Comment construire mon réseau professionnel ?

Comment construire mon réseau professionnel ?

41% des recrutements se font sur le marché invisible1. C’est-à-dire que, pour tous ces recrutements, aucune offre d’emploi n’a été mise : ils se sont fait de manière directe, de bouche de recruteur à oreille de candidat. C’est grâce à leur réseau professionnel que les candidats ont pu entendre parler de ces opportunités d’embauche. Recommandations, bouche-à-oreille, … Tous les moyens sont bons pour trouver la perle rare ! Et c’est peut-être toi !

Dans cet épisode, on t’explique comment construire un réseau en béton !

Penser « réseau » uniquement dans le cadre d’une recherche d’emploi serait une erreur. Le réseau professionnel se construit sur la durée et s’alimente avec le temps. Alors, comment faire ?

Concrètement, ton réseau, c’est l’ensemble des personnes que tu connais. Enfin, dis comme ça, ça fait très large ! Donc on peut réduire un peu. Disons que ce sont les personnes que tu connais et qui peuvent t’aider (ou que tu peux toi-même aider) dans leurs projets professionnels. Professionnels, mais pas que ! Concrètement, tu peux comptabiliser dans ton réseau ta famille, tes amis, tes proches, les bénévoles de ton association… Et oui, ne te limite pas à la sphère professionnelle ! N’importe qui, à tout moment, peut te venir en aide dans ton projet professionnel. Il s’agit de bien s’y prendre et on va voir comment faire.

Mais avant, laisse-nous te parler de la logique d’un réseau. Car le réseau, comme son nom l’indique, c’est vraiment quelque chose de collectif. Ce n’est pas : « Je te file un coup de main, donc tu me dois quelque chose en retour ». C’est : « Je te file un coup de main et donc quelqu’un m’aidera en retour ». Il n’y a pas vraiment de donnant-donnant. Ou, disons qu’il est amplifié et que tu ne sais pas forcément qui te viendra en aide, ni quand, ni comment.

👾 Exercice : Poser les bases de ton réseau.

En réalité, on s’inscrit dans plusieurs réseaux (ta famille, tes camarades de promotion, ton club sportif, tes potes, etc.). Mais si tu t’intéresses à un domaine, c’est important de savoir quelles sont les principales figures qui y agissent (entreprises, personnalités, etc.)

  • Crée une liste des personnes qui font déjà partie de ton réseau : tu as un contact direct avec elles et tu sais qu’elles peuvent répondre à une sollicitation de ta part. Comme dit juste au-dessus, ça peut être ta famille, tes amis, tes collègues…
  • Crée une liste des figures clefs du secteur d’activité qui t’intéresse. Pour le coup, tu n’as peut-être pas de contact direct, mais tu sais qu’elles pèsent dans le game. Et tu vas voir juste après, elles sont peut-être bien plus accessibles que tu ne le crois !

Ok, on ne va pas se mentir : ce n’est pas si évident de prendre contact avec des personnes que l’on ne connaît pas. C’est pour ça que l’authenticité est la clef. On n’en voudra jamais à un étudiant qui s’interroge sur un métier de prendre contact avec un professionnel pour lui parler de son parcours (et puis, tu vas voir, les gens adorent parler d’eux !). En revanche, si tu te pointes sans vraiment expliquer pourquoi tu sollicites quelqu’un, il y a peu de chances que tu obtiennes une réponse.

Développer son réseau, ça se prépare. Ça ne sert à rien d’envoyer 10 000 messages à la volée, en mode « prenons contact ! ». Dis-toi que la personne en face est déjà bien occupée : si elle t’accorde de ton temps, c’est pour une raison particulière. À toi de le lui faire comprendre.

Et c’est là qu’on peut te parler de la théorie des « six degrés »2, la théorie selon laquelle on est relié à chaque individu par au maximum cinq personnes (ça fait « six degrés » car six prises de contact entre cette personne et toi). Ça veut dire que tu connais quelqu’un qui connaît quelqu’un qui connaît quelqu’un qui connaît quelqu’un qui connaît quelqu’un qui connaît quelqu’un qui connaît Obama. La classe, non ? Ça veut aussi dire que, dans la liste que tu as créée toute à l’heure, tu connais certainement quelqu’un qui peut te mettre en relation avec elle (ou qui peut te mettre en relation avec quelqu’un qui connaît quelqu’un… Enfin, la suite, tu la connais 😉).

👾 Exercice : Prépare tes rencontres.

Maintenant que tu as une liste de personnes qui sont déjà dans ton réseau et une autre liste des personnes que tu as intérêt à contacter, prépare tes échanges :

  • Apprends à te présenter rapidement (si tu ne sais pas faire, on t’invite à découvrir notre épisode sur « Comment te vendre sans expérience »). Penses à deux choses essentielles : « qui tu es » et « pourquoi tu prends contact ».
  • Renseigne-toi sur les personnes que tu vas rencontrer : qui sont-elles ? Que font-elles ? Quels sont tes points communs/divergences avec elles ? Plus tu auras de matière, plus ce sera facile d’entrer en contact.
  • Si besoin, fais la liste des personnes qui peuvent te mettre en relation et explique-leur comment elles peuvent faire pour t’aider.

Le piège, c’est vraiment de cantonner le réseau à sa recherche de job avec des prises de contact spontanées. C’est l’erreur ultime ! Au contraire, un réseau se construit sur la durée. Ça veut dire que tes prises de contact sont parfois désintéressées. Bon, ne va pas non plus solliciter une personne random en mode « je souhaite développer mon réseau ». Il faut quand-même que cette personne voit l’intérêt qu’elle peut avoir à te rencontrer : vous évoluez dans le même secteur, vous partagez les mêmes valeurs, la même vision d’un sujet, etc.

Franchement, il n’y a pas pire que la personne dont tu n’as plus de nouvelles depuis des mois et qui vient te demander un coup de main pour sa recherche d’emploi ou son projet. C’est une démarche très maladroite.

Là encore, on retombe sur l’authenticité. Vraiment, c’est la qualité principale au bon développement de ton réseau professionnel. Voici plusieurs conseils pour faire vivre ton réseau sur la durée :

  • Sois authentique : tu vois quelque chose qui te fait penser à un proche, partage-le lui. Un article, une actualité… Le fait que ce soit sans arrière-pensée prouve ta démarche spontanée et montre que tu n’es pas là que pour demander des services.
  • Apporte ton soutien sans chercher de contrepartie. Comme on l’a dit au début : le réseau, c’est une dynamique collective : ce n’est pas forcément la personne que tu aides qui te renverra l’ascenseur. Et, là encore, ce sont les démarches déinstéressées qui sont les mieux valorisées. Après tout, si tu dois filer un coup de main, tu vas préférer aider la personne qui t’aide spontanément ou celle qui te demandes à chaque fois une contrepartie ?
  • Apprends à dire « non ». Si on te demande ton aide et que tu ne peux pas, dis-le. On ne t’en voudra pas si tu es honnête et que tu fais preuve de clairvoyance. En revanche, ça passera moins bien si tu t’engages sur quelque chose et que tu ne t’y tiens pas.

👾 Exercice : Fais grandir ton réseau.

Prends contact avec les personnes que tu souhaites rencontrer ! Pour ça, il y a plusieurs moyens.

  • Passe par quelqu’un que tu connais et qui peut te mettre en relation.
  • Fais une prise de contact spontanée (dans ce cas : précise pourquoi tu le fais. « J’ai lu votre article sur le sujet », « j’ai assisté à votre intervention », « J’ai entendu parler de vous par… et je me suis dit… ». À toi de choisir en fonction de ce qui te semble le mieux.
  • Tu peux utiliser les réseaux sociaux. LinkedIn est la référence sur le sujet et en plus, tu peux « ajouter une note » quand tu prends contact avec quelqu’un pour lui dire quelques mots. Parfois il est plus judicieux de passer par d’autres canaux comme les e-mails, Instagram, Twitter…).

Et ce mois-ci, pense aussi à envoyer un petit message à… disons 3 personnes que tu connais déjà mais dont tu veux (sincèrement) prendre des nouvelles. ☺️

  • (2) Pour en savoir plus sur la théorie des six degrés (elle ne date pas d’hier ! Elle a été créée en 1929), c’est par ici !
  • L’association Turgot Alumni a créé un article pour t’apprendre à « networker » (développer ton réseau) lors d’événéments. Tu peux le découvrir sur leur site.
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