💬 « L’engagement, c’est la colonne vertébrale de ma vie pro et perso depuis toujours. »
Dans cet épisode, nous explorons l’engagement à l’échelle locale comme levier pour réinventer la démocratie, à l’approche des présidentielles et législatives de 2027. Caroline Span (Welcome Account & A Voté) et Théo Caviezel (Fédération Française des Trucs qui Marchent et maire de Langres) parlent d’engagement citoyen local : par les communes, les associations, les citoyens.
À travers son parcours d’éducateur sportif puis fondateur de l’association Melting Pot à Marseille, Alexandre Pastor partage comment il a transformé sa passion pour le foot en un engagement citoyen. Il forme les jeunes et leurs parents pour les rendre actifs dans la démocratie. Son combat ? Réduire l’abstention et renforcer la confiance envers les institutions.
Tu découvriras dans l’épisode :
🔹 Comment l’engagement local (associatif ou politique) peut redonner du lien, de la joie et du pouvoir concret aux citoyens
🔹 Pourquoi aller à la rencontre du terrain, créer des comités ouverts et valoriser les petites initiatives est bien plus efficace
🔹 Et comment les jeunes, les banlieues et les territoires ruraux portent déjà des dynamiques inspirantes pour réinventer une démocratie vivante et inclusive
S’engager, c’est la nouvelle saison de Tu feras quoi plus tard ? ! Chaque épisode, c’est :
- 1 table ronde d’experts pour saisir les enjeux
- 1 témoignage inspirant pour découvrir comment agir
Script de l’épisode 6 : S’engager localement
Témoignage d’Alexandre Pastor, fondateur de Melting POT
Table ronde avec Caroline Span (Welcome Account et A voté) et Théo Caviezel (Fédération Française des Trucs qui Marchent et Maire de Langres)
Armand Cosseron | 00:03.380
Hello, c’est Armand et tu écoutes « Tu feras quoi plus tard ? »
Louanne de la Motte | 00:07.322
Et moi, c’est Louanne, bienvenue ! Dans cette saison, nous explorons la notion d’engagement. Nous voulons permettre aux dirigeants d’entreprises et à toutes les personnes qui exercent des responsabilités de porter les engagements qui leur tiennent à cœur au service de la société et de la planète. Ensemble, partons à la rencontre de ces personnes inspirantes. Viens les découvrir et les écouter avec nous.
Armand Cosseron | 00:32.683
Dans ce sixième épisode, nous nous retrouvons pour parler d’engagement local. A l’aube d’une année 2026 cruciale par ses élections municipales, et après deux années de marasme suite à la dissolution de l’Assemblée Nationale, je m’interroge beaucoup sur l’échelle de l’engagement démocratique. Pour cela, Louane et moi recevons deux experts. Caroline Span est une véritable serial entrepreneure engagée. Avec Welcome Account, elle encourage l’inclusion financière des nouveaux arrivants qui viennent travailler en Europe. Et avec l’ONG A Voté, elle promeut la démocratie et la participation électorale. A ses côtés, nous allons retrouver Théo Caviezel, qui est chargé de mission pour la Fédération Française des Trucs qui Marchent. Cette association met en lumière les initiatives portées par des élus locaux et qui ont fait leur preuve sur le territoire. L’idée derrière tout ça, inspirer d’autres élus pour les dupliquer partout en France. Les initiatives, pas les élus. Théo est aussi engagé dans l’associatif Haut-Marnais où il a initié le Tour du Monde de la Haute-Marne, une aventure de 1200 km à vélo à travers son département natal.
Louanne de la Motte | 01:38.102
Et avant de les rencontrer, je vous propose d’écouter Alexandre Pastor. Il est fondateur de Melting Pot, une association marseillaise qui permet aux jeunes de devenir des citoyens éclairés et engagés. Son ambition est de développer l’esprit critique et la culture démocratique des citoyens d’aujourd’hui et de demain.
Armand Cosseron | 01:55.177
Allez, c’est parti ! Excellente écoute avec Tu feras quoi plus tard ?
Alexandre Pastor | 02:05.696
Bonjour, c’est Alexandre, le fondateur de Melting POT. Je suis passionné par le football au départ, donc je suis éducateur sportif, j’ai fait mes études en tant qu’éducateur sportif. Puis le foot et le sport m’ont amené vers le social, en passant diplôme d’état supérieur pour être directeur d’établissement social. Donc j’ai été directeur d’établissement social pendant 4 ans. Et pendant ces expériences-là, toutes ces expériences mélangées, ont fait que j’ai créé Melting POT, dont je suis le fondateur depuis septembre 2022.
Si je peux résumer rapidement, l’engagement, c’est un peu la colonne vertébrale de ma vie pro et perso au quotidien depuis toujours. En fait, je me suis rendu compte en étant éducateur sportif qu’il y avait un enjeu sociétal fort auprès des jeunes que j’accompagnais. Parce qu’au-delà du foot, je sentais que je participais au triangle éducatif qui est fait des parents, des profs et du temps expérientiel, du temps où… Les jeunes ou les enfants font des activités extrascolaires et je sentais que je participais à l’évolution des petits. Et je me suis dit, bon, mais ce n’est pas anodin ça. Après, je trouvais que me restreindre qu’au foot, je me suis senti un peu à l’étroit à un moment donné. Et j’avais envie d’aller voir autre chose. Déjà, j’ai commencé par découvrir d’autres sports et donc d’aller prendre des techniques pédagogiques et méthodes pédagogiques dans d’autres sports que j’ai pu mettre dans mes entraînements. Et après, en passant mon diplôme, donc mon BPJEPS, mon brevet d’état d’éducateur sportif, je me suis rendu compte qu’en fait, on pouvait être autant passionné que moi dans le foot, que d’autres dans le théâtre, dans, je ne sais pas moi, des passions culturelles. Et que, en fait, ça avait le même impact qu’auprès de moi. Je me suis dit, en fait, il y a plein de leviers pour pouvoir favoriser l’éducation et l’élévation des jeunes. et c’est là où j’ai pris conscience que… prendre de manière, de façon holistique quelqu’un, C’est la meilleure des choses, et pas juste le prendre sur ses capacités physiques, sportives. Donc c’est comme ça que je suis allé vers le social, et c’est aussi par opportunité dans laquelle, l’association dans laquelle je travaillais, où rapidement je faisais beaucoup d’activités sportives, beaucoup d’études responsables de programmes sportifs, mais au fur et à mesure en fait le sportif, je le prenais comme juste un média, un vecteur.
Et donc, ben… De plus en plus, je me concentrais sur l’objectif, la fidélité, l’impact que j’allais avoir auprès des bénéficiaires, et non plus sur l’activité en elle-même. Alors qu’au départ, c’était l’activité qui me passionnait ou qui structurait mon engagement. Au fur et à mesure, aujourd’hui, c’est ça. En fait, je m’en fous de comment on arrive à mobiliser ou à faire prendre conscience à la société des différents enjeux. Je veux qu’ils en prennent conscience. J’ai commencé par les tout-petits. J’ai entraîné des petits, même au centre aéré, des petits de 4-5 ans, jusqu’au senior. Dans le foot, senior, on appelle à partir de 35 ans. Ça ne paraît que dans la société. J’ai entraîné des équipes féminines de foot aussi, senior. J’ai entraîné des mamans, j’ai entraîné des personnes qui étaient toutes plus âgées que moi, pour la plupart. J’ai un peu touché à tout, entre guillemets, en termes de public. et c’est vrai que… L’aspect adolescence, l’aspect 14-18 ans, c’est là où j’avais un peu une zone de confort. En fait, là, j’aime bien. Je me sens bien parce qu’il y a une réflexion sur qui ils sont, sur ce qu’ils veulent faire. Ils commencent à prendre conscience de leur corps, de leur position aussi dans la société, toutes ces choses-là. Ils commencent à se positionner sur l’insertion pro. Et donc, j’aime bien ce public-là. Et donc, c’est pour ça qu’après Melting POT, on a été… Au-delà de mon expertise sur ce public-là, pour moi, l’enjeu qu’on porte avec Melting POT, il doit être fait dès le collège, lycée, parce que c’est là où, pour moi, tout se joue dans la culture démocratique à la fin.
La rencontre [qui a changé ma vie], je l’ai faite dès que je suis né, parce que je pense que c’est mon grand-père. Le vouloir, parce que je l’ai conscientisé très tard. C’est mon grand-père qui, je pense, a façonné mon engagement. et ma manière d’appréhender le monde. Ma mère me le disait un peu, que je lui ressemblais, mais je ne pensais pas autant. Et en fait, moi j’ai l’impression de l’avoir rencontré au moment où il est décédé. Donc il est décédé, j’avais 17 ans. Et c’est après ça que je me suis rendu compte de la multitude de points communs que j’avais avec lui, en rencontrant aussi des anciens amis à lui, en discutant avec mes oncles. Je me suis rendu compte qu’en fait, il a donné sa vie pour les autres. il était syndicaliste c’était le patriarche de la famille il était président de l’association de locataires du quartier donc en fait c’était un point d’ancrage pour plein de personnes une personne de ressources et je me rends compte que j’ai façonné ma vie, mes valeurs mes principes de vie beaucoup sur l’éducation que j’ai reçue de ma mère et donc de son père aussi, de mon grand-père maternel et je pense que Merci. La rencontre la plus forte que j’ai faite, c’est au moment du décès de mon grand-père. C’est parce que là, je pense que j’ai rencontré mon grand-père quand il est parti. Et c’est là où je pense qu’il y a un avant et un après Alexandre. Quand j’ai eu 17 ans, il y a quelque chose qui a shifté dans ma vision de la société, dans la vision de moi-même aussi. On voit la société comme on est. Il y a cet aspect-là. Après, j’ai rencontré plein de gens professionnels, hyper inspirants, mais profondément qui m’ont permis, et encore aujourd’hui, de… d’avancer, de garder le cap et tout, je pense que c’est lui. Alors je ne le fais pas comme lui, parce qu’il travaillait dans les usines. Donc c’était quand la France était un peu plus industrialisée. Il a migré d’Egypte, donc il est venu en France, il s’est inséré, il s’est intégré. J’ai une vie qui est beaucoup plus simple que lui. Mais il y a toujours cette sensation de… En fait, quand j’ai conscientisé le fait d’habiter là où j’habitais, le fait de venir de là où je venais, de conscientiser aussi les différentes personnes qu’il y avait dans ma famille. Ça m’a permis de conscientiser ma position de la société. Et c’est là où je me suis dit, OK, en fait, on n’a pas tous les mêmes chances. On ne part pas tous sur le même pied d’égalité. Moi, je m’appelle Alexandre. C’est peut-être un peu plus simple que celui qui est dans ma classe, qui ne s’appelle pas comme moi, qui a une consonance qui est moins bien acceptée que les autres. La couleur de peau aussi, ça y joue. Moi, souvent, je m’appelle Alexandre Pastor. Quand je dis que je viens d’Égypte, je me dis, qu’est-ce qu’il raconte ? Ça ne se voit pas. physiquement. On ne se dit pas… Voilà. Mais pareil, et de mon côté, de mon père, c’est l’Arménie et l’Espagne. Donc, je suis un peu un melting pot de tout ça. Le melting pot, c’est aussi un peu le symbole de, je pense, un peu ma vie, mon engagement. Il y a beaucoup de choses qui transpirent dans l’association que j’ai le bonheur de diriger aujourd’hui. C’est des choses où je suis encore en train d’y travailler, d’y réfléchir sur quelle inspiration sur… fait aujourd’hui mon grand-père dans ce que je fais aujourd’hui. Melting POT, c’est une association qui permet aux jeunes de devenir des citoyens éclairés et engagés. C’est la mission de l’association, parce qu’on a une vision de la société, on a envie de façonner un avenir démocratique où chacun et chacune a les capacités et les compétences de pouvoir s’y engager, s’y intégrer et de prendre sa place dans la société.
On est parti du constat en 2022 de l’abstention qui ne faisait que grandir, du manque de confiance aussi que les jeunes pouvaient avoir auprès des institutions. Pour moi, il y avait deux causes à ce manque d’engagement électoral, parce que ça ne veut pas dire que les jeunes ne sont pas engagés, loin de là. Mais au niveau des urnes, ça se matérialisait par ce chiffre-là de 41% d’abstention présidentielle 2022. Il y a la défiance qu’on peut avoir auprès des élus et aussi des institutions à travers eux. Et pour moi, surtout, c’est la méconnaissance qu’on peut avoir aussi de ces institutions. Et donc, moi, acteur de l’éducation populaire depuis… un peu plus de dix ans maintenant, je me suis dit comment je peux faire pour que ça s’améliore. Et j’ai créé avec très rapidement un de mes meilleurs potes, Yannis Jelami, qui m’a très vite rejoint. On a créé trois pôles d’action pour pouvoir agir de façon, ce que je disais, holistique auprès des jeunes. Donc, c’est trois pôles d’action qui sont informés, initiés et accompagnés. Informés, c’est la création de contenu sur les réseaux. On va vulgariser de l’actualité et des concepts politiques. où on va faire des parallèles avec la pop culture, avec du sport, on va faire des jeux, on va rendre attractif la politique. Le deuxième, donc, initié, ça c’est le cœur de notre travail, on a créé un programme qui s’appelle le programme POT, où à l’intérieur on a des ateliers où on va aborder des notions de débat, on va faire des simulations démocratiques, élections ou parlementaires, on va organiser des rencontres avec des élus, avec des experts de thématiques en tout genre. Ça peut aller de la géopolitique à l’égalité femmes-hommes, à la santé. Et on va aussi faire des ateliers d’analyse de l’actualité. On va un peu décrypter et surtout accueillir l’opinion et la parole des jeunes. Parce que ce qui me tient à cœur et ce qui est important, c’est de créer des espaces temps où on peut débattre de ces sujets-là. C’est de plus en plus rare d’avoir des espaces où on peut donner la parole aux gens sans les juger. Et donc pour nous, c’est hyper important. Et donc le dernier aspect qui est accompagné, le dernier pôle d’action, c’est… À l’issue des programmes, on a des jeunes qui ont voulu aller plus loin. En fait, on n’avait pas d’espace pour pouvoir les accueillir. Donc, on a créé un club, le Club by Melting POT, où les deux objectifs qu’on a avec eux, c’est de faire en sorte de faire émerger les nouvelles voix dans le débat public et de favoriser leur insertion pro en donnant accès à notre écosystème qui ont une expertise dans différents sujets et aussi en organisant des rencontres respirantes. Et pour le débat public, on fait en sorte de les accompagner auprès des médias, au fil de sorte que tu dis de la permettre de participer à des réunions publiques, des forums, juste déjà d’avoir l’information, et après de les accompagner aussi, de comment je prends la parole, comment j’organise un argumentaire, voilà. Quand je parle de bénévolat, des fois on ne comprend pas l’intérêt, on se dit, attends, moi j’ai besoin de manger, il faut que je travaille, il faut que je me paye pour faire ce que j’ai à faire. Et ce que je dis souvent, c’est que moi c’est le bénévolat qui m’a donné mes compétences, qui a rempli mon CV, et qui m’ont permis de rentrer dans le système du travail. Et donc en fait, j’ai donné de mon temps, parce que pour moi, la plus grande richesse de l’humanité, c’est le temps. Et donc, j’ai donné de mon temps aux autres. J’ai donné de mon temps dans des associations, dans des structures différentes. Et en fait, j’ai reçu des compétences. J’ai reçu des émotions. J’ai reçu des amitiés. J’ai reçu des tas de choses qui, aujourd’hui, m’ont construit et m’ont permis de faire ce que je fais aujourd’hui. C’est pour ça que je dis que donner, c’est recevoir. Parce que quand on donne, que ce soit matériel ou immatériel, d’une manière ou d’une autre, on reçoit quelque chose. Et si on conçoit le bénévolat de cette manière-là, je pense que ça faciliterait l’engagement de certaines personnes.
Après, ça n’enlève pas qu’aujourd’hui, je trouve que le bénévolat est quand même une sorte d’opportunité, mais aussi, on va dire, de chance de pouvoir s’engager. Parce que pour être bénévole, il faut avoir du temps et le temps, c’est précieux dans le sens où il faut manger, il faut pouvoir finir ses études. Il faut pouvoir se loger, il faut pouvoir peut-être s’émanciper de chez soi. Et donc en fait, c’est un luxe. C’est un luxe aujourd’hui d’être bénévole en France. Donc, ce n’est pas donné à tout le monde. Et c’est là où nous, dans Melching Pot, comment on fait en sorte d’avoir des missions de service civique. Au moins, il y a une contrepartie financière et aussi, c’est une ligne sur le CV d’avoir fait une mission de volontariat. Et la deuxième, c’est qu’on fait du bénévolat un peu à la carte. C’est-à-dire que les jeunes peuvent s’engager en fonction de ce qu’ils peuvent faire. Donc il n’y a pas d’obligation, bien que quand on se donne rendez-vous, tu dois être à l’heure et tu respectes le rendez-vous qu’on s’est donné. Mais il n’y a pas d’obligation de venir à telle heure, tant, tant, tant, tel moment. Il faut que tu me donnes 10 heures par mois. Si tu ne me donnes pas les 10 heures, tu sors du club. Non, c’est à la discrétion de chacun et c’est assez personnalisé. Et je pense que, bien que c’est difficile pour les structures associatives, mais de personnaliser et de faire en sorte d’être proche des personnes qui vont s’engager pour ta cause, je pense que c’est là où le bénévolat doit aller. Tu pues toujours. J’ai toujours cette course vers le savoir. C’est-à-dire, si je sais… mais je vais pouvoir faire. Et donc, toujours regarder toutes les séries, lire tous les livres, être au courant de tout ce qui se passe. Et j’avais ce truc-là de, il faut que je sache, il faut que je sache. Je voyais des gens qui étaient plus vieux que moi. Je me disais, mais comment il peut être aussi sûr de ce qu’il avance, de ce qu’il sait, de ce qu’il fait. Et donc, en fait, quand j’ai eu accès à une certaine partie d’un savoir, je me suis rendu compte de l’ouverture que ça m’a donné sur le monde et de l’ouverture aussi des opportunités professionnelles et personnelles que ça m’a ouvert. Et donc, à travers une chaîne POTS, c’est…
C’est un peu ça que j’ai envie de transmettre. Prends le temps de connaître les autres. Prends le temps de mieux comprendre l’environnement dans lequel tu vis, à travers des institutions, par exemple. Tu veux que le maire soit plus engagé sur telle question ? Est-ce que tu sais vraiment c’est quoi le rôle du maire avant de lui demander d’aller faire telle chose ? Ou alors, tu veux qu’on passe à une sixième république ? Est-ce que tu sais ce que c’est la cinquième république ? Est-ce que tu connais la constitution qu’on a actuellement ? Moi, c’est ça qui m’importe. Venez, on… revient un peu sur un socle commun, sur la définition des choses. Et moi, c’est ça qui m’importe. En fait, il y a des moments où, quand j’étais plus jeune et encore aujourd’hui, je peux être impertinent dans le sens où je vais venir dire, attends, mais pourquoi on n’a pas fait ça il y a 20 ans ? Et en fait, oui, ça a été fait. Il y a des trucs qui sont arrêtés, qui sont repris. Et moi, j’arrive à 20 ans, je dis, moi, je vais tout changer. Ouais, d’accord, ok. Bon, on est en 2025. Je pense qu’il y a pas mal de gens qui ont déjà réfléchis et pensé plein de choses. Je pense que prends le temps de connaître et de voir un peu ce qui s’est passé, le panorama de ce qui s’est passé avant pour pouvoir t’en inspirer et après te l’approprier et le mettre en place là où tu es, dans tes études, dans ton travail, au quotidien, je ne sais rien, mais où tu veux quoi. Mais prends le temps de connaître ce qui se passe. Et donc, Melting POT va dans ce sens-là. Prends le temps d’échanger, de débattre, d’écouter les autres parce que tu vas peut-être plus en apprendre que juste écouter parler. C’est un peu contradictoire où dans un podcast, il n’y a que moi qui parle de dire écouter les autres. Mais voilà. Mais voilà. J’aime partager et en même temps, j’adore aussi écouter ceux qui partagent aussi leur histoire et qui le partagent de manière aussi humble dans le sens où je te donne l’information et c’est à toi d’en faire ce que tu veux. Et à aucun moment, je suis infantilisant ou moralisateur.
C’est l’une aussi des prérogatives qu’on a dans l’asso’, dans la manière d’appréhender les sujets et l’animation. C’est qu’on n’a aucune position de sachant. jamais on est sachant dans nos ateliers, on se positionne, toi, jeune, dans n’importe quelle situation dans laquelle on intervient, tu es capable de me nourrir aussi, moi en tant qu’adulte et en tant qu’animateur. Et l’idée, c’est qu’on te met dans la position où tu es en capacité de le faire et de te sentir légitime de le faire et crédible aux yeux des autres. C’est un peu le mélange de tout ça qui fait qu’aujourd’hui, j’arrive à trouver un certain équilibre. Il est toujours à bancal, c’est toujours comme ça, on se construit. Mais je suis un peu plus en accord et en équilibre dans mes baskets qu’il y a peut-être dix ans. Melting POT, c’est parti de « POT », qui veut dire politique ouverte à tous. Moi, mon premier objectif, c’était qu’il y ait politique dans le nom de mon association. Parce que pour moi, il faut se ressaisir de certains symboles et certains mots. Donc moi, je voulais qu’il y ait politique et je veux qu’il y ait du bleu, blanc, rouge dans le logo. Parce que pour moi, il y a des symboles qu’il faut se ressaisir, des symboles républicains et des symboles qui font société. qui pour moi, il faut qu’on s’en ressaisisse et que ça soit, il appartient à tout le monde, il est collectif. Et donc voilà, il fallait politique dans le nom. Et donc pot, je trouvais que le nom sautait bien. Et là, j’ai dit, ok, l’expression melting pot est plutôt cool. Et en fait, en réflexion après, j’ai dit melting pot, ok, ça sonne bien. Et en fait, de suite, j’ai été très vite convaincu en discutant avec mes proches. Ça traduisait aussi ce que j’étais tout simplement, c’est-à-dire… Un mélange, une mixité, une diversité. Je suis le fruit de rencontres méditerranéennes. Et moi, je me conçois aussi comme ça. C’est-à-dire que je suis attaché à ma famille, à mes origines. Mais je me sens profondément français, marseillais aussi. Voilà, quand même. Et je trouve qu’on peut, et même on se doit, d’être en capacité de vivre dans sa pluralité, dans sa complexité. Et je trouvais que MailChimp Bot, résumer bien ce que je pouvais ressentir et ce que je pouvais vivre au quotidien. Voilà, et donc ça posait les bases de ce qu’on allait faire, en fait. Et le non, pour moi, aujourd’hui, quand je vous explique ce qui se passe dans l’assaut, c’est naturel. Il n’y a pas un truc où je me dis, attends, mais… Il faudra changer le nom à un moment donné. Non, aujourd’hui on est totalement alignés sur ces aspects-là.
Pour moi, une initiative qui marche et qui est cool, en fait c’est toutes les personnes et tous les projets qui sont alignés. C’est-à-dire que la personne qui porte le sujet est alignée avec le sujet qu’il porte. Je vais te donner plusieurs parce que j’ai eu trop de mal avec cette question de dire une seule initiative. Par exemple, Féris Barkat avec Banlieues Climat, c’est un alignement des planètes dans la manière d’aborder l’écologie, de pouvoir se saisir d’un sujet qui est populaire mais qui a été dépopularisé. De ce mood, de se ressaisir de ces sujets-là, on a Dylan Ayissi avec Une Voie pour Tous, ou pareil, remettre au cœur de la société le lycée professionnel qui est un peu le carrefour des inégalités de notre société. et il est dans le lycée professionnel. Toutes les inégalités françaises sont dans le lycée professionnel et comment ces lycées pros peuvent être et doivent être la richesse de notre pays. Et donc, il arrive malheureusement bien à le mettre en valeur. Il y a Anaïs Abchar qui a développé Want to Help, qui s’est transformé en l’Institut de la Citoyenneté, où elle a développé la fresque de l’engagement, où elle permet autant à des entreprises que des jeunes à travers les ODD, de voir comment je peux agir concrètement pour améliorer mon territoire, mon entreprise, mon association.
Au-delà des initiatives, pour moi, c’est un changement de paradigme, un changement de vision sur l’autre et sur comment on voit la société, c’est-à-dire dé-siloter un peu les générations et les métiers pour se rendre compte de ce qui se passe ailleurs. Souvent, je rencontre des acteurs économiques, des entrepreneurs. des chefs d’entreprise qui, tu leur dis, je travaille dans l’associatif, ils pensent, mais tu es bénévole, tu fais quoi à côté ? Tu me dis, non, c’est mon métier. Ah, tu vis de ça ? Ben oui, c’est mon métier, ok. Et donc en fait, qui ne connaissent pas le système associatif, qui ne se rendent pas compte qu’une association peut être un acteur économique fort pour un territoire, qui peut être une vraie alternative aussi à certaines entreprises, ou alors il y a des statuts qui font qu’on est entre mi-associatif, mi-entreprise. les entreprises de l’ESS, les IAE, ces choses-là. Donc voilà, toutes ces initiatives, en fait, il existe plein aujourd’hui de structures, mais aussi étatiques, qui poussent des choses. Par exemple, les cités éducatives, par exemple. Je trouve ça génial, c’est-à-dire que ça crée un lien, proximité est beaucoup plus fort entre les associations, les acteurs du territoire et l’acteur, qui pour moi est l’acteur principal d’un quartier ou d’un territoire, l’école, le collège, le lycée. qui est souvent un peu replié sur lui-même, et à travers le dispositif de cité éducative, qui est un dispositif étatique, qui permet d’ouvrir, d’aller financer telle ou telle association pour pouvoir intervenir dans des établissements, ou alors continuer l’accompagnement scolaire pendant les horaires périscolaires ou extrascolaires. Et en plus, le chef de file des cités éducatives, c’est l’établissement scolaire. Donc voilà, on remet qui doit être au centre, c’est l’école, et en fait, qui peut porter ? aussi un accompagnement et qui participe à l’éducation, c’est les associations. Ça peut être aussi les entreprises à travers les formations. Je trouve que moi, c’est très bien pensé. Après, il faut les moyens de ces ambitions aussi. Il ne faut pas non plus réduire les budgets de ces cités éducatives. Ces choses-là, comme les dispositifs d’adultes relais qui font leur preuve dans les quartiers prioritaires de la ville, dans la politique de la ville, c’est des choses qui marchent. En fait, juste arrêtons de réinventer. l’eau tiède, ça marche. On sait que ça marche. Il y a de l’impact. Il y a des vrais résultats. On voit que les jeunes ne vivent pas de la même manière en fonction de ce qu’ils vivent. Ça marche. Et voilà, donc j’ai fait un peu un panel associatif et de programmes aussi un peu étatiques. Il y en aurait d’autres, mais le lien avec tout ça, c’est une capacité de remettre en question ce qu’on fait et d’avoir toujours… Je mets toujours en doute ce que je fais. Dans le sens où je me dis, ok, ça a marché il y a 15 jours, ça a marché il y a un an. Est-ce qu’aujourd’hui, je suis toujours contemporain de mon temps ? Et est-ce que ça va toujours marcher ? Et donc, peut-être qu’il faut mettre des mises à jour sur certains dispositifs. Il faut mettre des mises à jour sur certaines méthodes pédagogiques. Et si on a un socle de valeurs et de principes forts, ça ne bouge pas et ça marche. Et s’il y a une adhésion encore collégiale, ça marche encore mieux. Et les sites éducatifs, c’est un rassemblement de plein d’institutions. Il y a la métropole, il y a la ville qui finance le ciel intérieur. Donc quand on voit que les collectivités territoriales et l’État se mettent ensemble, souvent ça fait des belles choses et ça marche. Moi je pense qu’il y a quelque chose de personnel dans l’engagement. Je pense que je connais, je dis très peu pour ne pas dire personne, qui s’engage sans qu’il ait de conviction ou d’expérience personnelle dans une question. Donc je pense qu’il y a une histoire de vie et d’expérience qui fait qu’on va s’engager sur une cause, qui peut être une cause qui peut être très proche de soi ou qui peut être éloignée, mais qui nous a touchés à un moment donné dans notre vie. Et après, ça peut être aussi l’ambition d’être en mouvement, l’ambition de vouloir faire évoluer les choses. s’asseoir dans une hauteur mondiale, nationale, européenne, très locale. Ce qui est commun à toute personne qui s’engage, c’est l’aspect expérience personnelle et l’envie de faire bouger les choses.
Qu’est-ce que je dirais à un dirigeant d’entreprise qui souhaite s’engager ? Déjà, en fait, d’aller à la rencontre. La première des choses, c’est ça, c’est aller voir ce qui se passe, aller sur le terrain, aller rencontrer des associations, aller rencontrer des bénéficiaires. Prenez le temps de découvrir cette partie de la société que peut-être que vous rencontrez moins au quotidien par votre métier, par votre rythme de vie. Allez confronter votre vision, allez confronter votre manière de vivre à d’autres. Allez confronter votre génération à une autre génération. Parce que l’éducation qu’on a reçue dans les années 2000, dans les années 90, dans les années 80, dans les années 2010, 2020, elle est différente. Les générations sont de plus en plus… rapprochés maintenant. Avant, une génération, c’était 25 ans, je crois. Là, je ne vais pas le cacher, moi, je me sens des fois plus proche de mes parents que des enfants de 12 ans. J’ai que 10 ans, 15 ans de différence avec certains auprès de qui j’interviens. J’ai l’impression que je suis un vieux, mais plus qu’un vieux, c’est amusant. Mais ce que j’aime, c’est que je vais au-devant de eux et en fait, des fois, ils ont une impertinence, une manière de faire. Et pareil pour les anciens, où des fois, ils ont une impertinence ou une sagesse. Sur certains sujets, je me dis, ouais, c’est vrai Là, je suis d’accord, ça remet les idées en place sur ce qu’ils ont pu vivre avant, comment ils ont vécu les choses. Donc je pense que ce qui est important, c’est de réhumaniser les liens entre les gens. De ne pas juste dire, ah oui, mais j’ai vu sur les réseaux, ça a l’air cool ce qu’ils font. Ok, t’as vu une photo, une vidéo. En fait, vis le truc. Va vivre le truc. Même en étant spectateur, mais va vivre le truc. Va vivre le truc. On va passer un moment, on va partager une expérience. Et moi, j’aime parler d’espace-temps. Déplace ton espace-temps dans un autre lieu, un autre moment. Sors de ce que tu connais et remets en doute tes biais et ta manière de voir la société, parce qu’on est souvent convaincu par ce cercle qui peut être soit numérique, soit très physique aussi, de la bulle un peu de… mais… Je suis qu’avec des gens qui sont d’accord avec moi. Et tu vas te dire, en fait, je ne comprends pas pourquoi les autres, ils ne comprennent pas que j’ai la vérité. Ou en fait, ma vision, c’est la bonne. Mais en fait, parce que peut-être que toi, la manière dont tu as été éduqué, là où tu as vécu, là où tu as grandi, le métier que tu as fait, les études que tu as fait, les autres, ils ne le voient pas de cette manière-là. Donc, voilà, va confronter ta vision, tes idées, ton travail aussi. Parce que des fois, on ne comprend pas le travail des autres. et on se dit mais attends il y avait la question d’essentiel non essentiel pourquoi on dit qu’eux ils sont plus importants que les autres, pourquoi on dit que c’est la charpente de la société, ou c’est eux qui font que ça tient, et tout ça. Le cœur du sujet, c’est aller à la rencontre et prenez du temps pour les autres.
Merci de créer ce podcast, de créer cet espace-temps de partage et d’échange, parce que je pense qu’il y a des personnes qui vont m’écouter, qui ne m’auraient jamais écouté, ou que je n’aurais jamais pris le temps si je n’étais pas passé dans votre podcast. Donc merci, bravo pour ce que vous faites et ce que vous portez, parce qu’on est totalement alignés dans la vision des jeunesses et un peu de l’avenir qu’on veut pour notre beau pays et notre joli monde. Continuons, ayons l’espoir de voir que les jeunesses d’aujourd’hui sont là. C’est-à-dire que quand on dit souvent les jeunes, c’est l’avenir. Non, non, les jeunes, c’est le présent. Comptons avec eux aujourd’hui et arrêtons d’attendre qu’ils vieillissent pour faire avec eux. Faisons les choses avec les gens qui sont là aujourd’hui et maintenant. C’est comme ça que je pense qu’on va pouvoir faire accélérer les solutions et les bonnes idées pour la société d’aujourd’hui et de demain.
Louanne de la Motte | 28:57.294
Merci Alexandre pour ton témoignage. Maintenant, nous allons accueillir Caroline Span et Théo Caviezel pour connaître leur avis sur le fait de s’engager à l’échelle locale. Est-ce le levier pour réinventer la démocratie ?
Armand Cosseron | 29:08.031
Tu vas voir qu’on peut tous agir à notre échelle. Et dis-nous en commentaire, sur Instagram ou sur LinkedIn, les initiatives locales qui t’inspirent. Bonjour à tous, bienvenue dans ce nouvel épisode de la saison 3 de Tu feras quoi plus tard ? Aujourd’hui on va parler d’engagement principalement à l’échelle locale. Pour ça j’ai deux sujets… superbes intervenants qui vont pouvoir parler de leur parcours, mais aussi de leur Du point de vue de leurs initiatives, je vais vous laisser vous présenter en une phrase.
Caroline Span | 29:41.263
Bonjour Armand, moi je suis Caroline Span, je suis entrepreneur dans la tech et aussi activiste. Mes thèmes de prédilection, c’est l’inclusion, l’engagement citoyen et l’innovation sociale et numérique.
Armand Cosseron | 29:52.150
Super, merci et bienvenue.
Caroline Span | 29:54.040
Merci.
Théo Caviezel | 29:54.727
Et moi Théo Caviezel et je travaille à la Fédération Française des Trucs qui Marchent, qui est une association nationale portée sur l’engagement local, la démocratie locale et à côté je suis engagé en Haute-Marne. en politique locale aussi et dans l’associatif et la restauration du patrimoine.
Armand Cosseron | 30:12.060
Bienvenue aussi.
Théo Caviezel | 30:12.919
Merci.
Armand Cosseron | 30:13.580
J’ai déjà 10 000 questions sur toutes les incroyables choses que vous avez l’air de faire. Avant ça, j’aimerais en savoir un peu plus sur ce qui vous a amené là où vous êtes aujourd’hui. Notamment, c’est un premier engagement. En tout cas, cette envie, cette volonté de s’engager, d’où est-ce qu’elle vous vient ?
Théo Caviezel | 30:28.127
Je ne sais pas si Caroline me rejoindra là-dessus, mais je n’arrive pas trop à savoir d’où ça vient. est-ce que c’est quelque chose de… d’inné, de l’ordre du caractère. Je n’arrive pas trop à me dire à partir de quand j’ai voulu faire quelque chose pour l’autre. Alors on y trouve une satisfaction personnelle aussi, évidemment, mais je n’arrive pas à savoir ce moment de bascule. J’ai toujours été, en tout cas, dynamique, à essayer de créer des choses, mais que ce soit dès le plus jeune âge, à faire des cabanes dans les arbres, à aller jardiner avec le papy qui habitait à côté de chez moi. toujours dans le dialogue, dans cette transmission. Et derrière, je pense que quand on conscientise tout ça, c’est peut-être dans l’associatif qu’on trouve notre place, surtout en milieu rural, là où je vis, en Haute-Marne, qui est un des trois départements les moins peuplés de France, mais je trouve qu’il y a énormément de vie dans ces espaces de la vie humaine et de la vie aussi, tout ce qui nous entoure et qui nous permet de vivre. Donc je pense que c’est un cheminement qui n’est pas trop tangible, en fait.
Armand Cosseron | 31:34.834
Ok, donc toi t’es vraiment parti de l’activité ou des actions que t’as pu essayer de faire et t’as pu poursuivre dans le monde associatif. C’est vraiment dans cet univers-là que t’as pu continuer. Tu parlais quand tu t’es présenté au site de la Fédération française des trucs qui marchent. Donc toi t’es salarié dans une association, c’est ça ?
Théo Caviezel | 31:54.096
Oui, voilà, et l’associatif c’est tellement large que je pense que ça permet que tout le monde trouve sa place. il y a l’associatif bénévole il y a l’associatif salarié évidemment, et même en dehors des associations, on peut faire énormément de choses, aller toquer à la porte de son voisin pour voir s’il va bien, quand on a un jardin, lui déposer une salade au pied de sa maison pour qu’il ait une bonne salade le midi, tout ça c’est des choses où on aide son prochain, on ne va pas créer une association du voisin gentil qui vient aider son prochain, mais en tout cas je pense que c’est d’abord un état d’esprit dans lequel on est tous, et derrière on trouve sa place, même en créant des boîtes. L’entrepreneur n’est pas un gros mot, évidemment, et chacun trouve sa place à son échelle. Et après, il y a des meneurs, il y a des suiveurs, il y a des gens qui ont besoin de plusieurs activités pour s’épanouir, il y en a qui ont besoin d’être monotâches. Donc après, chacun trouve sa voie. Mais je pense qu’on a tous cette petite flamme qui fait qu’on a envie de s’engager à différentes échelles. On aimerait toujours aller plus loin, plus vite, mais la réalité nous ramène aussi à… les pieds sur terre, c’est ça qui est bien notamment dans l’associatif.
Armand Cosseron | 33:02.922
On va parler justement de ce côté création d’entreprise, c’est intéressant dans ce que tu dis là, déjà ça fait écho à un autre épisode, l’épisode de rester soi-même en s’engageant, on a déjà diffusé au Charite, les éditeurs et les auditeurs allaient écouter s’ils veulent creuser ce sujet-là, mais ce que je retiens aussi dans ce que tu dis là, c’est ce côté où il n’y a pas besoin d’être attaché à la structure ou à une organisation pour s’engager. Ça peut être en tant que citoyen, en tant que voisin, en tant que parent, famille, proche. Je vais m’engager auprès de quelqu’un d’autre sans forcément le faire d’une manière très cadrée ou très institutionnalisée. Et toi Caroline, tu veux justement nous parler un peu de ton parcours et de comment est né ton engagement ?
Caroline Span | 33:43.655
Oui, avec plaisir. Moi, je pense que ça vient de ma socialisation familiale, des parents quand même très engagés, notamment mon père qui avait été investi dans un parti. politique, secrétaire de section, créer des mutuelles. Donc aussi avec cette vision de structure, certes c’est une entreprise, mais aussi de redistribution des bénéfices. Donc j’ai grandi un peu dans ce secteur aussi de l’ESS. Et donc ça forcément, ça structure une pensée et ça montre aussi qu’un engagement est possible en plus de la vie familiale et professionnelle. donc j’ai vraiment évolué là-dedans et il y a pour moi un événement qui a fait un peu la bascule c’est en 2005 le référendum sur la constitution européenne en fait je venais juste d’avoir 18 ans donc j’avais fait les démarches pour pouvoir voter parce que c’était quelques jours après mon anniversaire il n’y avait pas l’inscription automatique sur les listes électorales à l’époque et j’étais dans un petit village très pro-européen donc j’étais allée faire le dépouillement, je vois que le oui l’emporte haut la main, peut-être à 80-90%. Je rentre chez moi en étant sûre que ça allait passer, et puis là, je vois que le non passe. Pour moi, ça avait été vraiment un peu un de mes premiers chocs politiques, en tout cas que je vivais très concrètement pour la première fois, parce qu’évidemment, j’avais suivi tout ce qui s’était passé en 2002 aussi. Mais là, je me sentais investie, puisque j’avais voté pour la première fois. Et je me disais, mais comment en fait l’Europe, après je n’avais peut-être pas tous les enjeux du scrutin aussi en tête, mais comment l’Europe idéale de paix, idéale démocratique, pouvait générer autant de rejets ? Bon, parce qu’il y avait plein de choses au niveau économique, social, qui ne convenaient pas, et je pouvais complètement le… l’entendre, mais je me dis, mais là, il y a quelque chose qui a été loupé dans le lien avec les citoyens. Et donc, assez vite, l’Europe a été un de mes premiers engagements. Évidemment, je suis partie, quelques temps après, en Erasmus, ce qui a forgé évidemment mon attachement à l’Europe et au fait de, voilà, le mix des nationalités, des cultures, et de se dire qu’on peut être… 15 personnes de 15 nationalités différentes autour d’une table et quand même rigoler des mêmes choses. Et que ça, pour moi, c’est une des plus belles réussites de l’Europe. Mais comment ça crée aussi, ça peut changer la vie des gens au quotidien ? À la fois de l’expliquer, mais je pense que les gens le comprennent très bien. Mais comment faire en sorte que ça corresponde vraiment à leurs attentes ? Ça, c’est vraiment aujourd’hui toute la difficulté. On voit que je m’étais engagée après au sein du mouvement européen. Mais ils ont un peu perdu en influence, en pouvoir aussi d’action, parce qu’ils n’ont pas su aussi renouveler, je pense, une partie de leur discours. Et on ne peut pas seulement dire, à l’Europe c’est bien, c’est la paix et la démocratie. Il faut que ça s’incarne dans la réalité quotidienne des gens, sinon ça n’en fait qu’un objet très lointain et donc facilement critiquable aussi. Cette fameuse phrase qui dit qu’on européanise les échecs et on nationalise les succès politiques. Donc forcément, ça n’aide pas dans le discours aussi de quotidien sur ce que peut apporter aussi l’Europe en termes à la fois de protection, de la vie des concitoyens, je dirais.
Armand Cosseron | 37:29.901
Et justement, tu parles beaucoup de l’Europe, ta fibre démocratique aussi, en tout cas de ton parcours et ta découverte. couverte du bulletin de vote. Est-ce que tu veux nous parler un peu plus justement de l’initiative que tu portes « A Voté » ?
Caroline Span | 37:45.015
Bien sûr, avec grand plaisir. À Voté, c’est une ONG qu’on a lancée en 2021. Donc ça y est, on va fêter nos quatre ans. Et c’était avec vraiment cette perspective de permettre une plus forte participation aux élections nationales, en tout cas, pour l’instant. Et évidemment, locales. parce qu’il y a une abstention qui est de plus en plus forte. Évidemment, elle s’incarne du fait d’un désintérêt. Il y a effectivement beaucoup de personnes qui ne se reconnaissent pas dans l’offre politique. Et voilà, ça se comprend. Mais aussi parce qu’il y a d’autres freins. Il y a des freins administratifs et des freins informationnels à l’élection. Les personnes sont informées un peu des élections, commencent à s’y intéresser deux ou trois semaines avant. Sauf qu’à ce moment-là, on ne peut plus changer. son bureau de vote, puisque c’est six semaines avant. Donc déjà, c’est une loi qui a modifié ça récemment, donc c’est plutôt cool. Avant, c’était au 31 décembre de l’année avant les élections. Donc ça, il fallait quand même vraiment anticiper. Ça ne pouvait concerner que les gens déjà intéressés. Mais donc, ça, on veut vraiment faire en sorte que les personnes soient bien inscrites sur les listes électorales, parce qu’aujourd’hui, ça concerne… La malinscription ou la non-inscription, ça concerne 8 à 10 millions de personnes. Et donc, c’est la première raison de l’abstention. Et notamment pour tous les jeunes qui nous écoutent, souvent, ils se rendent compte qu’ils sont toujours inscrits dans les bureaux de vote du village ou de la ville dans laquelle ils ont grandi, là où vivent leurs parents. Mais c’est sûr que pour rentrer chez eux le week-end, ça peut coûter cher. Et forcément, c’est un choix qui va s’exercer. Et donc ça, c’est bien dommage, parce que derrière, ça empêche des personnes de s’exprimer. Donc nous, on mène des grandes campagnes d’information, on va dans des festivals, on fait des campagnes avec des aides de rencontre aussi. Vraiment, on va là où les gens sont. Évidemment, souvent, ils sont pas mal sur des aides de rencontre. Et le but, c’est d’informer de façon différente. Voilà, c’est pas que à l’État, au gouvernement, nous dire, voilà, il y a des élections. Tout le monde peut informer, des entreprises aussi. Je rêve du jour où toutes les boulangeries mettront des petites affiches pour dire tel et tel jour, il y a des élections dans la commune. Donc, mobilisez-vous, pensez à aller voter. Parce que vraiment, pour moi, la démocratie, elle s’incarne partout au quotidien.
Armand Cosseron | 40:20.908
Et on retrouve aussi, dans ce que tu dis, ce côté, chacun peut promouvoir la démocratie, chacun peut… prendre, enfin, je prends l’exemple du boulanger avec les petites affiches sur sa vitrine, chacun peut aussi prendre des initiatives à son échelle pour faire connaître justement les grands rendez-vous, les grands moments importants dans la vie de notre cité.
Caroline Span | 40:43.918
Oui, la démocratie, c’est vraiment l’affaire de tous et toutes. Donc, chacun peut s’en saisir de façon extrêmement simple.
Armand Cosseron | 40:52.080
Et toi Théo, justement, tu veux parler un peu de la manière dont toi tu t’es saisi du sujet, notamment à travers tes engagements associatifs ?
Théo Caviezel | 40:59.721
Déjà, je trouve l’initiative de Caroline exceptionnelle. Avant même qu’on se rencontre, je suivais ça sur les réseaux sociaux et justement, ils ont bien fait leur travail de ciblage parce qu’on est, en tout cas ma génération, très touchée. On voit les campagnes d’Avoté absolument partout et ça me paraît… Être essentiel, effectivement, ça rejoint ce que je porte à titre personnel, ce qu’on porte avec la FFT. En fait, la démocratie, c’est l’affaire de tous. Je considère qu’on a trop lié au sein du mot politique, la politique nationale et la politique locale, qui ne sont pas du tout les mêmes formes de politique. Et dans un cas, je comprends qu’on puisse se construire contre. Dans l’autre, je considère que si on n’est pas satisfait, je parle de la politique locale, si on n’en est pas là. Si on n’est pas satisfait de la politique locale proposée par les élus en place, on a vraiment toute l’opportunité de s’y investir nous. La place nous est plus que jamais ouverte. Ça rejoint le milieu associatif. On s’engage pour autrui parce qu’on peut faire changer les choses au niveau local. C’est totalement différent d’un échelon national où on perd peut-être parfois nos repères, la bonne échelle. L’échelon local, qu’il soit dans l’associatif ou la politique, je pense que c’est une très bonne porte d’entrée. Ça ne doit pas être dévalorisé non plus. Quelqu’un peut rester toute sa vie à l’échelon local et changer la vie d’un bassin de 10, 20, 30 000, 100 000 habitants et ne pas toujours rêver à plus ou promettre à la personne de passer d’un échelon local à un échelon national. On doit remettre aussi ces différentes échelles, je pense, à leur place et elles sont toutes complémentaires les unes des autres.
Armand Cosseron | 42:44.156
Supposons, j’écoute ce podcast, j’ai envie de m’engager à l’échelle de ma commune, de ma localité, autour de moi. Quelles peuvent être les premières actions à mettre en place ? Évoquer Boulanger ou les commerçants avec des affiches sur sa vitrine. Mais est-ce que vous voyez d’autres actions aussi qui peuvent venir nourrir une envie d’engagement local ?
Théo Caviezel | 43:06.795
Oui, c’est assez simple. En fait, c’est aller vers la mairie. c’est-à-dire… Où est-ce que je peux trouver ma place ? Comment je peux être utile ? Est-ce que je peux parler à mon ou ma mère, à mes élus ? Quelles sont les associations qui m’entourent ? Est-ce que je peux adhérer ? Est-ce que je peux aider ? Je participe à beaucoup d’assemblées générales, d’associations dans le pays de l’Angre, là où je vis à chaque fois. Dans la plupart des cas, c’est de moins en moins le cas, heureusement, mais je suis le plus jeune. Donc tout de suite, on vient vers moi pour… Tu ne voudrais pas gérer nos réseaux sociaux ? Tu ne voudrais pas faire… Merci. C’est une première approche et il y a juste besoin d’être présent. Même si tu es un peu timide au fond de la salle, les personnes qui sont dans le conseil d’administration de ces assos sont bien contentes de voir des personnes plus jeunes et qui vont venir t’attirer petit à petit. C’est exactement comme ça que j’ai pris la présidence de deux associations de secours du patrimoine où je suis arrivé à fleur au fusil en me disant j’ai du temps, je vais m’engager dans deux assos. J’avais fait un tour de mon département à vélo pour mieux le connaître et mieux me connaître. Je me suis dit que c’est deux assauts où il y a un vrai enjeu. Le patrimoine était en péril. Et puis j’ai toqué, ils m’ont fait rentrer. L’année d’après, ils ont voulu que je sois vice-président. Et deux ans après, il y a eu une passation de témoins avec des présidents historiques qui étaient là depuis plus de 20 ans. J’ai fait la démarche d’aller vers eux, mais derrière, eux m’ont fait confiance aussi. parce que des fois on reste la caution jeune trop d’années et donc on est frustré on est en bas et non non tu te feras ta place plus tard parce que moi j’arrive pas à décrocher ça fait 50 ans que je tiens la barque et à nous de je parle pour les jeunes il n’y a pas que des jeunes qui écouteront cet épisode mais en tout cas à nous de nous faire notre place et derrière aussi aux moins jeunes de la laisser avec des vraies responsabilités on retrouve ce côté transmission que tu évoquais tout à l’heure nous aussi de se dire on a un rôle à jouer Merci.
Armand Cosseron | 45:06.940
en faisant partie des plus jeunes, mais aussi avoir un moment peut-être cette sagesse ou cette capacité à se dire comment est-ce que je redonne la main à quelqu’un d’autre.
Théo Caviezel | 45:17.427
Parce qu’on ne s’engage pas pour soi, et c’est les travers même de la politique. On rentre dans quelque chose qui nous dépasse, mais on s’engage pour l’autre, mais on y trouve aussi une satisfaction personnelle, de reconnaissance, de pouvoir, et donc on peut y prendre goût. et s’enfermer finalement dans quelque chose qui n’est plus la raison d’être de notre engagement. Et donc, à nous de rester vigilants, nous-mêmes, sur notre propre engagement, mais aussi de toujours dire un élu d’une minorité. Dans un conseil municipal, il est précieux, pas juste là pour être dans l’opposition, mais justement pour être un peu ce garde-fou aussi, et qu’on ne rentre pas dans un schéma unique, dans une pensée unique. Donc je pense que c’est bien toujours de prendre du recul et d’avoir cette complémentarité de profil jeune, moins jeune, qui pense différemment. C’est le cas dans des associations et c’est le cas aussi dans ce qu’on construit au niveau politique.
Caroline Span | 46:16.964
C’est vrai qu’en France, on a la chance d’avoir beaucoup d’associations. Et ça, je trouve que c’est une vraie chance parce que ça permet justement un brassage intergénérationnel, un brassage social qui est extrêmement fort, je trouve. Et ça permet aussi d’assurer des missions que l’État ne peut pas assurer. Donc moi, je suis assez admirative de toutes les personnes qui s’engagent dans des associations ou d’autres formes d’engagement. Effectivement, on parlait de l’entrepreneuriat. entrepreneuriat est aussi une forme d’engagement quand il n’est pas tourné que vers la recherche évidemment de profits financiers. Sur l’association, et c’est intéressant ce que tu vois ton parcours Théo, parce que j’ai relevé quelque chose sur effectivement être peut-être un peu timide et être un peu au fond de la salle. La première fois qu’on contacte une asso ou qu’on va frapper un peu à une porte qu’elle soit… physique ou en ligne quand on envoie un mail, c’est tout le temps un peu un petit moment stressant parce que souvent, on va faire un peu la démarche tout seul, on ne connaît personne. Donc moi, je sais que mes premiers pas à chaque fois, il faut quand même une petite dose de courage. Et puis par moments aussi, et ça revient à ta première question, tu vois sur l’engagement, enfin les origines de l’engagement, il y a de temps en temps, on s’engage un peu sur des causes. Un peu le fruit du hasard, sincèrement. Là, tu vois, on essaye de rationaliser tout ça, mais tantôt, on peut avoir un copain ou une copine qui nous dit, tiens, il y a cet événement-là, viens. Bon, on y est, puis on rencontre deux, trois personnes, on boit un verre ensemble, et le lendemain, on est ensemble à la manif, et hop, d’un coup, il y a des choses qui s’enclenchent comme ça. Ça ne veut pas dire que c’était le thème qui nous portait grave, pour lequel ça fait grave du sens pour nous, mais… d’un coup, on trouve un peu un collectif, on rencontre des gens. C’est ça aussi le secteur associatif dans un moment où on parle beaucoup de solitude, beaucoup de solitude des jeunes. Évidemment, là, c’est un peu les cinq ans du Covid. Donc, il y a beaucoup de choses qui nous ramènent à cette époque. L’association, c’est du collectif, c’est avoir de nouveaux contacts, c’est de sortir de ces réseaux peut-être un peu traditionnels aussi. Et moi, c’est ça que j’aime bien, mais c’est sûr que c’est jamais simple. Moi, je me souviens vraiment des premières fois où j’ai frappé à la porte des jeunes européens, j’étais « oh, j’ai pas vu 60 ans, mais il y a des personnes et tout » . Mais à chaque fois, on est content de l’avoir fait.
Théo Caviezel | 49:01.470
C’est vraiment pas simple, pour le coup. C’est parce qu’il y a de l’humain, parce qu’il y a de l’administratif, parce que c’est cette structure associative. permet d’être très flexible, de faire beaucoup de choses. Mais derrière, il y a d’autant plus besoin de comprendre l’humain, de comprendre chacun, mais d’en faire un tout. Peut-être même plus que dans une société, il y a vraiment besoin de faire prendre cette mayonnaise, d’avoir un orchestre qui suive un ou plusieurs chefs d’orchestre selon la forme de l’association. C’est vraiment un mélange très, très subtil. Je le vois au quotidien et notamment dans la sauvegarde du patrimoine où il y a des enjeux. Sauver un bâtiment patrimonial, c’est parfois plusieurs millions d’euros qu’il faut aller chercher en étant bénévole, avec souvent des personnes qui ont donné pendant ces 40 dernières années mais qui arrivent en bout de course parce que le patrimoine commence à réintéresser fortement les jeunes. On le voit avec tout un tas d’associations notamment. Mais ce n’est pas un sujet où on a beaucoup de forces vives. jeune, entre guillemets. Donc c’est vrai qu’au quotidien, c’est bien plus difficile que mon activité professionnelle. La satisfaction de réussir derrière est d’autant plus galvanisante, en fait. Et c’est pour ça qu’on continue aussi. Mais c’est extrêmement difficile. Mais c’est pas pour décourager. Moi, j’ai fait le choix d’aller au Charbon, de prendre ces associations à bras-le-corps. Il y a des personnes qui sont derrière, beaucoup plus discrètes. qui suivent le mouvement, mais qui sont des chevilles ouvrières extrêmement précieuses aussi, mais qui ont peut-être moins de pression ou moins de poids sur les épaules que moi ou que le conseil d’administration, mais qui sont tout aussi précieuses. Donc il faut s’engager. mais effectivement tout en sachant que c’est beau mais c’est pas facile.
Caroline Span | 50:55.291
Je pense qu’il faut aussi à un moment donné, mais ça vient au fur et à mesure aussi je pense des années, il faut bien se connaître et savoir aussi à quel moment, enfin où placer un peu le curseur parce que notamment dans des engagements qui sont on va dire très activistes ou très politiques, voilà il y en a certains qui le disent, ils peuvent un peu se cramer aussi parce qu’en fait, à un moment donné, tu sais… plus la frontière entre ta vie intime, ta vie publique, l’engagement et comme c’est des milieux où la reconnaissance, elle va être plus sur peut-être un peu de visibilité ou effectivement un peu le pouvoir, mais c’est pas de la reconnaissance aussi financière. Sauf que quand on y consacre beaucoup de temps, à un moment donné ça peut se tendre aussi, on peut se dire ah bah ouais, mais là j’ai consacré tellement de temps, tu vois quel impact j’ai. Si ça ne fonctionne pas, si je prends deux jours pour me reposer, la structure va se casser la figure. On peut entendre ça, on va dire, un peu dans le milieu, je vais dire un peu de l’ESS, mais de façon un peu très élargie. Et donc là, il faut un peu aussi doser, parce que c’est souvent dû aussi à des financements qui sont assez faibles. Donc forcément, les structures tiennent du fait de l’engagement des gens. Mais à un moment donné, tout ne peut pas reposer que sur un engagement H24, 7 jours sur 7, ça c’est pas possible. Et donc, c’est comment tout ça peut s’équilibrer. Et c’est pour ça qu’il faut être vigilant. Et aujourd’hui, ce que j’apprécie beaucoup dans le secteur, c’est qu’il y en a qui parlent du soin aux militants. Voilà, la santé mentale, on l’a vu lors des dernières élections, il y avait une tension dans le pays. parce que beaucoup reposaient encore sur le système un peu associatif, donc beaucoup de gens mobilisaient contre l’extrême droite et tout ça, avec une urgence à agir, parce qu’il n’y avait que trois semaines, mais bon, ça pesait vraiment sur les organismes. Donc c’est bien d’avoir des espaces un peu de parole pour dire, ben voilà, là aussi je suis un peu fatiguée, il faut que je prenne quelques jours, et ce n’est pas parce que je prends ces quelques jours que le monde va s’effondrer. il y en a qui peuvent prendre de… le relais et tout ça. Donc, il y a cette prise de conscience dans le milieu de militants. Bon, là, plus on va dire un peu politique, mais je trouve que c’est bien. Voilà, parce qu’il y a beaucoup à faire. Donc, il faut compter sur les forces de tout le monde et longtemps. Donc, il faut que tout le monde fasse attention à soi.
Armand Cosseron | 53:38.478
Carrément. Et d’ailleurs, on a fait un épisode, justement, sur la santé mentale et l’engagement et des petites astuces sur comment… un peu le premier secours de santé mentale. Comment un peu identifier les signaux faibles et agir, que ce soit pour nous ou pour nos proches. Mais après, oui, il y a aussi parfois d’autres accompagnements ou carrément changements d’habitude. Donc, Théo, tu peux rebondir.
Théo Caviezel | 54:01.836
Et pour revenir sur ce que dit Caroline, on a, en tout cas à l’échelle de l’Haute-Marne, la chance d’avoir des réseaux associatifs des foyers ruraux de Haute-Marne et d’autres même France Active ou d’autres structures qui sont au-dessus de nous, même si elles ne vont pas venir toutes nous chercher, c’est à nous d’un coup de prendre du recul et de se dire « Ok, j’ai une difficulté, mon assaut vient de passer de X milliers à X dizaines de milliers de budget, comment je peux bien structurer ? » Avant mon conseil d’administration, mon assemblée générale, on a quand même tous les outils, notamment au sein des foyers ruraux, qui vont venir nous aider gratuitement. nous former, nous conseiller avec des gens qui sont exceptionnels, qui eux pour le coup sont salariés, ils sont à temps plein. Et donc du lundi au vendredi, et même toujours bien plus, on a cette oreille attentive. Et je pense que c’est important de mettre en avant ces structures qui aident les associations, parce qu’elles pallient souvent à un manque qui n’a peut-être pas été fait par les collectivités, par l’État aussi. Et donc on sollicite de plus en plus les associations. mais on arrive à tout ce que décrit Caroline sur la fatigue, sur tout un tas de choses comme ça et donc c’est bien que l’associatif se structure aussi et prenne conscience qu’il y a des accompagnements qui existent et qu’on peut se cramer aussi effectivement.
Armand Cosseron | 55:30.199
Et si je reviens sur l’échelle locale, est-ce que vous, il y a une initiative qui vous inspire et dont vous aimeriez parler aujourd’hui ?
Théo Caviezel | 55:38.605
Avec les trucs qui marchent, on en voit tous les jours, mais il y en a une… Sur ce sujet, Caroline souhaite l’exemple de Verteyac en Dordogne, que j’ai découvert l’année dernière dans le cadre du 3e Tour de France des initiatives locales. la Fédération des Trucs qui Marchent, Régis Deffray, qui a eu une grande carrière dans le privé, à Paris et ailleurs, et qui est revenu dans son village de 600 habitants à la pré-retraite. Le village qu’il avait connu de ses souvenirs d’enfance n’était plus du tout le même. La plupart des commerces avaient fermé, les gens s’étaient un petit peu reclus sur eux-mêmes. En tout cas, c’était ce qu’on pourrait appeler une cité dortoir. Même si je n’aime pas trop ce terme, parce qu’il y a toujours de la vie. Les gens se structurent leur engagement et leur vie différemment, mais ils sont toujours là, il y a toujours de la vie. À nous de la comprendre ou de l’accompagner différemment. En tout cas, il s’est dit, je vais créer un mouvement dès la campagne des municipales. Donc Verteyac, c’est 15 élus pour 600 habitants. Il s’est dit, comment je peux réinclure l’intégralité des citoyens ? En fait, il est passé de la démocratie participative qui permet très souvent de consulter, mais c’est tout, il n’y a pas souvent l’après à la démocratie implicative. Et donc on vous consulte, on crée avec vous, mais derrière en fait vous allez avoir le pouvoir de mettre en œuvre concrètement tout ce que vous avez créé, imaginé avec nous. Et donc c’était sa promesse de campagne, et il l’a tout de suite transformée une fois élu, l’intégralité de sa liste a été élue, il a pris les 15 places du… du conseil municipal, mais en fait derrière, ils n’étaient pas 15 élus, ils étaient 150 élus, parce qu’il a créé des comités, non plus des commissions qui sont réservées aux élus, mais des comités où en fait, le comité culture, ce n’est pas l’adjoint à la culture qui était peut-être ancien cheminot ou le boulanger du village qui y est, c’est dans le village, des gens qui ont tout un tas de connaissances dans le milieu culturel, mais qui ne veulent pas s’engager parce qu’ils n’aiment pas la politique, parce qu’ils en ont peur, parce qu’ils n’ont pas le temps, mais qui si on leur propose Un comité thématique ont toute l’envie et l’énergie de s’y investir. Donc en fait, il y avait un ancien écrivain, un éditeur, un artiste plasticien. Et son village, il est passé de zéro à 100 fêtes du village par an. Il y a 100 concerts qui sont organisés par an. En quatre ans, ils ont rouvert 13 commerces. Ils ont recréé 20 associations. Parce qu’en fait, ils ne se sont pas dit on va fonctionner en 15 et puis c’est nous, on a été élus, basta. Ils ont 150 élus. Un quart du village est élu au sens… Sans se figurer, bien sûr. Ils ont ces comités-là pour s’engager. Et le Cercle Vertueux est exceptionnel. Il a rouvert. Il y a des photographes qui s’installent, des bouchers, des merceries. La mercerie a rouvert 50 ans après dans le bâtiment où historiquement il y avait une mercerie. Ils ont eu le JT de TF1 qui est venu les voir. Il y a une dynamique exceptionnelle. juste parce qu’ils se sont dit on est plus fort à 150 qu’à 15 qu’il a créé les structures permettant à chacun de trouver sa place c’est exceptionnel pour moi c’est très inspirant et on touche du doigt là où il faut aller on a testé je pense ces 5-10 dernières années ce type de démocratie beaucoup plus ouverte on a vu ses failles on a vu aussi peut-être qu’on s’en servait à mauvais escient pour avoir cette caution citoyenne et ce semblant de consultation, là, lui, il est passé à l’échelle supérieure parce qu’il a fait confiance et qu’il a donné des responsabilités. On en revient à la discussion de tout à l’heure, à laisser la place aux plus jeunes dans des assos et pas qu’en fin de liste ou au fond de la salle. Lui a fait ce pari-là et Paris est 100% gagnant.
Armand Cosseron | 59:34.712
Très belle initiative, merci.
Caroline Span | 59:36.743
Je ne connaissais pas mais je vais m’en s’aimer tout de suite.
Armand Cosseron | 59:39.462
Et toi, est-ce que tu as, Caroline, une initiative qui t’inspire ?
Caroline Span | 59:43.090
J’aime bien tout ce qu’a lancé Abdelaali El Badaoui, donc Banlieues Santé, Banlieues Climat. Déjà, un, ça permet un peu de changer l’image de la banlieue, de montrer qu’il y a des personnes qui s’engagent au quotidien, et voilà, de façon aussi à faire une image positive, et ça je trouve qu’on en a vraiment besoin. Et de montrer aussi que les banlieues ont aussi un mot à dire sur la transition écologique, la transition sociale. et qui sont partie prenante. Et ça, je trouve que tout ce qu’il apporte, c’est vraiment assez fort. On en a besoin, je trouve, aujourd’hui. On a besoin d’exemples comme ça. On parle souvent de rôle modèle. Je pense qu’il en est un, avec toute son équipe. Mais ouais, pour moi, tu parles de ruralité, les banlieues, je mets ça aussi un peu dans la ruralité. moi j’ai besoin grandit en banlieue parisienne, très clairement, donc un village de 3000 habitants entouré de champs. Donc, je ne sais pas, je me suis toujours sentie mi-banlieusarde, mi-rurale. Mais ouais, il y a un vrai besoin de… de faire émerger ces paroles. Moi, j’adorais voir Banlieues Climat aller dans énormément de cités pour aller inciter les jeunes à voter parce qu’ils se désengagent très fortement et par moments aussi à raison parce qu’ils ont l’impression que il n’y a pas vraiment de politique qui change vraiment leur quotidien aussi. Donc ouais, il y a un enjeu à… à maintenir aussi ces jeunes dans le spectre républicain et à entendre leur voix. J’aime beaucoup ce qu’ils font.
Armand Cosseron | 61:30.738
Et Abdelaali, qu’on salue aussi.
Caroline Span | 61:33.020
Et puis du Collège Citoyen de France aussi.
Théo Caviezel | 61:35.699
Oui, d’où l’importance du réseau. Finalement, tous les trois, on a participé au Collège Citoyen. J’ai découvert Banlieues Climat à travers Féris aussi au Collège Citoyen. Donc, ça rejoint ce qu’on se disait. Il faut qu’on se structure à chacune des échelles. La structuration permet la mise en réseau, la mutualisation de compétences, de réflexions. Et je pense qu’on arrive toujours seul à se dire « je veux m’engager » , c’est une démarche personnelle. Mais derrière, il faut très vite qu’on puisse oser taper à la porte d’une asso et se sentir un peu seul. Mais derrière, se dire qu’on est plus fort à plusieurs. de tout ce qu’on est en train de se dire là c’est la force ça démontre le réseau et la mise en… en relation, en commun, aide à tout ce qu’on vient de se dire, j’ai l’impression.
Armand Cosseron | 62:27.489
Est-ce que vous voulez parler un peu justement du Collège Citoyen de France ? Tout le monde ne connaît pas le Collège.
Caroline Span | 62:32.291
Bien sûr, oui, c’est une école, en tout cas une formation pour les futurs leaders, responsables politiques ou publics. Je crois que c’est ça un peu la baseline, si je ne me trompe pas. Donc chaque année, ils recrutent une cinquantaine de personnes avec vraiment une volonté d’avoir un… diversité géographique, sociale. Donc ça, c’est super intéressant parce qu’à chaque fois, on rencontre des personnes qu’on ne rencontrerait pas. La preuve, ici, de notre entreprise, ça ne sera peut-être pas rencontré. Et donc, il y a pas mal de cours, de webinaires aussi parce qu’au moins, ça permet d’être à distance. Donc, tout ne se passe pas qu’à Paris ou dans d’autres grandes villes. Je crois qu’il y avait eu des… Des bootcamps à Strasbourg, il me semble.
Théo Caviezel | 63:19.707
Il paraît. Au Havre, il me semble.
Caroline Span | 63:22.949
Au Havre et tout. Donc à chaque fois, il y a quand même cette volonté de faire ça de façon… Diversité, encore une fois, géographique. Et le but, c’est d’apprendre sur le fonctionnement des institutions, comment mener une campagne, sur tout ce qui est community organizing, sur le fait de faire un… réseau parce que ça c’est super important et après aussi de se structurer aussi un peu idéologiquement selon un peu nos tendances parce que c’est transpartisan mais ça se veut quand même démocratique donc il y a certaines tendances qui ne sont pas pleinement représentées mais on comprendra pourquoi.
Armand Cosseron | 64:03.965
On comprendra lesquelles. On parlait aussi tout à l’heure des manières de s’engager et ça peut être une manière que ce collège soit en France. Pour quelqu’un qui aspire à un parcours politique ou en tout cas à mieux comprendre comment ça se passe. Moi, j’étais marqué aussi par le côté très ancrage territorial. C’est un moment où je pense qu’ils étaient en train pas mal de réfléchir aux municipales. Donc, c’est pour ça aussi qu’ils avaient teinté le parcours comme ça. Mais c’est vrai que c’est une bonne école pour bien comprendre comment ça marche. Théo, tu parlais aussi du réseau, des rencontres.
Théo Caviezel | 64:39.416
Oui, le Collège Citoyen, Caroline, là, elle l’a très bien expliqué. En fait, j’ai l’impression qu’ils ont sélectionné, on en est à la quatrième promotion, là la cinquième a débuté en mars. Effectivement, mais c’est dans ma promo, la troisième, on a beaucoup de personnalités très importantes dans le monde associatif, très inspirantes et qui, je pense, avaient tous atteint un plafond de verre, disant j’ai pu aider. et contribuer à faire ça, dans le social, dans le culturel. Mais derrière, je commence peut-être à tourner un peu en rond. Et donc, je pense que le Collège Citoyen peut être là pour allumer cette étincelle en se disant pourquoi pas toi, pourquoi pas briser ce plafond de verre et ouvrir le calendrier électoral et commencer à t’engager. Je pense que c’est extrêmement précieux parce qu’on a besoin de ces personnes. qui ont déjà fait de multiples preuves, qui ont prouvé vraiment leurs compétences, leurs capacités à mobiliser. que c’est à eux qu’on veut donner les clés de notre commune, de notre intercommunalité, de notre département, région. Il y a de la place pour tout le monde, mais ce que j’ai constaté dans mes quelques années d’engagement en politique locale, c’est souvent les plus honnêtes et les plus engagées qui abandonnent en premier, par lassitude, par dégoût. Et donc en fait, il ne faut pas… Le vide se comble toujours. À nous, à chaque fois qu’il y a un appel d’air, de s’engouffrer. dedans, en fait. C’est la meilleure façon pour qu’on puisse construire un monde un peu plus meilleur, je pense.
Armand Cosseron | 66:22.811
Justement, sur ma dernière question, quel est l’avenir que vous voyez pour la démocratie ? Aujourd’hui, il y a pas mal d’échéances qui sont en train d’arriver, mais comment est-ce que vous voyez les choses si on va au-delà de ces échéances-là ? 2030, 2035 ? Pour vous, dans quel état sera notre démocratie ?
Caroline Span | 66:38.218
Vaste question ! J’espère déjà qu’on sera toujours en démocratie, parce que vu les temps qui courent, au cours, ce n’est pas folichon. Là, il y a les municipales qui vont arriver bientôt. On voit que la figure du maire est quand même toujours une figure qui est respectée, appréciée. On voit les impacts un peu au quotidien parce qu’on est dans son village, dans sa ville, à peu près tous les jours. Sauf qu’on voit aussi des maires qui raccroche un peu. Donc là, il y a un enjeu plutôt à ce que davantage de personnes se mobilisent et s’engagent pour potentiellement prétendre à devenir maire, conseiller municipal. L’exemple que tu citais, il est top parce que ça permet de revitaliser un village, que tout le monde soit engagé. Et aussi, ça veut dire s’il n’y a pas plus de gens engagés, il y a un niveau aussi de temps accordé aussi qui est un peu plus faible. Donc, il y a ça parce que là, on voit qu’il y a des maires qui se désengagent parce que, bah oui, bien sûr, ça prend quand même énormément de temps. Il n’y a pas besoin d’être partisan aussi. Il y a beaucoup de maires sans étiquette dans les villages. Franchement, entre la gauche et la droite, s’il faut caricaturer, il n’y a pas de différence quand il faut refaire un trottoir. Il n’y a pas un enjeu idéologique extrêmement fort, c’est plutôt le côté pratique.
Théo Caviezel | 68:06.282
Petite parenthèse, puisque le maire de Verteyac est monté sur scène il y a un an au Folies-Bergère, il a été l’un des six élus locaux à présenter son truc qui marche sur scène. Et l’angle qu’il avait choisi pour présenter son truc qui marche, c’était exactement ça. C’était suite à une étude, IFOP et Frédéric Dhabi étaient dans la salle pour en attester de 2022. Un maire sur deux ne souhaite pas se représenter parce qu’il a bout de souffle, parce qu’il en a marre. Et le maire de Verteyac monte sur scène et dit, moi écoutez… j’ai trouvé la solution pour ne plus rien foutre. J’ai créé des comités, tout le monde fait, moi je ne fais plus rien. Évidemment qu’il fait énormément de choses et c’est ce chef d’orchestre qui a réussi à créer tout ça, qui est un très bon manager des élus et puis derrière de tous les comités. Mais voilà, il avait pris cet angle caricatural, mais qui rejoint totalement ce que tu dis.
Caroline Span | 68:57.982
Donc moi, j’espère que de plus en plus de personnes s’engageront. Voilà, surtout les jeunes, il ne faut pas se dire que… Pour être maire, il faut avoir, je ne sais rien, 40, 50 ans. On peut être maire quand même assez jeune. Il y a plein d’exemples qui nous l’ont montré. Et donc, j’espère que ça continuera. Et puis après, au niveau un peu plus, on va dire, national, effectivement, il y a aussi une élection présidentielle qui nous attend et sûrement des élections législatives quand même un peu dans la foulée. J’espère qu’on aura toujours en place un pouvoir démocratique. Encore une fois, la démocratie, ce n’est pas seulement l’expression du vote majoritaire, c’est aussi le respect de l’état de droit et des libertés fondamentales. Donc j’espère qu’on continuera. En tout cas, ce que je vois, c’est qu’aujourd’hui, il y a de plus en plus de personnes qui se structurent pour défendre cet enjeu, parce qu’on a pensé pendant très longtemps que c’était un acquis, mais ça ne l’est pas. Aujourd’hui, j’entends des personnes qui peuvent re-questionner le droit de vote des femmes, doucement mais sûrement. Et c’est l’occasion aussi de rappeler que ça fait à peine 80 ans que les femmes ont le droit de s’exprimer et de voter. Donc ne perdons pas ce droit trop rapidement, on a encore plein de choses à dire.
Armand Cosseron | 70:14.062
Partager ton point de vue, toi, un peu, sur le futur de la démocratie ?
Théo Caviezel | 70:16.828
Je vois totalement ce que dit Caroline. En tout cas, je considère que l’élection municipale est l’une des plus importantes. Si on ouvre le calendrier, si ce n’est… Oui, oui, l’une des plus importantes. Elles sont toutes importantes. mais là, celle-ci revêt d’une importance majeure parce qu’en fait, et c’est pour ça que je considère que s’engager à l’échelle locale, il y a déjà énormément de choses à faire, on ne doit pas toujours prétendre à plus. Si demain ça va bien dans les 35 000… les communes de France qui sont à elles seules des petites républiques françaises, mais que là-haut, entre guillemets, au Parlement, au gouvernement, ça déconne, je pense qu’on sera quand même tous plus ou moins heureux parce qu’on aura des lieux pour débattre, des cafés, parce qu’on aura des associations, parce qu’on aura un système de santé qui sera bien fait, parce qu’on aura des mobilités pour nous déplacer, parce qu’on se parlera les uns les autres, on se respectera, parce que les crottes de chiens seront ramassées sur les trottoirs, voilà. ce tissu au plus proche de chacun, cette union nationale à travers l’union locale sera faite. L’inverse n’est pas du tout vrai. On aura beau avoir le meilleur président de la République et un meilleur Parlement, si demain ça va mal dans nos communes, les gens seront malheureux. Donc ça prouve bien l’importance cruciale de cette élection locale pour moi et pour revenir sur l’engagement des jeunes, effectivement. Et on me ramène souvent à ça, en Haute-Marne, à ma jeunesse. Mais un, j’ai 28 ans aujourd’hui, un jeune de 28 ans qui a lu zéro livre, et un jeune de 28 ans qui a lu mille livres, il y en a un qui a mille vies, il y en a un qui a zéro vie. Donc, sur quoi, enfin, qui on est pour se baser sur l’âge ? Et d’ailleurs, il n’y a pas d’âge pour être bête, on le voit à bien des égards, en fait. Donc, oui, oui, engageons-nous, et d’autant plus les jeunes. J’ai rencontré le maire de Villepreux il n’y a pas longtemps avec les trucs qui marchent, 27 ans, maire d’une commune de 11 000 habitants, et ça a l’air d’aller très bien. En tout cas, on y a détecté des trucs qui marchent, donc effectivement, engageons-nous. Et cette élection me paraît essentielle pour construire les autres. mais on doit d’abord reparler à son voisin avant de reparler à quelqu’un qui est à l’autre bout de la planète et si on n’a pas ça en compte dans cette vie où le numérique nous permet de tout faire tout de suite et à l’autre bout de la planète, je pense qu’on n’arrivera jamais à reconstruire quelque chose de solide.
Caroline Span | 72:43.124
Effectivement, on a été peut-être de temps en temps un peu pessimistes ou négatifs, mais en fait, la démocratie, elle se vit surtout dans la joie et le partage. Et aujourd’hui, et là, tu en parlais justement quand tu exprimais l’exemple sur le village et toutes les fêtes qui étaient organisées. Moi, je crois que c’est dans ces temps collectifs de partage qu’on recrée du lien. Et quand on recrée du lien, on recrée une volonté d’engagement. Parce qu’on a envie de travailler avec son voisin, sa voisine. On a envie d’agir aussi pour le bien commun. Et ça, pour moi, c’est extrêmement important. C’est un peu aussi toute la philosophie d’A Voté. C’est pour ça qu’on va dans des festivals. On a organisé des sortes de discos isoloirs aussi, où on met de la musique à fond, boules à facettes, et les gens vont voter dans un isoloir. C’est des petites choses. Tout simple comme ça, mais en fait, c’est pour créer une expérience un peu cool autour du vote. Parce qu’en fait, c’est cool de pouvoir s’exprimer, de faire valoir ses opinions et tout ça. Et vraiment, c’est le message que j’ai envie aussi de porter aujourd’hui. De la joie partout, tout le temps.
Théo Caviezel | 73:53.681
Pour rebondir dessus, l’exemple de Verteyac nous le montre. En fait, c’est dans cette histoire de création de comités pour intégrer tous les citoyens de la commune. à l’élaboration de la politique, le premier comité qui s’est créé, c’est le comité animation. Si bien que le lendemain de leur élection, ils l’ont créé, on était début juillet, et ils ont tout de suite enclenché sur la fête du 14 juillet, qui n’existait plus, puis la fête du 15 août, qui n’existait plus non plus. Si bien que derrière, c’est une centaine de fêtes de village. Et tout a débuté de ça, en fait. Parce qu’effectivement, la fête, c’est positif, c’est fédérateur, on se parle, se… on s’en fiche de nos différences. Ce que j’aime à dire souvent, c’est qu’il est grand temps de trouver même le plus petit dénominateur commun qui nous unit, parce qu’on a trop eu l’habitude, peut-être avec cette ère des réseaux sociaux, du média en continu, de parler du négatif. Je pense que nous trois autour de la table, on aurait pu passer 1h30 à se taper dessus parce qu’on n’était pas d’accord sur tout un tas de sujets. On a trouvé ce qui nous unissait. pour s’élever et ces comités permettent aux citoyens de s’élever, de trouver leur place et de contribuer à quelque chose qui les dépasse et la fête en fait grandement partie.
Armand Cosseron | 75:14.847
Super, merci beaucoup. Caroline, si on veut te retrouver, on va où ?
Caroline Span | 75:20.269
Sur LinkedIn ou Insta, je suis assez joignable. Mon prénom et mon nom, je n’ai pas inventé des choses extraordinaires pour me trouver.
Armand Cosseron | 75:29.641
Trop bien, et toi Théo ?
Théo Caviezel | 75:32.139
J’ai presque envie de dire, si vous voulez me retrouver, venez à Langres, on se croise dans la rue, on prend un café et je vous présente cette très très belle ville. Et voilà. Et sinon, toujours pareil, sur les réseaux sociaux. Mais je pense que dans la vraie vie et à Langres, je vous invite à venir.
Caroline Span | 75:49.620
Ou voilà, il sera voté aussi dans tous les festivals cet été. On y sera.
Armand Cosseron | 75:56.104
Trop trop bien. Merci beaucoup.
Caroline Span | 75:58.229
Merci à vous.
Armand Cosseron | 76:02.646
Merci beaucoup pour avoir écouté cet épisode. Nous l’avons conçu avec passion pour que tu puisses vivre de la tienne. Merci à nos formidables invités, à Louane pour m’avoir accompagné dans sa conception et à Alice pour le montage sonore.
Louanne de la Motte | 76:15.682
J’espère que l’épisode te permettra de porter ton engagement encore plus loin. Et tu peux déjà t’engager en likant, commentant ou tout simplement en nous disant ce que cet épisode t’inspire. Tu connais forcément des gens qui ont besoin de l’écouter. Partage-leur cet épisode, ça te prendra un instant et ça leur fera plaisir.
Armand Cosseron | 76:32.302
Et poursuivons la conversation. Rejoins-nous sur LinkedIn, Instagram et TikTok. L’engagement se construit ensemble et nous avons plein de victoires collectives à aller chercher. A très bientôt avec Tu feras quoi plus tard.
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