé le concours d’inspectrice orientation. Parce que je faisais fonction à ce moment-là, on m’a donné la chance de me sortir à un moment où j’en avais besoin d’un établissement pour surplomber un peu et de voir un peu ce qu’il était possible de faire à ce moment-là. Et là, je me suis dit, waouh, en fait, On fait tous nos métiers du mieux possible, Mais on n’est pas tous convaincus de la même façon de comment faire ce métier et de pourquoi faire ces métiers-là. Il y en a, c’est alimentaire, il y en a, c’est… Il faut bien que je sois là, Mes parents ont fait ça, donc je fais ça, etc. Mais il n’y a pas forcément de, Tu disais, de structuration. Et je trouve que dans nos métiers, alors on est des professionnels, mais finalement, on est des professionnels un peu à l’instinct, ou un peu parce que, voilà, Les études nous ont amenés là, mais il n’y a pas de conscientisation, de structuration, de, Alors, c’est peut-être très schématique ou très caricatural, mais c’est difficile. De sortir un plus un, plus un. Et de voir ensuite tout ce qu’on fait ensemble, de plus en plus dans nos établissements et dans toute la strate de notre ministère. Et donc, du coup, Une fois que j’ai fait ça, je me suis dit, bon, va voir la mise en œuvre d’une réforme. Alors, du coup, Je n’ai pas passé à notre concours parce que je pense qu’on s’en va avoir un peu ras-le-bol. Et puis, il faut bien. Mais j’ai pris le pari de venir à Paris au moment… Ou une réforme, la réforme du lycée pro, qui m’a quand même nourrie, moi, énormément dans l’analyse des élèves et de la société que je pouvais faire. Je voulais voir comment une réforme se mettait en place. Toujours le truc de se dire, mais qui décide et comment on décide les choses ? Et donc, J’ai déboulé à l’administration centrale. J’apprends tous les jours énormément de choses, mais il y a quelqu’un qui a parlé de mammouths, et je le vis, ce mammouth-là, C’est un truc de fou. Parce que je comprends qu’il faille réguler, etc. Mais il y a tellement de strates avant d’arriver à un texte que le texte, parfois, Je l’aurais très vite dit, Quand on est sur le terrain, on comprend. En fait, le texte, on ne le comprend plus. Il est tellement réécrit, tellement de virgules, tellement déconnecté, tellement… Parfois par des gens qui ne sont pas sur le terrain depuis tellement longtemps, qui sont sur une grosse machine administrative. Et voilà. Et donc, c’est très frustrant parce qu’en face, moi, j’ai encore des collègues, j’ai encore des profs dans mon entourage, J’ai encore des élèves que j’ai fréquemment encore autour de moi qui me disent « mais il faut faire un truc » .
Nadim Bel Lallahom | 69:17.241
C’est vrai que dans ce que tu disais, il y avait un point que je ne trouvais pas intéressant, C’est que finalement, dans la manière dont aujourd’hui, l’éducation se met en place ou la manière dont le système éducatif est en place, On nous propose des blocs, des matières. Mais en fait, Personne ne fait le liant entre ces matières. Je sais que parfois, il y avait, à mon époque, Parfois deux matières qui étaient mélangées pour faire des espèces de TPE ou des travaux pratiques en mélangeant deux matières. Mais en fait, Il n’y avait personne qui créait ce liant. Et je trouve que ça fait un peu écho à ce qui se passe aussi dans le monde associatif. C’est-à-dire qu’il peut y avoir plein d’initiatives ou même dans les services publics en général. L’information est dispersée. Il y a plein de services qui sont proposés. Tout le monde essaie d’apporter sa pierre à l’édifice, mais personne ne sait le lien entre les initiatives. Donc, tout est segmenté. On a l’impression que…
Somaïa Laroui | 70:02.289
Les choses se font en silo, en fait. Il n’y a pas de transversalité,
Nadim Bel Lallahom | 70:05.074
mais c’est le quotidien. Quand on est élève, ce que tu disais, on se dit pourquoi on nous enseigne. Le français, les maths sur des choses qui ne nous serviront pas. Parce que personne ne donne du sens à tout ça en disant en fait, ce qu’on essaie de vous faire comprendre. au-delà de la matière et des connaissances accumulées, c’est plutôt d’acquérir des codes, des bases sur un peu toutes les matières. Qui ne vous serviront peut-être pas, mais qui vous construiront, puisque ce serait une boîte à outils dans laquelle vous pourriez peut-être piocher.
Aurélia Salé | 70:31.113
C’est ça. Et du coup, Le monde associatif apporte cette complémentarité-là. Au début, je ne savais pas forcément, je les voyais parce que je les faisais intervenir quand j’en avais la chance. Et le budget dans mes établissements, mais… Mais du coup, ça amène une vraie fraîcheur et cette vraie vision systémique. Ça apporte à cette vision systémique de se dire qu’est-ce qu’on peut apporter. Chacun dans nos domaines, chacun dans nos compétences, chacun dans nos combats, nos convictions, etc. Parfois réguler les grosses machines qui sont là. Parce que service public et qu’il faut, à un moment donné, tenter de donner à tout le monde les mêmes chances. Mais on se rend compte que ce n’est pas vrai. En fait, c’est une volonté, une marque de vie, mais en réalité, Ce n’est pas forcément vrai. Et donc, C’est là que l’associatif arrive, je pensais. Maintenant, j’en suis convaincue et je régule, moi, l’immensité avec le petit et je me dis que finalement, ce petit, Il faut qu’il prenne plus sa place, il faut qu’il ait plus d’impact. Parce que c’est ce qui fonctionne en ce moment, pour de vrai.
Somaïa Laroui | 71:49.594
C’est la question de la proximité, de la plus-value que le service public ne peut plus apporter aujourd’hui, puisqu’on est plus dans des machines, dans des étoiles, dans des économies d’échelle. L’idée, c’est de la proximité, de connaître ses habitants, de connaître les problématiques du quartier. Et je pense que les associations peuvent répondre à ça par leur proximité.
Aurélia Salé | 72:07.058
Oui, mais là où c’est une plus-value aussi, c’est que c’est en miroir. C’est-à-dire que là où on va agir en association, les personnes, tu disais… Elles prennent confiance, elles regardent que les choses sont possibles, elles vont se mettre à oser. Et donc, du coup, pour tout un pays, Tout ça, c’est des énergies qui vont se mettre en place, en œuvre, Et qui vont faire que le pays peut redécoller, ou peut décoller, ou peut apporter quelque chose de nouveau, là où il était un peu sclérosé. Moi, c’est un truc où c’est le côté patriote sain. Maintenant, on est obligé de mettre des guillemets. Mais voilà, moi, c’est le côté patriotique, parce que je sais encore une fois ce que la France m’a apporté. Mais je voudrais que cette France réalise ce qu’elle a aussi entre les mains, c’est-à-dire nous tous. Et que, Ce n’est pas qu’elle s’en serve, mais qu’elle nous laisse la place pour avancer. Et tu disais, qu’est-ce que nos politiques peuvent attendre ou entendre à travers nos messages ? C’est ça, c’est nous faire confiance, ne pas nous barrer les routes quand on demande des subventions, quand on demande à être entendus. Quand on lance des plaidoyers, que ce politique-là, dans tout son ensemble, arrive à se dire qu’il doit maintenant travailler avec nous et qu’il doit maintenant entendre cette France qui est là, qui avance.
Nadim Bel Lallahom | 73:25.539
Et sur ça, Je trouve que l’association, on parlait aussi de la communauté, C’est une force de frappe et du pouvoir, parce que finalement, en tant qu’individu au sein de la société, face aux décisions politiques, face au changement de la société, Notre voix ne compte pas. On n’a pas forcément de moyens de faire entendre sa voix. L’associatif, c’est la société civile organisée qui se lie par des valeurs ou sur un projet commun. Ou face à un problème rencontré au quotidien de politique publique, de service public, et qui dit « je peux porter ma voix » . C’est vrai qu’aujourd’hui, on voit de plus en plus, dans le monde associatif, des associations qui se dotent d’un pôle plaidoyer. Et dans le plaidoyer, c’est-à-dire la capacité à penser, structurer les messages, trouver la bonne manière de les faire passer et de les irriguer. Et ça, Je trouve que c’est intéressant parce que je trouve que des associations au départ, en fait, Je trouve qu’on est aussi un peu un tournant dans l’engagement et l’associatif par rapport à tout ce qu’on était en train de se dire. En France, on est un des pays où on a le plus de bénévoles en termes de chiffres. Je n’ai plus le chiffre exact en tête, mais je sais que ça fait partie des pays où il y a le plus d’engagement en termes de bénévolat et d’associatif. Donc, on a un peu cette culture de l’associatif, Sauf qu’on est en train de passer à un moment où toutes les réflexions qu’on avait sur est-ce Que je dois être bénévole toute ma vie Est-ce que c’est juste filer un coup de main dans un club de sport De temps à autre ou est-ce que ça devient quelque chose de plus structuré. Je trouve qu’il y a une nouvelle génération qui dépasse le clivage des âges, puisque je dirais que c’est une nouvelle ère. On va dire dans l’Associatif. Mais qui peut concerner aussi bien des personnes de plus de 60 ans que de moins de 20 ans. Où il y a une forme de professionnalisation de l’associatif. Et ça, moi, je fais même le parallèle avec l’émergence de tous les enjeux d’entrepreneuriat social. En fait, je trouve que l’associatif est en train de prendre la forme de l’entrepreneuriat social. En se disant Comme tu disais Soumaya, j’ai le droit d’être payé. Pour un job qui a du sens et en ayant un impact sur la société. Et ça, je trouve ça hyper simple, parce qu’avant, c’était quand même que du bénévolat pur, Mais ça pose aussi plein de questions. Ça pose la question de comment on se paye au sein des organisations associatives ou d’entrepreneurs à la sociale. Donc, en fait, les questions qu’on pose aussi au secteur privé, c’est-à-dire quel est l’écart entre l’actionnaire, le grand dirigeant et le premier salarié ? Je trouve qu’il faut vraiment qu’on ait aussi cette question. Ce que tu disais que je trouvais hyper intéressant, c’est que pour moi, l’associatif, face aux collectivités, ou à d’autres employeurs, clients potentiels doivent se présenter de manière professionnelle comme une entreprise privée. Mais avec un engagement social pour ne pas être… Parce qu’aujourd’hui, des boîtes de consulting qui vont proposer des prestations de service vont proposer des chiffres 5 à 20 fois, 30 fois plus importants en vendant et en packageant une expertise. Là où l’associatif, il ne faut surtout pas packager parce que si on package, on devient une entreprise et donc, du coup, On nous accuse potentiellement de ne plus être une association. En fait, initialement, dans l’école, l’association doit… Ne pas avoir une communication trop léchée, parce que sinon, On va dire qu’on a mis trop de budget dans la communication. Il faut avoir le plus de bénévoles et s’excuser d’être salarié.
Mouna Jabri | 76:25.880
Il ne faut pas être trop compétent, parce que si vous êtes compétent, il faut aller chercher l’argent par jour.
Somaïa Laroui | 76:30.966
Oui, c’est ça, exactement.
Mouna Jabri | 76:32.348
En fait, il y a vraiment beaucoup de paradoxes, mais en même temps, Ce que tu dis, je trouve ça hyper intéressant, Nadim. C’est qu’on peut avoir aussi des dérives dans l’associatif. Qu’il faut aussi noter, c’est qu’aujourd’hui, puisque depuis tout à l’heure, on parle d’impact positif, d’engagement social, d’être au service d’eux, Mais pour moi, c’est des prétentions, dans le sens où on n’est jamais sûr de l’utilité de ce qu’on fait. Et on n’est jamais sûr vraiment de… Et je rebondis aussi sur l’éducation, sur en tout cas l’éducation nationale, et avec une petite anecdote, Moi, j’ai l’intolécence encore une fois, mais en fait, Il y a un de nos professeurs qui travaille souvent avec… Ça va peut-être répondre à tes questionnements, qui travaille souvent avec le CESEL, Le Conseil scientifique de l’Éducation nationale, sur notamment les programmes pédagogiques, qui travaille aussi avec les autres instances, donc, qui dessine un peu des orientations dans ce domaine-là, et qui nous dit, en fait, tous les quatre ans, on doit présenter des choses, ils doivent se baser sur des recherches. Et en fait, Ils se basent effectivement sur des recherches scientifiques, mais vraiment en étant un peu extrêmes. Dans le sens où, on ne se pose pas la question de l’utilité, de comment on va vérifier. Alors peut-être qu’on se base sur des avancées scientifiques, mais comment vérifier, comment mettre en place progressivement ce qu’on fait sur le terrain et comment vérifier l’utilité de ce qu’on met en place. Et donc tout ça, en fait, on ne peut pas… Ça vient aussi à quelque chose auquel j’ai beaucoup réfléchi, c’est être dans l’associatif. Est-ce que se proclamer engagé, peut dire, signifie qu’on est réellement engagé ?
Nadim Bel Lallahom | 78:07.766
C’est ça que c’est devenu une marque, un peu, un logo, un tampon.
Somaïa Laroui | 78:10.809
On peut avoir un impact social.
Mouna Jabri | 78:13.313
Est-ce que l’engagement, C’est aussi qu’une étiquette Est-ce que c’est un label Et en réalité, dans mon cheminement, ce que j’ai un peu vu, On a l’occasion d’échanger avec des acteurs publics, des acteurs privés. On voit un peu, c’est aussi, Je trouve, être à la croisée un peu de plein de milieux. Je trouve que c’est vraiment hyper enrichissant. Et on voit que les dérives et que les schémas sont partout les mêmes. Donc, très bien ce que tu disais. Que ça ne fait pas lien avec ce que tu disais, Mais les entreprises arrivent à packager, etc. Mais est-ce que les associations doivent aussi prendre la même direction dans le sens, est-ce qu’on doit être dans la survalorisation de ce qu’on fait Est-ce qu’on doit vendre réellement au sens propre, littéral pour convaincre réellement Est-ce que le but, c’est convaincre, ou le but, c’est plutôt manifester et être transparent sur ce qu’on met en place sur le terrain ? Donc, c’est toutes ces réflexions. Je pense que c’est important aussi de se dire qu’on a la chance, ce que tu disais, On est dans la complémentarité, mais c’est une chance dans l’association de pouvoir se réinventer, un peu ce que vous avez dit, de pouvoir prendre sa place et de ne pas forcément tomber dans les travers. Et les schémas qui existent, qui fonctionnent peut-être. Donc, il faut connaître les codes, c’est comme ça à la société, il faut connaître les codes, Mais comment aussi se positionner et faire la différence en apportant sa propre touche et en étant vraiment dans l’authenticité.
Nadim Bel Lallahom | 79:30.681
En fait, sur ce que tu dis, je pense qu’il faut être malin, c’est-à-dire identifier certains codes qui viennent plutôt du privé et ne pas s’interdire de les utiliser. Mais comme tu le disais, se poser la question de quel équilibre trouver, parce que l’objectif, Et je trouve que moi, à titre personnel, quand je suis allé dans l’Associatif. Et si je suis resté 13-14 ans bénévole et que j’ai décidé de ne pas être salarié, c’est pour ne pas retrouver un système de salariat comme je peux l’avoir dans le secteur privé ou dans ma vie à côté, dans le secteur public. Donc, c’est vrai que le but, ce n’est pas forcément de recréer des entreprises toutes faites dans l’associatif. Mais je trouve que parfois, on s’interdit d’utiliser certains codes. Et par rapport à ce que tu disais sur les dérives de l’associatif, Je pense que ça fait écho un peu à ce que je racontais. Sur le syndrome du sauveur, etc. Je pense que ce qui se passe, c’est que l’associatif, c’est une très bonne carte de visite pour se réinventer une image. Et aujourd’hui, c’est pas mal, un peu la logique. On est dans la logique de l’entrepreneur social, celui qui sauve le monde, qui crée des solutions, Mais en même temps, qui a une entreprise, mais qui a un impact. Je trouve que le gouvernement l’a beaucoup mis en avant. Ça a été un gros plaidoyer de Macron. De dire On va favoriser l’entrepreneuriat et on va faire émerger cette figure du sauveur absolu dans l’ESS. Et du coup, Je trouve que ça se répercute sur l’associatif, puisque en fait, il n’y a qu’à regarder les budgets des associations. Je trouve qu’aujourd’hui, Il y a de plus en plus de mise en valeur. Et de personnification des associations autour d’une ou deux personnes, ce qui a des avantages. Ça permet à l’association de gagner en notoriété et potentiellement de démultiplier son impact. Et je trouve qu’il y a des codes intéressants dans l’entrepreneuriat social, notamment la mesure de l’impact. Par contre, il faut mesurer, il faut nuancer, équilibrer. Enfin, l’AFCIS. Parce que je trouve que la mesure de l’impact est hyper importante. Pendant des années, on avait des associations qui nous disaient « J’ai accompagné 10 000 personnes. » Ok, mais qu’est-ce qui s’est passé pour ces personnes au-delà de l’accompagnement qu’est-ce que ça va transformer ? Et de l’autre côté, Pour contredire ce que je viens de dire, je pense qu’il ne faut pas tout mesurer. C’est-à-dire aussi, le rôle des associations, c’est un rôle de lien social. Et si on commence à tomber dans le délire du secteur privé, qui essaye de tout mesurer, le lien social, ça ne se mesure pas toujours. Oui, on ne va pas s’amuser à faire. Des chiffres en disant 10 personnes ont rencontré 20 personnes qui ont rencontré 100 personnes. Je trouve que c’est là aussi, où l’associatif doit être malin. Utiliser certains codes, ce qui est utilisé dans le privé, se poser la question à quel moment les utiliser, à quel moment? On ne peut pas pas les utiliser pour ne pas devenir une entreprise, Et, en même temps, mesurer pour s’assurer qu’on sert à quelque chose, sans devenir une espèce de boîte d’analyse de données qui ne fait que mesurer.
Somaïa Laroui | 82:01.785
C’est important de trouver le bon curseur, de bien s’aligner et de bien être aligné avec ses valeurs. Je pense qu’effectivement, il y a des dérives partout, Et après, c’est la question des valeurs auxquelles toi, tu t’engages à respecter ce que tu transmets autour de toi, et c’est vraiment… De personne à personne, finalement. L’alignement, J’ai envie de dire, peut-être corps-cœur à un moment donné. Soit tu, l’as et tu le gardes, après, tu peux l’avoir et le perdre parce que, après, Quand tu veux rentrer dans des dispositifs de financement, on te demande d’avoir un modèle économique. Aujourd’hui, moi, je suis face à ça. Je m’occupe d’enfants en situation de handicap. On va me demander de mesurer l’impact. Comment un enfant qui sort d’un espace snozélène, Comment tu mesures l’impact de ton investissement à 15 000 euros de matériel Juste, il a souri, en fait. Et les parents ont pu avoir un espace d’échange. Mais si tu veux, ça ne se mesure pas vraiment. Et c’est vrai que ce n’est pas suffisant pour les financeurs. Mais c’est vrai que c’est hyper dur de jouer avec tous les codes. finalement, de prendre un peu là, un peu là, d’être bankable sur ta com et dire Sinon, on est hyper sérieux parce que ça te crédibilise. Mais en même temps, Le temps que tu passes, tu n’es pas avec les familles, tu n’es pas avec tes enfants. Donc, c’est cette question de curseur, de savoir le bouger de temps en temps pour toujours impacter. Et je pense que la question de tes valeurs, elles sont hyper importantes à ce moment-là. Le pourquoi tu le fais, Il doit être vraiment dans ta tête. C’est quoi ? Donc, toi, tu te répares, effectivement, Moi, c’est ce que je fais, Mais je sais aussi qu’en ayant échangé avec plein d’autres personnes, je donne des opportunités à d’autres de se positionner et de répondre à leurs problématiques. Et je pense aussi que l’association, Les associations répondent à des besoins du droit commun. Non satisfait, là où l’État est défaillant, là où l’État ne répond plus. Et notamment dans le milieu du handicap, là aujourd’hui, L’État dit Prenez votre place en fait, les associations, Nous, on n’ira pas. Donc, ils demandent aux associations, aux entrepreneurs à impact de créer des solutions innovantes pour répondre à cette problématique de place. Dans les IME ou de prise en charge ou de prise en compte des enfants en situation de handicap. Et du coup, t’es obligé d’aller sur… Enfin, ils te poussent à créer un modèle économique là où toi, tu voulais juste aider. Voilà.
Mouna Jabri | 84:04.910
Pour moi, il n’y a pas vraiment de mal à être une entreprise et à chercher à aider, être au service d’eux. Je pense que ce n’est pas vraiment la question. Il n’y a pas de mal à se dire, L’État a ce positionnement-là, l’éducation nationale. A ce positionnement-là, Les associations ont ce positionnement. Je pense que ce qui est vraiment important, c’est d’être au clair. C’est ce que tu disais, c’est l’alignement. C’est d’être au clair de ce que chacun apporte. Et c’est vrai qu’aujourd’hui, on peut avoir cette impression-là qu’il n’y a pas forcément de valorisation de chaque partie prenante. Et on se dit, des fois nous, on arrive, on dit Mais vous voulez prendre la place de l’éducation nationale? Pas du tout, on est là pour faire ensemble, il faudrait juste. Ça peut paraître simple, mais vraiment être dans la clarification et bien se positionner et être au clair sur les intentions de chacun. Parce qu’on peut être effectivement une association, se professionnaliser et carrément devenir une entreprise sociale ou avoir un modèle hybride. Il n’y a aucun, pour moi, il n’y a aucun mal en soi, je pense que vraiment. Ce qui compte ces alignements et être clair sur les intentions pour éviter les dérives contre vous.
Nadim Bel Lallahom | 85:12.922
Et bon courage, avec tout ça. Voilà,
Armand Cosseron | 85:15.264
C’est ça. Juste, question, déjà, merci pour tout ce que vous avez partagé, C’était super inspirant sur les raisons de votre engagement, sur les enjeux aussi du monde associatif, sur les choix de modèles, de structures ou de manières de s’engager sur les dérives, Les risques, côté un peu étiquetage de l’engagement et donc la vigilance aussi pour les personnes qui l’aiment. Qui rencontrent des initiatives, voire pondérées, évaluées, en un sens, sans rentrer jusque dans la mesure d’impact. Et moi, j’ai une question aussi, je me dis, je suis quelqu’un qui est en train d’écouter cet épisode, Ce podcast, ça y est, vous m’avez convaincu, J’ai envie de m’engager. Comment je fais Par quoi je me pose
Mouna Jabri | 85:51.041
Génial
Armand Cosseron | 85:53.323
Je propose un petit tour de table, Mouna, pour toi, C’est quoi l’action à prendre, Quelqu’un qui souhaite porter un engagement
Mouna Jabri | 85:59.668
Je dirais déjà l’engagement envers soi-même. C’est, je pense, la base. Et j’aimerais revenir un peu sur ce qu’on a dit depuis tout à l’heure, parce que ça peut effrayer. Se dire que l’engagement, c’est un projet, c’est une entreprise, c’est des heures. Pour moi, non. Pour moi, l’engagement, ça peut prendre différentes formes. Il n’y a pas de hiérarchie, Il n’y a pas de comparaison à avoir entre les différentes formes d’engagement. Et un jour, J’ai été dans un groupe de paroles et on se partageait chacun. Il y avait pas mal de porteurs associatifs et on se partageait chacun ce qu’on faisait dans notre quotidien. Et il y a quelqu’un qui a pris la parole, qui a dit « écoutez, moi j’ai quelque chose à dire, mais je n’ai pas forcément d’association, je ne suis pas entrepreneuse, je travaille, mais il y a quelque chose que je fais tous les jours et pour moi, je le considère comme étant un engagement, c’est le fait de s’ouvrir à mes voisins. » Et je trouvais ça hyper touchant. Je me disais, mais c’est vrai, c’est simple. Et en fait, Je pense qu’on oublie, à force de justement s’attacher aux apparences, de s’attacher aux images, de s’attacher à tous ces aspects de communication. On peut oublier les gestes simples, l’engagement envers soi-même, prendre soin de soi-même, Les actes aussi invisibles envers notre entourage, nos familles, nos amis. Et je pense que ça commence là. Et c’est ça qui va pouvoir être moteur. De tout ce qu’on pourrait porter. Et puis, surtout, Il y a quelque chose qui me touche en particulier, C’est parce que moi, je suis dans l’éducation. Et donc, on travaille et on collabore beaucoup avec les parents, les familles et les enseignants de l’éducation nationale. Et je trouve qu’il y a vraiment une sous-estimation, en tout cas une sous-valorisation de cet accompagnement au quotidien. Et moi, je dirais, c’est vraiment, Si on doit valoriser, si on doit soulager, si on doit s’engager, C’est auprès de ces personnes-là, qui sont là tous les jours, qui fournissent des efforts tous les jours. Et vraiment, pour moi, ils ont toute mon admiration, au-delà de toutes les initiatives qui existent, de toutes les associations, de tout ce qu’on peut mettre en place. Moi, je dirais, il n’y a pas de plateforme, il y a Google, Vous voulez aller chercher. Mais vraiment, je suis hyper sensible à ces actes invisibles et ce, questionnement entre soi et soi. Je pense que c’est super important et ça commence là.
Armand Cosseron | 88:24.914
Les actes du quotidien, Je retiens en une phrase de Osamoula. Toi Soumaya, Si je peux m’engager, comment je fais
Somaïa Laroui | 88:32.421
Je vois ce qui est, mon levier en fait, ce qui m’interpelle le plus comme injustice ou comme chose que je peux, peu importe, tes compétences, peu importe ce que tu fais, peu importe ce que tu veux réparer ou pas. La question, c’est de savoir s’entourer. Je pense que l’engagement, c’est savoir s’entourer, savoir partager. Peu importe, ton niveau de ce que tu peux apporter, nous, dans l’association, c’est que tu peux passer une heure de temps avec un enfant en situation de handicap. Et en fait, Il y a plein de gens qui me disent « Moi, j’adore ce que tu fais, mais passer du temps avec un enfant en situation de handicap, ce n’est pas trop mon truc. » Du coup, ce n’est pas grave, tu peux faire un gâteau, tu peux partager sur les réseaux sociaux. Le niveau d’engagement, encore une fois, tu mets ton curseur où tu veux. C’est toi et toi-même, finalement, Qui vois ce que tu peux apporter dans un collectif. Mais si on veut s’engager, ne pas rester seul, parce qu’il y a plein d’opportunités sur lesquelles on peut jouer. Ne pas s’arrêter au nom ou à la façade, finalement. On a tous un truc à partager ou un engagement à prendre.
Armand Cosseron | 89:35.005
On peut agir à son niveau.
Somaïa Laroui | 89:36.747
À son niveau, peu importe d’où on part, d’où on est. Aurélien
Aurélia Salé | 89:41.325
Oui, moi, je pense être au clair avec soi-même, pas forcément avec eux. Être soi-même ou rester soi-même et être au clair avec soi-même, pouvoir se regarder dans la glace tous les jours. Parce que pour porter l’engagement, il faut déjà se porter ou se supporter soi-même. Et puis, bien choisir, parce que c’est ce qu’on disait, ce n’est pas pour faire bien. Parce qu’il y a tellement d’enjeux derrière, que ce soit au quotidien, un sourire, un bonjour, un merci. On ne sait pas ce que ça peut égayer dans la vie de la personne à qui on le dit. Et bien être au clair avec. La forme d’engagement, peu importe laquelle, mais la structure ou l’association ou le collectif dans lequel on s’engage. Et ce collectif qui va compter sur nous pour en être à la fois par petite bride et en fonction de ses compétences. De ce qu’on peut amener, discret ou pas discret, mais ne pas louper, ce moment-là de rencontre avec ce collectif. Parce que ce collectif, il compte sur la personne qui va s’engager. Sinon, ça ne vit plus. Ce n’est pas viable, ce n’est pas durable. Donc, c’est vraiment… Moi, je pense que l’engagement, c’est aussi ça. Ce n’est pas que des convictions, que des compétences. C’est aussi être stable sur la durée dans ce qu’on apporte et dans ce qu’on fait tous les jours. C’est être, faire, agir.
Mouna Jabri | 91:07.622
Bon courage,
Nadim Bel Lallahom | 91:08.863
Moi, à chaque fois que je vous écoute, je re-réfléchis à ce que je vais dire. À chaque fois, ça évolue. Du coup, c’est riche. Non, je voulais peut-être, avant de compléter, revenir sur les bénéfices de l’engagement avant de dire pourquoi s’engager, comment s’engager, etc. Parce que je trouve qu’on les a un peu abordés, Mais l’engagement, c’est se faire du bien à soi. Je trouve aller explorer peut-être aussi des zones de jongler entre les zones de confort et d’inconfort. Donc un peu… C’est une extension de soi. Moi, je le disais, l’engagement, Ça a été un laboratoire d’expérience où j’ai pu mettre en place plein de choses que je n’aurais jamais fait dans mon travail. Donc, en ça, Je trouve que c’est hyper intéressant parce que le travail est parfois plus codifié. On a parfois un travail qu’on subit plutôt qu’on choisit. Et donc, du coup, l’associatif ou les engagements, quelle que soit la forme, Ça peut être du geste quotidien au fait d’aller donner Et… Un peu de son temps pour un club sportif, local ou une activité culturelle, comme créer son asso, faire partie d’une structure un peu plus entreprise sociale. Il y a plein de formes. Et je pense que c’est important de se dire que c’est un lieu d’expérimentation, Un lieu où je peux faire des choses que je ne ferais pas dans mon travail ou dans mon quotidien. Donc, ça peut être un lieu de joindre l’utile à l’agréable, Essayer de découvrir des choses. Peut-être aussi, Je trouve que moi, je dis souvent aux jeunes ou aux personnes en reconversion que l’associatif, Ça peut être un moyen de découvrir. Alors… D’autres opportunités professionnelles, de rencontrer du monde, sans que ça soit un événement réseau un peu chiant. Networking, Je trouve que c’est une manière de s’allier autour d’une activité et de rencontrer des personnes. Et donc, du coup, C’est aussi élargir son environnement social. Donc, pour des gens qui sont à un moment sentis seuls, qui se sentent seuls, C’était aussi la possibilité de faire des belles rencontres. Moi, les plus belles rencontres que j’ai faites, C’était souvent dans les associations, parce qu’il y avait des valeurs communes. Les uns se disent, Bah, oui. J’avais rencontré le premier salarié de l’association Diverse Days. Et du coup, comment s’engager, pour revenir à ta question, quelle question se poser ? Je pense, pour faire un peu le résumé, parce que je pense que vous avez déjà tout dit, Mais se poser la question dans quel type de structure on a envie d’aller, combien d’heures on a envie de consacrer, partir. Parce que moi, j’ai beaucoup de personnes qui me disent comment on choisit une association, comment on choisit un endroit pour s’engager. Et c’est vrai que moi, je n’ai jamais fonctionné comme ça vient instinctivement, je trouve, pour certaines personnes. Je n’ai jamais été sur Internet regarder une liste d’associations. J’ai rencontré une asso, puis il m’en a fait rencontrer une autre, puis il m’en a fait rencontrer une autre. Mais pour des personnes qui n’ont pas forcément une asso en tête, pensez local. Il y a souvent des besoins au niveau local, et c’est plus accessible, et c’est plus simple. Pensez passion et personnalité. Quelles compétences vous avez ? Qu’est-ce que vous avez envie d’explorer Si vous n’avez pas les compétences, qu’est-ce que vous avez envie d’apprendre ? Et après, quelles sont les thématiques qui vous touchent ? Quel niveau d’engagement vous êtes capable de mettre par semaine. Et aussi… Je trouve que parfois, dans le monde dans lequel on est, j’ai vu beaucoup d’associatifs, On nous dit qu’il faut créer une association, il faut créer des choses. Moi, par exemple, Je ne me suis jamais considéré comme un… Ça fait longtemps que je suis dans l’associatif, je n’ai jamais créé une association, je n’ai jamais… Là, jusqu’à récemment, J’étais à un poste de président, avec Dior Cides, C’est nouveau depuis deux ans. Et donc, Il faut aussi accepter que l’associatif, c’est très bien d’être les petites mains. Une asso, elle tourne pas sans des petites mains. Et donc, on n’est pas obligé de faire ce projet pour prendre la lumière, pour flatter son égo ou pour dire J’ai créé quelque chose. En fait, dans l’associatif, sans créer une association, On crée des choses au quotidien. Et donc, sortir un peu, Je trouve, de l’impératif qui nous est mis de dire Il faut être le fondateur, la fondatrice de son asso. Non, Il y a aussi plein de gens qui rejoignent des associations qui ne sont pas faites pour créer. Moi, je ne me suis jamais senti l’âme de créer une association de toutes pièces. Et ça me va très bien.
Armand Cosseron | 94:53.070
Donc chacun peut avoir. C’était la complémentarité des rôles et que chacun a une pièce à ajouter à ce puzzle totalement. Merci pour cette synthèse. Dernière question parce qu’on a parlé de créer une association. On a parlé de plaidoyer, on a parlé des budgets comme des associations qui montent et le fait de jouer en collectif. Et je me trompe plus vers Aurélia, parce que c’est une Actu qui est un peu brûlante sur nos nos actus Est-ce que tu veux dire quelques mots sur orientation. For Good Et sur ce collectif qu’on a poussé, Mounaz est aussi dedans, qui est plus plaidoyé de la façon professionnelle.
Aurélia Salé | 95:32.780
Oui, vaste sujet. L’orientation, J’en ai parlé tout à l’heure. Moi, ce qui m’a… Je suis toute jeune arrivée dans ce collectif, mais ce qui m’a plu, c’est justement la rencontre de tout. Un tas de gens qui ont réfléchi autour de l’orientation, qui essayent d’avoir leur action pour des jeunes. À ce moment-là, des jeunes ou des moins jeunes, Parce qu’on a entendu que c’était… Et ils mettent vraiment leurs compétences et leurs tripes autour de cet objectif. Et donc, l’idée de pouvoir porter à plusieurs l’émotion de parcours, la notion de ce que chacun d’entre nous pouvons faire pour l’orientation, qu’est-ce que devrait être l’orientation en France, Pourquoi tout le monde en parle et que finalement, On ne sait pas à quoi il ressemble ou ce qu’on peut penser. On aimerait bien savoir quoi en faire, mais voilà, plusieurs acteurs. Et puis, du coup, on tourne en rond. J’ai rencontré quelqu’un qui m’a dit. l’orientation, question, infinie, question d’une vie. Mais voilà, Je trouve que c’était intéressant dans orientation for Good de partager ça à plusieurs. D’essayer de porter le truc à plusieurs en se disant l’orientation telle que l’école essaie de le tracer. Et puis, Il y a tout un tas de gens satellites autour qui peuvent aussi impacter pour cette grosse orientation, Mais pour aussi la petite orientation de tout le monde au quotidien et que chacun y réfléchit et sous des formes très diverses et variées. Donc, c’est hyper riche et hyper embéchissant. Voilà, et puis d’avoir un… Un message de terrain qui remonte et qui, structure peut-être l’orientation du 22e siècle. Moi, ce serait chouette d’enfin y arriver.
Armand Cosseron | 97:26.491
Surtout que je posais cette question aussi, parce qu’il y a l’approche de l’engagement, qui fait quoi, ce que tu disais un peu plus tôt sur notre échange, de dire que cet engagement, il peut être cyclique. Parfois, tu parlais des petites mains, On a dit que parfois, il y en a qui pourraient être là pour… Faire le job sur une action ponctuelle, mais qui seront peut-être moins présents à d’autres moments, d’autres, qui seront plus ou moins exposés ou impliqués. Et le fait que chacun soit au clair, dès le début, en disant Tiens, voilà moi ce que je recherche en tant qu’individu. Personnellement, en contribuant à ce projet de quoi j’ai besoin, Le temps que je mets à disposition, le changement que je souhaite contribuer à avoir émerger, C’est des choses qui vont permettre aussi de mieux caractériser, définir l’engagement et donc mieux faire…
Aurélia Salé | 98:14.933
Oui, puis du coup, On arrive en relais et on forme une chaîne où chaque maillon est hyper important. Et cette chaîne, elle, se solidifie au fur et à mesure des collectifs qui se créent et qui se… Moi, je crois beaucoup à cette énergie créatrice qui est raisonnée, qui est très, très raisonnée et très raisonnable. En ce moment, elle est là.
Nadim Bel Lallahom | 98:35.480
Et sur ce point-là, ce que vous créez autour de ce collectif sur l’orientation Les formats collectifs aujourd’hui, qui recréent du lien entre les associations et les initiatives, sont hyper importants. Parce qu’on est dans un écosystème où il y a de plus en plus d’associations, moins en moins de subventions, donc plus en plus de compétitions entre les structures. Et moi, c’est quelque chose qui m’effraie sur l’associatif de me dire « Normalement, dans le meilleur des mondes, on crée des associations qui traitent des mêmes sujets. » Et on est content qu’il y ait plusieurs structures qui fassent quasiment exactement la même chose, puisque ça démultiplie les opportunités. Et j’ai quand même beaucoup rencontré dans le parcours associatif des concurrences qui se créent parce qu’il y a une subvention. Et en fait, plusieurs associations qui postulent la même subvention. Et du coup, ça crée un effet concurrentiel. Et je trouve qu’aujourd’hui, on est dans une période ou un moment qui peut être assez compliqué pour les associations et en général. Pour la société, qui est un moment, un peu de crispation, de polarisation un peu effrayant pour tout le monde où? Du coup, ça se traduit aussi dans les structures associatives, selon les structures. Et je trouve que c’est hyper important de recréer du lien entre les assos, de se remettre autour de la table, de rediscuter, d’accepter que, en fait, Quand on crée une asso, c’est un peu un bébé. Et donc, du coup, On essaye de le pousser à tout prix. En se disant « j’ai trouvé la solution » . Je pense que c’est important de retrouver de l’humilité dans l’association en disant « ma solution, ce n’est pas la solution au problème, c’est une des dix mille solutions, une approche » . Oui,
Aurélia Salé | 99:59.177
puis là aussi, c’est rigolo de… Enfin, rigolo, Je n’en sais rien. Non, peut-être pas le mot. Mais de voir qu’il y a des associations qui deviennent alternatives d’associations, en fait. Et surtout dans l’orientation, avec tout le coaching, Il y a un vrai business qui se met en place, qui répond à un besoin, Il ne faut pas le nier, Et puis, parfois, qui répond très, très bien à un besoin. Mais ce business-là, qui est Sain, aussi, parce que bien sûr, Il faut que les gens en vivent et que s’ils ont la compétence, la compétence, Elle se me déneille. À un moment donné, je n’ai aucun problème par rapport à ça. Mais du coup, en termes de valeur, C’est bien aussi que ça contrepaise un petit peu le collectif de gens qui font leur business quand ils arrivent à le faire et à sortir leur salaire. Mais quand ils sont en collectif, c’est là que la valeur rejaillit. Et c’est là que les intentions, Les convictions rejaillissent d’autant plus fortes.
Nadim Bel Lallahom | 100:58.782
Et que ça recrée du plaidoyer pour ne pas que l’État se désinvestisse.
Aurélia Salé | 101:01.814
Exactement.
Nadim Bel Lallahom | 101:02.590
En s’appuyant uniquement sur le monde associatif. Moi, le gros message aussi, c’est de dire que l’État, comme tu le disais sur le handicap, peut utiliser le monde associatif en se disant « c’est déjà porté par d’autres acteurs, donc je n’ai pas besoin » . Oui, mais en fait, c’est le droit commun. C’est le rôle de l’État et ça peut être fait en collaboration avec les associations, Mais les associations n’ont pas vocation à remplacer ce que l’État aussi doit mettre en place pour ses administrés, ses usagers, et notamment les plus vulnérables. Super.
Armand Cosseron | 101:31.326
Merci à tous les cadres pour ces échanges passionnants. Dernier tour pour ça va, où est-ce qu’on vous retrouve Nadim, T’étais dans 10 000 structures,
Nadim Bel Lallahom | 101:40.407
mais… Moi, je suis président de l’association Diversidays. Un petit message, On crée un festival ouvert à tous, gratuit, à la fois festif et engagé, le 17 mai 2025, samedi 17 mai 2025, au Parc Floral, en banlieue parisienne. Ça s’appelle unique avec un S. Vous pouvez trouver les infos sur festival-uniqueavecunss.com Et je vous invite à venir, parce que ça va être à la fois une fête associative, une fête artistique, un festival, et un moment avec des rencontres inspirantes où on essaie de recréer. Une discussion collective de société et pas juste entre associations, sur les questions d’égalité, des chances en action et de lutte contre les discriminations. Tout type de discrimination. Donc, il y aura tous les sujets représentés et il y aura aussi des déclinaisons régionales. Les 15 et 16 mai, avec France Travail, qui est le co-éditeur de ce festival. Je trouve que, par rapport à ce qu’on se dit, recréer une conversation autour de nos sujets et du lien entre… Pour les actions, je vous invite à venir à ce festival et vous pouvez prendre vos places et c’est gratuit.
Armand Cosseron | 102:40.331
Trop bien, merci.
Nadim Bel Lallahom | 102:41.113
Ce sera diffusé après,
Armand Cosseron | 102:42.632
Mais on sera ravis de relayer.
Nadim Bel Lallahom | 102:44.914
Alors,
Armand Cosseron | 102:45.836
le bilan de ce festival.
Nadim Bel Lallahom | 102:48.757
Ça s’est très bien passé. Ah, oui, d’accord.
Armand Cosseron | 102:51.696
Très bien, merci. Aurélia ?
Aurélia Salé | 102:53.320
Où est-ce qu’on me trouve En dehors de mon métier, dans l’association Orientation for Good. Je suis la secrétaire. L’une des deux secrétaires. Voilà, sinon, Je vais au gré du vent et au gré de ce qui m’intéresse dans plusieurs actions, quand on a besoin de moi, sur l’orientation, sur le type de guidance que je peux apporter aux uns et aux autres. J’adore faire des ponts entre les uns et les autres. Donc, là, dans vos associations, Il y a plein de choses qui m’interpellent. Et puis, je me dis que, quand nous, on a besoin aussi de témoignages, Je… institutionnels, C’est intéressant d’aller chercher d’autres partenaires que nous-mêmes. Et puis voilà, puis aussi je suis membre, et parce que vous l’avez vu, le lycée Pro me tient à cœur, Je suis membre donc de l’association formation-enseignement, des formations techniques, L’AFdeT France-Occitanie, Puisque c’est là-bas que je fais la petite main avec mes amis de l’Afdet 66, Et voilà, dès qu’il y a un salon, et qui a… Un événement. Et dès que je peux être à leur côté, je participe à toutes leurs réflexions et leurs actions.
Armand Cosseron | 104:10.754
Super, merci.
Somaïa Laroui | 104:13.934
La bulle de Jade, tout simplement.
Armand Cosseron | 104:16.113
Parfait.
Mouna Jabri | 104:18.676
Pour le moment, c’est Witech, et demain, je ne sais pas. Pour le moment, c’est Witech, mais j’aime bien. Ce que disait Nadim, c’est que, justement, l’associatif, ce qu’on va créer, en fait, Il y a cette part aussi d’incertitude. Parce qu’on est là, c’est pas du tout pour envoyer un message d’incertitude, bien au contraire, mais c’est pour dire qu’il y a beaucoup d’horizons possibles. Mais c’est vrai que l’engagement aujourd’hui est chérité très bien,
Armand Cosseron | 104:45.095
Super,
Somaïa Laroui | 104:45.213
Merci beaucoup, merci beaucoup,
Armand Cosseron | 104:52.602
Merci beaucoup. Pour avoir écouté cet épisode, nous l’avons conçu avec passion pour que tu puisses vivre de la Tienne. Merci à nos formidables invités, à Louanne pour m’avoir accompagné dans sa conception et à Alice pour le montage sonore.
Louanne de la Motte | 105:05.616
J’espère que l’épisode te permettra de porter ton engagement encore plus loin. Et tu peux déjà t’engager en likant, commentant ou tout simplement en nous disant ce que cet épisode t’inspire. Tu connais forcément des gens qui ont besoin de l’écouter. Partage-leur cet épisode, Ça te prendra un instant et ça leur fera plaisir.
Armand Cosseron | 105:22.276
Et poursuivons la conversation. Rejoins-nous sur LinkedIn, Instagram et TikTok. L’engagement se construit ensemble. Et nous avons plein de victoires collectives à aller chercher. A très bientôt, avec « Tu feras quoi plus tard ? »

