Augmentation : comment négocier mon salaire ?

Augmentation : comment négocier mon salaire ?

La négociation salariale, c’est tout un jargon, pas toujours rassurants. Les k euros bruts, le net mensuel… On s’y perd vite. Et puis en plus, c’est un sujet foncièrement tabou ! Personne n’aime jamais en parler ! Et on n’y est pas encouragés : la plupart du temps (je le déplore) les offres d’emploi ne font pas apparaître le niveau de rémunération. Bref, c’est tout un tas de choses qui rendent encore plus difficile l’idée d’aller en parler. Surtout dans un entretien d’embauche ou pour demander une augmentation : on a presque l’impression de mendier !

Quand et comment évoquer le sujet de la rémunération ?

Dans cet épisode, on t’explique comment évoquer ce sujet tabou et parler, sans frein, de ta rémunération. 📝

Quand on parle de rémunération, on fait appel à de nombreuses notions. Voici les indispensables pour tout comprendre : 

  • les “k”, ce sont les milliers. Si je gagne 36k, ça veut dire que je gagne 36 000 euros par an. 
  • le brut, c’est le montant du salaire avant cotisations sociales et impositions. Ce n’est donc pas l’intégralité de ce que je touche. On le met en perspective par rapport au « net ». Et attention, là aussi ça se complique ! Parce qu’avec le prélèvement à la source, il y a aussi ce qu’on appelle le « salaire net après impôts » qui, pour le coup, est véritablement ce qu’on touche.
  • la part fixe et la part variable. Ça, ça ne concerne pas tous les jobs. Mais parfois (pour les métiers de commerciaux, par exemple), il peut y avoir une distinction entre ce qu’on appelle “le fixe” (la partie que vous touchez assurément) et “le variable”, un montant supplémentaire en fonction d’objectifs définis. 

Alors, prends bien soin de te renseigner pour connaître tes prétentions salariales. Tu dois être capable de l’évoquer en brut comme en net, en rémunération annuelle ou mensuelle. À la fin de l’article, on te partage des ressources pour t’aider !

Sache où tu mets les pieds ! 🐾 Quel est le poids du secteur dans l’économie ? Est-ce que ça recrute beaucoup ou est-ce que le secteur est bouché ? Quels sont les profils recherchés ? Les compétences les plus prisées ? Le salaire moyen ?

Toutes ces infos t’aident à te situer, à y voir plus clair sur le secteur d’activité et ce à quoi tu peux prétendre. Tu peux les trouver sur des sites et médias spécialisés de ton secteur, dans les chiffres clefs enquêtes de suivi des formations (ou leurs réseaux d’Alumni).

C’est de suicide de mettre les pieds quelque part sans connaître un minimum l’endroit. Quelle est la taille de l’entreprise (des milliers d’employés ou une équipe de trois) ? Quelle département vas-tu rejoindre ?

Cherche sur internet ou auprès d’actuels (ou anciens) employés quelle peut être leur rémunération. En gros, est-ce que l’entreprise rémunère au-dessus du marché, au même niveau ou en-dessous ?

Le rapport d’activité, publié chaque année, est aussi un document intéressant pour glaner des informations sur la structure, son organisation et son bilan financier.

La base. Vraiment : la base. Connais tes compétences et, surtout, combien tu vaux. Voilà ce sur quoi tu peux t’appuyer pour justifier le prix que tu demandes.

  • Tes compétences (on te parle des manières d’identifier et valoriser et tes compétences dans cet épisode. ) 
  • Tes engagements associatifs (avec les responsabilités que tu as pu y exercer et les compétences développées))
  • Ton niveau d’étude et la renommée de ton diplôme ou établissement (malheureusement, pour certains recruteurs, ça joue encore beaucoup). Après tout est un investissement que tu dois rentabiliser.
  • Ton ancienneté : si tu as déjà effectué un job ou deux (y compris des alternances), fais les valoir.
  • Et à cela, on peut ajouter un bonus. Le coût de la vie de l’endroit où tu habites (loyer moyen, personnes à charge, consommation moyenne, …). À aucun cas tu n’as à entrer dans les détails de tes dépenses (c’est personnel et ça ne regarde pas l’employeur). Mais habilement mené, ça peut servir de levier de négociations. Et rappelle-toi qu’un salaire est un moyen de subsistance : avant tout, il est là pour te permettre de subvenir à tes besoins.

👾 Exercice : Fais ton étude de marché.

  • Prends le temps d’aller sur internet pour chercher des informations sur les salaires autour de ton métier et des organisations qui t’intéressent.
  • Prends contact avec deux personnes pour qu’elles te parlent de leur métier. N’hésite pas à poser la question de la rémunération (tu peux t’inspirer des épisodes de Tu feras quoi plus tard ?, car on pose cette question à chacun des invités !)

Pourquoi ? Parce qu’en face, la personne va systématiquement chercher à négocier (et si ce n’est pas le cas, tant mieux, ça te fera un joli bonus !). Donc vas chercher 10, 20% de combien tu veux obtenir. Et précise toujours si tu parles en brut ou net, pour éviter les malentendus ! 

Ensuite, il faut savoir que certaines organisations utilisent des grilles de salaire (souvent les grands groupes). Là, c’est plus difficile de négocier, car c’est très réglementé. Ça dépend de votre niveau d’étude, de votre diplôme, de votre établissement. Mais bon, ça vaut toujours le coup de tenter votre chance ! 

Enfin, il est important de se remémorer que le salaire n’est pas une fin en soi. Il y a énormément d’autres éléments importants dans la prise de décision d’un poste (et qui, à leur tour, peuvent servir de leviers de négociation : intérêt des missions, taille de l’équipe, avantages en nature, mutuelle, jours de congés, etc.) Et, pour terminer, le salaire n’est pas le seul moyen de gagner de l’argent. Il existe d’autres sources de revenus (légaux), mais nous en parlerons une autre fois ! 😉

👾 Exercice : Définis ta valeur

Note quelque part (ou dans ta tête) ton salaire ++ (celui où tu serais vraiment content avec), mais aussi les salaires que tu serais prêt(e) à accepter et ceux en dessous desquels il est hors de question. C’est important d’avoir les fourchettes bien en tête car, dans le feu de la négociation, ça te permettra de mieux réagir (et de ne pas te laisser piéger).

Enfin, penses à convertir ce montant en brut/net, mais aussi en annuel/mensuel (rappelle toi que lorsqu’on sort un chiffre sans autre contexte, on part du principe que c’est du brut !)

  • En 2022, l’augmentation des salaires serait, en moyenne, de 2,5%. L’inflation, quant à elle, a augmenté de 2,8% en 2021.
  • Si tu gagnes plus de 1837 euros par mois, alors tu gagnes plus d’argent que la moitié des salariés Français (source : INSEE). Ce chiffre doit être nuancé par le coup de la vie (coût du logement, prix à la consommation, impôts, etc.)
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