Comment vivre de ses engagements ?

💬 « Mon métier, c’est bousculeur d’espaces marqués par une forte endogamie sociale et ethno-raciale. »

Taoufik Vallipuram, enfant d’un père sri-lankais tamoul et d’une mère algérienne, passé par les quartiers populaires, l’école de commerce et le monde de l’entreprise (Amazon inclus), raconte comment il a choisi de quitter le salariat classique pour se consacrer à temps plein à connecter des mondes cloisonnés, créer des dispositifs de rencontre et débloquer les espaces d’influence politique, culturelle et économique.
Pas pour fuir. Mais pour dé-siloer, mettre au travail et ouvrir les portes à celles et ceux qui en sont exclus.
Dans cet épisode, nous posons la question centrale : peut-on réellement vivre de ses engagements ? Taoufik témoigne de son basculement vers l’engagement à plein temps et de la nécessité d’agir ici et maintenant sur les inégalités systémiques, puis Casey Bernad (Différents Leaders, ex-Nespresso RSE) et Claire Pétreault (Pépites Vertes, autrice de Je bosse pour la planète) débattent en table ronde des réalités du salariat dans l’impact, de la transformation des émotions (colère, honte) en action, du mentorat comme levier accessible, et de l’avenir d’une RSE holistique et d’un engagement qui rémunère sans perdre son âme.

Tu découvriras dans l’épisode :

🔹 Comment transformer la colère et la honte en moteur d’action durable,
🔹 Pourquoi s’entourer, oser la vulnérabilité et parler le langage de l’interlocuteur (DRH, DAF, Codir…) permet de faire avancer les sujets RSE et impact de l’intérieur
🔹 Et comment vivre (ou au moins survivre) de ses engagements : mentorat, création de contenu, entrepreneuriat social, coalitions… et l’importance de prioriser le plaisir et le collectif pour tenir sur la durée

S’engager, c’est la nouvelle saison de Tu feras quoi plus tard ? ! Chaque épisode, c’est :

  • 1 table ronde d’experts pour saisir les enjeux
  • 1 témoignage inspirant pour découvrir comment agir

Armand Cosseron | 00:03.380

Hello, c’est Armand et tu écoutes « Tu feras quoi plus tard ? »

Louanne de la Motte | 00:07.322

Et moi, c’est Louanne, bienvenue. Dans cette saison, nous explorons la notion d’engagement. Nous voulons permettre aux dirigeants d’entreprises et à toutes les personnes qui exercent des responsabilités de porter les engagements qui leur tiennent à cœur au service de la société et de la planète. Ensemble, partons à la rencontre de ces personnes inspirantes. Viens les découvrir et les écouter avec nous.

Armand Cosseron | 00:32.600

Dans ce septième épisode, nous nous retrouvons pour une question clé. Peut-on réellement vivre de ces engagements ? Pour y répondre, nous accueillons deux expertes qui ont fait de l’engagement leur métier. Casey Bernad est membre du collectif Différents Leaders et ancienne chef de projet RSE. Au quotidien, elle utilise sa voix sur LinkedIn et en table ronde pour promouvoir l’inclusion, le leadership éthique et l’impact social. Nous accueillons à ses côtés Claire Pétreault, fondatrice des Pépites Vertes, où elle motive la nouvelle génération à bosser pour la transition écologique.

Louanne de la Motte | 01:04.629

Et juste avant, partons à la rencontre de Taoufik Vallipuram. Engagé dans différentes organisations, il a cofondé l’association Démocratiser la politique pour étudier la place des classes populaires dans la politique, avec une question, leur manque de représentation est-il à l’origine de la crise politique actuelle ?

Taoufik Vallipuram | 01:30.888

Alors, je m’appelle Taoufik Vallipuram. Alors, mon parcours, une phrase, c’est le parcours d’un enfant, d’un père sri-lankais, tamoulé et d’une mère d’origine algérienne, né à Paris, qui a principalement grandi à Paris, même si j’ai vécu dans un village du nord de la France, et qui donc a vécu dans un quartier populaire de Parisiens, et qui, grâce à beaucoup de chance, se retrouve à faire des études à l’université, puis en école de commerce, et à travailler d’abord dans des… des entreprises du secteur numérique, puis qui basculent petit à petit dans l’engagement à temps plein, dans un collectif qui s’appelle WeShare, et puis également dans tout un tas d’actions et d’associations au sein de Quartier Populaire d’Île-de-France. Aujourd’hui, j’ai des difficultés à dire clairement quel est mon métier, puisque, entre guillemets, mon métier n’existe pas. Si je devais mettre des mots sur mon métier, c’est à la fois connecteur, je rencontre plein de gens. et je réfléchis continuellement à comment mettre ces personnes en relation. Mais plus exactement, pourquoi je le fais ? Parce que ce que je cherche à faire aujourd’hui, et plus précisément depuis trois ans, c’est bousculer les espaces d’influence politique, culturelle et économique qui sont marqués par une très forte endogamie sociale et ethnoraciale. Et comment je les bouscule, ces espaces-là ? Je les bouscule en faisant des relations, mais plus encore, en imaginant des dispositifs. soit événementielles, soit de recherche-action, soit de projets qui permettent d’être dans le travail. C’est-à-dire pas simplement de pointer du doigt une situation qui est problématique, mais également de mettre les gens au travail en les faisant se rencontrer, en les faisant travailler ensemble, en les faisant vivre un bon moment aussi. Donc mon métier, à moi, c’est bousculeur d’espace marqué par une forte endogamie sociale. Dans mon parcours depuis une quinzaine d’années, je me suis retrouvé continuellement à… échanger, dialoguer avec des personnes très différentes d’un point de vue social. C’était déjà le cas avant, mais ça s’est accru avec mon entrée dans le monde professionnel. Ce qui m’a donné envie en tout cas de faire ce que je fais aujourd’hui, c’est d’abord de constater que les gens que j’aime, que j’apprécie, se trouvaient dans des espaces très silotés, très décorrélés, très déconnectés les uns des autres. Donc déjà, ce qui m’a donné envie de faire ce que je fais aujourd’hui, c’est de rassembler des gens que j’aime. Ça, c’est un. La deuxième chose, c’est de voir que ces personnes que j’aime et qui sont très différentes avaient des préjugés les uns envers les autres, des idées reçues, et qu’il y avait déjà un problème à ce niveau-là, et ensuite qu’il y avait une perte de potentiel dans des choses qu’elles pouvaient réaliser ensemble. Donc ça, c’est une deuxième raison. Et une troisième raison pourquoi je fais ce que je fais aujourd’hui, c’est que j’ai le sentiment que la société française est bloquée parce que j’amène l’endogamie sociale et ethno-raciale, particulièrement dans les espaces d’influence, et que s’il n’y a pas des gens qui… se mettre à temps plein à débloquer ces problèmes-là, on va se diriger vers une situation politique, économique et sociale qui va être de plus en plus problématique pour une grande partie de la population française. Il y a des rencontres et des événements au cours de ma vie. Des rencontres au cours de ma vie, je pense à la rencontre avec mon ancien manager chez Amazon. Ça peut sembler bizarre de dire ça, étant donné qu’Amazon est une entreprise qui aujourd’hui est très éloignée. de mes préoccupations sociales, écologiques, politiques, culturelles, économiques. Et à la fois, c’est l’entreprise qui incarne aujourd’hui. que je considère être un problème. Mais mon manager chez Amazon, quelqu’un qui m’a fait confiance, qui est devenu un ami et qui m’a suivi lorsque j’ai quitté Amazon et qui m’a dit, notamment, vu ce que j’étais en train de faire, en fait, qui m’a incité à quitter le plus rapidement possible le monde économique classique. Même si Amazon, ce n’est pas classique, mais on va dire que ça reste une entreprise. En me disant, fais ce que tu veux faire maintenant, avant d’être enfermé dans une bulle de verre par ton parcours professionnel. tout à fait d’avoir un parcours professionnel qui me dirigeait, en tout cas, à aller prendre des postes à responsabilité et à gagner de plus en plus d’argent. Cette rencontre, elle a quand même changé ma vie, d’une part sur la relation avec un manager, c’était quelqu’un avec qui j’avais développé une révolution de confiance et qui m’a beaucoup inspiré là-dessus, et deuxièmement sur le fait de me dire, si tu ne fais pas maintenant ce que tu as envie de faire, ça va être de plus en plus difficile de le faire. C’est vraiment une rencontre qui a changé ma vie. Et après, il y a des événements qui ont changé ma vie. un événement qui a changé ma vie C’est le CPE, donc la mobilisation étudiante contre le contrat de première embauche. Ça a été mon premier vrai moment d’engagement. J’étais étudiant et ça a été un moment d’engagement, en plus hors syndicat, hors groupe établi. J’ai monté mon propre groupe d’engagement à ce moment-là. Et c’est un groupe qui a regroupé des… Alors pas tout seul, en tout cas, on était plusieurs. Et dans ce groupe-là, il y avait aussi bien des personnes qui venaient de quartier populaire que des personnes qui venaient du milieu bourgeois. Donc si tu veux, ça laissait entrevoir. mes formes d’engagement dix ans plus tard. Mon parcours, il a été jalonné que d’incertitudes. J’avais très peu de certitudes dans mon parcours. À commencer par, déjà, le choix en seconde. Est-ce que je vais en première à l’époque ? Ça n’existe plus aujourd’hui, mais est-ce que j’allais en ES, en économie sociale, en scientifique ou en littéraire ? J’avais le choix. Donc déjà, première incertitude d’orientation. Jusqu’au jour du conseil de classe où j’étais délégué, je ne savais pas… que j’allais cocher. Donc finalement, je suis allé en ES. Ensuite, il y avait la deuxième incertitude, qu’est-ce qu’on me fait après le bac ? En droit, en histoire, finalement, je suis parti en IUT, j’y suis resté trois mois, pour ensuite aller en fac d’économie, où je suis resté trois ans et demi, puisque j’ai retapé ma première année. Et donc, c’est la deuxième incertitude à ce moment-là. Troisième incertitude, qu’est-ce que je fais après ma licence ? J’avais l’opportunité d’aller à Londres et de travailler en finance. et probablement que si j’étais parti faire ce job en finance, je ne serais jamais revenu. parce que c’était en fusion-acquisition et ça s’est bien passé, j’ai eu un parcours financier qui m’aurait incité à ne jamais revenir. Et finalement, je me retrouve à postuler en école de commerce, mais plus pour tester. Et je m’étais dit à cette époque-là, si je rentre dans une école de commerce, je rentre dans une école de commerce réputée parce que ce qui m’intéresse, c’est d’avoir un deep qui m’ouvre le plus de portes. Donc si tu veux, moi, la question de l’incertitude, je ne l’ai jamais vue comme un problème, mais presque même comment je m’ouvre dans mon parcours le plus d’incertitude possible. et le moins de certitudes possibles. Je n’ai jamais eu de soucis avec l’incertitude. Et je n’aime pas d’ailleurs toute la connotation négative qu’il y a autour du mot incertitude, instable. Je trouve que c’est une manière de voir les choses. Moi, j’adore. En fait, je trouve que la vie n’est faite que d’incertitudes. La question, c’est quels outils tu as, quelle assurance tu as pour naviguer dedans. Donc, troisième incertitude après la licence. Et ensuite, les incertitudes, elles ont continué, mais de manière plus légère puisque je sors de l’EDEC, je rentre en startup, je vais ensuite chez Amazon. Je quitte Amazon pour aller dans un concurrent. Et finalement, la boîte ferme. Et là, je décide de quitter le monde classique de l’entreprise pour rentrer dans un nouveau monde d’incertitude. C’est-à-dire, aller dire, je vais aller faire ma vie dans un collectif. Donc, dans un collectif où, en fait, je ne sais pas bien ce que je vais y faire. Je ne sais pas bien ce que je vais gagner économiquement, quels vont être mes revenus. Mais j’ai envie d’y aller. Et je me dis que je n’ai que des bonnes choses à découvrir. Ma définition de l’engagement, elle n’est déjà pas stricte, elle n’est pas précise, elle n’est pas claire. Je pense que ma définition de l’engagement, là, aujourd’hui, c’est de faire les choses, et c’est très très vaste les choses, de faire les choses qui te tiennent à cœur au moment T. Ce n’est pas dans le futur. Ma définition de l’engagement, c’est de dire, si là, maintenant, j’ai envie de consacrer du temps à aider des jeunes, c’est de le faire. L’engagement, c’est si j’ai envie de passer du temps à aider des seniors ou si je souhaite me concentrer à la transition écologique. En fait, pour moi, l’engagement, c’est vraiment faire ce qu’on a envie de faire et se donner les moyens de le faire. Donc, ça peut sembler assez lugubre comme définition, mais c’est de faire sauter le plus possible les barrières qui existent entre quelque chose que tu veux faire et le fait de le faire. Donc, in fine, ça peut être quelque chose de très simple. écrire un article qui parle d’une entreprise qui s’est mise à la transition écologique, c’est une manière d’être engagé. Évidemment, pourquoi ? Parce qu’il y a une cause derrière. Oui, peut-être que j’aurais dû le dire. il faut qu’il y ait une cause derrière quand même. On va dire, parce qu’il faut quand même politiser cette définition de l’engagement. L’engagement, c’est pas juste de faire quelque chose, mais c’est de faire quelque chose qui est attaché à une cause. Et voilà. Pour moi, l’engagement, c’était faire ici et maintenant une action qui est liée à une cause qui te dépasse, qui n’est pas juste liée à ta personne. C’est que tu lies une action que tu mènes au destin, au parcours, au futur, au présent d’autres personnes. Disons qu’au lycée, puis à la fac, J’avais envie de m’engager sur des causes sociales. Ça me tenait particulièrement à cœur. Mais je ne m’en suis pas donné les moyens pour plein de raisons. À la fois parce que j’étais rebuté par ce que je voyais. Par exemple, j’étais rebuté par SOS Racisme, alors même que la cause du racisme me tenait à cœur. Mais à l’époque, j’ai 40 ans, j’en avais 23, 24 de moins. Je ne voyais pas grand-chose d’autre de ma fenêtre que SOS Racisme. Donc, je n’avais pas envie de m’engager. L’engagement en politique m’intéressait, mais pareil, les partis ne m’intéressaient déjà pas à l’époque. Et puis, les quelques expériences que j’avais eues ne m’avaient pas incité à y aller. Donc, mon premier vrai engagement, c’est au moment du CPE. Ensuite, c’est en pause, je rentre en école de commerce, puis ça revient. Et en fait, ça revient lorsque je travaille chez Amazon. Je rencontre une fille qui travaille, enfin, qui est bénévole dans une asso qui intervient dans les collèges et les lycées de quartier populaire et qui s’appelle l’APRE, l’Association pour l’APRE. la promotion des réussites scolaires. Et donc là, on est fin 2011. C’est à ce moment-là que vraiment je franchis pour la deuxième fois la porte de l’engagement après le CPE, quelques années auparavant, et que je m’engage dans une asso où à la fois j’interviens auprès de collégiens et de lycéens et de collégiennes et de lycéennes du quartier populaire pour discuter de nos trajectoires respectives, de nos parcours respectifs, et à la fois où je m’investis dans l’asso pour aider l’équipe de l’époque à structurer l’asso. Donc là, on est en 2011. Mais si tu veux, pendant trois ans, je continue à travailler en entreprise. Et peut-être que si mon entreprise n’avait pas fermé, je ne me serais pas engagé fin 2014, début 2015 dans ce collectif WeShare. Il y a aussi ce truc qui se passe, c’est que l’entreprise ferme et je me pose des questions sur quelle est ma suite. J’ai plusieurs hypothèses, faire un doctorat, monter une boîte, quitter la France. Et une des autres hypothèses, c’est m’engager à plein temps dans des choses que je faisais entre 5 et 10 heures par semaine. donc c’est là où je dis que c’est des concours de circonstances aussi tu choisis jamais vraiment à 100% il y a des choses qui te tombent dessus et puis après tu dis ok je vais tester ce que je fais 5-10 heures par semaine qu’est-ce que ça donne si je le fais à plein temps sauf qu’à ce moment là pour terminer je n’engage pas à plein temps sur des enjeux liés au quartier populaire ça prend plus de place petit à petit dans ma vie mais ce collectif que je rejoins il est d’abord axé autour des enjeux de transition sociale écologique et numérique je ne regrette pas du tout d’avoir quitté le monde de l’entreprise classique encore une fois même si à cette époque là c’était pas si classique de bosser dans le commerce et dans le numérique donc je regrette pas du tout d’avoir quitté déjà parce qu’en fait il était pas en phase avec mes valeurs et en vrai aujourd’hui je vais être sincère il y a pas beaucoup d’entreprises qui par leur action alors je dirais pas trouve grâce à mes yeux mais tout du moins me plaisent suffisamment et sont suffisamment convaincantes dans les actions qu’elles mettent en place pour me dire que je pourrais y aller donc je regrette pas, j’ai fait 5 ans plus toutes mes expériences professionnelles quand j’étais étudiant, plus la manière dont j’ai continué à travailler avec des entreprises en faisant de l’accompagnement stratégique, en montant des projets avec des entreprises. Donc, je ne suis pas déconnecté du monde des entreprises. Au contraire, je suis tous les jours en relation avec des dirigeants d’entreprises, avec des cadres d’entreprises, avec des entrepreneurs. La situation dans laquelle je me trouve aujourd’hui, ça me semble être le bon endroit pour moi pour pouvoir bouger ces entreprises-là dans leurs actions, dans leur manière de voir les choses, sans avoir besoin d’y être. au quotidien. Donc je ne regrette pas d’y être allé et je ne regrette pas d’y être dans notre parti. Ce que je dis aujourd’hui aux chefs d’entreprise avec lesquels je discute, c’est qu’ils n’ont de toute façon pas le choix que de s’engager et de faire en sorte que leur entreprise soit au rendez-vous des enjeux politiques, économiques, sociaux. Parce que l’entreprise, c’est une entité, parmi d’autres, du monde dans lequel on vit. Alors, parmi d’autres, oui et non, parce qu’en fait, de plus en plus, les entreprises façonnent Je veux dire, le monde dans lequel on vit, l’agenda politique, il est de plus en plus dicté par les enjeux des entreprises, à tort ou à raison. Aujourd’hui, si des secteurs politiques font des politiques de pêche de cotisations patronales, des exercitations économiques, elles le font parce qu’elles veulent stimuler l’activité économique pour stimuler ce qu’on appelle de la croissance économique, pour stimuler des ressources économiques comme la TVA ou des impôts sur les sociétés pour pouvoir mettre un budget. Si les politiques mettent en place cette décision-là, c’est parce qu’ils croient dur comme fer que l’entreprise peut remplacer l’État dans tout un tas d’actions, dans l’éducation, dans la santé. notamment, et ce que je trouve moi problématique. Moi, ce que je dis, c’est qu’un chef d’entreprise, il doit avoir conscience de sa situation aujourd’hui et qu’il doit avoir conscience des conséquences de son activité sur le monde. Ton entreprise qui est installée à tel ou tel endroit, elle est reliée aux commerçants du coin, elle est reliée aux gens qui y habitent, elle est reliée à la faune et la flore qui décroît tout autour. Donc, c’est ce que je dis à des chefs d’entreprise lorsque je discute avec eux. parce qu’après, c’est entendu, c’est entendu à géométrie variable. Il y en a peu qui ne l’entendent pas. La question, c’est combien mettre en place des actions en phase avec les conséquences réelles, économiques et sociales de leur activité. Ça, malheureusement, trop peu aujourd’hui. C’est aussi pour ça que je suis investi dans un label, dans un mouvement comme le mouvement Bicorp, dont je suis administrateur à l’échelle française, parce que même si c’est loin d’être parfait, de toute façon, il n’y a rien qui est parfait, c’est pour moi un des meilleurs endroits pour inciter les chefs d’entreprise. à faire mieux tout de suite, mais pas dans 5 ans ou pas dans 10 ans. Déjà, ce que j’ai envie de transmettre, c’est que tout est possible. C’est-à-dire qu’en fait, il n’y a pas de fatalité. Aujourd’hui, si on prend ne serait-ce que les enjeux écologiques, on est dans une situation catastrophique. Il faut savoir le regarder en face. Il y a plein de marqueurs, je veux dire, je ne suis pas le premier à le dire, loin de là, et je n’ai rien inventé, mais toute personne qui prend sa voiture et qui a, comme moi, 40 ans, et qui a permis depuis 10 ou 15 ans, se rend compte qu’il ou elle a moins besoin de nettoyer les vitres de son pare-brise quand il roule de nuit parce qu’en fait, tu as tout simplement moins d’insectes la nuit. Ça, c’est un exemple, mais il y en a, je ne sais pas, des centaines d’exemples dans nos vies de tous les jours qui témoignent de la baisse flagrante de la biodiversité. La présence des microplastiques dans l’eau et dans la nourriture qu’on boit et qu’on mange. l’augmentation des maladies cardiorespiratoires. Et ça, ça touche tout le monde. Ça ne touche pas que les populations précaires, même si elles en prennent pour leur grade, mais ça touche les chèques d’entreprise. Quelle sorte d’entreprise peut aujourd’hui penser que ses enfants, ses parents, ou lui-même ou elle-même, est réservé de ça ? Aucun. Ça, ça appelle à l’engagement ici et maintenant. Et même si la situation est très mal engagée, tout ce qu’on peut gagner, tout ce qu’on peut grappiller, il faut le grappiller. Il faut le gagner. Ça, c’est la première chose que j’aimerais dire. La deuxième chose, c’est que vu qu’on est dans une société où on met une surenphase sur la dimension économique, les chefs d’entreprise ont un rôle d’autant plus grand. Puisqu’on leur fait d’autant plus confiance, à tort ou à raison, je ne suis même pas là, c’est une responsabilité supplémentaire pour elles et eux d’agir. Et ce que je dis aussi à la chef d’entreprise, c’est que personne n’a obligé quiconque à devenir chef d’entreprise. Aujourd’hui, on ne t’oblige pas. En fait, un chef d’entreprise, alors, il faut voir de qui on parle. En tout cas, si on s’intéresse à une entreprise diplômée qui vient d’un milieu privilégié, personne n’a obligé d’être chef d’entreprise. Il y a peut-être une pression familiale et une pression sociale, mais en vrai, il aurait pu aller devenir partenaire chez McKinsey. Donc en fait, si tu deviens chef d’entreprise, je ne dis pas que c’est que tu l’as voulu, parce que sociologiquement, il y a plein de choses qui se jouent. Mais en tout cas, on ne t’a pas contraint. Donc, s’il y a un appel supplémentaire, à t’engager. La troisième et dernière chose, Louane, pourquoi j’ai invité les chaussures d’entreprise ? à s’engager concrètement, c’est que un, il y a quand même de multiples formes d’engagement possibles, tangibles, ayant des impacts réels. Il y a aussi beaucoup de washing, il y a beaucoup de bullshit, mais il y a beaucoup de choses qui sont possibles. On parlait, avant de lancer notre engagement, on parlait des stages. Moi, j’ai rencontré des jeunes dans le cadre soit des activités que je menais avec des assos, soit que j’ai rencontré plus tard. J’ai rencontré un nombre incalculable de jeunes pour qui tel ou tel stage. a été un déclic. Donc, c’est un appel à… Je veux dire, c’est très concret, c’est très facile de lancer un stage. S’intéresser à la situation des commerces autour de son entreprise et trouver la manière de le faire, c’est aussi une bonne chose. S’intéresser aux conditions de vie de ses salariés les plus modestes, les plus précaires, notamment les hommes et les femmes des ménages, par exemple, on pourra dire que c’est le B.A.B. du centre d’entreprise, mais aujourd’hui, ce n’est pas le cas. Donc, j’ai envie de dire, je ne sais pas si j’ai passé de l’engagement, en tout cas, c’est un tien que je prends aujourd’hui, si certains sont capables de le faire. Pour toutes ces raisons douanes, je ne rechigne pas et même j’insiste auprès de ces chefs d’entreprise sur le fait qu’ils peuvent, par quelques décisions, changer la vie des personnes auxquelles elles sont reliées. Il n’y a pas besoin d’annoncer un grand plan de transformation de son entreprise pour le faire. Ça peut être fait, tant mieux, mais il n’y a pas besoin de ça.

Louanne de la Motte | 19:59.308

Merci Taoufik pour ton témoignage. Maintenant, nous retrouvons Cazé Bernade et Claire Petrault pour parler de leur activité dans le ESS.

Armand Cosseron | 20:06.957

Alors, selon toi, peut-on réellement vivre de ces engagements ? Nous sommes très curieux de connaître ton point de vue. Dis-nous en commentaire ce que leur vision t’inspire, ou viens nous en parler directement sur LinkedIn et Instagram. Bienvenue dans ce nouvel épisode de la saison 3 de Tu feras quoi plus tard ? On décortique, on analyse vraiment la question de l’engagement et les manières de s’engager. Aujourd’hui, on va plutôt aborder le sujet de vivre de ses engagements. différentes manières de porter ses engagements. Je suis accompagnée de deux formidables personnes qui ont des parcours très inspirants sur les engagements qu’elles portent. Je vais vous laisser vous présenter en une petite phrase. Claire, est-ce que tu veux te lancer en première ?

Claire Pétreault | 20:54.802

Merci. Bonjour à tous les deux. Moi, c’est Claire. Je suis la fondatrice des Pépites Vertes. Je suis entrepreneuse, créatrice de contenu sur les réseaux sociaux, conférencière, autrice d’un livre qui s’appelle Je bosse pour la planète. Et en dehors de tout ça, je travaille à avoir d’autres casquettes que ma définition professionnelle. Je suis une jeune femme qui aime beaucoup danser, rire, voir ses amis et passer du temps avec sa famille. Et dans la nature, évidemment.

Armand Cosseron | 21:20.287

Trop bien. Bienvenue dans cet épisode. Et merci de sortir du cadre pro aussi pour parler de toi et de qui tu es. Nous sommes également avec Kazé. Bienvenue Kazé.

Casey Bernad | 21:29.396

Merci Armand.

Armand Cosseron | 21:30.412

Est-ce que tu peux te présenter en une petite phrase, comme ça les personnes qui sont avec nous peuvent te découvrir.

Casey Bernad | 21:35.238

En une phrase, je me présente de la manière suivante sur LinkedIn. J’ai trois obsessions, la transition juste, le rose et l’inclusion. C’est un petit peu les fils roses qui ont guidé mon parcours. J’ai commencé dans l’économie sociale et solidaire et j’ai fini par aider une entreprise, bon Nesspresso en l’occurrence, à engager ses collaborateurs dans des actions de RSE. Donc moi, je travaille à la fois avec les acteurs de l’ESS et avec les entreprises qui veulent améliorer leur impact social. et je réfléchis sérieusement à créer mon activité dans l’impact.

Armand Cosseron | 22:08.711

Super, en tout cas merci d’être avec nous. Moi j’ai une première question, parce que je sens que vous êtes une petite casquette de par vos différentes activités. Votre engagement, il ne sort peut-être pas de nulle part. Est-ce que vous pouvez nous raconter par quoi ça a commencé ? Comment vous est venue cette envie de vous engager ? Kazé, si tu veux répondre en premier.

Casey Bernad | 22:30.613

Alors moi ce qui m’a donné envie de m’engager, c’est la colère. Plus je me suis heurtée à des obstacles sur le plan personnel, plus j’ai pris conscience des inégalités. Ça a commencé par les inégalités sociales. Je me suis rendue compte au cours de mes études que tout le monde n’avait pas les mêmes chances, que la méritocratie c’était un mythe, que non, bien travailler à l’école, ça ne garantissait pas forcément un avenir, en tout cas pour tout le monde. Et c’est ce qui m’a amenée à m’engager en fait, le fait d’être en colère, de me rendre compte qu’il y avait des choses que je trouvais injustes. et que ce n’était pas forcément lié à des situations individuelles, mais plutôt à un système qui n’était pas juste, ça m’a donné envie d’agir, de m’engager, pour construire un futur qui soit meilleur pour mes cadets et mes cadettes. Et d’ailleurs, c’est là-bas qu’on s’est rencontrés. On s’est rencontrés chez les Different Leaders. C’est pour ça que j’ai rejoint ce collectif. C’est parce que j’étais en colère. Et cette colère, à chaque fois, j’essaie de la transformer en impulsion pour agir, pour construire quelque chose de mieux, plus rose, on va dire.

Armand Cosseron | 23:29.010

On reviendra justement sur ce mécanisme, ce processus et ce que tu construis à partir de cette colère. Parce que c’est vrai que c’est assez rare d’avoir ce côté… En tout cas, je me suis amusé évidemment, vous vous en doutez, à poser cette question à chacune des personnes qui passent derrière le micro. Et c’est vrai que c’est assez rare d’avoir ce retour-là. Et c’est intéressant de savoir ce qu’il est possible de construire à partir de là. Parce que c’est vrai que la colère peut vite aussi amener à d’autres… formes, d’autres états, d’autres émotions qui sont peut-être moins constructives, on va dire, et qui ne peuvent pas forcément desservir plus que servir certaines des causes. Mais avant ça, Claire, j’aimerais en savoir plus sur toi, d’où est né ton engagement ? Pareil de passion, danse, rire, nature. Est-ce que tu peux nous en dire plus sur les origines ?

Claire Pétreault | 24:16.887

Moi, je suis petite fille de paysan et fille de prof, donc je pense que dans mes racines familiales, il y avait forcément la volonté de transmettre et… contribuer à la société, soit en la nourrissant, soit en enseignant. Et puis après, c’est pareil. Moi, je suis hyper connectée à mes émotions, que ce soit la colère ou la honte. C’est des émotions fortes et désagréables qui m’ont toujours mise en mouvement. J’ai assez vite appris, grâce à des personnes qui me disaient « qu’est-ce qu’on va faire de cette colère ? » à la transformer en levier d’action. Moi, je m’engage pour la jeunesse depuis que j’ai 15 ans. Ça a commencé par ma ville qui n’avait pas assez d’activités pour les jeunes, un concert annulé, mon envie de faire quelque chose, un élu municipal qui me dit « t’as l’air pas contente, qu’est-ce qu’on peut faire de cette énergie ? » Moi qui rejoins un conseil municipal, l’équipe qui nous donne un budget d’un coup d’un seul, on a 15 ans, nous responsabilise, on nous dit « je ne sais pas combien d’euros on avait, faites quelque chose pour les jeunes avec ce budget, appelez la sous-préfecture, c’était fou. » fou. Et en fait, à 15 ans, il m’a donné la chance dans cet assaut, dans ce conseil municipal, de devenir responsable de ma colère et de mes actions. Et à partir de là, j’étais tombée dans la marmite de l’engagement. Et mon engagement actuel, il est pour la transition écologique et surtout pour les gens qui l’apportent. Et il est né à la rencontre des agriculteurs et des agricultrices. Lorsque j’ai fait un stage dans l’économie à impact dans une entreprise qui s’appelle La Ruche, qui dit oui. Et voilà, tu visites les fermes et tu… comprends que par l’alimentation tu touches la santé des gens qui font la nourriture, la santé des gens qui la mangent, l’économie la santé du sol évidemment du bien-être animal et après j’ai tiré la ficelle de tous les enjeux du dérèglement climatique et des limites planétaires et je me suis dit c’est le défi du siècle, je pourrais rien faire d’autre que ça let’s go explorer les opportunités de carrière qui peuvent exister pour contribuer à un plus juste et plus durable.

Armand Cosseron | 26:21.242

Justement, tu parles d’opportunités de carrière. Tu as publié un livre, Je bosse pour la planète. Est-ce que tu veux parler un peu de cette aventure intérieure ?

Claire Pétreault | 26:31.370

Oui, c’est fou. En fait, ce qui se passe, c’est que depuis 2017, je m’engage dans la transition écologique dans des stages. Je fais alimentation, ensuite je fais économie circulaire dans une start-up qui valorise les biodéchets en compost. Après, je suis prise à Change Now, le plus grand événement mondial des solutions pour la planète. Je gère là comme pendant trois ans. Ensuite, le Covid arrive et je reçois des dizaines de messages de jeunes qui me disent comment on fait pour travailler, pour accélérer la transition écologique. Et là, j’ai l’idée des Pépites Vertes en 2020. Je me mets à aller à la rencontre des jeunes dans toute la France, présenter des métiers qui vont de boulanger bio à consultant en transition énergétique jusqu’à agricultrice. ou chef de projet économie circulaire. Mon objectif, c’était de dire tous les métiers peuvent relever de la transition écologique, doivent relever de la transition écologique. Et il y a un an, la maison d’édition Erol me dit c’est super, 52 rencontres auprès de plus de 200 personnes, mais où est-ce qu’on range tout ce qu’on a appris auprès de 200 personnes ? Est-ce que ce ne serait pas dans un bouquin, dans un guide ? Et je dis, go ! J’avais évidemment toujours eu le rêve d’écrire un livre. dans ma bucket list et du coup je me lance dans un processus d’écriture de 6 mois je suis accompagnée par mon éditrice pour structurer ma pensée et par contre pour le reste comme je suis une personne très créative qui écrit beaucoup je branche mon cœur mon cerveau à mes mains et là c’est du flow pendant 6 mois tous les matins pendant 2 heures j’écris, j’écris, j’écris au début un gros blocage sur études pour qui ma grande à croire que tu vas avoir un livre à la FNAC mais un jour je me dis que je n’arrive pas à écrire à cause de ce blocage et bien prenons l’heure d’écriture pour débloquer très bien quelles sont les croyances associées au blocage quels sont les problèmes, comment je vais les dépasser et en fait tout ce que je fais pour moi en termes de auto-coaching je le mets dans mon livre et donc il y a dedans aussi bien des témoignages de jeunes que des questions d’introspection, que des outils pour s’orienter pour trouver son métier, pour faire son CV et ouais les retours que j’ai pour le moment c’est que c’est très activable activable. très concret, c’est très fluide. Moi, j’écris comme je parle, comme je vous parle là. Du coup, je me connecte assez facilement avec mes lecteurs et mes lectrices. Et j’adore faire ça. Donc, ça rajoute du kiff au produit.

Armand Cosseron | 28:46.297

Tu parles de kiff, mais je reviens un peu sur ces émotions qui sont beaucoup moins joyeuses. Vous avez tous les deux parlé de colère. T’as aussi parlé de honte, Claire. Comment est-ce que vous vous transformez cette énergie, justement, en quelque chose qui vous permet d’avancer sur vos convictions ? de manière plus concrète sur vos projets aussi. Kaze, est-ce que tu veux en parler ?

Casey Bernad | 29:06.960

Oui, alors je pense que ces émotions négatives, il faut tout d’abord les accueillir. C’est important de ne pas les rejeter, de ne pas dire « ah bah non, moi je suis au-dessus de ça, je ne ressens pas de honte, je ne ressens pas de colère » . En fait, si on est toutes et tous humains, donc on les ressent, accepter que telle situation me met en colère, telle situation me gêne, et ainsi de suite, telle situation me peine. Qu’est-ce qu’on fait après ? Parce qu’en fait, on peut décider de… passer toute sa vie à être en colère et ne pas agir, mais la bonne question à se poser pour moi, c’est quelle est ma zone de responsabilité là-dedans ? Où est-ce que je peux agir ? Qu’est-ce qui relève de moi ? Qu’est-ce qui ne relève pas de moi ? Alors c’est sûr que face à un système, parfois, on peut se sentir écrasé quand on est seul, mais ce que je trouve quand même assez formidable en France, c’est que, sincèrement, je trouve qu’on a un beau réseau associatif. Je trouve que l’économie sociale et solidaire est assez vaste. En tout cas, surtout à Paris, je sais que ce n’est pas forcément vrai dans les zones rurales, puisque moi aussi je viens d’une zone rurale. Mais en tout cas, il y a des endroits, et les réseaux sociaux aussi, les réseaux sociaux, ça c’est un vecteur dont je n’ai pas parlé. Mais si on reste juste sur l’associatif, si on a la chance de vivre dans une grande ville, on peut trouver des réseaux de personnes qui sont aussi en colère, mais qui ont décidé de trouver des solutions pour construire un futur plus souhaitable. Donc, moi, le conseil que je donnerais, c’est de ne pas rester seule, c’est de parler de sa colère, de trouver des personnes qui ressentent cette même colère, parce que bien souvent, c’est universel, on n’est pas les seuls à le ressentir. Quand je pense, par exemple, aux Different Leaders, je peux en parler, c’est un collectif qui a été fondé via l’association Article 1, via les mentorés de l’association Article 1, qui sont ces personnes. En général, c’est des boursiers de l’enseignement supérieur, donc des jeunes qui sont issus de milieux plutôt modestes. et qui se sont heurtés aux inégalités sociales lorsqu’il s’agissait de trouver un stage, lorsqu’il s’agissait d’accéder aux études. Et ils ont voulu ensemble se réunir pour trouver des solutions et pour interpeller les décideurs. Qu’est-ce que ça donne aujourd’hui ? Le 3 avril, on va avoir les assises de l’égalité. C’est une journée entière au cours de laquelle on invite les décideurs à s’asseoir et à écouter les voix des premiers concernés, des chercheurs et des experts dans le Conseil en diversité et inclusion. Donc ça donne à la fois, oui, du mentorat et du travail d’article 1, mais côté different leaders, ça donne des événements, des journées, des outils, la marge de l’égalité des chances, le quiz de l’égalité des chances, des outils qui permettent aux décideurs de prendre conscience de la perversion du système, de ce qui ne va pas, donc se réunir. Et je dirais aussi, si on est seul, ça c’est important pour moi, de donner aussi des solutions pour les personnes qui sont un peu isolées de l’écosystème associatif, parce qu’on n’est pas tous… à Paris, au Philanthro-Lab, près de l’Impact Tank, près de la Climate House. Créer des communautés sur les réseaux sociaux, je pense que ça, ça marche bien. Se rapprocher aussi des créateurs de contenu, je pense à Claire, évidemment. Je pense à Daphné aussi, BLT, je pense que vous la connaissez tous. Typiquement, c’est une personne qui travaillait dans une maison de champagne et qui s’est mise à créer du contenu sur la transition écologique et sur ce qu’on pouvait faire aussi à l’échelle individuelle. Et ça, je trouve ça intéressant.

Armand Cosseron | 32:11.550

Donc le côté vraiment mise en réseau, ne pas rester isolé. Et se rapprocher de personnes qui nous inspirent de par les actions qu’elles mènent ou les discours qu’elles portent.

Casey Bernad | 32:21.579

Tout à fait, se rapprocher et aussi comprendre que nous aussi, on a notre rôle à jouer. Que ce n’est pas juste l’affaire de leader, entre guillemets, puisqu’on a tendance à le mettre un peu sur un piédestal, mais on a toutes et tous un potentiel de leadership. Et je pense qu’il faut l’exploiter et oser prendre la parole et s’engager et se dire, voilà, moi aussi, j’ai mon rôle à jouer. Petit pas par petit pas.

Armand Cosseron | 32:40.957

Super, on reviendra aussi un peu sur cette capacité d’agir. chacun d’entre nous et des personnes aussi qui sont avec nous, qui nous écoutent et toi Claire, comment est-ce que tu fais justement pour se remonter à cette colère à cette honte ?

Claire Pétreault | 32:54.254

Déjà, on a de la chance toutes les deux on est assez facilement, j’ai l’impression, connectés à nos émotions, c’est pas la chance de tout le monde c’est un gros travail de s’autoriser à se connecter à ses émotions et je voulais juste rappeler qu’une émotion en fait c’est une information physiologiques, on voyait un peu par la tour de contrôle du cerveau en mode, c’est quoi ce Pixar avec les différentes émotions déjà ? Vice-versa. C’est vraiment ça ce qui se passe dans notre cerveau et dans notre tête et c’est une information qui dit, mes attentes, mes besoins, mes valeurs sont différentes de la réalité. Et donc, je t’envoie une information pour te faire savoir, cher corps, cher cœur, cher cerveau, que je ne suis pas content en fait. Soit j’ai honte parce que j’avais une croyance et puis voilà quelque chose qui est différent. Soit je suis triste parce que j’avais un espoir et puis peut-être ce truc n’arrive pas. Et l’émotion agréable, à l’inverse, c’est j’avais envie de faire ça et je le fais. Génial, je suis récompensée pour ça. Donc ok, maintenant qu’on a compris qu’on a notre petite tour de contrôle, vice-versa, qu’est-ce qu’on en fait et comment on, un, accueille et deux, nomme. Parce que pareil, c’est pas donné à tout le monde de savoir nommer. Qu’est-ce que c’est comme émotion qui me trêve à cela ? Donc pour ça, il y a des outils comme la roue des émotions, ça paraît un peu bateau, mais en fait, c’est dur de nommer les grandes émotions et les sous-émotions associées. Donc allez regarder ça, nommez ça, acceptez ça. Et effectivement, le laisser vivre, l’observer, et puis se dire, OK, fine, maintenant que j’ai reçu l’info, bah merci, parce que du coup, ça veut dire qu’à l’intérieur de moi, il y a un système de valeurs, il y a des choses qui font que je suis en décalage entre ce que je voudrais dans le monde et ce qui se passe. pas comment, je me dis que c’est le début de ma mise en mouvement vers autre chose. Et puis je ne veux pas répéter tout ce qui a été dit, que je partage à 300% sur le fait de s’entourer, et de savoir aller prendre soin des émotions désagréables tout en se permettant d’aller chercher les émotions agréables en face. Parce qu’effectivement, ne vivre que dans des émotions désagréables, de colère, de haine, de déception, de honte, de peur, ce n’est pas non plus hyper moteur vers une vie épanouissante. Et même si c’est cool, par exemple, moi, j’ai l’impression que j’ai eu plein de revanches à prendre sur la vie. Et je me suis toujours dit, heureusement que j’ai ces blessures en moi, c’est elles qui me font me dépasser. Aujourd’hui, je décide de prendre que 50% de cette croyance, qui évidemment m’a d’être très exigeante, très audacieuse, très ambitieuse, parce que je réalise que… Parfois aussi, elle me déconnecte de la réalité, de mes limites personnelles. Elle ne me rend pas toujours lucide. Et donc, je mobilise quand même et je fais l’effort intellectuel d’aller chercher d’autres émotions plus apaisantes, calmes, plus yin, versus une énergie très yang qui va toujours au combat. Et c’est mon travail en ce moment de m’autoriser à ne pas vouloir sur-solliciter ce moteur d’action. pour me foutre un peu la paix, comme dirait Fabrice Midal dans certains de ses bouquins. Donc, c’est un peu des deux. D’un côté, c’est un cadeau, c’est une info. De l’autre, il ne faut pas non plus se laisser submerger. Et pour une personne hypersensible comme moi, c’est toujours beaucoup. Ça s’entend, je pense, quand je raconte mes histoires. Donc, j’ai aussi la responsabilité de les apprivoiser. Non pas de les contrôler, mais de leur dire, on est ensemble, les filles, là. Vous n’allez pas me faire foirer mon nez.

Armand Cosseron | 36:20.734

super éclairant et ouais merci pour ce partage de bonne pratique parce que c’est vrai que parfois on s’en démunit on s’en dépourvue j’ai une autre question aussi qui me vient là-dessus parce que vous parlez toutes les deux des contenus que vous créez sur les réseaux sociaux notamment sur LinkedIn j’ai eu la chance de vous suivre et de lire ce que vous publiez et c’est une notion de vulnérabilité parfois qui peut arriver qu’est-ce que enfin voilà dans quel état vous êtes quand vous décidez de vous exprimer là-dessus ? Qu’est-ce que vous souhaitez partager sur ça ? Personnes qui nous écoutent, qui peuvent peut-être se dire, je traverse aussi un moment où mes émotions me donnent des informations qui ne sont pas forcément celles que j’ai envie d’entendre en ce moment. Comment est-ce que vous avez votre position là-dessus ? Qu’est-ce que vous souhaitez partager ?

Casey Bernad | 37:06.415

LinkedIn, la vulnérabilité et l’accueil de nos émotions, je pense que, contrairement aux idées reçues, ça fait bon ménage et je pense qu’on a Merci. toutes et tous en vie dans un LinkedIn plus authentique. Et sincèrement, par expérience, et je suis sûre que tu seras d’accord avec moi, Claire, quand on est soi-même sur LinkedIn, ça fonctionne. Parce que les gens en ont marre des réseaux, des récits, pardon, surfaits des chers réseaux, justement, de ces postures où les personnes ne montrent que leur réussite, que le bon côté des choses. En fait, on sent que c’est pas sincère. Et je pense que surtout notre génération, on est quand même tous de la Gen Z, si je ne me trompe pas. On a l’habitude des réseaux sociaux et de se mettre en scène, que ce soit sur Instagram, sur LinkedIn, sur d’autres réseaux. Et sur un réseau social professionnel, on peut avoir tendance à penser, en tout cas moi, pendant des années, j’avais peur d’être vulnérable, j’avais peur de partager mes émotions, d’être trop moi-même. Parce qu’on peut avoir tendance à penser qu’il faut avoir cette image très lisse sur les réseaux sociaux. Mais la vérité, c’est que ça m’agacait, en fait, de lire les posts de ces personnes-là. Parce que je me disais, mais attends, t’as jamais connu de difficultés ? Moi, à côté, qui galérais, je me disais, punaise, j’avais le seum, en fait, de lire des posts comme ça, tout lisse. Et je suis sûre que ça fait du bien, en tout cas, moi, ça me fait du bien de lire des posts de personnes qui osent. la vulnérabilité, qui osent parler de leurs émotions sur LinkedIn, parce qu’il n’y a pas de vie pro et de vie perso, il y a juste la vie, en fait. Et en réalité, même au travail, on a des émotions, elles font partie de la vie, elles sont tout le temps là. Et c’est dommage, en fait, de faire semblant de s’en couper, parce qu’on ne peut pas réellement s’en couper, déjà, premièrement. Et ensuite, elles sont là, on ne peut pas les éviter. Donc, je pense qu’en parler, c’est, quelque part, briser la glace, aussi, créer plus de proximité avec son public. Et en plus de ça, tous les experts du copywriting vous le diront, moi je suis beaucoup Nina Ramen, j’aime beaucoup ce qu’elle fait. Elle le dit, être soi-même, être authentique, oser montrer l’envers du décor, et ça je le vois de plus en plus. Je m’entoure de créatrices, c’est beaucoup de femmes qui le font, mais toi tu fais partie des hommes justement qui le font, et je trouve ça super. Je trouve qu’on est assez exemplaires quand même, les créatrices de genre féminin, on ose beaucoup plus facilement parce qu’on est conditionnés à le faire aussi, et ça doit être une grosse pression quand même pour les hommes créateurs de contenu. Ils sont là avec cette image très liche de « je suis un grand businessman professionnel sans faille » . Mais en fait, le professionnalisme, ce n’est pas ça. L’accueil des émotions au travail, ça permet de mieux collaborer avec les autres, que ce soit dans une entreprise ou même dans l’entreprenariat, même si je ne suis pas encore entrepreneur. En tout cas, de ce que je lis, il y a beaucoup de personnes qui… disent que se connecter à ses émotions et les exprimer, ça crée de la proximité avec son public, avec ses clients et avec ce qu’on veut faire aussi, se poser les bonnes questions.

Claire Pétreault | 40:03.404

Trop intéressant. Et puis, c’est bien de le mettre à l’oral dans un audio. J’espère que ça pourrait aider les gens qui nous écoutent. Je vois deux choses dans la question que tu nous poses. C’est un, la vulnérabilité et deux, la capacité à la communiquer. Si je reviens sur le un, la vulnérabilité. Moi, récemment, on m’a dit que je… faisais peur et que j’avais une tête de girl boss et que j’avais l’air tellement confiance en moi que ça paraissait difficile de rentrer en contact avec moi. Et en même temps, on me dit, c’est tellement authentique ce que tu racontes sur les réseaux qu’on a l’impression qu’on te connaît, on a des relations parasociales avec toi. Les relations parasociales, c’est quand tu t’identifies à l’influenceuse comme on est copains avec l’aînée de la situation dans nos rêves. Et donc du coup, moi, j’ai toujours ces deux bouts de moi avec lesquels composer. Et ce n’est pas toujours évident parce que la partie girlboss, la partie très guerrière que j’ai, entrepreneuse à fond, jamais abandonnée, résilience, lancer mille projets, etc. Ça fait partie de ma personnalité, mais c’est ce qui fait que du coup, parfois, je n’arrive pas à écouter les stops, les besoins d’arrêt. Et donc, on me dit souvent, tu es trop forte. Et tout de suite, je suis en mode, ah ouais, je suis trop forte. Et du coup, je suis en mode, et si je n’étais pas forte ? et si j’avais le droit de ne pas être forte. Et donc, en ce moment, je me dis, mais si je n’étais pas optimiste, mais juste dans le déni des émotions négatives qui sont cachées dans mon dos ou je ne sais pas où, dans ma mâchoire la nuit, et si j’ouvrais plus vraiment ma capacité d’écoute que je sais très bien faire vers les autres, vers moi, pour me dire, hé Claire, ça va en vrai ? Comment ça va en vrai ? Et donc, il se passe ça pour moi en ce moment. Et c’est ça, je crois, la vulnérabilité, ça va avec l’humilité de se dire « Mais attends, qu’est-ce qui se passe ? » Comment tu fais pour vraiment être en conscience de ce qui se passe en ce moment à l’intérieur de toi ? Et ce n’est pas évident, même pour les personnes sensibles, parce que tu as plein de bouts de toi qui te composent. Et si tu as d’un côté une sensibilité et de l’autre une hyper-garrière, elles sont tout le temps en train de se faire un fight interne et ce n’est pas évident. Donc ça, c’était sur la partie vulnérabilité. Sur la partie communication, plus qu’être vulnérable sur les réseaux, j’essaye d’être authentique, c’est le mot que tu as dit. J’ai un peu de mal avec la survulnérabilité des réseaux qui me cringe un peu avec des photos de familles très intimes ou des postes très intimes. Moi-même, je suis toujours un peu à me demander qu’est-ce que je partage de mon intimité. En fait, ma question, c’est toujours driver par une seule chose, c’est Merci. Est-ce que ça va être utile à des gens ? Ou est-ce que ça va être dans une logique de copywriting qui va faire que j’aurai du lead et des gens qui me likent ? Donc, je mets un tout petit peu de nuance dans la vulnérabilité sur le réseau pour que ça reste important, utile, précieux pour soi, pouvant aider d’autres, pas non plus besoin de tout raconter. Parce que même moi, d’avoir été par exemple à un moment proche de mon intimité, de ma santé mentale et tout, je me suis rendue compte que… Les gens se sentaient hyper connectés à moi, comme si c’était mes amis. Et après, j’étais en mode « waouh » , mais je n’arrive plus du coup à périmétrer quand je suis dans la rue et que des gens viennent me parler. Enfin, ça n’arrive pas tout le temps, mais ça m’est arrivé en manif. Il n’y a plus de distance entre le pro et le perso, effectivement. Or, à quel moment j’arrive à dire non à des gens qui veulent absolument connecter avec moi parce que je me suis autorisée à être très vulnérable ? Donc j’en reviens un peu pour trouver le truc juste. truc du juste pour moi et pour mes abonnés.

Armand Cosseron | 43:42.345

C’est un travail d’équilibre aussi, une ligne de crête à suivre, parce que c’est vrai qu’une fois que ça a été dit, ça ne peut plus être pris.

Claire Pétreault | 43:49.868

Exact.

Armand Cosseron | 43:50.407

Il y a un peu aussi cette vigilance ou savoir jusqu’où on veut aller. C’est vrai que ce n’est pas toujours évident. Je vous propose de passer sur un autre sujet qui est plus… On va rester dans les sujets super joyeux avec tous les services RSE qui sont en train de fermer.

Louanne de la Motte | 44:07.266

Quelles sont un peu les tendances que vous voyez ? émergés sur la RSE.

Armand Cosseron | 44:11.094

Comment est-ce que vous vous projetez ? Je viens de parler de 2030, mais ça peut être plus court ou plus long, et un peu la manière dont vous voyez le futur de la RSE.

Claire Pétreault | 44:21.327

Moi, je suis engagée à fond les balances sur les enjeux de transformation écologique depuis 2018. Du coup, il y a Change Now. Et donc, ce que j’observe, c’est que de 2018 à sortie de Covid, il y a eu vraiment une accélération des sujets qui sont devenus de plus en plus centraux. pour les entreprises stratégiquement. Les gens comprenaient que c’était même des enjeux business. Donc, on a eu vraiment une accélération. Le Covid a fait se poser beaucoup de questions aux gens sur le sens de la vie, le sens du travail. Ça a accéléré. L’écosystème à impact a eu le vent en poupe. 2021-2022, réouverture des événements, cristallisation d’un écosystème, etc. Et 20… 4, évidemment, ça a été un peu l’année noire. Alors l’année noire, j’aime bien aussi nuancer encore une fois, il y a une étude récente de Parlons Climat qui explique que le backlash écologique existe aussi parce qu’on le nomme et qu’on l’entretient dans les médias et que dans le réel, côté citoyen, l’intérêt pour les problématiques environnementales reste. Elle perd quelques points, toujours au profit du pouvoir d’achat, mais c’est normal parce qu’on est dans une crise économique assez globale. Et donc, il ne faut pas surmédiatiser le fait que les enjeux environnementaux perdent de l’espace média et de l’adhésion populaire. Ok, fine. Pour autant, dans les entreprises, il est vrai que les budgets sont réduits au global et donc réduits pour les enjeux moyen terme et donc RSE, que la réglementation européenne recule notamment sur les enjeux de CSRD et donc que de fait, les entreprises qui devaient être objectivées à vraiment penser à un rapport extra-financier le sont de moins en moins. Encore une fois, ça dépend de la taille de l’entreprise. Et donc, on a quelques reculs effectivement significatifs. On a manqué de compter nos victoires écologiques. Pour autant, il y en a. Et il y a une espèce de conscience collective qu’on ne pourra pas nous enlever. Alors, effectivement, le climato-scepticisme existe. On a une actualité américaine qui est très inquiétante sur le recul au sujet de l’accord de Paris. etc. Mais moi, j’observe ça, une conscience collective, mais chaque jour, des gens qui veulent s’engager, mais en nombre, en nombre beaucoup plus qu’il y a dix ans. Et ça, pour le coup, je pense qu’on ne pourra pas nous l’enlever, parce que les réseaux, il y a beaucoup de problèmes avec les réseaux, mais il y a une autre chose avec les réseaux, c’est l’accès à l’info. Et l’accès à l’info sur les enjeux climatiques, ceci additionné à des étés caniculaires et un dérèglement climatique. commencent à toucher le territoire français et donc des gens qui vivent dans leur chair les problématiques environnementales, c’est bien l’heureux, mais ça rend le truc de plus en plus palpable. Donc, je ne sais pas, et pour le coup, c’est peut-être encore mon problème, je suis trop optimiste, mais je sens une conscience collective et surtout je sens un écosystème de l’impact qui se structure depuis 15 à 20 ans, que ce soit via l’ESS, l’économie sociale et solidaire, et le mouvement Impact France, et la Convention des entreprises pour le climat, enfin voilà. Il y a une cristallisation des projets qui se nourrissent et qui se réunissent via Gen Act. Là, on est à l’ère des coalitions. Et enfin, on est à l’ère du leadership. Et le sujet, en vrai, c’est très bien qu’on ait beaucoup de citoyens, mais ce sera que volent les patrons. Et tous ces dirigeants et toutes ces dirigeantes qui passent dans la Convention des entreprises pour le climat en nombre dans les territoires pour se former au dérèglement climatique, aux limites planétaires, à l’économie à visée régénérative. il est évident qu’à partir du moment où on a des… des codires et des comex qui se mobilisent pour penser des transformations et des feuilles de route ambitieuses, on a le plus de chances, donc tant mieux. On a des gens qui poussent vers le haut, des gens qui poussent vers le bas. Il nous reste un sujet à craquer sur lequel je n’ai aucune compétence et peu de visibilité, c’est le financement. C’est les investisseurs, c’est les boards, c’est les modèles économiques entiers à transformer pour rentrer dans le cadre des limites planétaires et potentiellement d’une économie du donut. Si vous voulez regarder le travail de Kate Rowers, ça peut un peu vous donner une vision vers où on devrait aller. Voilà, tout ça, c’est des idées très intuitives, très empiriques de ce que j’observe, mais ça me maintient au mouvement de voir autant de personnes dirigées vers le même endroit. Et chacun a des moments différents, a des endroits différents de la chaîne de valeur. Je ne sais pas si tu l’observes quand tu travailles dans une entreprise qui se transforme et auprès d’associations et organisations à impact. Je suis curieuse d’avoir ton avis.

Casey Bernad | 48:53.247

Moi, la chance que j’ai eue, c’est quand même d’avoir travaillé pour une entreprise certificée Bicorp. L’Espresso, ce n’était pas n’importe quelle entreprise. Donc, on a quand même intégré, depuis, c’était en 2022, la certification Bicorp.

Armand Cosseron | 49:07.853

Peut-être, juste détailler pour les gens qui nous écoutent ? 

Casey Bernad | 49:10.595

Oui, B-Corp. B-Corp, en fait, c’est une certification qui atteste que l’entreprise… et dans une démarche d’amélioration continue pour respecter les limites planétaires et pour respecter les gens aussi. Donc, on n’est pas uniquement sur de la RSE environnementale. Et là, justement, on va venir au futur de la RSE et à mon positionnement aussi. Bicorp, en fait, on s’engage tous les ans à progresser. Et moi, j’ai été recrutée chez Nespresso pour justement les aider à progresser sur un volet de l’engagement des entreprises. c’est l’engagement des salariés. Donc mon travail, c’était d’aider les salariés à s’engager, soit par des petites actions, soit par des demi-journées de volontariat, ou dans des projets un petit peu plus structurants, pour cinq causes. La sécurité. la santé, l’inclusion, l’environnement et la solidarité. Et alors, il y a eu une vraie demande. Après, je pense que ça dépend aussi des logiques financières, ça dépend aussi des codires. Et sans sponsoring de la part, en l’occurrence de notre DRH, on n’aurait pas pu lancer ce projet, on n’aurait pas pu lancer cette plateforme d’engagement RSE. Donc en fait, effectivement, je constate qu’au niveau sociétal, notre génération est très engagée. Aujourd’hui, c’est devenu une évidence en Europe, en tout cas peut-être pas aux Etats-Unis, mais en Europe, je trouve qu’on est quand même assez protégés. On a accès à des valeurs, l’héritage des lumières, on a accès à une culture auxquelles les Américains n’ont pas accès. Et aujourd’hui, je trouve que c’est difficile de croiser une personne climato-sceptique, en tout cas en Europe, je trouve que c’est quand même plus difficile de croiser une personne climato-sceptique qu’aux Etats-Unis. Donc je pense que c’est quand même admis généralement dans la société qu’il faut. faire quelque chose pour le climat. L’inclusion, pour moi, on n’y est pas. On n’y est pas totalement. Je pense que c’est une question qui scinde un petit peu les Français, à tort, aussi à cause du traitement médiatique qui est fait autour de l’inclusion. Mais maintenant, dans les entreprises, effectivement, ça dépend des décideurs. Et les décideurs, bien souvent, ils ne sont pas issus de notre génération. Après, ça ne veut pas dire qu’ils n’ont pas forcément les mêmes valeurs. On peut être engagé et être issu d’une autre génération. C’est pas ça le sujet. Le sujet, c’est comment on fait pour convaincre des décideurs qui sont aussi dans des logiques économiques de rentabilité que c’est la bonne chose à faire, qu’il faut s’engager pour la transition juste et qu’il faut transformer le fonctionnement de l’entreprise de l’intérieur. Moi, je pense que la RSE de demain, ce sera une RSE holistique, donc qui sera vraiment une RSE de la transition juste, pas uniquement de la transition environnementale. alors après je pense que les lois sont vraiment là pour nous aider. En fait, il y a trois types de profils dans la RSE. On a les sceptiques, ceux qui ne veulent pas le faire, qui se disent « c’est relou, je n’ai pas envie de changer le système » . On a les personnes qui appréhendent les sanctions ou les risques médiatiques. « Oh là là, c’est une catastrophe, si on se rend compte qu’on pollue, ça va être un risque médiatique. » Ou sanctions aussi légales, donc risques sur le business. Et on a les convaincus. Les convaincus, ça va être ceux qui le font juste parce que c’est la bonne chose à faire, parce qu’ils sont au courant des limites planétaires et ils ont l’envie, au-delà du business, de construire un système qui soit plus vertueux. Je pense qu’il y a des choses à faire. En tout cas, on doit encore convaincre certains dirigeants. Après, je nuancerai quand même par rapport au contexte états-unien. Peut-être que moi aussi, j’ai ce défaut, je suis peut-être trop optimiste, mais je pense qu’en France, on a une histoire, on a des valeurs. En Europe, en général, j’espère qu’on ne va pas élire notre équivalent de Trump. Ça, c’est encore une autre histoire. Mais je pense qu’on est quand même protégés là-dessus. Et après, je pense que toi et moi, on a peut-être une vision un peu trop optimiste parce qu’on gravite autour de personnes engagées.

Claire Pétreault | 53:08.667

Non, mais c’est biaisé.

Casey Bernad | 53:09.651

Non, mais oui, c’est tout à fait biaisé. Parce que le problème, c’est que nous, les personnes qu’on côtoie, ça va être des responsables RSE, ça va être des personnes qui travaillent dans l’ESS. Mais on ne se rend pas compte de la réalité du terrain, même si je soutiens quand même qu’on est issus d’une génération engagée qui se soucie quand même de l’environnement et on ne peut plus dire certaines choses. Je pense que la Gen Z, c’est vraiment… Alors ok, on n’est pas encore les décideurs, mais on est quand même le plus grand nombre, on influence, on se saisit de l’information autrement, donc pas forcément via les médias classiques, on utilise les réseaux sociaux. Donc en fait, je pense qu’on a un pouvoir à ce niveau-là d’influence. Parce qu’on va construire le futur, en fait. On sera les futurs leaders, quoi qu’il en soit, fatalement. C’est nous qui allons nous retrouver dans 30 ans, dans les Codires, on est stars.

Claire Pétreault | 54:00.162

Je me souviens, c’est 25% quand même des 18-24 en France qui sont climato-sceptiques, donc c’est pas mal. Mais dans mon souvenir, c’est 4 à 5 points de moins que la moyenne nationale, ce qui signifie quand même quelque chose. Il faut juste aller vérifier. C’est encore une étude de Parlement Climat, dont je suis complètement fan, qui rappelle ça. Mais ce n’est pas rien, 25 %. Et pour le coup, sur les jobs à impact, même répartition, combien de pourcents de jeunes diplômés qui sortent d’études et qui vont dire « je vais préférer la mesure de l’utilité et de l’impact par rapport à la rémunération » , c’est à peu près 21 %. Donc, on voit qu’en fait, on a une génération, une jeunesse qui est diverse. comme l’aide de notre population. Et là où on a le devoir de vigilance, de ne pas être trop entre-engagée, c’est pour pouvoir rester inclusif dans nos messages et de ne pas être dans un déni et de ne pas voir des gros trucs qui nous tombent dessus. Pour autant, on mérite d’être entouré de gens qui portent des sujets et qui nous soutiennent et qui nous poussent vers le haut. Et je crois que c’est cet optimisme qui nous permet aussi d’en embarquer d’autres derrière nous. Donc moi, j’aime bien appeler ça la bulle poreuse. Alors oui, on est dans une bulle, c’est bien, c’est notre safe place, on s’entraide. Par contre, il faut laisser des petits trous pour s’assurer que les gens puissent rentrer dans la bulle et qu’on diffuse à l’extérieur de la bulle.

Armand Cosseron | 55:24.722

Oui, là on est dans un sujet qui, à mon sens, se rapproche du militantisme. Et c’est ce que j’observe beaucoup justement dans les cercles militants, de se dire qu’il y a des endroits, ce sont nos safe places. On sait que… Je prends l’exemple de l’optimisme, parce qu’on en parle beaucoup aujourd’hui, mais on sait qu’on se rend compte qu’il n’y a personne d’optimiste, ou de personne qui partage notre vision, avec laquelle on va se sentir bien, avec laquelle on va se presser, on va refaire le plein d’énergie. Puis de l’autre côté, à d’autres espaces, parfois on va être combattif, puis on va se rapprocher de l’arène, mais dans d’autres espaces, on va se confronter à d’autres points de vue, d’autres regards. Parfois ça va nous enrichir. Tu parlais de l’héritage quasi des Lumières. C’est ça aussi, la culture du débat, la culture de la contradiction, la culture d’arriver à chercher l’opinion d’en face pour voir comment faire évoluer la sienne. Mais parfois, ça peut nous agresser ou donner lieu à des échanges plus violents. Et donc, l’intérêt d’avoir ce safe place, de connaître le chemin des safe place et d’avoir le réflexe de s’y repranger aussi parfois pour faire le plein d’énergie. Mais je rebondis sur quelque chose que vous avez dit tout à l’heure, Kaze, parce que c’était… presque la question que je m’apprête à vous poser, mais de comment faire lorsque vous êtes un dirigeant d’entreprise ou lorsqu’on se sent concerné par ces sujets et qu’on souhaite s’engager. C’est quoi pour vous, Claire, la recommandation pour commencer à agir ?

Claire Pétreault | 56:51.299

Je ne crois pas trop qu’on puisse convaincre quelqu’un. Par contre, je suis persuadée qu’on peut échanger, discuter, incarner, inspirer. Et donc, Si je rencontre quelqu’un qui n’est pas d’accord avec moi, je vais plutôt m’être dans une posture d’écoute et de questionnement jusqu’à aller mettre la personne en face de ses contradictions plutôt que parler. Et je pense qu’un bon communicant et une personne qui est capable d’embarquer derrière elle, elle va être plus capable d’écouter que de parler. Et donc… En fait, il faut savoir, je me suis beaucoup renseignée sur les drivers motivationnels, le fonctionnement du cerveau, des émotions, pourquoi on fait ce qu’on fait. C’est pour ça que j’ai fait des sciences sociales et des sciences politiques. Et du coup, pourquoi on fait ce qu’on fait, c’est toujours lié à des raisons. On ne fait jamais les choses sans raison, même si parfois on dirait qu’il n’y a pas de sens, il y a toujours un sens. Et alors se demander quel est le sens de la personne en face de nous, qu’est-ce qui l’active, sur quoi est-elle objectivée ? Par exemple, si on doit aller chercher des budgets à un endroit, à quelqu’un qui a la responsabilité de réduire les budgets, comment est-ce qu’on va réussir à imaginer un projet qui lui explique qu’à moyen terme, on aura peut-être gagné de l’argent, etc. Il faut savoir qu’il y a un coût à l’entrée qui est évident dans le financement de la transition écologique, et qu’on n’est pas là pour faire croire à tout le monde que ça va faire économiser de l’argent que d’opérer cette transition écologique. À court terme, non. À moyen terme… c’est aussi à mesurer. Pour autant, si les gens parlent en dollars, parlons en dollars. Si les gens parlent en dollars et que nous, on parle en papillons, ils vont nous dire « Pardon, mais qu’est-ce que je m’en fous de tes papillons ? » Et on va juste passer pour des biseux nours. Donc, moi, je trouve que tout le monde, les gens qui souhaitent porter des sujets, de l’interne en tout cas, depuis l’intérieur, ont la responsabilité de s’adapter au discours. Si c’est trop dur et qu’en termes de valeur, de positionnement, de personnalité, s’adapter, eh bien, il faut aller ailleurs. Il faut aller ailleurs, il faut aller à l’extérieur, faire du lobbying, discuter avec des députés. Mais si le but, c’est de transformer de l’intérieur, il va y avoir un rôle à jouer. À partir du moment où on reste aligné avec nos croyances et nos valeurs, c’est jouable. J’en connais beaucoup de pépites qui l’ont fait et j’en connais d’autres pour qui ce serait invivable. Typiquement, moi, je ne pense pas que je serais capable de ça, d’être à l’intérieur et de pousser de l’intérieur. Ce n’est pas trop ma zone de génie, donc je ne le fais pas, ça tombe bien. Mais j’encourage chaque personne qui est en capacité de ça à le faire de manière un peu maligne en fait.

Armand Cosseron | 59:26.351

Super Claire, merci du côté adapter le langage, parler le langage de la personne en face. Et toi Casey, est-ce que tu as des recommandations pour quelqu’un qui souhaite se faire s’engager pour agir ?

Casey Bernad | 59:39.015

Bien sûr, évidemment j’abonde dans le sens de Claire. Il faut parler le même langage que son interlocuteur. Sinon on ne sera pas compris et notre message ne sera pas entendu. Et surtout, il ne comprendra pas l’intérêt de cette transition. Tout à l’heure, je parlais des différentes motivations à agir. pour la transition juste. Justement, si on sait que face à nous, on a un directeur financier qui est très procédurier, qui ne veut pas payer trop d’amendes ou qui aimerait bien défiscaliser un peu, on peut glisser que si on donne à des associations d’intérêt général, on a une réduction sur l’impôt sur les sociétés. Ça, typiquement, tu feras quoi plus tard ? C’est moins 60, je crois que c’est 60% du montant du don, si je ne me trompe pas. 60% du montant du don sur l’impôt sur les sociétés. Voilà, typiquement, parler le langage de l’interlocuteur. La DRH, qu’est-ce qu’on va lui dire ? On ne va pas lui parler d’argent, on va lui parler d’engagement des collaborateurs. La directrice de la com, on va lui parler de la réputation. En fait, ce qui est bien avec la RSE, c’est qu’elle est holistique, elle touche à tous les corps de métier de l’entreprise. Donc l’enjeu, c’est d’adapter son message aux enjeux que rencontre l’interlocuteur et de montrer en quoi… Ça peut servir un de ses intérêts. Il y a un concept et des pratiques qu’on aime beaucoup, toi et moi, c’est la communication non violente et la posture collaborative. Je pense que ça peut vraiment aider d’adopter une posture collaborative et comme tu le disais très justement, Claire, écouter son interlocuteur, écouter ses enjeux, écouter ses valeurs aussi, ce qui le fait se mettre en mouvement. Et là, dans une entreprise, typiquement, ça va être à quel problème ? ton directeur ou ton sponsor dans le code dire, fait face et dans quelle mesure la solution que tu proposes pour améliorer les pratiques de l’entreprise en interne va solutionner aussi son problème. En fait, ce qui est bien, c’est d’approcher la RSE sous l’angle des solutions. Je vais donner un exemple sur l’engagement des collaborateurs. Côté RH, on essaie de créer une culture où les employés sont engagés, sont contents d’aller au travail. On a lancé notre plateforme d’engagement RSE. Ça sert aussi nos objectifs de recertification Bicorps, parce qu’une entreprise engagée pour la certification Bicorps, ce n’est pas seulement une entreprise qui met en place des process, ce n’est pas seulement un codire qui valide des budgets pour réduire les déchets par exemple, c’est aussi des employés qui agissent au quotidien, qui utilisent leur temps de travail pour aider des associations au quotidien sur X ou Y demi-journées par an. Donc, il y a cet enjeu-là, l’enjeu de recertification Bicorp, qui fait partie vraiment de l’équipe RSE, c’est les objectifs de l’équipe RSE. Et de l’autre côté, il y a un enjeu côté RH où on a envie d’avoir des employés qui sont fiers de travailler pour Nespresso. Donc, qu’est-ce qu’on va faire ? On va aller voir la DRH, on va lui dire, écoutez, nous, on a cette solution qui va permettre d’engager les collaborateurs sur l’année 2024. On va faire ce test et ça peut créer tel ou tel… émotions chez les salariés, c’est une plateforme qui va créer de la fierté, on va proposer telle ou telle action qui vont créer un sentiment d’appartenance, etc. Et en fait, en apportant tous ces arguments qui solutionnent une problématique qui était rencontrée par les RH, on va avoir l’adhésion d’une direction et ainsi de suite.

Armand Cosseron | 63:01.817

Super clair comme mode opératoire.

Casey Bernad | 63:04.004

Merci beaucoup.

Armand Cosseron | 63:05.193

Je te redonne la parole dans la foulée, tu parles d’un cas concret, est-ce qu’indépendamment de ça, il y a d’autres initiatives qui t’inspirent et dont tu aimerais… que tu aimerais partager avec les personnes avec vous ?

Casey Bernad | 63:16.761

Des initiatives chez Nespresso ?

Armand Cosseron | 63:19.761

Chez Nespresso. Ou ailleurs, on peut prendre l’exemple de… Des exemples d’engagement où tu dis, ça me parle, ça mérite d’être un peu plus connu, ça peut peut-être m’inspirer, les personnes qui nous écoutent.

Casey Bernad | 63:30.523

Alors, je vais parler d’une manière de s’engager qui est accessible à toutes et tous, qu’on soit professionnel dans une entreprise et que ce soit sponsorisé par l’entreprise ou pas. On peut toutes et tous devenir mentor. Moi, je l’ai fait en étant jeune diplômée qui cherchait du travail. J’ai été mentor pour Ambition Campus. Mais une personne qui a sept ans d’expérience en entreprise peut aussi être mentor, mais cette fois-ci d’un jeune qui est en recherche d’emploi. Donc ça, c’est nos quartiers ont des talents qui le permettent. Moi-même, j’ai été mentorée par nos quartiers ont des talents et c’est pour ça que j’ai décidé d’être mentor par la suite. Ça a été vraiment la boîte de Pandore pour m’engager. En fait, le mentorat, ce qui est chouette, c’est qu’on peut le faire. À la fois avec une entreprise, chez KPMG par exemple, on pouvait être mentor de jeunes d’article 1, on pouvait l’être aussi, je crois, via Mosaïque, si je ne dis pas de bêtises, on pouvait l’être aussi via NQT, je crois, qui travaillait avec ces trois associations, mais rien ne t’empêche en tant que citoyen d’être mentor sur ton temps personnel, sans que ton entreprise ne soit impliquée, tu peux même l’être en étant étudiant. Par exemple, tu es en études supérieures, tu peux être mentor d’un lycéen qui veut faire les mêmes études que toi. Ça, je trouve que c’est une initiative intéressante, en tout cas pour favoriser l’égalité des chances, parce que mon approche de la RSE, c’est vraiment sur le S, en fait. Toi, tu es plutôt sur le E, l’environnement. Moi, je suis sur le S, donc je ne vais pas forcément parler d’initiative environnementale, mais en tout cas sur le volet sociétal. Je pense qu’une entreprise peut déjà diffuser l’information. Ça, c’est hyper simple, en fait. et permettre aux employés de s’engager sur leur temps personnel parce qu’il y a une vraie demande. Il y a l’engagement sur le temps de travail, donc ça va être le mécénat de compétences ou le mécénat en nature des demi-journées de volontariat, comme ça que des employés vont donner, en tout cas ils vont être payés sur leur temps de travail pour s’engager auprès d’une asso. Mais en réalité, moi de mon expérience, pour avoir poussé… les collaborateurs d’Espresso à s’engager sur leur temps de travail. Tout et tous m’ont dit, mais on veut aussi le faire sur notre temps personnel. Donc une entreprise qui va diffuser comme ça une information sur la possibilité d’être parrain ou marraine d’un jeune, elle fait déjà un pas pour l’égalité des chances. Ça ne coûte pas grand-chose, c’est juste une com. Ça peut être une com workplace, ça peut être juste la mention de l’association partenaire sur le site. Et ça peut avoir un impact énorme parce que, en réalité, les gens ont envie de s’engager même au-delà de leur temps de travail.

Armand Cosseron | 66:00.012

Très bien. Du mentorat, et on remettra les liens dans les associations que tu as citées, parce qu’elles font du bon boulot là-dessus.

Claire Pétreault | 66:09.620

Peut-être globalement les réseaux. Ce dont on parle depuis tout à l’heure, c’est juste des gens qui se connectent et qui se mettent en mouvement en collectif. Donc, où que vous soyez, d’où vous nous écoutez, quel que soit votre secteur d’activité, votre ville, votre territoire, il faut trouver les réseaux locaux qui vous permettent de sortir de l’isolement. soit dans des assos écolo de protection de la nature, soit vous êtes boulanger, vous rejoignez l’assaut des boulangers, et puis il y a peut-être une branche écologie dans la boulangerie. Ensuite, pour ma paroisse, forcément, je vais parler du Club des Pépites, qui est l’association des jeunes professionnels de la transition écologique en France, qui a des antennes dans toute la France. On est aussi partenaire de GenAct, qui, pour le coup, fédère les réseaux, est un réseau de réseaux. puisque comme je vous le dis, on est à l’ère des coalitions et donc c’est génial qu’on puisse aussi se coopérer dans des métastructures entre guillemets, et en fait on s’en fiche du nom du réseau, le plus important c’est d’avoir des pairs, d’être en collectif si vous n’arrivez pas à trouver une asso peut-être c’est trois copains trois copines qui sont au même moment de leur vie que vous et vous leur dites, et si on s’appelait tous les mardis à 13h pour se dire comment on avance et se challenger parce que tout seul moi j’y arrive pas … Voilà, moi j’ai ça personnellement, j’ai ça avec deux amis entrepreneurs qui sont au même moment que moi de transformation de leur modèle. Et bien toutes les semaines, on a un rendez-vous, on travaille ensemble, on se dit toi tu fais quoi cette semaine, moi je fais quoi cette semaine. Parce que j’ai plus de collègues en ce moment, je suis en train de restructurer mon entreprise. Bon bah c’est trop cool, c’est mes collègues, collègues copains, co-entrepreneurs. Et je crée mes réseaux, je crée mon environnement sain qui me stimule parce que j’ai compris. au fur et à mesure des années, que l’environnement de travail sain, l’environnement de personnes qui nous entourent allaient faire partie des éléments de réussite parce qu’on ne peut pas construire des châteaux de sable dans des sables mouvants. On a besoin d’un ancrage fort en termes de relations et de liens. Et donc, faites ce pas vers ces gens qui vous inspirent et à qui vous pourrez, c’est sûr, apporter quelque chose.

Armand Cosseron | 68:20.600

Super, c’est vrai que j’ai poté. moi je te rejoins sur C’est ce que tu viens de dire, le côté territoire, local. Ça peut être près de chez nous, qu’il y ait des initiatives, une personne insoupçonnée. Et le côté bien s’entourer, ça, c’est la règle d’ordre de n’importe quel projet. Kézi, toi, tu es en train de te lancer. Voilà, bien t’entourer des nœuds de ton projet, c’est crime. On arrive au bout. Juste un message clé, là, que vous voulez partager aux personnes qui nous écoutent. C’est quoi ? S’il y a une chose à votre manière ?

Claire Pétreault | 68:50.133

Allez. Je ne l’ai pas dit, donc c’est très bien qu’on me laisse le mot de la fin sur ça. Une chose à retenir, c’est aller où vous êtes excellent. Allez où c’est facile pour vous. Allez où vous êtes bon depuis que vous avez 15 ans. Ce petit talent secret que vous, vous avez, si j’appelle votre grand-mère, elle dira « Ah, Martin, il est trop… » « Ah, Martine, elle est trop… » Voilà, ce truc à vous, où vous êtes fort, où c’est du plaisir de faire cette activité. Moi, je trouve qu’on va plus vite quand on va où on est bon. Le plaisir est aussi une bonne boussole pour savoir comment avancer. L’écoute à l’intérieur de soi et puis à l’extérieur de ce qui se passe et des réactions de l’intérieur. Et puis enfin, abonnez-vous aux Pépites Vertes et achetez ce super bouquin, Je bosse pour la planète, sur lequel j’ai mis tant d’heures de travail et dans lequel toutes ces questions d’introspection, d’émotion, j’ai eu à cœur de le mettre. Parfois, les gens me disent, en fait, c’est pas tant pour la planète ton truc. Ils disent pas ton truc, je vous rassure, c’est moi qui invente des phrases. Ils disent que c’est pas tant pour la planète que pour soi, en fait. Et c’est vrai que c’est un livre que j’ai inventé pour soi, pour s’aider à s’écouter, qu’on a envie de travailler dans le S de l’ESG, de l’ARSE, ou dans le E, ou n’importe où d’autre, dans le H du humain. C’est juste un livre qui nous invite à nous écouter à l’intérieur pour mieux agir à l’extérieur.

Armand Cosseron | 70:12.812

Trop bien, merci. Dans les meilleurs librairies de France.

Casey Bernad | 70:17.154

On pourra le découvrir grâce à vous c’est chouette t’as dit beaucoup de choses claires que dire de plus bon déjà je suis 300% d’accord avec tout ce que t’as dit ce que j’ajouterais juste c’est bien s’entourer Oser aussi. Écoutez la petite voix qui vous dit « je ne peux pas le faire » et dites-lui « bah non, en fait, je vais le faire » . Oser, ça c’est hyper important. Je pense qu’il ne faut pas avoir de regrets. Oser et oser l’échec aussi. Ça, on n’en a pas beaucoup parlé, mais je suis une personne qui souhaite entreprendre, en tout cas qui a depuis longtemps des idées d’entrepreneuriat, que ce soit via l’associative, via la création de contenu. Et en fait, en France, on a… Je trouve une vision très, très, très, très, très négative autour de l’échec. Alors que, en fait, l’échec, ça prouve juste que t’as tenté, que t’as osé. Alors, OK, t’as peut-être pas réussi, mais en tout cas, t’auras appris des choses. Et je pense qu’il faut vraiment essayer de se défaire de la peur de l’échec. Donc ça, c’est un premier conseil. Deuxième conseil, s’entourer. Ça, on en a beaucoup, beaucoup parlé. Mais en fait, il faut comprendre qu’on n’est pas seul si on veut avoir un impact positif. Tu parlais des coalitions, il y en a de plus en plus, ça se structure, on a de la chance en France. Et peu importe, même si on ne vit pas forcément à Paris, dans le tout Paris de l’ESS, on peut y avoir accès quand même grâce aux réseaux sociaux, grâce à Internet. Je pense qu’il faut explorer toutes les possibilités qui sont là devant nous, parce qu’on en a. Garder un état d’esprit optimiste et continuer à se faire plaisir et prioriser, comme tu le disais très justement, le plaisir, le militantisme. Si c’est toxique, si ça nous bouffe, peut-être qu’il faut faire un pas de côté et trouver, comme tu disais, là je répète ce que tu dis, mais je suis totalement d’accord, sa zone de génie, pas forcément sa zone de confort, oser sortir de sa zone de confort, mais oser assumer aussi sa zone de génie et l’utiliser pour avoir un impact positif. Je pense que c’est possible qu’on a toutes et tous ce talent qu’on peut utiliser pour la transition juste et … Oser en parler, oser parler de nos projets et s’entourer de personnes qui croient en nous.

Claire Pétreault | 72:34.950

Vous n’avez plus d’excuses, vous avez été reboosté.

Armand Cosseron | 72:39.673

Juste derrière, question pratique aux pratiques, Casey, où est-ce qu’on te retrouve ?

Casey Bernad | 72:43.275

Moi, on me trouve sur LinkedIn et on peut s’abonner au hashtag Kazé Inclusion pour voir mes publications sur la transition juste, toujours en rose, et sur l’inclusion. Kazé Croire, Bernard.

Armand Cosseron | 72:53.103

Super, merci, éclair.

Claire Pétreault | 72:55.276

Alors, je suis une couleur complémentaire du reste. je suis team vert et quand je ne mets pas de vert, je mets des petits éclairs verts. Donc, je m’autorise à mettre des petits folies et qu’est-ce qu’on me retrouve où ? Claire l’éclair, Claire Petro sur LinkedIn et les pépites vertes sur Instagram.

Armand Cosseron | 73:13.117

Trop bien, trop cool. Merci beaucoup.

Claire Pétreault | 73:15.344

Merci pour l’invitation. Merci.

Armand Cosseron | 73:20.422

Merci beaucoup pour avoir écouté cet épisode. Nous l’avons conçu avec passion pour que tu puisses vivre de la tienne. Merci à nos formidables invités. à Louane pour m’avoir accompagné dans sa conception et à Alice pour le montage sonore.

Louanne de la Motte | 73:33.441

J’espère que l’épisode te permettra de porter ton engagement encore plus loin. Et tu peux déjà t’engager en likant, commentant ou tout simplement en nous disant ce que cet épisode t’inspire. Tu connais forcément des gens qui ont besoin de l’écouter. Partage-leur cet épisode, ça te prendra un instant et ça leur fera plaisir.

Armand Cosseron | 73:50.070

Et poursuivons la conversation. Rejoins-nous sur LinkedIn, Instagram et TikTok. L’engagement se construit ensemble et nous avons… plein de victoires collectives à aller chercher. A très bientôt avec Tu feras quoi plus tard.

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