Financer l’engagement

💬 « L’engagement commence à se financer. Plus j’avance dans le monde associatif, et plus je saisis les complexités de la philanthropie. »

Dans cet épisode, nous explorons comment financer l’engagement : du don de temps à la philanthropie, en passant par la RSE sincère, les choix de consommation et les leviers pour les entreprises. Cendrine Nazos (Philanthro-Lab) et William Honvo (économiste de l’écologie) débattent des articulations citoyens-associations-entreprises, des biens communs, et des petites actions qui font bouger les lignes.

Tu découvriras dans l’épisode :

🔹 Pourquoi donner du temps à une association est parfois contre-productif (quand on peut donner de l’argent)

🔹 Comment les entreprises peuvent éviter le social washing

🔹Et comment faire émerger et rendre concret l’engagement des collaborateurs

S’engager, c’est la nouvelle saison de Tu feras quoi plus tard ? ! Chaque épisode, c’est :

  • 1 table ronde d’experts pour saisir les enjeux
  • 1 témoignage inspirant pour découvrir comment agir

Armand Cosseron | 00:03.363

Hello, c’est Armand et tu écoutes, « Tu feras quoi plus tard ? »

Louanne de la Motte | 00:07.325

Et moi, c’est Louanne, bienvenue. Dans cette saison, nous nous explorons la notion d’engagement. Nous voulons permettre aux dirigeants d’entreprises et à toutes les personnes qui exercent des responsabilités de porter les engagements qui leur tiennent à cœur. Au service de la société et de la planète. Ensemble, partons à la rencontre de ces personnes inspirantes. Viens les découvrir et les écouter avec nous.

Armand Cosseron | 00:32.780

Dans ce quatrième épisode, nous allons parler de cash. L’engagement commence à se financer. Plus j’avance dans le monde associatif, et plus je saisis les complexités de la philanthropie. Et j’ai compris une chose, L’engagement peut prendre de nombreuses formes, tout comme les manières de le financer. C’est pour ça que dans cet épisode, nous allons croiser les regards de différents experts.

Louanne de la Motte | 01:08.148

Nous accueillerons deux experts du monde économique. Cendrine Nazos est responsable des programmes au Philanthro-Lab, le premier lieu dédié à la Philanthropie en Europe. Elle va pouvoir parler des différentes manières de financer l’engagement et surtout des articulations entre citoyens, associations et entreprises. Face à elle, nous aurons le plaisir d’accueillir William Honvo, économiste de l’écologie, et auteur de la bande dessinée. Les économistes sauveront la planète avec un peu d’aide. Il va nous parler du lien entre économie et cause, ainsi que des manières que nous avons tous, à notre échelle, de nous engager.

Armand Cosseron | 01:41.517

J’ai hâte de les écouter ! Tu vas voir qu’on peut tous agir à notre échelle. Et dis-nous en commentaire, sur Instagram ou sur LinkedIn, les freins, les solutions que tu as trouvées pour faire vivre tes projets.

Armand Cosseron

Bonjour à tous et bienvenue pour ce nouvel épisode de la saison 3 du podcast « Tu feras quoi plus tard ? » Qui est dédié à l’engagement. Aujourd’hui, je suis avec Cendrine Nazos. Travaille au Philentro-Lab et William Honvo, qui est économiste. Je vais vous laisser d’abord, toi, Cendrine, nous parler de toi en une phrase, s’il te plaît.

Cendrine Nazos

En une phrase, Je travaille effectivement aujourd’hui au Philanthro-Lab comme responsable des programmes et partenariats. Après un début de carrière plutôt à l’international, J’ai une formation généraliste. J’ai commencé dans les relations internationales au Vietnam et j’ai un petit peu toute ma vie. Cherché l’équilibre entre des missions stratégiques, analytique et opérationnel aussi, avec du sens et de l’engagement. Et donc, À mon retour en France, j’ai rejoint la Fondation Vinci Autoroute, une des deux fondations du groupe Vinci, pour travailler sur l’engagement autour de la conduite responsable, le comportement au volant, notamment, avant de rejoindre le cylentre Lab, où aujourd’hui, J’accompagne des porteurs de projets associatifs, des belles associations, comme tu feras quoi plus tard.

Armand Cosseron

Je te remercie. Et toi, William ? 

William Honvo

Bonjour à tous. Je m’appelle William Monvaux. Je suis économiste, donc, après des études d’économie, j’ai poursuivi en appréhendant l’économie de différentes manières. D’abord, l’économie du sport au cabinet du ministre des Sports. Et puis ensuite notamment à la Banque de France, où j’ai fait des prévisions économiques pendant des moments très intéressants qui allaient des grèves perlées de la SNCF au gilet jaune, en passant par la crise sanitaire.

Armand Cosseron

Trop bien, Je suis ravi de vous accueillir tous les deux. Au micro de tu feras quoi plus tard ? Puisque voilà, on est en train de faire cette série de podcasts sur l’engagement et on revient assez souvent, J’ai pu observer ça à travers mon engagement associatif dans des petites assos, dans des plus grandes assos et en fait, Je vois aussi dans le milieu de l’entrepreneuriat, vraiment la question du financement de l’engagement. Est-ce que c’est possible de financer Comment financer Quelles sont les bonnes ou les moins bonnes manières ? Et donc, c’est pour ça qu’on vous a réunis sur cette table ronde, c’est pour avoir vos regards, vos regards à la fois, terrain, si je puis dire, aussi d’observant ou en tout cas, observateur. Et donc, de regarder un peu. Quelles sont les perspectives là-dessus. Et avant de rentrer dans cet aspect-là et d’avoir vos opinions, vos points de vue, vos vécus, moi, J’ai une première question que j’aimerais vous poser sur l’engagement. Et William, c’était celle que… Toi, tu me posais aussi un peu en préparation, en me disant quelle était ma propre définition de l’engagement. Moi, j’ai envie de savoir comment est né, vous, votre engagement. D’où vient-il ? Parce que dans vos activités respectives, vous portez aussi une certaine forme d’engagement. Qui veut se lancer en premier pour répondre à cette question ?

Cendrine Nazos

Je peux y aller. Je ne sais pas si je me considère, à titre personnel, comme particulièrement engagée, mais moi, Ça vient d’abord d’un constat jeune, le constat de mon milieu social, de l’observation de la vie et de la traite. De la trajectoire de ma propre famille, de mes grands-parents immigrés, de mes parents, de constats qu’on fait autour de l’égalité des chances, notamment, et puis de l’observation, tout simplement du monde. Je pense que quand on prend le temps, Moi, j’ai eu la chance de naître à une époque où je n’étais pas encore collée aux écrans, Et je pouvais regarder le monde dans la rue quand je me baladais, Et on observe… Des inégalités, des personnes à la rue, des personnes en situation de handicap. J’en ai dans ma famille aussi. On se confronte parfois à des petites anecdotes, des petites questions qui nous font remarquer certaines formes d’inégalités. On observe des catastrophes au niveau climatique, en termes politiques, socials et autres. Et donc, c’est vraiment. Ce constat, tout simplement, qui m’a fait dire qu’il y a quelque chose qui ne va pas très bien dans le monde. On n’est pas dans un monde de bisounours. Et donc, comment est-ce qu’on peut s’engager ? Est-ce que ça va de, Quand on a 5 ans, vouloir donner une pièce à un SDF dans la rue, Quand on est un petit peu plus grand, à se dire, qu’est-ce que je peux faire. moi, à mon niveau, en tant que citoyenne, en tant que consommatrice, en tant que professionnelle ou future professionnelle, Comment est-ce que je peux m’engager ? Donc, moi, C’est ces constats-là et parfois ces petites révoltes ou ces petites injustices vécues ou observées, qui ont pu susciter mon engagement.

William Honvo

De mon côté, je retrouve pas mal de choses par rapport à ce que Cendrine vient d’expliquer. Je pense que un engagement fort que j’ai, c’est en matière environnementale, et qui est parti d’un constat que je faisais pendant mes études. Globalement, je fais 5, 6, peut-être même 7 ans d’études d’économie, Si je mets tout bout à bout. Et sur ces 7 années d’études d’économie, on a très peu parlé d’économie, de l’environnement et de la transition écologique. J’ai fini mes études en 2018, et en tout, j’ai dû avoir un semestre dédié, donc peut-être 20 heures sur le sujet, Alors que toutes les autres notions, tous les autres thèmes en économie étaient beaucoup plus fouillés, beaucoup plus travaillés, On avait plus d’exercices dessus. Sans que ça paraisse pour autant. prioritaire, entre guillemets. Il y avait une sorte de décalage à la fin de mes. Études entre ce que je voyais en lisant la presse, en observant un peu autour de moi, En discutant avec des personnes jeunes ou plus âgées sur le constat qui pouvait être fait en matière environnementale, et dans le même temps, mes études qui me donnaient un bagage théorique, certes très intéressant, très élégant sur le papier, Mais qui ne semblait pas trop matcher avec ce que je voyais à côté. Après ça, j’ai commencé à donner un certain nombre de cours. C’était des cours… Cours à différents niveaux post-bac, à l’université ou en classe préparatoire. Et je voyais que cet écart semblait un peu se creuser entre le programme, qui était appris d’une part par les élèves pour préparer des concours, pour préparer des examens, des partiels, et, d’autre part, Les sujets qui intéressaient vraiment quand on parlait d’économie. Donc, c’était est-ce qu’on a le droit de prononcer le mot décroissance dans une copie Est-ce que la transition écologique est une réalité Est-ce que la notion de croissance verte a un sens En quoi ça peut m’aider à comprendre le monde qui m’entoure ? Alors que c’est un peu la promesse que fait l’économie quand on commence la matière. Et donc, de mon côté, avec une dessinatrice fantastique qui s’appelle Julie Bouveau, Je me suis lancé dans la rédaction pendant le confinement d’une bande dessinée pour expliquer l’économie de l’environnement. Un peu, une sorte de manuel scolaire, entre guillemets, à destination de toutes les personnes qui seraient intéressées par ce sujet. Je me suis engagé un peu sur ce thème. Et je pense que du coup, ma définition de l’engagement, c’est quelque chose, dans mon cas, d’assez concret. C’est juste, qui reboucle un peu avec ce que Cendrine disait, C’est juste observer qu’il y a un peu un manque ou dans la raquette, ou quelque chose qui nous paraît un peu anormal. Je disais un moyen pour boucher ce trou. Donc, moi, c’était une bande dessinée, mais après, il y a plein de moyens possibles.

Armand Cosseron

Oui, mais justement, moi, Ce que je note dans vos déclarations, c’est que vous avez porté vos engagements suite à des observations, des conseils que vous avez adressés dans vos quotidiens autour de vous, et justement, pour pallier un manque. Donc, c’est quelque chose comme… De l’ordre de réparer un besoin ou d’agir sur quelque chose qui vous a surpris autour de vous, qui vous a incité à l’action. C’est bien, ça

William Honvo

Complètement. On entend souvent quand on voit des histoires un peu entrepreneuriales, qui sont beaucoup poussées sur les réseaux, etc. Une phrase qui, Je trouve, est assez transposable à la notion de l’engagement, c’est de dire « j’ai fait le produit dont j’avais rêvé plus jeune ou dont j’avais besoin plus jeune » . Moi, en tout cas, C’est vraiment cette logique. C’est « étudiant, j’aurais bien aimé avoir ce livre que j’ai écrit ensuite » . Pour créer des vocations, pour juste expliquer à une personne qui veut comprendre, lui donner 2-3 briques pour qu’elle puisse comprendre un certain nombre de choses. Et donc, je pense que c’est aussi ça, donc peut-être qu’il y a un peu un parallèle à faire. Avec ce côté entrepreneurial, entre guillemets, en créant un produit par rapport à un manque qu’on a observé.

Armand Cosseron

Donc ça y est, maintenant, là, Tu me lances sur les questions qui ne sont pas du tout dans celles que j’avais prévues de poser. Mais est-ce que tu dirais, ou même toi, Cendrine, est-ce que vous diriez qu’il faut avoir l’esprit entrepreneurial, forcément, pour pouvoir s’engager ?

Cendrine Nazos

Moi, personnellement, je ne suis pas convaincue. Je rejoins totalement le parallèle de William et je pense que ça peut être une motivation, Ça peut être un moteur pour beaucoup. Je pense même, si je rebondis sur ce que vient de dire William, Ça interroge aussi le fait de lutter un peu contre une forme de dissonance Quand on arrive dans le monde professionnel, c’est-à-dire de garder effectivement le produit dont on rêvait ou qui nous manquait et qu’on souhaiterait voir arriver. C’est la même chose sur le monde tel qu’on le voudrait, Le monde idéal. Un peu naïf et un peu bisounours, comme je disais au départ, que l’on souhaite. Pourquoi abandonner cet idéal quand on rejoint le monde de l’entreprise ? Et donc, quand on a la force, le tempérament ou l’opportunité d’être un entrepreneur et de vouloir créer l’entreprise que l’on souhaite, On peut la dessiner ou tenter, en tout cas, de la dessiner, à l’image de ce monde rêvé, de ce produit idéal. Mais quand on est salarié ou bénévole, ou une autre forme d’engagement professionnel, on peut aussi le faire avec des choix de structure, dans la façon de faire son travail. Est-ce que… La bienveillance, on peut l’amener dans son travail. La générosité, on peut l’amener dans son travail. Le choix de l’entreprise ou de l’association ou de la collectivité que l’on va rejoindre pour travailler, On peut le faire en choix par rapport à ses engagements, qu’ils soient politiques, sociaux, écologiques et autres. Donc, il y a d’autres façons, Quand on n’a pas une âme d’entrepreneur, Je pense de pouvoir s’engager.

William Honvo

Oui, je suis complètement d’accord. C’est vraiment en cible. À la fin des fins, ça permet d’améliorer un petit aspect ou un gros aspect. De la réalité. Après, il y a plein de manières d’y aller. Moi, dans mon exemple, C’est un exemple un peu atypique, puisque c’était un contexte de confinement où j’avais du temps libre, j’avais des idées et je me suis lancé, à vrai dire, sans trop savoir comment. J’allais mettre tout ça en musique pour aboutir au résultat final, en voyant un peu jusqu’où ça allait m’amener. Dans le cadre professionnel, par exemple, Il y a plein d’initiatives qui peuvent être prises ou dans le cadre associatif pour suivre un peu son engagement.

Armand Cosseron

Et justement, pour tirer la réflexion encore… Encore plus loin, quand on parle d’engagement, Parfois, c’est vu comme un luxe. Tu parlais de bénévolat comme forme d’engagement. Souvent, il y a des sujets qui sont pris en charge. Je pense justement sur l’écologie. L’approche est parfois un peu caricaturale de dire que c’est quelque chose de bobo. parisien, blanc. Parfois, ça ne touche qu’une seule partie de la population qui peut-être A cette capacité ou ce luxe de pouvoir se positionner sur ces sujets-là. Est-ce que vous diriez que finalement, l’engagement, Ce n’est pas un truc de personnes aisées ou de personnes riches ? Qui peuvent se permettre de le faire

Cendrine Nazos

C’est toujours plus facile. Plus on est privilégié, plus on a de moyens et plus, c’est facile de donner parce qu’on raisonne en termes financiers. Donc, effectivement, tout le monde peut donner de l’argent quand on est millionnaire, milliardaire ou même quand on gagne tout simplement très bien sa vie. Avec un bon salaire de cadre, j’allais dire parisien, mais pas forcément que parisien. C’est plus facile de donner 10, 100, 500 euros ou autre, parce que c’est du superflu. C’est-à-dire que ce que je vais donner, ne va pas m’empêcher, me sacrifier moi pour payer mes factures ou faire mes courses. Donc, je donne en prenant sur du loisir ou de l’économie future pour capitaliser ou mon patrimoine futur. Mais on peut aussi donner quand on a moins, on peut donner de l’argent. Et moi, je l’ai beaucoup observé. Je parlais tout à l’heure de mon constat, un peu familial, depuis petite. J’ai souvent remarqué autour de moi que c’était les gens les plus pauvres, dont des personnes de mon entourage familial ou social, qui donnaient. Le fameux, quand il y en a pour 10, il y en a pour 11, c’est d’ouvrir sa table à d’autres personnes, alors qu’on sait que le prix de ces courses-là, de ce qu’on a acheté, a un vrai impact sur ce qu’il reste à la fin du mois pour ces personnes. Parce que chaque euro compte, et pourtant, il y a des cadeaux de Noël, il y a des repas pour les autres, Il y a du don à des associations, et ce n’est pas du superflu. Mais quand on n’a pas d’argent, on peut aussi donner, Et c’est aussi un peu la philosophie du fil entre Lab, où je travaille aujourd’hui, on peut donner du temps, on peut donner du… Du conseil, on peut donner de l’écoute, on peut donner de l’expertise. Je dis souvent, en plaisantant, on peut donner son sang aussi, puisqu’avec le Fiat, entre Lab, on est souvent partenaire, chaque année, partenaire de l’EFS, pour organiser un don du sang. Il y a plein de façons de donner. Donc oui, c’est plus facile quand on a certains privilèges, y compris d’ailleurs d’éducation, donner du temps et de l’expertise. C’est plus facile quand on a eu la chance de pouvoir faire des études et d’être conscient d’avoir certaines compétences, parce que c’est aussi un luxe de savoir qu’on a des compétences. Et de pouvoir mettre le doigt dessus, d’avoir assez confiance en soi. Pour se dire, j’ai telle compétence ou telle expertise à partager avec d’autres. Donc c’est plus facile, mais ce n’est pas indispensable. On peut tous donner et s’engager à notre échelle.

William Honvo

Oui, je suis complètement d’accord. Moi, je suis particulièrement sensible à l’argument donner son temps, puisque c’est quelque chose que j’observe aussi beaucoup autour de moi. Et peut-être une inégalité. De ce point de vue-là, c’est le travail ou l’occupation. classique, la semaine. Il ne faut pas avoir un emploi du temps qui permet de se libérer pour donner des heures. Les heures, Ça va très, très vite quand on commence à s’investir. Je pense que je parle à trois personnes qui savent bien ce que ça représente. Et puis aussi, en fonction de la nature de l’engagement, On s’expose aussi personnellement. C’est un luxe qu’il faut pouvoir se permettre aussi. Donc, je pense que mis bout à bout, il y a plein de manières de donner, Mais à la fin, c’est quand même un transfert vers… Vers un autre, vers l’autre.

Cendrine Nazos

Et si je peux me permettre, il y a aussi une autre forme d’engagement qui ne coûte rien, c’est l’engagement aux citoyens. C’est d’aller voter, quelle que soit la façon dont on vote. C’est de continuer à s’informer. Alors que ce n’est pas toujours facile d’arriver à s’informer correctement, de faire ce travail. Ça demande aussi du temps, d’ailleurs, et des outils. Mais c’est s’informer, c’est de voter. Et c’est le fameux consomme-acteur. C’est aussi la façon de consommer, d’utiliser sa carte de crédit. Alors, certes, c’est de l’argent, mais tous, à un moment donné, qu’on en ait beaucoup ou pas beaucoup. On utilise notre carte de crédit pour faire des achats. Alors, oui, c’est peut-être un truc de bobo privilégié, de pouvoir acheter bio, de pouvoir prendre des billets de train qui, parfois, malheureusement, coûtent plus cher qu’un billet d’avion. Mais on peut tous faire à une échelle, à un niveau, sur certains postes de dépense, des arbitrages et des choix qui, En tout cas, envoient un signal à l’économie, à des marques, à une forme de consommation qui est une forme d’engagement. Et là, je rejoins un peu la théorie du colibri, où, si chacun fait sa petite part de consomme, acteur, à la fin, Sur une masse de 8 milliards d’habitants qui ont plus ou moins de moyens, Il peut y avoir une différence d’orientation et d’engagement. Qui se traduit, Je parle à l’économiste, qui se traduit probablement d’un point de vue économique et social.

Armand Cosseron

William, est-ce que tu veux rebondir là-dessus ? Je reprends la volée, ta casquette d’économiste. Est-ce que toi, Il y a des études ou des enquêtes en particulier, dont tu aimerais nous parler, que tu as pu observer et qu’on va tirer ton attention sur ces questions d’engagement ?

William Honvo

Sur ces questions d’engagement, spécifiquement, j’ai forcément d’études précises en tête. Je sais qu’il y a une prix Nobel d’économie, Elina Rostrom, Qui a un positionnement entre les sciences politiques et les sciences économiques et qui a beaucoup travaillé sur les modes d’organisation. En vue d’atteindre un objectif collectif, notamment environnemental, Mais ça peut être un objectif sociétal, Elle s’intéresse à la manière dont une société, une communauté, va essayer de préserver un bien commun. Donc un bien commun, ça peut être un champ, ça peut être un système politique, ça peut être la stabilité, la sécurité, etc. Et elle montre que, alors qu’on a une vision qui est très présente dans le débat public, qui est particulièrement présente dans la science économique, où tout est relativement centralisé, où on a un État qui va de manière très macro… Imposer des normes qui seront respectées ou pas, et en fonction d’un dispositif d’incitation, sanction, orienter les comportements, Elle montre qu’il y a plein de manières, au niveau d’un petit groupe, au niveau de la communauté, de s’organiser pour préserver ce bien commun. Elle prend des exemples très concrets, par exemple, pour gérer des forêts auxquelles il n’y a pas de droit de propriété attachée. Puisqu’une communauté va se mettre d’accord à son échelle pour préserver la forêt, on va réussir à la sauver, à éviter qu’elle soit coupée entièrement pour être exploitée, alors que le système économique plus traditionnel n’a pas de solution clé en main pour éviter ça. Il va y avoir une solution très descendante où l’État peut interdire d’exploiter la forêt, Il va y avoir des solutions où on va faire. Des mécanismes compliqués, de création de marchés, des droits pollués, d’incitation, de quotas, etc. Mais là, elle montre, ce qui est vraiment intéressant dans son approche, que directement au niveau de la communauté, Si la communauté est d’accord sur le constat que cette forêt va être importante, elle va trouver d’autres manières d’auto-gérer, un peu en quelque sorte, au niveau local, cette forêt pour la préserver. Donc ça, c’est quelque chose qui, D’un point de vue économique, d’un point de vue environnemental, est assez intéressant. Et je pense qu’on retrouve un peu cette notion d’engagement. C’est de dire, alors qu’il y a des biens communs qu’on ne peut pas préserver avec les outils économiques traditionnels. Un engagement citoyen, un engagement politique, Un engagement local va permettre de trouver la solution. C’est quelque chose d’assez nouveau qui a ouvert tout un courant dans la littérature économique et qui reste relativement récent, pour lesquels il n’y a pas énormément de travaux à ce jour.

Armand Cosseron

Super intéressant, Merci beaucoup pour partager ça. Et c’est vrai que ça me fait penser, Je vais faire à la fois une tentative de synthèse de ce que vous venez de dire. Et en briller sur ce que ça évoque. De mon côté. En termes d’engagement, il y a plusieurs manières de s’engager. On l’a vu, du temps, volet financier. Ça dépend aussi de la forme d’engagement ou même de l’équilibre de vie. Aux vies perso qu’on peut avoir, donc des opportunités qu’on a à notre échelle. Ce sur quoi j’ai envie d’embrayer, parce que vous touchez du doigt. Ce sujet-là, C’est aussi un peu la casquette, En tout cas, la posture, d’où on va porter cet engagement-là, que ce soit à un moment, Cendrine t’évoquait les… collectivité, Que ce soit en tant que citoyen, que ce soit en tant que salarié. Il y a plusieurs casquettes qu’on peut porter, il y a plusieurs échelles aussi auxquelles on peut intervenir. Qu’est-ce qui fait que vous, dans vos activités respectives, vous allez décider d’un engagement que vous allez porter Qu’est-ce qui vous aide, vous, à prendre vos décisions à ce niveau-là ?

Cendrine Nazos

Moi, je ne suis jamais à l’aise avec cette réponse parce que j’ai souvent tendance à répondre, que ce soit pour l’engagement ou pour pas mal d’autres choses, le bon sens. Mais alors, le bon sens, ça peut… Vouloir tout et rien dire. Je pense que beaucoup de personnes, je ne citerai pas de noms, Mais de grands dirigeants de nations qui nous surprennent tous les jours, sont persuadées d’avoir du bon sens, probablement. Donc, je ne suis pas hyper à l’aise avec cette réponse, mais c’est le bon sens. Et je reviens à cette observation, C’est des sortes de valeurs, mais qui sont un petit peu, qui sont presque organiques, qui viennent de ce qui vient titiller une fibre intérieure qui me fait dire est-ce que ça, c’est… C’est bien, c’est mal, est-ce que ça va dans le bon sens ou pas dans le bon sens ? Ça peut paraître très naïf et très superficiel, mais en fait, c’est ça. Et après, ici, moi, au PhilanthroLab, J’ai la chance d’être dans un cadre qui est en fait tourné vers cet engagement. C’est sa valeur, le PhilanthroLab. Le PhilanthroLab, Il a été créé pour offrir un espace de soutien aux acteurs de l’intérêt général, pour accompagner les porteurs de projets et les personnes qui sont engagées et leur apporter un espace de professionnalisation, de développement. De monter en compétence, de rencontres, d’échanges. De fait, Je suis quand même dans un environnement assez stimulant pour orienter cet engagement.

William Honvo

J’ai une approche assez différente par rapport aux différents engagements que j’ai pu avoir personnellement. C’était toujours la réponse à une demande. Dans le cas de la bande dessinée sur les questions environnementales, c’est puisque mes élèves me demandaient, ils me posaient toujours la même question, Mais pourquoi on ne parle pas d’environnement ? Pourquoi il n’y a pas d’environnement dans les cours ? programmes, etc. Dans le cas de cours particuliers ou d’accompagnement pour aider à avoir plus d’informations sur les parcours scolaires, les possibilités de trouver des stages, des choses comme ça. Ça aussi, c’est des… Puisqu’on me le demandait souvent, je me suis dit, Là peut-être qu’il faut essayer de trouver des solutions pour un peu institutionnaliser et aider les élèves ou les personnes qui n’auraient pas le courage de demander ou le réflexe de demander. Ça venait plutôt à chaque fois d’une demande qu’on m’a faite et je me dis, Mais si on me le demande plusieurs fois, c’est qu’il y a un besoin et que je peux aider à ce niveau-là.

Armand Cosseron

C’est plutôt comme ça que je suis parti de mon comité. Et ouais, si on se prête un peu à l’exercice, je pense que de vos postures respectives, vous avez des regards assez intéressants à apporter. là-dessus je me dis je suis en train d’écouter cet épisode-là je suis responsable d’une TPE d’une PME d’une entreprise locale moi je souhaite m’engager je souhaite accompagner mes équipes dans leur volonté de s’engager comment est-ce que je peux m’y prendre selon vous ?

Cendrine Nazos

Moi, je pense qu’on peut s’y prendre de plusieurs manières. Il y a à titre personnel, puisque ces dirigeants de PME, TPE, ça reste des citoyens, des consommateurs. Donc, Il y a bien sûr tout ce qu’ils peuvent faire dans leur vie personnelle. Et il y a la façon d’incarner aussi, en général, un chef d’entreprise. Il est souvent un modèle, il incarne, il donne, un cap, une vision, il dessine un modèle économique. Donc, Toutes ces valeurs à lui sont souhaits d’engagement. Il peut le traduire à chaque étape. De son modèle économique, peser chaque externalité négative ou impact de ses actions. Ça va dans le choix de partenaires, de sous-traitants, de clients, de canaux de diffusion, quel que soit le modèle économique de l’entreprise, Et s’interroger à chaque étape sur les potentielles conséquences néfastes de son activité pour essayer de les atténuer au maximum, d’un point de vue purement économique. Ensuite, il y a la façon dont il peut donner du temps. Temps ou permettre d’équilibrer le temps de ses salariés, de ses collaborateurs pour que chacun puisse également s’engager. Donc, c’est aussi une forme d’engagement. Déjà, de s’engager dans le bien-être au travail, l’équilibre vie pro-vie perso de ses salariés. Et en plus de pouvoir encourager ou mettre en place des petites actions qui leur permettent d’aller soutenir des associations, de s’engager, d’ouvrir les bureaux s’ils ont des bureaux à des personnes qui auraient besoin d’accéder à une douche, à un café, à des espaces. Il y a plein de façons de mettre les… Les forces vives de l’entreprise, qu’elles soient humaines, qu’elles soient matérielles, qu’elles soient techniques ou en compétence, au service d’une cause. Et ensuite, il y a toute la partie philanthropie, c’est-à-dire qu’une partie aussi des revenus de l’association peut être réinjectée, que ce soit sous forme de fondations, de fonds de dotation ou d’autres formats, dans le soutien de causes. Et là, je pourrais développer, mais ce n’est pas forcément toujours des gros montants, c’est aussi la façon dont on le fait. C’est le fer et tous ceux qui sont dans les associations. Qui nous écoutent, je pense qu’ils reconnaîtront, C’est la façon dont je donne. Est-ce que je donne de façon ponctuelle des petits montants ou je donne des plus gros montants de façon pluriannuelle. Pour permettre aux associations d’avoir une visibilité, de pouvoir asseoir et projeter leurs projets ? Est-ce que je flèche mon argent vers des projets très spécifiques qui me permettent d’avoir des beaux chiffres sur mon rapport à l’activité ? Ou est-ce que je prends en considération la réalité des associations C’est-à-dire que pour faire ce dernier kilomètre, que l’État ou l’entreprise ou le marché ne peut pas faire, Qui vont pallier des problèmes de société. Elles ont besoin de payer des compétences, donc des personnes qui ont besoin d’être rémunérées et de payer elles-mêmes leur loyer. Elles ont besoin de payer des loyers, des assurances, du matériel. Donc, est-ce que je vais financer des frais de fonctionnement quand je soutiens ces associations ? Voilà, C’est plein de petites réflexions à avoir qui peuvent faire que l’argent qu’on a et toutes les ressources qu’on a à la tête d’une. PME ou TPE peuvent aller dans le bon sens et être utiles et être engagées au service de la société.

William Honvo

Oui, je suis complètement aligné. Il y a un point que je trouve particulièrement intéressant, c’est d’être en premier lieu créé, en tout cas en interne, un espace d’écoute. Parce que, souvent, il y a beaucoup d’idées qui sont portées par les collaborateurs, par les salariés, et qui ont juste besoin d’avoir un espace pour pouvoir s’exprimer, et qui, après, conduisent souvent assez naturellement, J’ai pas mal d’exemples en tête, à des initiatives qui sont concrètes et qui vont permettre de changer un peu les choses. Donc, je pense que vraiment, la première étape, et en plus de ça, Je suis très convaincu personnellement que c’est un vrai levier de motivation des équipes, et qu’il y a une demande qui existe, Et je l’ai observé de plein de manières différentes, dans tous les postes que j’ai pu faire. Toutes les structures que j’ai pu faire, créer un espace d’écoute, un espace de partage qui rejoint ce que Cendrine expliquait, pour avoir un environnement qui est favorable à ce que des idées émergent. Et une fois qu’elles ont émergé, qu’elles se concrétisent. Et à ce moment-là, voir comment on peut les accompagner. Et souvent, Il y a plein de leviers pour les accompagner, qui n’ont pas de conséquences, avant même d’avoir des conséquences financières, avant même d’avoir un impact économique sur la vie de l’entreprise, permettent de renforcer l’ambiance dans les équipes et surtout de faire vivre un peu ces projets. Et on revient sur ce qu’on disait peut-être précédemment sur le temps. Je pense qu’il y a beaucoup de personnes qui sont prêtes à donner un peu de temps, qui sont prêtes à s’engager. Par contre, Ce qui manque souvent, c’est cette charnière, c’est ce levier, C’est comment on fait concrètement. Créer un peu les conditions de cet engagement des collaborateurs, C’est un levier facilement activable et qui est, à mon avis, très puissant.

Armand Cosseron

Donc, une phase de diagnostic, en tout cas, c’est-à-dire on met les personnes autour de la table, on leur permet d’avoir le cadre de confort, le cadre pour pouvoir s’exprimer.

William Honvo

Puis, après, on tombe un peu sur le bon sens. C’est-à-dire, en fonction des outils ou des solutions qui sont à disposition dans le monde d’organisation, qu’est-ce qui est possible de mettre en place de manière peut-être la plus évidente ou la plus efficace qui va avoir de l’impact ou une utilité auprès des associations ou avec les partenaires avec lesquels je vais avancer.

William Honvo

Exactement. Moi, peut-être pour donner un exemple concret, Je travaille actuellement à la Caisse des dépôts, donc grosse structure. Dans la holding, où il y a à peu près 6 000 salariés. Et donc là, On a reçu il y a deux semaines un mail qui nous demande… Donc, là, peut-être en préambule, La Caisse des dépôts, elle a un certain nombre de missions de services publics. Une de ces missions, c’est d’utiliser l’argent du livret. A, donc l’argent de l’épargne des Français, pour financer le logement social, la transition écologique, la rénovation urbaine, entre autres. Et après, la Caisse des Dépôts a plein de missions qui vont de l’aménagement des territoires à… Au soutien à l’économie française, en passant par plein de mesures un peu entre ces deux pôles. Donc, vraiment, on crée service public assez tentaculaire et assez peu connu, d’une certaine manière. Et donc, On a reçu un mail il y a deux semaines. Qui demandait à tous les collaborateurs de faire remonter des idées. Sous la forme d’une petite contribution d’une à deux pages pour demander, d’après chaque collaborateur, quels seraient les défis auxquels la Caisse des Dépôts devrait faire face en 2050. Une question… Assez classiques, Mais qu’obligent à se projeter par rapport aux missions actuelles de la Caisse des dépôts. Et donc, Ce mail met de manière quasi immédiate à animer toutes les pauses café auxquelles j’ai participé depuis ces deux semaines. Et donc, on a tout le monde qui se pose des questions, chacun va avoir son angle, Donc il y en a qui vont vous dire. Il faut anticiper tel type de risques écologiques, On peut pousser sur cet aspect. Il y en a d’autres qui, de manière beaucoup plus opérationnelle, vont dire, Mais il y a tout un maillage territorial, avec plein de directions régionales à la Caisse des dépôts, Pourquoi ne pas s’en servir ? Pour avoir des bureaux en télétravail et pouvoir travailler de partout dans la France sans centraliser. Donc, des idées complètement différentes qui émergent. Et il a suivi d’un mail, et le mail indiquait qu’une fois que ces contributions seraient remontées, Un groupe de travail un peu ad hoc serait constitué à partir des 20 contributions qui seraient jugées les plus intéressantes, complémentaires, etc. Et donc, c’est quelque chose qui a beaucoup motivé en interne et qui a montré qu’il y avait plein d’idées que les gens avaient, mais qui gardaient pour eux ou pour leurs collègues de bureau, et qui, en fait, demandaient juste à… S’exprimer dans un cadre un peu favorable. Donc, parfois, il suffit d’un mail pour vraiment lancer une dynamique. Et après, c’est la responsabilité, ça pour le coup du dirigeant, je pense, de l’entretenir et d’en faire quelque chose.

Armand Cosseron

Bel exemple, merci. Est-ce que toi, Cendrine, tu as des exemples, peut-être de formes, d’engagement ou d’initiatives qui t’inspirent que tu aimerais partager avec les personnes qui sont avec nous, qui nous écoutent. À part, tu feras quoi plus tard ?

Cendrine Nazos

À part, Tu feras quoi plus tard ? Moi, je n’ai que ça, puisque je travaille qu’avec des gens qui ont envie de sauver le monde et qui, Non seulement ont envie, mais passent à l’action pour le faire à leur échelle. Donc, moi, j’ai des exemples qui peuvent être anecdotiques, mis bout à bout, à droite, à gauche, Et je ne veux pas en mettre un avant plus qu’un autre. Mais justement, ce que je trouve intéressant, c’est l’addition. De ces comportements un peu individuels, que ce soit un dirigeant d’entreprise, d’un côté qui s’engage, qui crée le fil entrelap, par exemple, ou qui va financer ou soutenir une association. Ça peut être une personne à titre individuel. Ça peut être plein de collaborateurs qui se mobilisent, comme dans l’exemple de William, pour faire remonter des idées et peut-être Changer presque un modèle économique et avoir un impact peut-être plus systémique à long terme sur l’action de son entreprise. Des exemples, j’en ai plein. J’aimerais peut-être remettre à l’honneur, j’en profite pour… C’était une personne que tu connais aussi, Armand, je pense, qui s’appelle Christèle Galpin, cofondatrice de la société Alfalfaz. Christèle a eu une carrière très intéressante dans le domaine pharmaceutique pendant des années. Aujourd’hui, elle est coach. Pour être très honnête, j’étais assez sceptique sur le concept de coach, d’une manière générale. Elle m’a réconciliée avec cette action. Elle accompagne aujourd’hui les incubés et les accélérés. Ce sont les porteurs de projets associatifs que l’on accompagne au fil entre-là pour pouvoir… développer, structurer leurs projets et avoir l’impact qu’on leur souhaite d’avoir avec leurs structures. Et c’est une personne qui donne énormément de son temps, de son écoute, de ses compétences, de ses qualités humaines, Et qui vient donner en pro bono purement du temps, de l’expertise, de l’expérience et aussi son humanité. Et elle a, je pense, contribué de façon consciente ou inconsciente à littéralement, changer la vie de porteur de projet. Et de contribuer, du coup à leur persévérance et à l’efficacité que ces porteurs de projets peuvent avoir avec leurs associations. Donc, c’est un exemple d’engagement. Et à côté de ça, je la mets à l’honneur, malgré elle, parce qu’elle ne le sait pas et elle ne l’aime pas, Mais j’ai une amie proche qui s’appelle Axelle, qui s’est engagée aujourd’hui en Ukraine pour aller préparer la reconstruction du pays. Et ce que l’aide de la France peut apporter au pays. Et c’est une action qui passe dans son engagement. professionnelle, Ça a été un choix de se dire, je souhaite y aller et je veux contribuer à ça, d’apprendre l’Ukrainien pour pouvoir le faire aux côtés des populations locales et sur place, d’aller en plus dans des associations, Contribuer, comme elle peut le faire à des petites actions à droite, à gauche, auprès du tissu associatif local qui va envoyer des vêtements aux soldats qui ont froid sur le front et qu’il faut réparer. Ou des petites choses qui peuvent paraître anecdotiques en parallèle d’un engagement professionnel. Et je trouve que ça illustre totalement la façon dont on peut être engagé, à la fois en tant que citoyen, en tant que professionnel, en le faisant dans un choix de carrière, de métier, en s’en donnant les moyens, Et ensuite, en le traduisant aussi, concrètement, en tant que citoyen engagé auprès des communautés et des associations locales.

Armand Cosseron

Super, merci pour ce partage Cendrine, Puisque ça montre aussi des manières concrètes à l’échelle individuelle d’actions qui peuvent être portées. Mention spéciale au sujet de Christèle, Qu’on a eu la chance de découvrir ou de retrouver dans l’épisode 3 dédié à la santé mentale et l’engagement. Parce que c’est vrai que ce sont des thématiques qui sont très importantes, aussi. Et moi, peut-être Dernière question, dernier mot, William, sur un message que tu souhaites transmettre aux personnes qui nous écoutent.

William Honvo

Moi, un message important, c’est que globalement, je trouve que l’engagement appelle l’engagement. C’est que souvent, on commence par tirer un petit bout de ficelle. On ne sait pas forcément trop pourquoi. On veut juste aider quelqu’un où on a un message qu’on veut porter. Et puis, après, on rencontre d’autres personnes qui portent le même message. On va être sollicité pour intervenir et défendre un peu ce qu’on présente. On va trouver une manière d’avoir plus de visibilité. Donc, ce n’est pas du tout quelque chose de linéaire. Mais par contre, souvent, Le plus dur, c’est, je trouve, Le premier pas. Et après, c’est une dynamique qui est quand même assez satisfaisante, très enrichissante. Qui s’auto-alimente. Donc, je trouve que ce qui est vraiment important, c’est ce premier pas qui fait toujours peur. C’est toujours un saut un peu dans la connue. Mon premier cours particulier, Quand j’avais 19 ans, je me disais, oula, Il faut que je connaisse absolument tout, Surtout avant de faire une heure de cours particulier. Ou quand je suis lancé dans l’écriture d’une bande dessinée, j’avais jamais dessiné, j’avais jamais écrit un scénario, Je ne connaissais aucun dessinateur autour de moi. Je ne savais pas comment fonctionnait une maison d’édition. Le premier pas, ça fait très peur et, après, les autres se font plus naturellement. Donc je pense que c’est vraiment important de tenter ce premier pas, qui est le plus important.

Armand Cosseron

Donc, se lancer. Et l’engagement appelle l’engagement. Et toi, Cendrine ? 

Cendrine Nazos

Alors, je rejoins totalement ce que vient de dire William. L’engagement appelle l’engagement. Se lancer et surtout, ne pas désespérer. Je pense que parfois, on peut être dans des contextes qui soient personnels ou un peu plus globaux, où se dit, dis donc, La mission est quand même un petit peu dure. La montagne est assez haute à gravir et ce n’est pas facile de ne pas se décourager. Moi, je suis très admirative des… Des gens que ce soit les chefs d’entreprise ou les porteurs de projets associatifs ou autres qui ne lâchent pas l’affaire. Et en réfléchissant au podcast et à l’engagement, je suis allée déterrer deux citations que j’avais vues passer et que j’aime beaucoup. Et qui se répondent. Comme je ne suis pas très douée pour retenir les citations, je les ai notées exprès pour vous. La première, c’est de Bob Hunter, l’un des cofondateurs de Greenpeace, qui dit « Les grands changements semblent impossibles au début et inévitables à la fin. » Et la deuxième, qui je trouve lui répond aussi, c’est de Rutger Bergman, qui a écrit Humanité, Une histoire optimiste que je recommande à tout le monde et qui, dit la naïveté d’aujourd’hui est peut-être la lucidité de demain. Et je pense que tous les gens qui ne lâchent pas l’affaire et qui font ce premier pas et qui font le deuxième, Le troisième et le quatrième, pour que ça continue, illustrent très bien ces citations. Et à titre personnel, je suis ravie qu’ils et qu’elles existent. Je ne sais pas s’ils sont majoritaires ou pas, mais je suis persuadée qu’à la fin, ils gagneront.

Armand Cosseron

Super, Merci beaucoup pour ces partages. Et comme ça, pour cette bonne dose d’optimisme et d’inspiration sur cette fin d’épisode. Merci beaucoup pour avoir écouté cet épisode. Nous l’avons conçu avec passion pour que tu puisses vivre de la tienne. Merci à nos formidables invités, à Louanne pour m’avoir accompagné dans sa conception et à Alice pour le montage sonore.

Louanne de la Motte

J’espère que l’épisode te permettra de porter ton engagement encore plus loin. Et tu peux déjà t’engager en Likant, commentant ou tout simplement en nous disant ce que cet épisode t’inspire. Tu connais forcément des gens qui ont besoin de l’écouter. Partage-leur cet épisode, Ça te prendra un instant et ça leur fera plaisir.

Armand Cosseron

Et poursuivons la conversation. Rejoins-nous sur LinkedIn, Instagram et TikTok. L’engagement se construit ensemble et nous avons plein de victoires collectives à aller chercher. A très bientôt avec Tu feras quoi plus tard ? !

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