Quelle IA au service de l’engagement ?

💬 « L’engagement, c’est utiliser les statistiques et la programmation pour contribuer à l’intérêt commun. »

Dans cet épisode, nous explorons si l’IA peut vraiment servir l’engagement : Ibtihal Lakehal (créatrice de contenu sur l’accès au travail) et Assaël Adary (Directeur d’Occurrence/ Groupe IFOP) racontent les opportunités et risques pour les acteurs engagés, associatifs et citoyens. De la souverenaiteté des données à la perte d’authenticité, en passant la le nouveau rapport au temps et le coût environnemental : l’intelligence artificielle générative marque-t-elle une révolution de l’engagement ?

À 25 ans, Romain Deng-Guéret est data scientist en institution et cofondateur de Tu feras quoi plus tard ?. Il partage comment il met les données au service de l’engagement : informer l’opinion publique et piloter les politiques publiques. Romain témoigne de son usage quotidien des données et de l’IA comme outil d’intérêt général.

Tu découvriras dans l’épisode :

🔹 Comment l’IA peut casser… ou accélérer l’engagement
🔹 Pourquoi dompter l’IA plutôt que la craindre
🔹 Comment s’approprier l’IA pour un usage éthique

S’engager, c’est la nouvelle saison de Tu feras quoi plus tard ? ! Chaque épisode, c’est :

  • 1 table ronde d’experts pour saisir les enjeux
  • 1 témoignage inspirant pour découvrir comment agir

Armand Cosseron | 00:03.380

Hello, c’est Armand et tu écoutes « Tu feras quoi plus tard ? »

Louanne de la Motte | 00:07.322

Et moi, c’est Louane, bienvenue. Dans cette saison, nous explorons la notion d’engagement. Nous voulons permettre aux dirigeants d’entreprises et à toutes les personnes qui exercent des responsabilités de porter les engagements qui leur tiennent à cœur au service de la société et de la planète. Ensemble, partons à la rencontre de ces personnes inspirantes. Viens les découvrir et les écouter avec nous.

Armand Cosseron | 00:32.704

Dans ce cinquième épisode, nous explorons le monde de l’intelligence artificielle générative pour voir comment nous, acteurs de l’engagement, pouvons nous en saisir. Et j’ai vraiment hâte de vous présenter les invités de cet épisode. Nous allons retrouver Ibtihal Lakehal, créatrice de contenu sur LinkedIn. Elle aborde les sujets de la diversité et d’inclusion en entreprise pour trouver un travail inclusif. Avec elle, Assaël Adary, cofondateur et DG du cabinet Occurrence dans le groupe IFOP et président de l’association Alumni CELSA. Sorbonne Université et de l’Association Nationale des Communicants. Il est également auteur du Communicator Toute la communication à l’ère de l’IA. Tous les deux, nous transmettrons leur savoir, leurs expérimentations et leurs regards sur le sujet de l’IA et de l’engagement.

Louanne de la Motte | 01:16.305

Et juste avant de les rencontrer, écoutons le témoignage de Romain Deng–Guéret, c’est lui qui a cofondé Tu Feras Quoi Plus Tard ? aux côtés d’Armand. Dans la vraie vie, il est data scientist au ministère des armées. Alors l’intelligence artificielle, il la côtoie dans bien des aspects. dans son métier tout comme dans son engagement avec l’association. Vous avez bien vos écouteurs dans vos oreilles, c’est parti !

Romain Deng–Guéret | 01:42.704

Je m’appelle Romain, j’ai 25 ans, je suis avec Armand l’un des cofondateurs de Tu feras quoi plus tard ?. Je dirais que ce qui m’anime moi c’est utiliser justement les statistiques et la programmation pour contribuer à l’intérêt commun, pour justement informer l’opinion publique ou mieux piloter les politiques publiques. Ça s’est vu dans mes choix de carrière. Par exemple, là, je travaille dans un service statistique ministériel qui, justement, aide les ministères à mieux piloter leurs politiques publiques et à publier des études statistiques pour informer l’opinion publique sur les différentes politiques. En parallèle de ça, je suis aussi engagé bénévolement à Tu Feras Quoi Plus Tard ?, évidemment, et aussi à Surfrider Foundation, qui est une association de protection des océans. Donc, après un master de recherche en économie, J’ai voulu garder cette dimension de recherche quantitative et en même temps d’analyse de données. Donc j’ai rejoint un cabinet de conseil en stage de fin d’études. Et c’est vraiment ici que j’ai développé mon intérêt pour le travail sur les données. Et du coup, ça s’est vu après dans la suite de ma carrière. J’ai voulu conserver ce travail sur les données et puis après aller dans une dimension plus politique publique, d’où le ministère des Armées.

Est-ce qu’il y a une rencontre qui m’a marqué ? Effectivement oui. Et c’est d’ailleurs au ministère des Armées. Pour ceux qui me connaissent bien, on en parle souvent, c’est mon ancien chef qui est parti maintenant pour France Stratégie et qui a plutôt une figure de mentor pour moi. Il nous a beaucoup aidé dans le travail de statisticien, aussi comment appréhender les données, comment travailler correctement sur les données, et pour voir après faire des analyses, des évaluations des politiques publiques pour en tirer des conclusions qui soient robustes et qui aient du sens. Il nous a aussi inculqué d’autres choses sur la manière de… plutôt sur des codes en tant que personne, comment on vient se comporter au travail. Et aussi, une chose que je retiendrai beaucoup, c’est la patience. Comment rester patient dans des situations qui sont parfois désagréables. Et le plus souvent, ça vient d’attentes irréelles qu’on a. Et il nous a beaucoup appris cette idée de patience, de se dire, OK, je suis dans une situation-là qui est peut-être inconfortable. En fait, ce n’est pas grave. On va justement l’accueillir, attendre, et ça va finir par se régler petit à petit.

J’ai fait quand même des études assez sélectives, donc le magistère d’économie de la Sorbonne, par exemple. La première incertitude est venue, en fait, qu’est-ce que je ferais après ? D’où la question, tu feras quoi plus tard ? Je me souviens encore de cet appel d’Armand pour justement créer l’association. Je n’avais pas la réponse, en fait, à cette question-là. Cette fois-ci, elle venait plutôt du fait qu’on avait trop de choix, c’est-à-dire, après ce master-là, on nous répétait, vous pouvez faire tout ce que vous voulez, etc. vous faites partie des meilleurs étudiants ou vous êtes les meilleurs étudiants en économie. Donc, ça vous ouvrira beaucoup de portes en tant que soit recherche, soit économiste. C’était très large. Donc, déjà, la première incertitude, c’est OK. Maintenant, comment je réduis le champ des possibles, les chemins que je peux prendre en fonction de ce que j’ai envie de faire ? J’ai fait un pari d’abord sur mon stage de fin d’études. Ça a été un pari qui s’est avéré plutôt fructueux puisque j’ai découvert mon intérêt sur les données. Première incertitude. Puis après, la deuxième incertitude, elle vient… je dirais tous les jours, on fait face à de nouveaux problèmes, qui sont peut-être de moindre ampleur cette fois-ci, mais ok, je ne sais pas comment régler tel problème que j’ai avec les données. Comment je fais ? Donc là, c’est plutôt cette idée de patience dont j’ai parlé à propos de mon ancien chef. Et même maintenant, une autre incertitude qui est, qu’est-ce que je fais une fois que j’ai fait mes deux, trois ans de poste ? Qu’est-ce que je veux faire maintenant, à la suite de ce poste-là ? Est-ce que je veux continuer dans la statistique publique ? Sûrement. Est-ce que potentiellement, je veux faire autre chose ? Pour l’instant, je n’ai pas la réponse. Et en fait, ça se fait, encore une fois, petit à petit, avec la patience. On réagit à des offres de poste qui nous intéressent.

Du coup, je suis engagé dans deux associations. La première, on va faire plutôt Surfrider Foundation, qui est plus courte, puis après je m’étendrai sur Tu feras quoi plus tard ?. Pour Surfrider Foundation, je dirais que l’engagement était plutôt le prolongement de la modestie et la curiosité. C’est un sujet auquel je suis sensible, l’océan, mais je n’y connais pas grand-chose. Donc cet engagement-là va me permettre d’apprendre des choses sur l’océan, quelles sont les choses qu’on peut mettre en place. pour sa préservation. La deuxième chose, l’engagement au sein de « tu feras quoi plus tard ? » c’est plutôt un engagement qui soit en accord avec mes valeurs. C’est-à-dire, je me retrouve dans les questions qui se posent, ça m’aide à me débloquer et peut-être que plus tard aussi, ça aidera d’autres personnes à se débloquer là. Donc, il y a une dimension, je dirais d’abord, premièrement, moi, trouver un chemin, m’éclairer, et après, plus tard, l’altruisme, en fait, dire « ok, si moi, je me suis posé la question, je ne dois pas être le premier et je ne serai sûrement pas le dernier. Donc le fait de participer à travers cet engagement-là me permettra d’apporter une réponse à moi, puis après, plus tard. Je me souviens d’une des premières réunions qu’on a eues justement avec Surfrider, qui réunaissait une centaine de personnes à Biarritz. C’était un peu un événement hors du temps, je me souviens. Et une des chefs de la mobilisation, à l’époque, avait dit « En fait, être bénévole, c’est une aventure » . Et il y avait ça aussi. Je me disais « Ok, je vais vivre une aventure humaine et en même temps participer à l’intérêt commun, rencontrer une nouvelle personne et justement rencontrer des personnes qui seraient en accord avec ces valeurs-là ». Et après, effectivement, il y avait cette envie, plus généralement, d’aider des personnes plus jeunes avec cette dimension de mentorat, leur dire « Ok, je me suis posé la question-là, sûrement vous vous la poserez ou il y en aura qui se la poseront et je serai ravi de vous apporter cette réponse-là, une fois que vous aurez besoin de cette réponse-là. »

Comment, en fait, un gérant d’entreprise pourrait valoriser un engagement ou mettre en place un engagement ? Si on le prend en tant qu’individu, je pense qu’il peut simplement faire la même chose que j’ai fait là, trouver un sujet sur lequel il a envie d’apprendre des choses ou trouver un sujet qui résonne avec ses valeurs en tant qu’être humain. Si aussi, dans un second temps, s’il veut s’engager et engager toute sa structure, là, on rentre quand même dans une autre échelle. Il y a beaucoup plus de personnes qu’un individu qui vont être touchées, qui vont être engagées et en termes de moyens, ce n’est pas du tout la même chose. Je dirais que dans l’engagement, il peut y avoir, on va prendre deux formes pour une entreprise. soit du temps, soit financier. Donc il y a déjà des engagements dans ces deux sens-là qui vont. Certaines entreprises, par exemple, vont faire en sorte que des employés donnent de leur temps tous les ans à des associations cette fois-ci, ou alors ils vont renverser une partie de leur chiffre d’affaires à des associations avec lesquelles ils auraient signé certaines conventions. Donc là, je pense que ce sont les deux manières de faire.

Comment sauter le pas ? Je dirais du coup trouver une cause avec laquelle le dirigeant est particulièrement en accord ou particulièrement touché, qu’il touche particulièrement et soumettre cette idée-là à ses employés. Donc là, il faut laisser un choix, peut-être deux ou trois causes, deux ou trois associations et dans lesquelles ces employés-là aimeraient soit donner de leur temps, si on parle de s’engager bénévolement en donnant du temps à travers l’entreprise ou financièrement. Là, c’est plutôt par quelle cause sont inspirés les membres du comité. et aussi lesquels résonneraient le plus avec l’entreprise et la culture de l’entreprise. Si on fait ça, ça va résonner non seulement avec les valeurs de l’entreprise, mais aussi avec les valeurs individuelles qui, en fait, je dirais, composent cette entreprise. Et ça va être la plus grande richesse d’une entreprise quelle qu’elle soit, c’est vraiment l’humain. Donc si on arrive à embarquer l’humain dans ces engagements-là, on est sûr que ça va aboutir par un échec, justement, par une victoire. si on arrive à… toucher l’être humain dans ses valeurs. C’est le cas pour moi, par exemple. Surfrider, et puis à la fois aussi Tu Feras Quoi Plus Tard ?, c’est des choses qui sont vraiment en accord avec mes valeurs, donc je m’engage et on est sûr que ce sera un engagement sur le long terme aussi, parce que l’engagement dépasse un peu tous les cycles de rentabilité auxquels on a été habitué le trimestre, le semestre, l’année. L’engagement, ça va être des choses beaucoup plus complexes à mesurer déjà, mais aussi avec des résultats sur le long terme, beaucoup plus que le trimestre ou l’année. donc il y a cette idée de d’embarquer et en fait pour embarquer il faut que ça touche aux valeurs des êtres humains. La culture d’entreprise comme on l’a dit ici, elle va être le corollaire au final de l’humain parce qu’il va y avoir… Déjà, l’entreprise, elle a été créée par des personnes qui, eux, avaient certaines valeurs. Et du coup, aussi, ils voyaient certains problèmes dans la société ou certaines opportunités. Et ils y ont répondu d’une certaine manière en créant une mission. Et l’entreprise allait répondre à cette mission-là ou avait cette mission-là. Du coup, les personnes aussi qui vont rejoindre cette entreprise vont justement s’identifier à cette mission-là. La culture d’entreprise, au final, va passer par l’humain. Donc, il y a toujours cette idée de, est-ce que les gens qui y sont vont s’identifier à cette cause-là ? qu’ils vont défendre, pour laquelle ils vont soit donner du temps, plutôt là parce qu’on parle des salariés, ou alors si l’entreprise va plutôt choisir une compensation financière, est-ce que c’est une cause qui est en accord avec la mission et donc en accord avec les personnes qui ont créé ça ? Et de toute façon, si même la personne qui a créé cette entreprise est partie, elle a cherché un successeur qui avait des valeurs au moins similaires ou une vision qui était similaire et en accord avec cette mission-là. Donc je dirais qu’en fait, la culture d’entreprise parle… par l’humain ? Est-ce que c’est des valeurs qui sont en accord avec les humains qui, soit décident de donner de leur temps, soit d’aider financièrement une association ? Donc, Surfrider est une association, et ils vont avoir, en fait, plusieurs moyens de se financer. Ça va être soit des fonds publics, soit des dons privés, soit aussi à travers les entreprises. Ils ont un modèle qui est assez remarquable, c’est que en fait, ils vont accepter des partenariats uniquement avec des entreprises qui sont en accord avec les valeurs portées par l’association. Ne pas être partenaire avec cette association empêche déjà de communiquer dessus, sur toute action. Donc déjà, là, on voit aussi que l’image de l’entreprise est impliquée. Donc ça leur empêche tout ce qui va être, là, on appelle plutôt le bluewashing. Et ça permet de conserver une image pour l’association. Et je trouve ça assez inspirant parce que c’est quand même une manière de filtrer uniquement les partenaires avec lesquels on a envie d’avancer, dans le sens qu’ils vont avoir les mêmes valeurs. Ce qui permet de créer une feuille de route vraiment de long terme. mais aussi de s’assurer qu’on sera avec des gens qui vont, je dirais, à la fois sur le long terme, mais aussi quotidiennement, avoir les mêmes méthodes, je dirais, de travail et d’avancer. Là, il y a surtout des dons financiers, mais il y a aussi du mécénat de compétences et à la fois aussi des dons financiers. Donc, ça permet d’avoir les deux, comme on dit. Donc, il y avait un don d’argent et un don de temps, mais uniquement avec des partenaires avec lesquels on a envie d’avancer et qui vont avoir des valeurs similaires.

Après, je trouve ça… particulièrement inspirant. Mais aussi, il y a une chose qu’il faut garder en tête, avoir le choix est un luxe. Donc là, je suis bien conscient que c’est quand même une structure qui est très grande, qui peut se permettre de faire ces choses-là. Je dirais que ce choix-là arrive, encore une fois, avec la patience et le temps. Une fois que l’acteur est bien identifié, il va pouvoir se permettre de faire des choix, de dire, OK, ce partenariat, il ne nous apporte pas ou il ne coche pas tous les critères qu’on voudrait. Donc, non. Ou, à l’inverse, on n’a plus besoin d’aller démarcher. Les gens vont venir petit à petit vers nous, mais ça implique quand même une certaine patience et du temps. Donc, ce n’est pas tout le monde ou toutes les structures qui peuvent se permettre ça. Alors, une campagne en particulier, au final, non. Je dirais plutôt la manière de fonctionner qui est, en anglais, ils parlent de grassroots. Donc, c’est vraiment, on fait émerger le bénévolat des antennes locales. Donc, tout commence par la base, les bénévoles. Et en fait, au-dessus, il va y avoir évidemment des salariés qui vont pouvoir se consacrer 100% de leur temps sur ça. Mais c’est vraiment pour… pour aider les antennes locales à mener des actions de terrain. Et en fait, ces actions de terrain vont passer le plus souvent par l’éducation, la sensibilisation et justement la mobilisation citoyenne. Donc déjà, c’est la manière de fonctionner que je trouve assez inspirante. Mais encore une fois, c’est quand même une très grosse structure qui est bien identifiée. Donc oui, on peut prendre modèle sur ça. Et il y a sûrement des choses à améliorer, évidemment. Et notamment cette idée de tendre de plus en plus vers l’horizontalité qui est… les consignes ne vont pas cascader vers le bas. Il faut aussi qu’il y ait un retour de la part, dans la hiérarchie peut-être des personnes qui vont justement exécuter, comme on parle souvent, les consignes, mais ils vont aussi devoir être capables de faire un retour, dire ok, ça c’est pas forcément le mieux pour telle ou telle raison et il faut que dans la hiérarchie située plus haut, ils soient ou elles soient capables de prendre ces retours sinon la structure que ce soit associations, entreprises ou autres, est voué à disparaître.

Le futur de l’engagement au prisme de l’IA ? Déjà, on va prendre d’un point de vue très général au niveau du pays. C’est quelque chose qui va permettre, l’économiste en moi parle, des gains de productivité. Donc on va pouvoir avoir plus de temps, plus d’argent. L’engagement sûrement va prendre, peut-être, j’espère, ça va se traduire par… un engagement plus fort d’un point de vue financier, mais aussi d’un point de vue de temps. J’en entends parler souvent la semaine de 4 jours. Peut-être que l’intelligence artificielle générative va nous permettre de tendre vers ce modèle-là. Le cinquième jour de la semaine permettrait de donner du temps à une activité associative, en tout cas, je l’espère. Et d’un point de vue financier, si ça permet des gains de productivité pour une entreprise, ça peut leur permettre de se dire OK, ce supplément de budget-là, on va peut-être l’allouer à un don via une entreprise qui a des valeurs, qui porte des valeurs en accord avec… Cette culture-là, notre mission de l’entreprise. Maintenant, d’un point de vue individuel, ça peut permettre de trouver plus facilement ou plus rapidement les structures, les associations qui sont en accord avec nos valeurs. On peut simplement le voir quand vous allez, par exemple, on va parler le chat, quand vous discutez avec et vous lui posez une question, il faut simplement le voir comme un filtre de recherche. très avancé, c’est-à-dire qu’il va être capable de parcourir des pages internet très très très rapidement, beaucoup plus rapidement que vous. Donc quand vous allez lui poser une question, lui dire ok, moi mes valeurs c’est ça, j’aimerais m’engager ça, mon temps c’est ça, vous lui posez une question, il va être capable de faire ces recherches-là comme vous, mais beaucoup plus rapidement. Donc déjà, au point de vue individuel, ça va vous permettre en fait, pour résumer plutôt, trouver plus rapidement la structure avec laquelle vous avez envie de vous engager, et ça va vous donner aussi le temps d’explorer. C’est-à-dire que vous hésitez entre deux ou trois. Comme vous avez posé la question, il va vous en donner deux ou trois, puis vous essayez et vous dites, ok, au final, peut-être, ce n’est pas ça qui va me convenir, mais vous allez pouvoir en essayer une autre, puisqu’il va vous donner une liste beaucoup plus rapidement que si vous les cherchiez une par une. C’est à peu près les deux choses que je vois au niveau du pays. Plus de temps pour les entreprises, plus de temps pour les individus, ce qui va permettre d’allouer, j’espère, plus de ressources pour les associations et donc donner un engagement plus fort. Et au niveau individuel, en fait, faire un meilleur appareillement entre les envies et ce qu’une association recherche. Et donc, ce qui va permettre de pouvoir essayer plus ou parfois même améliorer la qualité de l’appareillement du côté de l’association et de l’individu. Si j’ai un message, un dernier message, justement, ne pas avoir peur. Ça va dans cette histoire de modestie qui est, en fait, ne pas avoir peur sur les débuts, de ne rien connaître. Et du coup, ne pas laisser cette peur, ce syndrome de l’imposteur, gangrener, tuer, avant même qu’il commence un engagement de quelque forme qui soit. Se dire, ok, peut-être que je ne me sens pas légitime, parce que je ne connais pas telle ou telle cause, ou à juste titre, par exemple, pour reprendre mon exemple, surfrider, surf, c’est l’océan, on est à Paris, on pourrait se dire qu’en fait, qu’est-ce qu’ils font ici ? Non, au tout début, oui, on connaissait, je n’y connaissais pas grand-chose, je ne voyais pas. on a eu des reproches et toujours d’ailleurs mais vous êtes surf vous êtes à Paris ok c’est pas grave et ça revient en fait avec cette histoire de l’engagement qui est en accord avec les valeurs à partir du moment où ce sera en accord avec vos valeurs vous arriverez à surpasser ce syndrome de l’imposteur tous ces émotions un peu inconfortables qui peuvent vous détourner de ça si c’est en accord avec vos valeurs vous les accepterez vous continuerez d’avancer en fait il n’est jamais trop tard pour s’engager, même jamais trop tôt pour s’engager. Qu’est-ce que ça fait de passer au podcast de ce qu’on a créé au tout début ? Je dirais que la boucle est bouclée. Parce qu’en fait, si on reprend vraiment l’histoire, ça a commencé par un podcast, après c’est devenu une association, et après, au final, on continue sur ce qu’on était. Je dirais que oui, la boucle est bouclée. J’ai commencé par écouter le podcast, on a donné une existence juridique, et maintenant je finis par parler au podcast. La boucle est bouclée, mais ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas de nouvelle boucle. qui vont arriver. Mais en tout cas, c’est vrai que le clin d’œil est assez drôle.

Louanne de la Motte | 18:53.032

Merci Romain pour ton témoignage. Maintenant, retrouvons Ibtihal Lakehal et Assaël Adary pour comprendre les risques et opportunités de l’IA sur l’engagement.

Armand Cosseron | 19:01.961

D’ailleurs, nous sommes très curieux de connaître ton point de vue. Dis-nous en commentaire ce que leur vision t’inspire ou viens nous en parler directement sur LinkedIn et Instagram. Bienvenue dans cet épisode de la saison 3 de Tu feras quoi plus tard, toujours sur le thème de l’engagement. Aujourd’hui, on va plutôt interroger la question de la technologie, notamment pour ne pas la nommer l’IA générative, et de voir quelles sont ses influences sur l’engagement. Est-ce que ça va être plutôt un levier qui va… nous permet de démultiplier des engagements ? Est-ce que c’est un outil qui va peut-être atténuer, diminuer l’engagement par la facilité ou certains des éléments qu’elle apporte ? Je me doute. A priori que la réponse est bien plus nuancée qu’elle n’y paraît. Donc pour ça, nous accueillons deux personnes formidables qui vont pouvoir parler du sujet. Je vais vous proposer de vous présenter en une petite phrase. pour… voilà indiquer votre prénom, votre nom, mais aussi votre activité.

Ibtihal Lakehal | 20:15.525

Merci pour l’invitation. C’est génial de pouvoir échanger sur ce sujet. Moi, c’est Ibtihal Lakehal. J’écris du contenu sur LinkedIn depuis plus d’un an maintenant, sur notamment l’accès au travail, quelle que soit son origine, son background, son diplôme, etc. Donc, un thème assez engagé de produits sociaux.

Armand Cosseron | 20:36.202

Merci d’être là, merci d’être avec nous.

Ibtihal Lakehal | 20:37.811

Avec plaisir.

Assaël Adary | 20:38.768

Moi, je suis Assaël Adary, je dirige un cabinet d’études à l’Institut de l’études qui s’appelle Occurrence, qui appartient au groupe IFOP. Et puis par ailleurs, j’ai quelques engagements associatifs plutôt professionnels dans mon univers professionnel.

Armand Cosseron | 20:52.683

Trop bien. Peut-être que je commence par toi, Assaël, parce que tu parles de tes propres engagements tout au long de ton parcours. Qu’est-ce qui t’a conduit à t’engager ? D’où vient ton engagement, Assaël ?

Assaël Adary | 21:02.894

En tout cas, quand j’ai réfléchi à cette question qui a été… que tu nous avais évoquées et que tu nous poserais, j’ai essayé de me remémorer le premier moment où je me suis dit « Ah, ça c’est un engagement ! » Et je pense que c’est précisément en sixième quand je me présente au poste de délégué de classe. Et j’ai été élu, dans toute ma scolarité, délégué de classe. Donc au début, certainement de manière un peu insouciante, et puis petit à petit, de manière plus réfléchie. C’est là que, franchement, s’est forgé, en tout cas, les droits et devoirs qui sont liés à l’engagement. que ce n’était pas juste le plaisir d’être élu par un collectif, que derrière, il y avait quand même pas mal de boulot, que c’était aussi une responsabilité forte. Et puis à partir de là, ça ne m’a pas quitté. En tout cas, ce goût de l’engagement, je pense qu’il est né en sixième. Depuis, je me suis engagé très tôt dans pas mal d’associations professionnelles pour être aujourd’hui président des alumnes de mon école et puis coprésident d’une très grosse association professionnelle. avec des permanents, etc. Donc oui, c’est un vrai élément de ma vie qui me prend beaucoup de temps, que je fais avec plaisir, mais je mesure le sujet. Étymologiquement, engager, c’est mettre en gage. Je pense que moi, il a été un peu galvaudé, notamment par toutes les publicités de marketing, on vous propose de vous engager, on confond un peu mercenaire et engagement. C’est-à-dire que dans l’engagement, le vrai engagement, on prend le risque de perdre quelque chose. On met « engage » . Et donc, mettre « engage » , ça veut dire, si vous êtes un artiste engagé, vous prenez le risque de perdre une partie de votre fanbase. Si vous êtes engagé dans une association, vous mettez « engage » du temps, le soir, le matin, le week-end, peut-être aussi un peu d’argent parce que vous vous engagez. Et donc, ça, je pense qu’on oublie que la vraie étymologie d’engager, ce n’est pas juste… « Engagez-vous pour avoir 20 euros de ristourne sur un site web » ou je ne sais pas quoi. L’engagement, c’est réellement poser sur la table quelque chose et prendre le risque de le perdre. Et ça, moi, je l’ai compris à peu près en cinquième, en cinquième, en quatrième. Je me suis dit « Ok, là, ce n’est pas juste être le plaisir de rentrer à la maison et dire « J’ai été élu délégué de classe » . C’est que derrière, il fallait assumer, il fallait être présent au conseil de discipline, des trucs comme ça. De ce coup, je me suis dit que le message était nouveau. Je me retrouve dans un espace que je n’avais pas forcément prévu. Ce n’était pas donné le jour où je me suis présenté pour être la première fois délégué de classe. Et là, c’est pareil. Quand vous êtes dans une association, vous pensez que vous y allez que pour du plaisir. Ça m’est arrivé dans certaines associations de devoir licencier quelqu’un, de devoir faire face à être pas très loin de la banqueroute dans une association. On fait quoi ? On est quand même responsable juridiquement, pénalement. C’est très beau l’engagement, mais il faut y aller sans être naïf.

Armand Cosseron | 24:01.574

Il y a une notion très importante que tu évoques de mise en jeu,

Assaël Adary | 24:06.675

de mettre quelque chose sur la table. On risque quelque chose. Encore une fois, si tous les gens qui vont nous écouter, qui sont vraiment engagés dans des associations, elles savent qu’elles vont passer des… des soirées, à faire des trucs qu’elles sont pas à la maison, peut-être pas avec leurs enfants peut-être pas, voilà et c’est ça l’engagement, et c’est très beau mais faut être prêt à perdre, faut être prêt à mettre en…

Armand Cosseron | 24:29.582

Il y a une forme d’implication et toi Ibtihal justement tu parlais des contenus assez engagés que tu diffuses sur les réseaux sociaux, je sais pas si on peut parler de ta fanbase qui est peut-être mise en jeu à ce moment-là j’ai fait un peu parler d’IA mais comment ça se passe de ton côté, qu’est-ce qui t’a … amenée à aller créer ces contenus-là.

Ibtihal Lakehal | 24:51.572

J’ai le souvenir d’avoir toujours été aussi un petit peu engagée pendant la période… Collège, lycée, d’avoir essayé d’organiser des actions caritatives. Puis après, au fur et à mesure du temps, en prenant un peu plus de responsabilités, je me souviens avoir organisé des sorties scolaires ou des choses comme ça pour qu’on puisse, ma classe et moi-même, sortir de notre petite école, de notre petit lycée et d’aller voir ailleurs ce qui se passe à Paris ou dans les universités lors de portes ouvertes aux journées de la science. D’avoir aussi l’opportunité d’aller à des salons, aux salons d’étudiants, etc. Pour trouver sa voie. Et en fait, au fur et à mesure des années, j’ai moi-même été confrontée à certaines difficultés. Et j’ai réussi à trouver des solutions pour trouver des stages, pour trouver des formations, pour m’insérer dans la vie professionnelle. Et en fait, en découvrant LinkedIn, j’ai découvert aussi qu’il y avait beaucoup de personnes qui rencontraient les mêmes difficultés que moi, mais qui ne semblaient pas trouver de solution en fait. Et je me suis dit, si moi j’ai trouvé des solutions, ce serait vraiment très râdant de ma part en fait de ne pas les partager. Et du coup, c’est comme ça que je me suis simplement mise à juste partager mes astuces. partager les codes que j’avais un peu, les processus que j’avais mis en place moi-même, pour trouver un stage, pour avoir un joli profil LinkedIn, pour paraître plus professionnelle, et essayer de me démarquer justement sur la jungle du monde professionnel. Mon audimat a grandi au fur et à mesure, il a grandi avec moi, et je n’ai jamais vraiment eu l’impression de perdre une partie. J’ai plus eu l’impression de ne pas capter une certaine partie, ou d’être parfois… assez clivante et de ce fait peut-être que certaines personnes avaient peur de se positionner ou de liker un poste ou de venir en discuter mais finalement en fait ça aide je pense ce côté où on est très engagé qu’on a vraiment un discours clair et précis, ça aide aussi à plus fédérer les personnes, elles se reconnaissent plus dans le discours elles comprennent mieux et du coup elles sont plus attachées au discours qu’on a, plutôt qu’avoir quelque chose d’assez généraliste et un peu neutre

Armand Cosseron | 26:47.277

Et qu’est-ce que tu observes aujourd’hui comme évolution autour de la technologie. Là, on parle beaucoup de création de contenu. Je vais faire une opinion très personnelle. J’en peux plus d’aller sur LinkedIn, un réseau social que j’utilise aussi beaucoup, et d’ouvrir mon LinkedIn, de voir des posts et de capter en deux mots que ça a été rédigé par une intelligence artificielle. Pour certains que je côtoie au quotidien, quand je lis ces contenus-là, je comprends que ça les fait gagner énormément de temps. Donc c’est des gens qui ont pas assez de culture de la communication pour qui c’est que du bonus de se dire j’ai une IA qui a rédigé pour moi mon contenu. Mais pour d’autres, que je connais peut-être moins, ou justement où je me dis tiens, je pourrais m’attendre à ce que ce soit un peu plus travaillé, je trouve ça assez surprenant. Et moi, je sais que c’est des trucs qui sont vraiment repoussoirs pour moi. Je vois le truc, je sais que je ne vais pas lire le contenu derrière. Ce qui n’est pas forcément le cas de tout le monde, ce qui pose aussi plein de questions sur l’éthique, sur comment est-ce qu’on peut identifier un contenu IA, est-ce qu’on a intérêt à l’identifier ou non, qu’est-ce que ça change aussi sur… sur la manière dont nous on utilise ces réseaux sociaux. Mais toi, de ton côté, qu’est-ce que tu observes ? Qu’est-ce que tu analyses ? Toujours sur cette casquette aussi un peu de l’engagement, sur les acteurs engagés, associatifs, militants ou autres que tu as dans ta communauté.

Ibtihal Lakehal | 28:04.528

Moi aussi, j’ai un peu cette fibre-là où j’arrive sur un poste et je me suis dit, ah ouais, je sens qu’il y a un manque de naturel. Et c’était il y a, je ne sais plus, c’est un ou deux ans quand ChatGPT a vraiment commencé à… à devenir un outil très accessible et universel. Et du coup, ça se voyait beaucoup, je trouve, à cette époque-là. Et puis après, au fur et à mesure, les gens… J’ai cette impression que les créateurs de contenu ou les néo-créateurs de contenu ont commencé à savoir un peu plus utiliser l’intelligence artificielle dans un premier temps parce qu’ils ont affiné leur compte, donc les scripts qu’ils donnent à l’IA générative pour générer le texte. Et c’est très simple, en leur donnant… en leur donnant un texte avec leur style, en leur mentionnant comment est leur style d’écriture, ce qui donne un aspect un peu plus personnel. Et l’autre chose aussi, c’est qu’un texte, ça peut se retravailler. Donc au final, ça permet d’avoir pour moi un bon support, de mâcher peut-être une grosse partie du travail, surtout quand tu disais qu’on prenait des heures de notre temps personnel. Et parfois, l’IA à 23h30 le soir, quand les yeux commencent à se fermer, ça va être très mal. Mais du coup, pour moi, c’est vraiment un outil qui a été utilisé de manière assez brutale au début et qui, au fur et à mesure, les gens se le sont approprié. On a aussi des personnes qui ont carrément fait des logiciels avec une base IA pour pouvoir créer ses propres postes LinkedIn, par exemple. Et là, on vient donner un peu plus le ton, l’orientation du texte, etc. et qui donne parfois des textes qui ne sont pas trop mal. donc en fait je pense que d’un côté, ça a aidé pas mal de personnes à mettre le pied à l’étrier, ou alors à produire plus quand il y a moins de temps. Donc je trouve d’un côté que c’est une bonne chose, parce que là où tout le monde disait « moi j’ai pas le temps de poster sur LinkedIn » , il y a un outil qui arrive, donc les personnes arrivent à créer du contenu. Il y a eu forcément du contenu moins qualitatif, et d’un autre côté, il y a eu des personnes aussi qui se sont bien appropriées l’outil, et pour qui cela a permis en fait d’avoir, de continuer à produire du contenu, tout en gardant une certaine qualité. Donc, comme d’habitude, c’est un petit peu nuancé, mais je vois aussi un petit peu l’irritation qu’on peut avoir en voyant des postes un peu trop IA, on va dire.

Armand Cosseron | 30:04.307

Si je résume ce que tu dis, l’IA générative, plutôt utile pour créer du contenu, gagner du temps sur cette création de contenu, dès lors où c’est travailler, un peu peaufiner, pas juste on jette le premier jet et puis on s’arrête là.

Ibtihal Lakehal | 30:17.869

Oui, exactement.

Armand Cosseron | 30:18.838

Et Assaël, j’ai vu faire beaucoup « Oui » de la tête. Il y a des choses que tu veux ajouter ?

Assaël Adary | 30:22.757

Déjà, souvent, quand on parle d’IA, il faudrait assez vite dire si on est pour ou contre. Il y a des sujets comme ça. Il y a quelques sujets dans la société où, en fait, dans le premier quart d’heure, il faut dire je suis du pour, je suis côté du pour, je suis côté du contre. donc moi je vais le mettre du côté des pours C’est favorable, néanmoins, avec Oresa, dont on pourra parler peut-être après, mais en tout cas, je l’utilise. Je pense que c’est un bon outil, justement, de démocratisation de plein de choses. Je pense que ça peut aider plein de gens à s’engager un petit peu, comme un marche-pied, ça peut faciliter. C’est pour ça qu’au début, moi aussi, j’ai un regard assez critique quand je vois des choses, j’ai l’impression que c’est du déjà-vu, du copier-coller. Et en même temps, je me dis, si ça a permis à quelqu’un de commencer à accéder à… Ce rapport à l’écriture, à son personal branding, si ça l’a aidé, je me dis que ce n’est pas forcément mal. J’utilise pas mal ce qui s’appelle le reverse prompting, c’est-à-dire justement de se dire, je vois un texte que j’ai écrit, qui me plaît, je demande à l’IA de me le décrire et de me fabriquer le prompt pour arriver à mon écriture. Je dis, ça c’est mon idéal, dis-moi ce que j’aurais dû te dire pour arriver là. Et donc l’IA est sympa, elle m’aide à être meilleur avec elle. c’est un bon camarade, donc elle m’explique elle me forme à elle-même, donc là comme ça j’ai des promptes basées sur moi-même comment dire, ça fait un peu narcissique voilà, je lui dis ça, ça me plaît bien comme style vas-y, et on peut le faire aussi avec un style de quelqu’un d’autre, en disant, mais l’IA peut aider à ça, et après un des points pour tout de suite aborder un petit sujet qui moi me questionne sur en effet l’IA et l’éthique, c’est que et tu l’as un peu évoqué, c’est la notion de plus. Et en fait, aujourd’hui, je vois qu’on est face à un dilemme, c’est est-ce que l’IA va servir à faire moins mais mieux, ou massifier, ou faire plus, ou faire beaucoup. Et en fait, ce que je constate, c’est que, pour l’instant, mon constat, c’est que ça fait plutôt massifier. Ça ne sert pas à faire moins mais mieux. Ça sert à… Là, on publie un truc, on publie dix, et ça, pour plein de raisons, et notamment, alors là, vraiment pour la dimension environnementale, enfin, le coût énergivore de l’IA, je rappelle, une requête sur une IA, c’est à peu près 10 fois le carbone d’une requête Google, c’est un verre d’eau à chaque requête, on peut multiplier comme ça tout le sujet. Ça, ça m’inquiète un petit peu, parce que la massification des ressources absorbées par l’IA dans un moment où on rappelle qu’on n’est plus dans l’abondance, que les limites planétaires sont finies, etc. Cet usage de l’IA m’inquiète un peu, mais Je pense que c’est un peu le prix à payer là, dans un moment de découverte, de prise en main de l’outil, de tâtonnement. Et je pense que même si les acteurs de l’IA font énormément d’efforts aujourd’hui et demain sur le fait de baisser la consommation énergétique de leurs outils, alors ils ne le font pas seulement pour le bien de la planète, parce que ça leur coûte très très très cher en énergie, donc ils le font déjà pour eux-mêmes. Sauf que même si on divise par trois… le coût de l’IA en matière d’énergie et qu’on multiplie par 100 les usages, on voit bien qu’à un moment donné, ça va venir quand même questionner le modèle. Mais en tout cas, si je me place du point de vue de l’utilisateur, je pense que ça permet à pas mal de personnes de faire les premiers pas d’engagement, de visibilité, de prendre la parole, d’oser prendre la parole, des choses toutes bêtes. L’IA ne fait pas de faux d’orthographe, donc ça, c’est un marqueur social, quand même, les faux d’orthographe. l’IA, vous ne faites pas de faux d’orthographe, ça corrige votre style un peu, ça machin, ça. Donc c’est quand même des éléments qui, je pense, vont dans un sens d’amélioration du niveau moyen de l’engagement social.

Armand Cosseron | 33:51.832

Justement, quand on parle d’engagement et d’engagement social, parce qu’on a beaucoup fait, je crois que c’est le travers de nos parcours sous le prisme de la communication, est-ce que tu as des exemples, justement, de formes d’engagement qui peuvent être prises grâce à l’IA ou en s’appuyant sur l’IA ?

Assaël Adary | 34:04.918

En fait, dans l’IA, il y a quand même pas mal de choses qu’on peut faire. on peut d’un seul coup analyser de la donnée sociale, sociétale, pour avoir des éléments plus… même pour créer ce qu’on peut appeler des communs, pour essayer de travailler sur le sujet. On peut faire quelque chose qui est moins un cheval de bataille, c’est la notion de langage clair. C’est-à-dire que cette notion d’écrire pour être compris, simplement. Et ça, par exemple, il y a les modèles de Chat GPT qui intègrent ça très bien. C’est-à-dire que vous prenez des données qui sont incompréhensibles, dans le sens technocratique, compliquées, etc. Par exemple, je rêverais qu’on passe… dans l’IA, les espaces sur les sites web des collectivités, notamment des régions, pour accéder au RSA, par exemple. Il y a des pages entières qui sont en fait un frein. On sait aujourd’hui qu’il y a plein de gens qui s’appellent le non-recours, il y a plein de gens qui n’accèdent pas aux aides auxquelles ils ont droit parce qu’en fait, ils ne comprennent pas comment y accéder. Parce que le français, la syntaxe qui est utilisée, est incompréhensible. Et donc ça, l’IA fait ça très bien. Sur la dernière version de ChatGPT, vous avez mis une petite molette qui vous permet de traduire un texte. de français à français, de maternelle à expert. Donc il y a juste à faire sur le 4.0. Vous avez la même petite molette. Le non-recours et le non-accès à des aides et à des éléments très très importants pour des citoyens qui sont en difficulté, ça commence par la barrière du langage. Le chat GPT fait ça super de traduire français à français. Donc c’est en une seconde, on pourrait traduire toute la documentation de France Travail, de l’accès à toutes les aides. Je ne sais même pas pourquoi ce n’est pas fait encore, mais c’est très très simple en fait. C’est beaucoup d’argent, les non-recours en France, on évoque presque 12 milliards d’aides par an, donc des aides qui ne sont pas versées. Et le premier critère, parce qu’il y a un observatoire du non-recours, le premier frein, c’est l’accès à l’information. donc ça je pense que l’IA pourrait vraiment aider à l’accès à l’information sur les aides auxquelles chaque citoyen qui est en difficulté a droit. C’est comme une course de haies. Je pense qu’il y a des gens qui prennent un 100 mètres sans haies, et d’autres qui font un 110 mètres haies. Il y a peut-être pas réduire les haies, mais au moins baisser le niveau de la hauteur des haies qu’on a à franchir. Donc ça, je pense que c’est vraiment un point important pour moi. C’est un des axes, puisque l’IA traite quand même beaucoup sur le langage, c’est un des axes importants.

Armand Cosseron | 36:24.204

De ce que je comprends, demain, une collectivité qui nous écoute peut se dire, je prends sur moi d’utiliser l’IA ou de mettre un plugin, une solution sur mon site internet ou mon navigateur pour permettre aux internautes, aux utilisateurs de mieux comprendre ce que dit mon site internet.

Assaël Adary | 36:41.743

Et ensuite, vous pouvez même, enfin, ce que je l’ai écrit là, ce n’est pas du tout de la science-fiction, c’est-à-dire que sur le même texte, on peut imaginer un texte hyper compliqué, ce qu’on appellerait C2, hyper technocratique, compliqué, on peut imaginer… Dans la seconde, avoir une version hyper simplifiée. Mais on peut aussi, dans une seconde plus tard, avoir une version audio. On peut avoir une version plus tard, une version traduite en langage des signes. Tout ça, c’est l’IA. Il y a des IA pour traduire en langage des signes, des textes par exemple. Ou des sons. Ou des vidéos. C’est-à-dire la vidéo, ça fait vidéo vers le texte. Le texte vers les signes. Et donc en fait, gagné en accessibilité par exemple, l’IA est un formidable outil, pas cher. On peut le traduire dans… dans toutes les langues aussi. On peut considérer aussi qu’il y a des gens qui ont besoin de travailler dans une langue natale qui n’est pas le français. Tout ça, c’est… Sincèrement, c’est très, très accessible et je pense accessible à n’importe quelle collectivité locale ou organisme public.

Armand Cosseron | 37:35.282

Et toi, Ibtihal, est-ce que tu vois des formes d’engagement qui… Est-ce que tu en as vu émerger en s’appuyant sur l’IA.

Ibtihal Lakehal | 37:41.468

Je voudrais rebondir sur l’aspect de faciliter désormais à s’exprimer et à rédiger grâce à l’IA, notamment sur les sujets d’accès à l’emploi, ne serait-ce que pour rédiger une lettre de motivation par exemple. Moi, je me souviens de tous les petits pas que j’ai faits jusqu’à arriver à rédiger une lettre de motivation correcte. Et en fait, je me suis rendu compte que j’avais déjà de la chance par mon environnement et par ma catégorie sociale, j’ai envie de dire. J’ai une grande sœur qui faisait des études, qui était déjà dans les études, donc qui avait déjà rédigé des études. déjà rédigé des lettres de motivation. J’ai mes parents qui m’ont depuis petite emmené à la médiathèque, donc j’ai grandi dans les livres. Et du coup, je savais qu’il fallait plutôt aller dans ce rayon-là pour pouvoir attraper ce livre-là qui m’aiderait à rédiger un CV, rédiger une lettre de motivation. Et du coup, j’ai été entourée de toutes ces ressources, j’ai envie de dire qu’elles soient humaines ou manuscrites, pour pouvoir arriver à avoir un texte correct à l’époque. J’avais accès à Internet, j’avais un ordinateur, etc. Tout ça, c’est des outils parfois qu’on oublie, mais qui sont vraiment, j’ai envie de dire, charnières pour pouvoir arriver à faire ses premiers pas. Dans le monde professionnel aujourd’hui, avec l’IA, en ayant accès à un ordinateur, voire un téléphone portable et Internet, on peut réussir à avoir une belle lettre de motivation, voire juste à faire relire et écrire sa lettre de motivation pour avoir une meilleure forme, supprimer les fautes d’orthographe ou les abus de langage, etc. Et remettre carte sur table et donner la chance à tout le monde pour pouvoir accéder à l’emploi. Ça, c’était la première chose au niveau de l’accès finalement à l’emploi et à toutes ces ressources. Mais l’autre chose, d’un côté, c’est qu’on a aussi l’IA qui s’intègre de l’autre côté chez les recruteurs. Et donc, les recruteurs utilisent de plus en plus, finalement, de logiciels et applications qui utilisent notamment l’IA sur la première étape de screening. On appelle, en fait, l’étape où on identifie, repérer. C’est le premier passage lors d’un recrutement. Et du coup, parfois, ce ne sont même plus des recruteurs qui le font, c’est directement l’IA. Et à la fin, eux, ils ont des dossiers qui ont été sélectionnés par le logiciel. Il y a des plus et il y a des moins, comme d’habitude. Ce qui est intéressant, c’est qu’on arrive petit à petit à maîtriser les biais humains et à éviter en fait d’avoir une reproduction des élites, etc. Du coup, l’IA est programmée pour avoir un type de candidat qui aura été décidé au préalable par l’entreprise. Mais on n’aura plus ce biais humain individuel de « moi, je vais plutôt finalement réussir à sélectionner quelqu’un qui a le même background que moi, la même école, la même origine sociale, etc. » D’un autre côté, il faut nuancer parce que l’IA reste quand même alimentée par des êtres humains. par des bases de données qui ont été faites, qui ont été collectées par des êtres humains. Donc si la base de données, à la base, est déjà erronée, elle a déjà des biais, alors elle n’est pas assez riche. On aura finalement toujours un peu ce biais et ces sélections qui vont être basées sur des données qui ne vont pas être encore assez justes, finalement, pas encore construites dans un monde idéal où la diversité et l’inclusion sont vraiment prises en considération lors des process de recrutement. Du coup, il y a des avantages et des inconvénients. Mais je pense qu’il y a encore beaucoup de travail à faire sur ce sujet-là. Et d’un autre côté, les outils pour le recrutement sont beaucoup utilisés pour l’étape de screening, mais parfois elles sont aussi utilisées sur les autres étapes d’entretien, etc. Ce qui donne un processus parfois plus riche, plus personnalisé, mais moins humain, moins de contact humain, moins de contact avec le recruteur en lui-même, ce qui aussi questionne un peu le futur du recrutement et le futur du travail et de l’emploi finalement.

Armand Cosseron | 41:02.558

Ouais, puis c’est un domaine aussi qui est… passionnant à creuser, à analyser toutes les tendances. Moi, je vois plus sur ma casquette d’orientation professionnelle. C’est vrai que j’accompagne avec Louane, qui est avec nous, plein de personnes sur la construction de leurs projets professionnels. Derrière, ce soit screener déjà leur lettre de motivation qui est faite par une IA qui est elle-même élue par une autre IA. On pose aussi des questions sur les méthodes de recrutement. Est-ce que c’est vraiment adapté aux usages aujourd’hui ? Mais de se dire, voilà, parfois, la barrière finale, finalement, celle où ça bloque, c’est… traité par la machine avec moins d’humains. Et comme tu dis, ça a ses inconvénients, ça a aussi ses avantages. J’ai une question, peut-être qu’Assaël, tu peux te donner le cadre et ton avis aussi sur la question. Et Ibtihal, tu peux aussi rebondir. Mais on a fait, je le dis pour les personnes qui nous écoutent, on a fait un petit moment de rencontre avant ces captations du podcast pour vous permettre à tous de vous rencontrer entre vous. Assaël, à ce moment-là, tu m’as parlé d’une étude que tu avais portée sur l’engagement.

Assaël Adary | 42:02.637

Oui.

Armand Cosseron | 42:03.500

Est-ce que tu veux en parler, notamment les différents niveaux d’engagement qui ont émergé ? Et ma question, on parle d’IA et de tech, est-ce que tu sens que la technologie aujourd’hui va peut-être faire évoluer ces éléments que vous avez identifiés dans l’étude ?

Assaël Adary | 42:18.412

En effet, on a fait deux études qui sont intéressantes à partager sur le sujet. On a fait une grosse étude sur qu’est-ce que le commun en France, et quoi les communs, et qui était un peu lié. On parlait d’engagement, je vous en parlais, et puis une étude vraiment très centrée sur… quels sont les nouveaux formats de l’engagement des Français. La question est-ce que les Français s’engagent moins, s’engagent plus ? En fait, ils s’engagent autant, mais différemment. Et donc, on a testé, notamment dans cette étude-là, à peu près 17 formats d’engagement. Je ne sais pas si c’est le bon terme, mais enfin, modalités d’engagement depuis le vote jusqu’à l’autre bout de la chaîne, on va dire moins démocratique, le blocage ou la violence, des choses comme ça. Et puis, on a testé plein de formats, s’engager dans une association, s’engager dans un parti. politique dans un syndicat. Et en fait, on se rend compte dans cette étude-là que globalement, les Français font beaucoup de choses. Ils s’engagent, mais avec des formats un peu plus morcelés, un peu plus différenciés. Il y en a qui sont, on sent en perte de vitesse l’engagement dans un syndicat, dans un parti politique, par exemple. On n’est plus il y a 30 ans ou 40 ans. Et les Français ont un regard assez presque comme une sorte d’étude de marché. Ils sont en mode coût-bénéfice. Et donc, notamment, un format qui a émergé dans cette étude et qu’on a renouvelé et qui s’est confirmé, c’est la pétition. C’était le meilleur format pour les Français dans un sens particulier avec la définition que je vais vous donner. L’engagement qui prend le moins de temps et pour lequel j’estime qu’il peut le plus changer la société. Peu de temps par rapport à manifester. Manifester, ça prend 4 heures, il faut machin, etc. Si ça ne se passe pas bien, il y a des risques. Et la pétition, en fait, c’était un très bon compromis, pas très loin devant la cagnotte. La cagnotte, quand même, le coût est un peu… On donne de l’argent, mais la cagnotte, pas très loin en termes de vrai impact sur quelque chose et faible coût, en tout cas, on peut gérer son effort. Et donc, ça, c’était une vraie surprise. Et ce qui est amusant pour quand même faire le bal à basculer avec la question sur l’IA, c’est que de plus en plus, dans les sites de pétition, on vous propose des pré-rédactions avec de l’IA. C’est-à-dire que vous mettez votre sujet, vous expliquez un peu vos arguments. Et certains sites vous proposent une première écriture de votre texte de pétition. Ce qui est amusant, c’est que l’IA est très très neutre. On peut lui mettre une pétition pour et pour le même sujet, une pétition contre, et il va vous proposer un premier texte. Mais là, pareil, ça permet à quelqu’un qui est balbutiant, qui n’a pas forcément les codes, etc., il met un peu ses idées, etc. Et en tout cas, il peut, deux secondes plus tard, avoir un premier texte de pétition à soumettre à un collectif. Donc c’est pour faire le lien entre… l’étude Elia. Et après, sur l’étude sur les communs, ça c’était un peu plus dur à entendre, mais en même temps il faut partager, c’est qu’à la fin de cette étude, on se disait qu’en tout cas en France, c’est extrêmement compliqué de travailler du commun parce que l’engagement premier des Français ou l’attente première des Français, elle est très axée sur moi. Moi et moi. Donc par exemple, quand on testait même les valeurs liberté, égalité, fraternité, liberté arrivée… deux fois plus haut qu’égalité, qui arrivait elle-même deux fois plus haut que fraternité. Et dans la tête des Français, parce que l’étude était assez complète, on se rendait compte que la notion de liberté, elle était vraiment axée ma liberté. Par exemple, l’engagement, ça voulait dire, bah oui, laissez-moi rouler à 90 sur une départementale et n’abaissez pas le niveau à 80, laissez-moi fumer dans des espaces publics. C’est vrai que celle-ci, elle était un peu démoralisante. Les éléments connexes sur l’engagement un peu plus optimistes, dans le sens où… Ça montrait la diversité des formats d’engagement, mais ce que l’engagement crée du commun, ce que ça disait plutôt, c’est que l’engagement fabrique plutôt de la fragmentation. C’est-à-dire que chacun s’engage dans son petit coin.

Armand Cosseron | 46:02.482

Ce qui est intéressant aussi, c’est que ça apporte peut-être une autre définition de l’engagement, là qui est peut-être perçue dans le cadre de cette étude, en tout cas par la réponse qui est corneillemane, comme étant « je prends position sur un sujet ou sur une cause » et qui n’est plus forcément celle qu’on voyait en début d’échange, qui était de « je mets en jeu, je mets en gage » .

Assaël Adary | 46:24.382

C’est-à-dire qu’en prenant position on se coûte de quelque chose d’autre mais c’est vrai que là l’engagement qui est décrit était quand même un engagement qui était moins on peut dire des grands mots mais qui était moins universaliste, moins général etc. c’était des engagements moins collectifs où le collectif était plutôt une communauté ou un petit groupe ou un groupe d’intérêt donc on était loin de l’intérêt général c’était ça le sujet, on était très loin de l’intérêt général … mais plutôt sur des intérêts particuliers. On le voit, il y a des cagnottes, par exemple, il y a eu quelques cas où on a comparé des niveaux de cagnottes entre le compte des A et le compte des B. Alors, c’est quoi le niveau de la cagnotte qui a réussi à… Comme si la somme d’argent qu’on avait récupérée allait faire le poids de la balance. Donc, en effet, on voit que les engagements sont fléchés plutôt sur des intérêts particuliers et moins d’intérêts généraux, ce qui est un peu triste.

Armand Cosseron | 47:21.494

Est-ce qu’il pose question ? Qu’est-ce que ça t’inspire, Ibtihal ?

Ibtihal Lakehal | 47:24.957

C’est triste. Après, quand on étudie un peu le fonctionnement de la société en Europe versus dans d’autres sociétés, par exemple africaines, asiatiques, moi j’ai envie de dire que ce n’est pas ultra choquant parce qu’on est plus, je dirais, dans une optique de société individualiste, peut-être en Europe et en France, je vais citer la France. Mais c’est vrai que c’est triste qu’aujourd’hui, avec tous les enjeux sociaux, environnementaux, sociétaux, de ne pas tendre finalement vers un engagement qui soit un peu plus, comme tu disais, dans l’intérêt général. Surtout que, vu tout ce que nous disent les scientifiques, on a plus intérêt à se serrer les coudes qu’à penser à notre petit confort. Donc, ouais, c’est un peu un constat affligeant. Et je ne sais pas s’il y a des études qui montrent des tendances peut-être chez certaines catégories de la population qui vont à l’opposé de ce qu’on vient de dire.

Assaël Adary | 48:12.150

Ce qui est difficile, c’est que… Globalement, à chaque fois, sur à peu près tous les sujets qu’on teste de société, la France se redivise en trois, quatre groupes qui semblent irréconciliables, qui semblent très éloignés. C’est tout le sujet. Je travaille aussi au sein du groupe IFOP. Chez IFOP, il y a Jérôme Fourquet. Jérôme Fourquet, c’est la notion de fragmentation, ce qu’on appelle l’archipélisation. Et en fait, objectivement, toutes nos études, elles vont vers le fait que la France soit un archipel. Une archipel d’opinion. Ce qu’on voit, c’est que les plaques éloignent un peu ces archipels les uns des autres. Donc c’est vrai que la notion de commun, il est compliqué à envisager. Aujourd’hui, il y a l’hyperlocal, parfois ça peut créer du commun. Et encore, il y a des enjeux très locaux. Mais même là, on va retrouver des énormes fractures.

Armand Cosseron | 49:06.464

Et ça, c’est des tendances qui sont inédites, ou qui avaient déjà été observées par le passé ?

Assaël Adary | 49:11.135

En tout cas, avant, on avait… Enfin, il y a plusieurs décennies.

Armand Cosseron | 49:14.340

Parce que l’IFOP, c’est…

Assaël Adary | 49:16.363

Il y a plusieurs décennies, mais on avait des grands… La France pouvait être coupée, mais on avait des grands blocs qui pouvaient se parler, qui peut-être avaient des éléments de débat commun, qui pouvaient s’opposer, mais dans le cadre d’une parole un peu plus apaisée, un peu moins distancielle. Là, c’est pas juste deux ou trois blocs, c’est vraiment bon… il peut y avoir un puzzle avec des positions plus radicales ou plus difficiles c’est pour ça que je parle beaucoup du langage parce que parfois ça part d’un sujet de ne pas se comprendre sur les mêmes mots c’est vrai que là-dessus l’IA pourrait presque aider à traduire le français en français en douze langues de français être médiateur La médiation par l’IA, c’est vrai que les études sont plus inquiétantes aujourd’hui.

Armand Cosseron | 50:10.868

Vous parlez de la France, vous parlez de l’Europe, est-ce que vous observez des tendances ? Comment est-ce que l’engagement semble se dessiner en France par rapport à ce que vous pouvez observer ? Je parlais d’Europe, mais aussi d’autres endroits du monde, évidemment. Est-ce que vous voyez qu’il y a une forme d’engagement à la française ? Est-ce que non ? C’est quoi un peu votre ressenti là-dessus ?

Assaël Adary | 50:32.235

C’est compliqué, mais en tout cas, l’engagement de la française, il est quand même plutôt assez gaulois, assez sanguin, assez vite. Soit il y a une partie vraiment qui s’en fout, il y a une partie de la France qui vit très très bien sans engagement, sans engagement fort. Donc le sujet, c’est plutôt le quotidien, la famille et basta. Mais assez vite, sinon, on a en effet des positions en France qui sont un peu plus radicales que dans d’autres pays. Un peu plus acides, un peu plus aigus, un peu plus… exacerbée. Après, c’est aussi la beauté de notre pays. On a 400 fromages, on a… On a plus de 400 opinions sur le sujet. C’est à peu près normal. Pas simple à gérer. On peut le voir aussi sur le nombre même de choix politiques quand on fait une élection. Il y a assez vite 28 listes, la partie animaliste.

Armand Cosseron | 51:27.079

Il y en avait 32, je crois.

Assaël Adary | 51:28.251

32, voilà. Alors aux européennes, il y a trop de… On fait partie en Europe des pays où il y a plus de listes, enfin de différences de listes. Donc à la fois je trouve ça très bien parce que chacun devrait pouvoir y retrouver son sujet. Quand j’entends certaines personnes qui disent je ne vote plus parce que je ne retrouve pas de bonnes opinions, je me dis 32 listes en effet aux européennes, il en faudrait combien ? On revient sur 400 fromages. Il en faudrait 400. Donc voilà, je pense qu’on a beaucoup de choix, beaucoup de diversité. Le fait est que ça génère aussi de la fragmentation.

Armand Cosseron | 51:59.600

Et toi, Ibtihal, tu disais qu’il y avait un côté un peu individualiste en France. Est-ce que toi, il y a des initiatives d’engagement en France ou ailleurs, mais qui t’inspirent en particulier et dont tu souhaites parler aujourd’hui ?

Ibtihal Lakehal | 52:12.687

J’avais oublié de dire quelque chose. Je vais t’en jeter cette question. C’était par rapport justement à l’IA et au screening. Moi, il y a une difficulté à la fin de mes études à laquelle j’ai été confrontée. C’est qu’après des années à essayer de faire un joli CV, à le mettre à jour. à savoir écrire des lettres de motivation, on m’annonce que maintenant, il va falloir composer mon CV en fonction de l’IA et qu’il fallait que je fasse attention aux mots-clés, à l’occurrence de certains mots-clés. Et je me suis dit que finalement, c’était peut-être une bonne chose que l’IA arrive, mais que ça créait encore une fracture dans le sens où maintenant, il va falloir savoir faire un CV en fonction, non plus des humains, enfin en fonction des humains aussi, toujours, parce que ça finit toujours par arriver entre les mains d’un manager, mais aussi en fonction d’intelligence artificielle qui va analyser le nombre d’occurrences de certains mots, etc. Et je me suis dit, OK, donc en fait maintenant en fonction du poste Alors que je me dis, quels mots sont les plus à même être appréciés par l’IA ou comment va être câblé leur algorithme ? Et de ce fait, moi, comment je peux le savoir pour pouvoir composer en fonction ? Et là, je me dis, on arrive quand même à un niveau de connaissances à avoir et d’informations à avoir qui est assez précis quand même. Je me dis, mais comment accéder à ces informations ? Parce que ça, moi, ça relève presque du secret professionnel de certaines entreprises, en fait. Et donc, voilà. Ça m’a fait un peu peur pour le coup. J’arrivais sur la fin de mes études, mais je me disais, en fait, c’est encore d’actualité. Et là, pour le coup, c’est d’actualité. Autant pour, j’ai envie de dire, les jeunes demandeurs d’emploi, les personnes qui s’insèrent nouvellement après leurs études sur le marché, que pour des seniors qui veulent changer de travail. Ça concerne en fait tout le monde sur le marché du travail. Pour revenir à ta question sur des initiatives qui donnent peut-être un peu le sourire, j’ai envie de parler d’une démarche marketing qui a été faite par une… Une entreprise de VTC, Heetch, ce n’est peut-être pas le meilleur modèle en termes d’impact social et économique, mais c’était la campagne de pub qui s’appelait Greetings from la banlieue, quelque chose comme ça. En gros, dans la pub, dans la vidéo, on voyait en fait qu’avec l’IA Midjourney, qui génère des images, pardon, créées il me semble par Microsoft comme Chat GPT, elle génère des images et donc en fait, ils ont fait différents promptes où ils ont ajouté à la fin en banlieue. Par exemple, une classe en banlieue, un mariage en banlieue, un bar en banlieue. Et en fait, à chaque fois que la localisation en banlieue était ajoutée à ce prompt, on voyait que c’était des images où on avait une impression d’insécurité, de bien dégradé, avec une palette de couleurs très grise. Quelque chose de vraiment pas très joyeux et qui ne donnait pas envie ni d’aller en banlieue, ni de faire quoi que ce soit en banlieue. Et du coup, ils ont fait tout un travail de modification de l’IA. Je vais vulgariser un peu. je suis très loin d’être une ingénieure en machine learning, mais de modification de cet algorithme d’IA en insérant des images de la réalité qui était un peu plus révélatrice de ce qu’est la banlieue, de cette diversité, pour montrer à cette IA générative que la banlieue, ce ne sont pas que des choses qui sont associées à l’insécurité, à la dégradation, à la tristesse parfois même. Je me souviens avoir vu des images comme ça et donc je trouvais l’initiative assez déjà intéressante parce qu’elle révèle aussi dans un premier temps ce que peut faire de moins bien l’IA, c’est-à-dire accentuer les clichés qui existent déjà. Dans un deuxième temps, ça a révélé en fait notre capacité à nous, citoyens aussi, de modifier parfois les outils qui sont mis à notre disposition. On a la capacité d’enrichir la base de données de certains outils IA. Dans un troisième temps, je trouvais ça intéressant aussi de revaloriser un peu la banlieue de manière générale à travers une campagne marketing. Parce que c’est souvent un mot qui est associé à des informations qui ne sont pas heureuses ou assez parfois effrayantes.

Armand Cosseron | 55:54.432

Ce que je trouve super intéressant dans ton exemple, c’est trois choses. La première, ça montre qu’on peut s’engager en tant qu’entreprise sur ces questions-là. La deuxième, c’est l’usage de l’IA comme étant à la fois le problème et la solution, mais en tout cas comme étant l’élément marquant, je pense, de cette campagne. Et puis la troisième, c’est de se dire que l’engagement n’est pas forcément porté par… Un acteur associatif, un citoyen, ou ce qu’on appelle souvent les premiers concernés, je ne sais pas qui est au marketing là-bas, mais c’est de se dire, ouais, il y a un moment, et on parlait de prendre position, Assaël, toute-à-l’heure, à un moment l’entreprise a dit, on prend position sur ce sujet, et derrière, on n’est pas dupe. C’est une finalité où ils vont toucher aussi leur public et ils savent que c’est des marchés pour eux.

Ibtihal Lakehal | 56:37.076

Oui, clairement. Mais c’est vrai que c’est une manière qui est assez intelligente d’utiliser l’IA pour pouvoir s’engager derrière. Puis d’un point de vue marketing, j’en profite parce que l’IA, elle est là, mais je trouvais ça très intéressant parce que du coup, ils se positionnent beaucoup sur les trajets banlieue à banlieue et là, c’était vraiment une manière d’ancrer leur positionnement sur non seulement on est en banlieue à banlieue, mais aussi on fait des trajets banlieue à banlieue, mais aussi on s’engage pour la banlieue, pour tous les habitants de cette banlieue et toutes ces personnes qui parfois souffrent un peu des préjugés de la banlieue.

Armand Cosseron | 57:07.608

Est-ce que, je fais un mini tour de table pour conclure, s’il y a un dernier message fort que vous souhaitez partager aux personnes qui nous écoutent, ça serait quoi ?

Assaël Adary | 57:17.394

On voit bien que quand même, l’arrivée de l’IA, c’est pour ça que je le trouve intéressant, c’est qu’elle peut rebattre des cartes de l’inclusion parce qu’en fait, finalement, demain, celui qui va… plus réussir, c’est ma petite phrase à moi, c’est qu’il a donc tel compte. Et donc tel compte, il n’y a pas de sujet d’origine sociale, on peut un peu renverser la table si on s’empare de la technologie, si on progresse, c’est un moment où je trouve qu’on peut remettre des choses à plat ou d’équerre. Moi je soutiens beaucoup une structure qui s’appelle Diversidays. sur en quoi le digital, en quoi le numérique, les nouveaux ascenseurs sociaux, ou même pas que l’ascenseur social, parce que la diversité qui est prônée par Diversidays, c’est aussi les territoires ruraux, c’est aussi l’âge, et pas que les jeunes, les vieux aussi. C’est plein de sujets, et on voit que se former au code, se former à l’IA, finalement, ça peut être assez accessible. En tout cas, il y a plein d’options en France pour le faire, et ça peut permettre d’avoir une deuxième ou une troisième vie professionnelle, où… ou se désenclaver parce qu’on est au fin fond d’un endroit où il n’y a pas beaucoup d’autres jobs, que ça peut se faire à distance, bref. Tout ça fait que le numérique, aujourd’hui, en 2025, est un sujet d’inclusion de plein de diversités, de toutes les diversités du handicap, etc. Et moi, la petite phrase que j’ai souvent face à la modernité ou au numérique, et particulièrement à l’IA, c’est une phrase que j’aime bien de Marie Curie, quand même, il faut se rappeler, elle est quand même morte. de ses travaux, d’avoir été exposée à deux, trois trucs pas terribles. Mais elle a dit, elle réaffirmait souvent, elle disait, rien n’est à craindre, tout est à comprendre. Et je pense que avant de juger l’IA, avant de dire que c’est une horreur, etc., ceux qui vont réussir à la dompter, ceux qui vont d’abord passer par une phase de je me pose, je comprends, je me forme. ceux-là ont une chance je pense de reconversion, de rebond qui risque d’être très très positif donc rien n’est à craindre tout est à comprendre, avant d’hurler avec plein de gens, essayons de comprendre comment ça marche, essayons de nous former et ensuite, peut-être dans 6 mois on se rend compte qu’en effet c’est une dystopie totale et qu’on arrive à un truc horrible on refera un podcast ensemble et on dira oulala mais là l’heure m’en enregistre je pense qu’en effet il faut plutôt se positionner du côté de … l’IA sera une solution ou est une solution.

Armand Cosseron | 59:51.668

Super, merci Assaël.

Ibtihal Lakehal | 59:54.371

Je te rejoins sur le sujet et puis de manière un peu plus brève, je dirais n’essayez pas de vous positionner sur le pour ou le contre. Testez-la, tentez-la, j’ai envie de dire, domptez-la comme tu disais, et puis voyez ce que vous pouvez faire après, parce que ce serait dommage de se priver d’un outil qui est là en fait, qui s’insère dans notre société, que l’on utilise parfois sans savoir. Allez, on va reprendre un… Un exemple un peu mainstream de l’algorithme Netflix, qui, dans tous les logiciels ou les applications avec de la personnalisation, il y a souvent une IA pas très forte, assez faible en vérité, mais l’IA est bien présente. Et du coup, pour revenir sur ce qu’on disait, apprenons à la connaître, apprenons à savoir comment elle fonctionne et apprenons à en faire notre ami pour pouvoir, au-delà de dompter le prompt, la dompter elle-même pour éviter qu’elle ne reproduise des biais ou des inégalités qui sont déjà présentes dans notre société.

Assaël Adary | 60:45.942

Et si possible, même si je sais que pour l’instant, le match n’est pas vraiment… Il est plutôt perdu, mais essayons d’utiliser un peu Mistral pour aider Mistral à regagner la distance qu’il a avec ChatGPT. Parce que moins on l’utilisera Mistral, moins il va apprendre, moins il va s’entraîner. Donc là, je sais que j’utilisais énormément ChatGPT parce que je trouvais que c’était vraiment très performant. Là, j’essaye d’équilibrer mes usages avec un peu de Mistral pour essayer d’avoir un modèle français, européen minimum en matière d’IA. Parce que ça, je pense que ce sera un autre grand sujet qui va être le match entre la vision américaine, la vision chinoise et la vision européenne de l’IA. Et donc, je pense qu’il faut aider Mistral, en fait.

Armand Cosseron | 61:29.952

Du coup, je remets une pièce dans la machine, parce que ça fait partie des questions. J’avais hésité à la poser, mais je me suis dit, allez, puisque tu évoques le sujet, allons-y. Tu as commencé à planter le décor en Europe, notamment en France, on commence à être un petit peu à la bourre sur la question de l’IA, après on a des figures politiques qui ont beaucoup, beaucoup porté le sujet en disant, il n’est pas trop tard, c’est maintenant qu’il faut se lancer. La mienne nous dira s’ils avaient vu juste ou si on était déjà trop tard. Est-ce que vous identifiez plutôt des leviers d’engagement que ce retard actuel procure ? Je m’explique, est-ce que le fait qu’on soit un peu… en décalage sur la technologie de l’IA, peut-être pas sur l’éthique, où je sais qu’il y a plein de mouvements, plein de choses qui se mettent en place. Est-ce que vous vous identifiez des manières un peu de, je ne veux pas parler de sursaut quand on parle de ce sujet-là, mais d’accélération sur l’IA ?

Assaël Adary | 62:15.256

En tout cas, moi j’ai l’impression que si l’IA c’est un peu trois choses, c’est des investissements, des infrastructures, type data center, etc. Et surtout des gens très très intelligents et bien formés. J’ai l’impression que les gens intelligents et bien formés, on les a, voire même. où les volets partaient ailleurs. Donc là, j’ai l’impression qu’ils partaient beaucoup aux Etats-Unis. J’ai l’impression qu’ils ont plutôt envie de retourner. Ils en reviennent. Voire même, on va, quand il y a une vraie opportunité à accueillir des nouvelles stars académiques, ça commence déjà sur d’autres sujets, comme un mercato, on récupère des grands chercheurs américains qui vont revenir en France. Là, j’ai lu qu’il y avait un plan pour créer des data centers vraiment sur le plan volumineux, etc. Et je préfère qu’ils soient en France, avec une énergie nucléaire bas carbone qu’alimentée par du charbon ou je sais pas quoi.

Armand Cosseron | 63:08.775

C’est quand même Mistral, c’est ça ?

Assaël Adary | 63:10.384

Oui, c’est pour ça que si on a des chercheurs, si on a des data centers, et je pense qu’à l’échelle européenne, on est capable d’avoir du financement, pas à l’échelle de la France, mais à l’échelle européenne, on est capable de financer au moins un acteur, si ce n’est deux, significatif. Bon. je vais être un peu optimiste comme j’étais un peu pessimiste sur d’autres sujets j’ai l’impression que ça c’est les trois composants qui me font dire on a potentiellement une option et notamment en commençant bien par les chercheurs ils sont quand même en mathématiques en France en développement etc on forme quand même des gens que tout le monde nous envie quand Google à un moment donné décide de faire un hub d’intelligence ils le font plutôt à Paris qu’ailleurs parce qu’ils savent qu’ils ont là des ingénieurs des… des chercheurs de très haut niveau. Donc j’y crois.

Ibtihal Lakehal | 64:02.616

Oui, tu parlais d’investissement. Est-ce qu’aujourd’hui, dans les investissements qui sont faits aux startups, que ce soit par des fonds ou des business angels, etc., la tendance aujourd’hui est vraiment d’investir dans l’IA ? C’est-à-dire que, je ne vais pas dire qu’ils ne donnent pas de sous s’il n’y a pas d’IA dans le projet tech, mais si on devait grossir le trait, on pourrait le dire, limite que si aujourd’hui il n’y a pas d’IA dans le projet, et à… pas forcément d’intérêt de la part des investisseurs. Donc c’est une bonne chose dans le sens où ça nous permettra peut-être à travers quelques projets qui vont réussir à émerger de, éventuellement, rattraper notre retard. D’un autre côté, forcément, il y a toujours un malus qui est qu’on se ferme peut-être à d’autres innovations qui peuvent être réalisées sans l’IA.

Assaël Adary | 64:42.604

Il y a derrière, enfin là, vraiment, je ne suis pas expert, mais je vois tout de suite un autre sujet qui est la notion de quantique. J’ai l’impression que ça aussi, c’est peut-être que c’est de la… C’est peut-être… Pour des experts, on dirait peut-être que c’est déjà… Ça y est, la vague est déjà là, etc. Moi, je vois qu’elle va plutôt arriver. Et donc là, il ne faudrait pas les rater. Il ne faudrait pas rater aussi celle-ci qui va arriver. Mais j’ai l’impression que si en plus on peut faire… avoir des chercheurs, avoir des data centers, avoir du financement, qu’en plus on va faire, comme on l’a fait sur d’autres sujets, une IA plus responsable, ce sera imparfait. Mais en tout cas, nous, on peut avoir aussi une French Touch dans l’IA. En tout cas, une Europe and Touch, comme on a eu sur le RGPD, comme on a su le faire sur plein d’autres choses. Donc, je suis assez confiant. Après, il faut juste aussi que les citoyens utilisateurs utilisent. J’ai quand même en tête, je suis un peu plus âgé, j’ai un sujet qu’on avait quand même, un truc qui s’appelait Quant, une santé rivalisée avec Google, etc. Je ne suis pas assez expert pour savoir de quoi il souffre pour ne pas être au niveau de Google, mais il souffre aussi d’un La manque d’usage des gens, les gens dont moi le premier, enfin je n’utilise personne, mais je pense qu’il va falloir qu’on fasse confiance aussi à notre tech à nous, qu’on soit peut-être un petit peu patriotique, ou je ne sais pas quel terme, ou un petit peu protecteur de notre technologie.

Armand Cosseron | 66:07.538

Comme ça, ça a bouclé, bouclé. On avait commencé le sujet en se demandant comment est-ce que l’IA peut nourrir l’engagement. On termine sur comment est-ce qu’on peut s’engager à vis de l’IA. Trop bien, merci à tous les deux pour l’échange. Assaël, si on veut te retrouver, on va où ?

Assaël Adary | 66:23.481

Idéalement sur LinkedIn pour prolonger le débat. C’est la place publique.

Ibtihal Lakehal | 66:33.962

Et pareil, Ibtihal Lakehal sur LinkedIn aussi, pour prolonger les échanges, se retrouver et trouver d’autres informations aussi sur le sujet.

Armand Cosseron | 66:42.307

Trop cool. Merci beaucoup. À très bientôt pour un nouvel épisode.

Assaël Adary | 66:47.393

Merci à toi. Merci à vous.

Armand Cosseron | 66:51.932

Merci beaucoup pour avoir écouté cet épisode. Nous l’avons conçu avec passion pour que tu puisses vivre de la tienne. Merci à nos formidables invités, à Louane pour m’avoir accompagné dans sa conception, et à Alice. pour le montage sonore.

Louanne de la Motte | 67:04.947

J’espère que l’épisode te permettra de porter ton engagement encore plus loin. Et tu peux déjà t’engager en likant, commentant ou tout simplement en nous disant ce que cet épisode t’inspire. Tu connais forcément des gens qui ont besoin de l’écouter. Partage-leur cet épisode, ça te prendra un instant et ça leur fera plaisir.

Armand Cosseron | 67:21.600

Et poursuivons la conversation. Rejoins-nous sur LinkedIn, Instagram et TikTok. L’engagement se construit ensemble et nous avons plein de victoires collectives à aller chercher. A très bientôt avec Tu feras quoi plus tard.

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